Tournefort. Relation d'un voyage du Levant
de se former à la partie supérieure des cavernes et à la manière des girandoles, elles sont le résultat de r'évaporation de Veau saturée de bicarbonate de chaux; elles sont mamelonnées et ont une structure stratiforme et ondulée comme les incrustations de TÀuvergne. Les stalagmites veinées de rouge et de jaune par de Toxyde de fer qui se précipite à certains moments, ont été désignées sous le nom à' albâtre oriental, et leur dureté est souvent assez grande pour qu'on puisse les polir à la ma* nière du marbre.
Les dépôts naturels des eaux sulfurées ne ressemblent en aucune manière à ceux des eaux appartenant aux autres classes. Par leur peu de fixité sous l'influence de l'oxygène ambiant, les composés sulfurés donnent de Tacide sulfhydrique qui est brûlé par l'oxygène. De là, dépôt de soufre mélangé à de la silice, des carbonates de chaux et de magnésie, de Toxyde de fer, et par-dessus tout des matières organiques en voie de formation et de décomposition, suivant l'état de la température. Il en résulte que les dépôts ont assez souvent une teinte grise ou noirâtre et un aspect boueux, comme à Âx.
Les eaux chlorurées déposent à l'air avec d'autant plus d'abondance qu'elles renferment plus d'acide carbonique et de sels de chaux et de magnésie, et se comportent à peu près de la même manière que les eaux bicarbonatées sodiques et calciques.
Les dépôts naturels des eaux chlorurées de Luxeuil^ sont sans contredit les plus remarquables. Les eaux de ces sources, qui sont, comme on sait, très-manganésiennes, donnent des dépôts bruns ou noirs composés de la manière suivante, d'après un travail de M. Ossian Henry fils K
Dépôt du Boin des Dames {source manganésienne) .
Silice 4,144
Sesquioxyde de manganèse 61,638
Sesquioxjde de fer 1,036
Sulfate de baryte Indices.
Silicate de manganèse I on inn
Baryte ( "^^'^^
Matière organique I , ^j^^
Acide crénique t '
Arsenic "fraces.
1. Ossian Henry fils. Annales de la Société d'hydrologie médicale de Paris, Paris, 1855-1856 , t. II.
La source ferrugineuse de cette station produit un dépôt muqueux qui surnage les bassins de réception des eaux et qui est ainsi constitué d'après le môme chimiste :
Silice 15,6î5
Sesquiozjde de fer 61,055
Sesquioxjde de manganèse 0,563
Dépdt micacé 10,125
Sulfate de baryte Indices.
Silicate de manganèse i .^ «oo
Baryte I *
Arsenic. Quantité notable.
Cuivre Traces*
Ces dépôts, par suite de la grande quantité d'oxyde de manganèse quMls renferment et qui provient des mines de manganèse situées dans le voisinage, sont, on peut le dire, uniques dans leur genre.
Les calcaires oolitiques et les pisolites, ainsi que les colites ferrugineuses si remarquables par leurs formes arrondies, ont pour origine des grains de sable sur lesquels les sources incrustantes ont déposé insensiblement leurs principes calcaires et ferrugineux.
Depuis longtemps on a cherché à introduire dans la thérapeutique les dépôts naturels abandonnés sur le sol ou dans les réservoirs par les eaux minérales, surtout ceux dans lesquels le fer se fait remarquer en abondance. Il est bien évident que ces substances médicamenteuses ne peuvent pas plus représenter l'eau qui leur a donné naissance, qu'une eau minérale artificielle n'a de l'analogie avec une eau minérale naturelle. Toujours le fer s'y trouve à l'état de sesquioxyde insoluble, mélangé avec des matières terreuses également insolubles, dont les propriétés médicales sont loin d'être parfaitement spécifiées. Dans ces dépôts ocreux on trouve encore des proportions souvent assez grandes d'arséniate de fer; d'où il résulte qu'ils constituent des médicaments sur la valeur desquels l'expérience a besoin de se prononcer d'une manière un peu plus formelle qu'elle ne Ta fait jusqu'à ce jour.
§ IV. *- Xjlmon et boue des eaux minérales.
A côté des dépôts solides des eaux minérales viennent se
placer les dépôts des parties liquides auxquelles on donne plus communément, en thérapeutique thermale, les noms de limon minéral et de boue médicinale.
Les boues médicinales ont pour origine de vastes dépôts souterrains d'humus et de débris de végétaux (tourbe) situés dans le voisinage ou sur les griffons mêmes des sources, et que les eaux entraînent insensiblement avec elles par leur mouvement ascensionnel. Les plus remarquables sont situées à Saint- Amand (France) , et à Franzensbad (Bohême), qui vont nous servir ici de modèles.
La boue de Saint- Amand est d'un brun noirâtre et répand une odeur très-prononcée d'acide sulfhydrique : sa température au moment où elle sort du sol avec l'eau minérale est de 23 à 24'' cent.
Uneanalyse déjà ancienne faite par Pallas assigne à l'eau boueuse de St- Amand la composition suivante pour 100 parties :
Acide carbonique 0,100
— sulfhydrique 0,330
— silicique 30i,000
C&rbonate de chaux 15,689
— de magnésie 5,680
- de fer 14,500
Soufre 2,000
Matière eztractive. i 80Î50
— végéto-animale ( '
Eau. 577,170
Ainsi qu'il est facile de le prévoir, la boue de Saint- Amand ne possède pas une composition identique dans toute son épaisseur qui est également très -variable. D'aprèé M. Charpentier, elle est formée de trois couches superposées: une supérieure, de nature tourbeuse et argileuse ; une moyenne, argileuse ; et enfin une inférieure composée de silice, de carbonate de chaux, d'oxyde de fer et d*alumine. C'est à travers cette dernière couche dont l'épaisseur est de 2 mètres à 50 mètres, que, sur une étendue de 27 mètres en carré long , sourdent un grand nombre de sources d'eau sulfureuse, qui, en délayant la couche supérieure, produisent la véritable boue.
A Franzensbad les eaux minérales qui contiennent la boue médicinale sortent d'une immense prairie marécageuse qui n'a pas moins de 2 kilomètres de surface, et la couche de tourbe qui s'y trouve accumulée varie de 1 à 6 mètres.
De toutes parts s'échappent des gaz composés d'acide carbonique, d'hydrogène carboné , d'hydrogène sulfuré plus ou moins imprégnés de sulfhydrate d'ammoniaque.
Voici, d'après M. Radig, la composition de la boue de Franzensbad à l'état naturel et sèche, puis abandonnée pendant plusieurs mois à l'air et dite oxydée.
a Ta
CD
os
Sulfate de potasse
— de soude
— de magnésie
— de chaux
— d'alumine
— de protoxyde de fer
— de protoxyde de manganèse .
Acide suifurique des bisulfates . . .
Silice
Acide créuique
Matière humique
Perte
Phosphate de fer
Bisulfure de fer
Monosulfure de fer
Silice. . . .
Soude, alumine, chaux, manganèse .
( Strontiane
Acide humique et charbon humiquc.
Acide humiquc
Matières résineuses
Parties non comprises
Parties organiques
Perte