‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 203 sur 299 · OPÉRATIONS ANALYTIQUES PRÉLIMINAIRES · texte numérisé non relu

OPÉRATIONS ANALYTIQUES PRÉLIMINAIRES

Avant de faire connaître la manière de procéder à l'examen chimique des eaux douces et des eaux minérales, nous allons soumettre à l'attention de l'opérateur certaines précautions sans lesquelles toute analyse, soit qualitave, soit quantitative, peut devenir, ou inexacte, ou incomplète.

§ P'. — Baux douces.

A Tétat de neige ou de glace, l'eau solide est abandonnée à elle-même dans un endroit dont la température est un peu supérieure à 0*. Après sa liquéfaction Teau douce, encore chargée de ses principes gazeux, est filtrée afin de la débarrasser des matières étrangères qu'elle contient toujours en suspension. On en retire, au moyen de l'appareil qui sera décrit ailleurs , les gaz azote et oxygène par l'action de la chaleur. On procède ensuite à son analyse qualitative et au besoin quantitative, en suivant les modes ordinaires pour les autres eaux.

Pour les eaux douces de sources, de puits, et pour celles qui sont courantes ou stagnantes, l'analyse se compose de deux parties distinctes : l'une qui se pratique sur les lieux où elles sont situées, l'autre dans le laboratoire, mais alors avec des eaux transportées, et dans tous les cas peu de temps après leur puisement.

Sur les lieux on détermine le degré de température, la nature

du terrain où elles se trouvent, leurs propriétés physiques et leur action sur les principaux réactifs.

La fixation de Tacide carbonique et celle des bicarbonates, la séparation des éléments de Tair, enfin le dosage des matières minérales ou organiques normales ou accidentelles, constituent la seconde phase de Tanalyse, propre du reste aux eaux minérales, comme nous le dirons par la suite.

§ IL — Baux minérales.

Il est absolument nécessaire que le chimiste chargé d'une analyse d'eau minérale se rende sur le lieu même de la source. Là, il étudie la constitution géologique du sol, les propriétés physiques et le débit de l'eau. Il en puise la quantité qui servira plus tard à ses recherches et il recueille les dépôts. Il exécute encore plusieurs opérations préliminaires et indispensables, comme la détermination des sulfures à l'aide du sulfuromètre, et celle de l'air dissous et libre ; il prend la température de l'eau, et il fixe avec le chlorure de baryum ammoniacal et le nitrate d'argent ammoniacal, l'acide carbonique et l'acide sulfhydrique, tant libres que combinés ; enfin, il pratique l'analyse qualitative au moment où l'eau jaillit ; toutes manœuvres qui ne peuvent s'opérer sur les eaux transportées sans s'exposer à des erreurs graves.

Cependant, il faut bien le dire, un grand nombre d'autorisations d'exploitation, pour ne pas dire toutes, sont accordées avec des eaux puisées par des personnes les plus étrangères à la médecine et à la chimie. Pour cela on fournit aux propriétaires quelques données sur les moyens à employer pour que les eaux arrivent dans leur plus grand état de pureté. Voici l'instruction de TAcadémie de médecine pour le puisement et l'envoi des eaux destinées ultérieurement à l'analyse ^ .

GB1ITIF1CAT8 DIS PUISEMKMTS.

Art- 1*'. Un puisement d*eau minérale ne saurait avoir de caractère légal qu'autant qu'il aura été opéré en présence des autorités (maires, adjoints) de l'endroit où sourdent les sources.

\. Bulletin de VAcadéme de médecine, 1844-1845; t. X, p. 7G0.

De plus, ces certificats doivent toujours être joints à l'envoi des eaux minérales.

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