‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 172 sur 359 · PHOPRIÉTÉS CHIMIQUES DU FER · texte numérisé non relu

PHOPRIÉTÉS CHIMIQUES DU FER

réduisant le peroxyde de fer par l’hydrogène. Si dans cette opération la température ne dépasse pas 300% le fer réduit est lyyrophorique ; celte propriété s’affaiblit si l’on atteint une température plus élevée et peut même disparaître complètement. Le fer réduit à une température élevée, et qu% par suite, a pris un état plus compacte, peut cependant devenir pyropliorique sous l'intluence d’un fort aimant (Magniis).

On prépare en grand le fer réduit pour les usages médicaux, en chauffant le colcothar dans des tuyaux de fonte traversés par un courant d’hydrogène pur, tant qu’il se dégage de la vapeur d’eau.

On peut encore préparer le fer pyropliorique en décomposant, dans un tube, à une température peu élevée, l’oxalate ferreux C^OTe, soit seul soit dans un courant d’hydrogène. Chauffé seul, ce sel donne un mélange d’oxyde ferreux et de fer et l’acide carbonique est mélangé d’oxyde de carbone.

Le chlorure ferreux anhydre, facile à obtenir pur, fournit aussi du fer pur lorsqu’on le chauffe dans un courant d’hydrogène pur et sec. Le fer réduit est alors en petits octaèdres ou en cristaux cubiques microscopiques brillants (Peligot). On l’obtient de même en réduisant le chlorure ferrique ; dans ce cas, le chlorure se volatilisant à 230”, c’est sa vapeur qui est réduite dans la partie vide du tube dont les parois, chauffées au rouge, se tapissent de cristaux de fer.

Fer électrolytique. — Le fer se dépose en lamelles d’un gris clair lorsqu’on électrolyse la solution du chlorure ferreux, additionnée de sel ammoniac. 11 renferme alors jusqu’à 230 fois son volume d’hydrogène occlus, qu’il perd lentement à froid, plus rapidement à 100” (Gailletet) ; chauffé dans le vide il perd cet hydrogène et devient blanc comme le platine.

L’hydrogène occlus dans le fer influe beaucoup sur ses propriétés magnétiques et lui donne une force coercitive considérable (Gailletet).

Le fer électrolytique est plus dur et moins dense que le fer ordinaire. On utilise la dureté du fer électrolytique pour l’aciération (les planches de cuivre gravées.

1102. Propriétés chimiques du fer. — Le fer est inaltérable dans l’oxygène sec et est sans action sur l’eau purgée d’air. Mais exposé à l’air humide, il se recouvre de rouille (660); tandis

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que les acides l'avorisenL la formation de la rouille, les alcalis reiiLravent. Pour le protég’er contre la rouille on recouvre sa surface de corps gras, de vernis, etc., de plombagine, ou bien de zinc ou d’étain (voir plus loin). Un des meilleurs préservatifs est une couche d’oxyde Fe^O'" obtenue en plaçant le fer comme électrode positive dans un bain de sulfate ferreux additionné de sel ammoniac (Pecquerel), ou bien en chauffant le fer à GoO” dans un courant de vapeur d’eau ; l’oxyde forme alors à la surface du fer une couche compacte très adhérente (Barlî).

ChaulTé au rouge à l’air, le fer brûle en produisant l’oxyde magnétique; dans l’oxygène pur^ cette combustion a lieu avec une vive incandescence. C’est ce même oxyde qui se forme par la combustion du fer pyrophorique ou des parcelles de fer arrachées au briquet par son choc contre une pierre à fusil.

Le fer décompose la vapeur d’eau au rouge, mais le fer pyrophorique décompose déjà l’eau lentement à 15° (Troost et Hautefeuille).

Le fer se dissout dans presque tous les acides étendus, avec dégagement d’hydrogène ; l’acide azotique étendu le dissout avec formation d’azotate ferreux, sans dégagement de gaz, l’hydrogène mis en liberté réduisant une partie de l’acide à l’état d’ammoniaque. Avec l’acide azotique plus concentré il se forme de l’azotate ferrique et les oxydes de l’azote. Enfin l’acide fumant est sans action et le rend passif, c’est-à-dire inattaquable par l’acide moins concentré; à cet état le fer est aussi sans action sur les sels de cuivre.

Cette propriété peut être provoquée par diverses causes; entre autres lorsqu’on associe le fer à un élément plus électronégatif tel qu’un fil de platine qu’on enroule autour d’une tige de fer ou bien une tige de charbon de cornue autour duquel on enroule un fil de fer; dans ces conditions le fer n’est pas attaqué par l’acide azotique ordinaire (D = 1,35). Le fer recouvert d’une couche d’oxyde Fe^O' par une légère calcination est également passif. Le fer passif est électronégatif par rapport au fer ordinaire. Nous avons vu (t. I, p. 506) à quelle cause on attribue la passivité du fer.

La passivité de l’acier est plus persistante que celle du fer.

' Le fer se combine facilement aux éléments halogènes; il brûle dans la vapeur de soufre. Le carbone, on l’a vu, se combine au for pour produire la fonte et l’acier. Un semblable fer carburé se dis-

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