UTILISATION DES BAUX DOUCES
sont tombées : d'après M. Andrew Brown, le Mississipi n'écouler jtit pas plus du dixiëme des eaux pluviales de son bassin.
La deuxième partie pénètre dans le sol jusqu'à ce qu'elle rencontre une couche de terrain imperméable (roches, calcaires, argiles). Là, eUe prend un cours déterminé par la pente et l'espace qu'elle rencontre et va sc^ir, suivant les lois que lui assigne sa pesanteur, et enfin les accidents de terrain, à la base d'une montagne ou sur le versant d'une colline. (C'est de la sorte qu'on explique l'origine des sources naturelles, en un mot de tous les réservoirs d'eau souterraine.
Voyons maintenant le parti que l'homme tire habituellement des eaux de ces diverses provenances.
g 1. Bnmaffaslnage des eaux.
Les eaux courantes ou les eaux de sources qui sont destinées à l'usage des populations sont conduites par des aqueducs, ou des tuyaux en terre, dans des réservoirs spéciaux qui portent souvent le nom de château-iTeau, Ces eaux, ainsi accumulées, subissent quelquefois de la part des agents atmosphériques des altérations dont on doit tenir un très-grand compte.
Si, à la suite des pluies, les eaux arrivent troubles dans les réservoirs, leur stagnation pendant un temps plus ou moins long leur permet de s'éclaircir, et de s'engager ensuite suffisamment limpides et pures dans les conduits de distribution. Mais les bassins doivent être vidés et nettoyés le plus souvent possible, afin d'éviter la putréfaction des matières organiques que les eaux ont entraînées en suspension.
Les causes essentielles de l'altération des eaux dans les réservoirs tiennent à l'action de l'air et de la température ambiante.
Toutes choses égales d'ailleurs, les eaux des réservoirs fermés sont de meilleure qualité et se conservent plus longtemps que celles des réservoirs découverts ; M. le D' Bouchut, qui s'est livré à des expériences très- intéressantes sur l'emmagasinage des eaux de Paris ^ a montré que, dans les réservoirs exposés directement à l'action des rayons lumineux et solaires, il se produisait des algues, des infusoires végétaux et animaux, d'innombrables crustacés vivants dont les débris en-
1. Bouchut, Emmagasinage des eaux de Paris, (Gaz. des hôpitaux, 1861.
trent en fermentation sous l'influence de la. chaleur et des orages en communiquant aux eaux une saveur fade, ainsi.qu'une odeur désagréable.
Mais hâtons-nous d'ajouter qu'aujourd'hui toutes les eaux qu'on recueille dans des réservoirs sont mises à l'abri de Tair, à l'aide de toitures, souvent même de doubles voûtes, qui les maintiennent à une température aussi basse que possible et uniforme pendant une grande partie de Tannée.
Il est, en outre, de la plus grande utilité que les eaux séjournent le moins longtemps possible dans les réservoirs, et que ceux-ci soient assez spacieux pourque l'air s'y renouvelle facilement. Si ces eaux restent dans les réservoirs, elles ne tardent pas à perdre une grande partie de l'oxygène qu'elles contenaient à leur arrivée, puis à se corrompre. Il nous a été donné dé voir que, dans un réservoir, la partie de l'eau la plus directement exposée à Tair reprenait assez facilement à l'atmosphère l'oxygène que les matières organiques dissoutes lui enlevaient sans cesse, mais que, vers les couches inférieures, l'eau se dépouillait peu à peu de ce gaz, et ne s'en saturait de nouveau que lorsqu'elle subissait l'action du battage, c'est-à-dire pendant son écoulement dans les conduits de distribution.