CHAPITRE II
HYDROGÈNES CARBONÉS § I«r. — . Hydrogènes carbonés dans les eaux donoes.
La présence de ces gaz dans les eaux douces peut être considérée comme un indice certain de leur impureté. C'est que, par suite de la décomposition des matières animales et végétales sous l'influence de la lumière solaire et diffuse, ces eaux donnent naissance à des produits ammoniacaux, sulfurés et carboniques, et des composés formés de carbone et d'hydrogène se dégagent. L*hydrogène protocarboné qu'en raison des circonstances de sa formation on désigne encore sous le nom de gaz des marais^ est celui qui se rencontre en plus grande quantité.
Les gaz hydrogènes carbonés que les chimistes ont reconnu dans certaines sources proviennent toujours de l'infiltration des eaux près desquelles sont situées des conduites à gaz pour l'éclairage des usines, des manufactures, et enfin des eaux croupies.
Peu de chimistes jusqu'à présent se sont occupés de donner la composition des eaux ainsi altérées et d'indiquer les moyens d'y porter remède. Ce point, qui intéresse au plus haut degré la santé publique, mériterait bien cependant d'être étudié d'une manière plus approfondie. Nous devons faire une exception en faveur de M. Maumené, qui, dans ses expériences sur les eaux de Tarrondissement de Reims, a remarqué que l'eau de la rivière de Vesle, à Saint-Brice, renfermait parmi de l'hydrogène et de l'oxyde de carbone, par 100 parties de gaz recueilli pendant les mois de janvier et de juin, jusqu'à 4f8 p. 100 d'hydrogène protocarboné et 6,6 d'hydrogène bicarboné. Il attribue ce résultat aux eaux bourbeuses d'un égout général qui se déverse dans cette rivière près de laquelle existent un grand nombre d'usines.
D'après M. £ug. Marchand ^ les eaux des rivières qui sont le réceptacle d'un grand nombre d'eaux stagnantes et d'autres
1 . Eugène Marchand, de Fécamp. (Mémoires de V Académie de médecine^ 1855, t. XIX.)