ACIER RESSEMER
Fig. 219.
flerie par un liiyau communiquant avec une couronne annulaire et avec le tourillon, qui est tubulaire; de cette façon la soufflerie fonctionne dans toutes les positions du convertisseur. L’air arrivant sous pression, la fonte fluide ne peut pas pénétrer dans la boîte à air. On fait fonctionner la soufllerie en même temps qu’on redresse le convertisseur après y avoir fait couler la fonte .
L’air traversant la fonte la fait tourbillonner vivement et l’oxydation commence aussi tôt.
Elle présente deux phases distinctes; dans la première, le silicium seul brûle en donnant de la silice et cette oxydation se manifeste par une projection d’étincelles ; elle dure cinq à dix minutes, suivant la teneur en silicium. Puis s’établit la seconde phase : combustion du carbone, avec production d’oxyde de carbone qui augmente le bouillonnement de la fonte et qui vient brûler à l’orifice de l’appareil. Quant au manganèse, il commence à brûler à la fin de la première phase et au commencement de la seconde, en produisant des fumées plus ou moins épaisses. L'aspect de la flamme permet de juger de la marche de l’opération, surtout si on l’examine au spectroscope. La nature des scories, produites par les matières siliceuses du revêtement, peut aussi guider sur la marche de l’opération.
Dans l’origine, on cherchait à arrêter l’oxydation au moment, apprécié par l’aspect de la flamme, où la fonte se trouve convertie* en acier ; mais on a reconnu qu’il est préférable de pousser l’opération jusqu’à la production du fer malléable, c’est-à-dire à l’instant où cesse brusquement la flamme. On ajoute alors au métal, en inclinant le convertisseur, une quantité pesée de fonte ou de ferromanganèse en fusion, d’une composition connue ; on relèvi* l’appareil et on fait marcher la soufflerie pendant quelques secondes pour effectuer le mélange. Le manganèse est nécessaire pour réduire l’oxyde de fer formé à la fin de la seconde phase.
La coulée do. l’acier s’oirccLuc eu faisant basculer le converlisseur au gueulard duquel ou approche, à l’aide d’uiie grue, uru^ poche en for revêtue d’argile et munie d’une soupaj>e conique à sa partie inférieure. Après avoir conduit la poche au-dessus des moules, on ouvre la soupape.
Le procédé Bessemcr ne fournit un bon acier qu’à l’aide de fontes exemptes, ou à pou près, de soufre et de phosphore, car ce dernier surtout est difficilement éliminé; il se concentre au contraire par suite du déchet que subit le métal.
1096. Méthode Siemens-Martin. — Le principe de cette méthode repose sur l’affinage de la fonte par l’oxyde de fer et par les minerais do fer. Il a déjà été indiqué par Réaumur en 1722; mais
Fig. .'220.
son application, d’abord tentée au creuset, n’avait pas donné de résultats satisfaisants, et ce n’est que depuis que MM. E. et P. Martin, de Sireuil, eurent l’idée d’employer des fours à réverbère, que ce principe est devenu fertile en résultats, grâce surtout à l’emploi des régénérateurs de la chaleur de M. Siemens, fondés sur la température élevée (1800° comme température réelle) produite par la combustion du gaz dans l’air, portés chacun à une haute température. Nous avons déjà montré l’application de ces régénérateurs aux hauts fourneaux et aux fours de verrerie.
Le four Martin-Siemens, représenté figures 220 et 221, se compose d’une sole S, très épaisse, en matériaux réfractaires, pouvani recevoir cinq à huit tonnes de matière. Cette solo est chauffée
M É T 1 1 0 D E s 1 E M E xN s - M A RTI N .
par le gaz produit dans un générateur Siemens et arrivant en même temps que l’air, alternativement des régénérateurs A et B, A' et B'; A et A' étant les chambres à gaz; B et B' les chambres à air.
Pendant que fonctionne un de ces systèmes du régénérateur, l’autre se réchauffe par la flamme venant de la sole. Ces régénérateurs sont ainsi alternativement portés au rouge cerise tandis que la sole est chauffée au blanc vif. L’alternance est produite à peu près toutes les heures à l’aide d’une valve d’inversion B (lig. 221); le gaz venant du générateur arrive par les conduits H et G.
La charge se compose en général de 2000 kilogrammes de fonte
J.BL'AUAOtT
Fig. 221.
blanche, 2000 kilogrammes de déchets de fonte de rusine et de 2000 kilogrammes de riblons de fer et d’acier.
En associant plusieurs fours semblables, on arrive à couler simultanément des masses énormes d’acier d’une homogénéité parfaite que fournit aujourd’hui l’industrie sous forme de canons monstres, arbres de couche, etc.
Parmi les modifications qui ont été apportées au four Siemens- Martin, nous ne citerons que le four rotatif de Pernot (fig. 222).
La sole S, à garniture silicieuse, est circulaire et légèrement inclinée pour permettre la coulée du métal fondu. Elle est portée par un chariot pouvant être retiré de dessous la voûte pour les