‹ Traité de chimie hydrologique comprenant des notions générales d'hydrologie et l'analyse chimique des eaux douces et des eaux minéralesChapitre 269 sur 299 · CHAPITRE XLVn · texte numérisé non relu

CHAPITRE XLVn

TXTEÏ\rRÉTAtTOX DES RÉSULTATS OBTENUS

PAR L^'aNALYSE

' I/amlyse chimique des eaax,Bn géndval, se compose, comme ctaaeun «ait, de deux parties bien distinctes :

L'analyse expérimentale ou pratique;

L'analyse efstématiqoe tiu tbéorique.^

L'analyse expérimentale est celle qm a trait au dosage de tous les éléments, simples ou composés, qui font partie de l'eau, et tels que Ton parvient à les isoler par les réactifs, comme le soufre, l'iode, le brome, le chlore, les acides sulfurique et carbonique, la soude et la potasse.

Quoique par cette méthode on n'arrive pas à conoadlre la nature exacte des principes salins dissous dans les eaux, il est évident qu'elle est la plus importante, en ce que les résultats analytiques qu'on en retire sont le mieux l'expression de la vérité : c'est donc à tort, selon nous, que dans leurs écrits les chimistes omettent quelquefois de faire précéder Tanalyse systématique de l'analyse expérimentale. Avec cette dernière, ou met dans la main d'autres auteurs le seul moyen de contrôle qui permette de juger si Tanalyse a été bien faite, puis, chose non moins importante, si la source a subi quelques modifications dans sa composition, par suite du temps ou des travaux de captage.

Mais Tétude des eaux en général, et la médecine en particulier, ne sauraient se contenter seulement de l'analyse expérimentale. Qu'importe au médecin, par exemple, de savoir qu'une eau minérale renferme des acides et des bases en quantité exactement déterminée : ce qu'il exige de la chimie, c*est que cette dernière lui apprenne comment les éléments sont combinés, afin qu'il puisse approprier l'agent médicamenteux selon le tempérament et la maladie des individus. C'est pour répondre à ce besoin qu'on a imaginé l'analyse systématique.

La manière d'interpréter les résultats fournis par l'analyse expérimentale, constitue, on peut le dire, le problème le plus difficile que le chimiste ait à résoudre ; malheureusement tous les travaux importants publiés jusqu'à ce jour sur ce sujet n'ont pu triompher des difficultés, et n'ont abouti qu'à des hypothèses plus ou moins vraisemblables. Cet état d'incertitude fait que chaque expérimentateur emploie une formule particulière, déduite autant des propriétés physiques et thérapeutiques de l'eau, que du résultat obtenu par l'analyse expérimentale ; de là, du moins en partie, toutes ces discordances que l'on observe dans la composition d'une môme eau, mais aaa* lysée à des époques différentes et par plusieurs chimistes.

Depuis longtemps déjà l'on avait compris l'importance qu'il

y aurait à découvrir, tant au point de vue géologique que médical) la manière dont les acides et les bases sont combinés dans les eaux; pour cela on eut recours à la loi des affinités : c'est ainsi que l'on n'admettait pas qu'il pût se rencontrer dans une eau du chlorure de calcium avec du suJifate et du carbonate de soude, sans donner lieu à du chlorure de sodium, et à du sulfate et du carbonate de chaux.

Cette manière de voir, très*rationnelle sans doute, si les eaux ne contenaient qu'un ou deux sels au plus, ne peut être admise çn principe; il ne faut pas oublier qu'une eau, telle qu'elle jaillit des entrailles de la terre ou qu'elle coule sur la surface du sol, est un mélange d'un assez grand nombre d'acides et d'oxydes dont l'affinité ne peut être exactement mesurée, ni par l'expérience, ni par la théorie, et cela parce qu'une foule, de causes concourent à en modifier les effets. Quelques détails historiques puisés dans les écrits de Bergmann, BerthoUet, Murray, Berzelius, Gay-Lussac et de H. Rose, ne seront peutêtre pas de trop ici pour appuyer cette opinion.

Bergmann, auquel la chimie hydrologique du siècle dernier est redevable de plusieurs analyses très-intéressantes ^, avait posé en principe que tous les corps de la nature avaient une certaine tendance à se rapprocher les uns des autres ; de là le mot d'attraction qu'il employa le premier.pour représenter cette force.

Quoique Bergmann ait parfaitement vu que diverses causes, parmi lesquelles il place la chaleur, la solubilité et enfin la présence de substances de nature différente, pouvaient troubler les effets de l'attraction, ce qu'il désignait alors sous le nom d'attraction élective double, cependant il n'en tint aucun compte en ce qui concerne l'analyse des eaux minérales. Ainsi, c'est à ce chimiste qu'est dû le procédé qui consiste à faire évaporer les eaux minérales jusqu'à siccité, à traiter le résidu salin par différents véhicules (alcool faible et concentré, eau froide et chaude), et enfin à déduire la composition primitive de l'eau elle^-môme par la nature des sels que l'on obtient ainsi.

Cette méthode, qui fut pendant longtemps la seule en cours dans l'analyse des eaux, et à laquelle on donne le nom de di-

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