OXYDE CUIVREUX OU OXYDULE DE CUIVRE
C’est une poudre d’un vert olive, très altérable à l’air. Il est décomposé par l’acide chlorhydrique et par l’acide sulfurique :
Cu^O+ 2HCI =Cu2C12 + 2Gli + H20 Cli^O 4- S0'H2 = SO^Cu 4- 3Gu 4- tPO,
ce qui a permis d’établir sa composition (H. Rose).
Quant au peroxyde GuO^ H^O, c’est une poudre d’un jaune brun, très instable, qu’on obtient en traitant l’oxyde de cuivre à 0° par l’eau oxygénée (Thénard).
OXYDE CUIVREUX OU OXYDULE DE CUIVRE. — Cu^O.
982. L’oxyde cuivreux naturel, ou ciiprite, est cristallisé en octaèdres réguliers, d’un rouge rubis ou d’un rouge brun, ou bien en masses filamenteuses, ou encore en masses terreuses. Densité ==5, 7o.
L’oxydation du cuivre à l’air à une température élevée peut donner naissance à de l’oxyde cuivreux, mais lorsque le cuivre est très divisé, cette oxydation fournit immédiatement l’oxyde cuivrique, quelquefois déjà à la température ordinaire.
On obtient l’oxyde cuivreux en cristaux microscopiques en chauffant une solution de sulfate de cuivre additionnée de glucose et d’une quantité suffisante de soude pour obtenir une liqueur bleue (Mitscherlich). On l’obtient à l’état d’une poudre amorphe rouge en calcinant dans un creuset couvert 5 parties de chlorure cuivreux avec 3 parties de carbonate de sodium sec, puis lavant le produit à l’eau. Densité = 5,34 (Liebig et Wœhler).
Le précipité jaune qu’on obtient en traitant une liqueur alcaline de cuivre, principalement le tartrate cupropotassique additionné de soude (liqueur de Feliling), par lé glucose à une douce chaleur est de l’oxyde cuivreux hydraté ; il devient rouge si l’on élève la température et surtout si la soude est en grand excès. L’hydrate cuivreux se produit aussi lorsqu’on traite le chlorure cuivreux par la potasse. Dans ce cas, il ne renferme que 3 p. 100 d’eau, soit 4Cu^0.H'0 et ne perd cette eau qu’à 360°; il reste jaune jusqu’à cette température (Mitscherlich).
L’oxyde cuivreux est fusible au rouge, et donne avec les fondants des verres colorés en rouge, circonstance qui est utilisée dans 1 art de la verrerie. Il est facilement oxydé à chaud, mais est inaltérable à froid à Tair. L’hydrogène le réduit facilement et
OXYDES DE CUIVRE
celte réduction peut déjà avoir lieu peu au delà de 100“, lorsqu’on opère sur l’oxyde précipité.
L’oxyde cuivreux est soluble dans l’ammoniaque et la solution est incolore, mais très oxydable et se colore alors en bleu. Traité par les hydracides, il donne les combinaisons cuivreuses correspondantes. Mais presque tous les acides oxygénés, même étendus, le décomposent pour donner un sel cuivrique, la moitié du cuivre étant mise en liberté.
OXYDE CUIVRIQUE. — GuO.
983. Celui qu’on rencontre dans la nature [cuivre noir ou mélaconite) est rarement cristallisé, ordinairement en masses terreuses ou en lamelles à éclat métallique. Densité = 5,85 à 6,25.
On l’obtient par le grillage prolongé du cuivre à l’air; par la calcination de l’hydrate, du carbonate ou de l’azotate. C’est alors une poudre noire amorphe. Il devient en partie cristallin (tétraèdres réguliers) lorsqu’on le calcine avec 5 fois son poids de potasse caustique (Becquerel). On l’a rencontré cristallin comme produit métallurgique accidentel.
L’oxyde cuivrique fond à une température élevée en perdant 8,1 p. 100 d’oxygène; la masse fondue a une structure cristalline et renferme Cu^O^ soit CuO-f-2Cu^O. Il est un peu volatil dans le four à porcelaine.
L’oxyde de cuivre amorphe est hygrométrique. L’hydrogène, le carbone, l’oxyde de carbone, etc., le réduisent facilement à cbaud; aussi trouve-t-il un emploi constant dans Tanalyse organique (t. III, 30). Il est ramené à l’état d’oxyde cuivreux par beaucoup d’agents réducteurs.
Il colore les fondants en vert.
Hydrate cuivrique Gu(OII)^. — C’est le précipité bleu clair que fournissent les sels cuivriques additionnés à froid d’un excès de potasse. Il est insoluble dans la potasse, très facilement soluble dans l’ammoniaque. La solution est bleue et se produit aussi lorsqu’on agite à l’air du cuivre arrosé d’ammoniaque.
Lorsqu’on chauffe l’hydrate bleu au sein de son eau mère, il devient noir et se transforme en sous-hydrate Cu(OII)^ 2CuO.
Oxyde cuprammonique Cu(01I)^4Az^P -f-3IPO. — Malaguti et Sarzeau l’ont obtenu en belles aiguilles bleues, déliquescentes, par la cristallisation des eaux mères du chromate