‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 207 sur 359 · RÉACTIONS ET DOSAGE DU COBALT · texte numérisé non relu

RÉACTIONS ET DOSAGE DU COBALT

I ils sont hydratés; bleus quand ils sont anhydres. Les sels insolubles sont quelquefois violets.

La potasse donne dans les solutions des sels cobalteux un précipité bleu de sel basique ou, si elle est en excès, un précipité rose d’hydrate cobalteux qui brunit lentement à l’air.

Le précipité produit par l’ammoniaque se redissout dans un excès de réactif avec une couleur qui passe au brun au contact de l’air (1180).

Les carbonates alcalins donnent un précipité couleur fleur de pêcher, qui devient violette ou bleue quand on chauffe. Le précipité est soluble dans les sels ammoniacaux. Les carbonates terreux ne précipitent les sels de cobalt qu’à chaud.

L’hydrogène sulfuré fournit dans les solutions tout à fait neutres une précipitation partielle de sulfure de cobalt, mais pour peu que la solution soit acide, il n’y a pas de précipitation. Cependant celle-ci a lieu si l’acide libre est de l’acide acétique. Avec les sulfures alcalins, la précipitation est complète et le sulfure précipité est difficilement soluble dans l’acide chlorhydrique.

Le cyanure de potassium donne dans les sels de cobalt un précipité soluble dans un excès de réactif. La solution produite n’offre plus après ébullition les réactions générales des sels de cobalt. acide oxalique précipite le cobalt de ses solutions.

Au chalumeau, tous les composés de cobalt donnent une perle bleue avec le borax.

1194. Séparation du cobalt. — Le cobalt se sépare des autres métaux avec le nickel et accompagne celui-ci dans les séparations analytiques qui les amènent l’un et Tautre à l’état de sulfures insolubles dans l’acide chlorhydrique dilué. Parmi les méthodes recommandées pour séparer le cobalt du nickel, nous ne mentionnerons que les suivantes.

L’une est basée sur l’insolubilité de l’azotite double de cobalt et de potassium dans l’acide acétique. On redissout les sulfures de cobalt et de nickel dans l’eau régale, on neutralise à peu près la solution par la potasse puis on y ajoute une solution filtrée d’azotite de potassium neutralisée par l’acide acétique. On ajoute ensuite un excès de cet acide et on abandonne le mélange pendant vingt-quatre heures, puis on recueille l’azotite double, qui est exempt de nickel. La solution filtrée ne doit plus rien donner par une nouvelle addition d’azotite de potassium (Fischer; H. Rose).

CiniOME.

Une autre méthode, due àLiel)!^, estfondée sur la transformation du cobalt et du nickel en cyanures complexes. La solution de ces deux métaux, après leur séparation des autres métaux, est additionnée de cyanure de potassium pur et en excès. Par l’ébullition, le cyanure double de cobalt et de potassium GoCy^2KCy est converti en cohalticyamire Co^Cy^^K®, avec dégagement d’hydrogène, tandis que le composé de nickel n’est pas modifié. En traitant ensuite la solution par le chlore, on précipite le nickel à l’état d’hydrate nickélique, sans agir sur le cobalticyanure. Pour isoler ensuite le cobalt de cette solution, on la neutralise par l’acide azotique, et on l’additionne d’azotate mercureux : il se précipite ainsi du cobalticyanure de mercure qui par la calcination à l’air est converti en oxyde Co'^Ok

Dosage du cobalt. — Le cobalt, après sa séparation des autres métaux, est dosé à l’état d’oxyde Co^Ok Au lieu de peser l’oxyde on peut le transformer en cobalt métallique par réduction dans un courant d’hydrogène, procédé applicable aussi directement au chlorure ou à l’azotate.

On peut aussi, si le cobalt est engagé dans un sel à acide volatil, le transformer en sulfate qu’on pèse après calcination.

CHROME. — Cr=52,4.

1195. Historique. État naturel. — Ce métal a été découvert en 1797 dans le plomb rouge de Sibérie, puis dans le fer chromé par Vauquelin qui lui a donné ce nom (de ypw[j.a, couleur) en raison de la coloration de ses composés. Le plomb rouge ou crocoïte est du chromate de plomb CrOTb. C’est à de l’oxyde chromique Cr^O^ ou à ses composés qu’est due la couleur verte de l’émeraude, de la serpentine et autres minéraux. Le fer chromé ou sidérochrome est un chromite de fer Cr^O^Fe (ou Cr^OkFeO). C’est le minerai de chrome le plus important. Le chrome métallique est sans usages, mais ses composés sont très importants comme matières colorantes.

Chrome métallique. — On l’obtient fondu en réduisant l’oxyde de chrome par le charbon de sucre, en quantité calculée, dans un double creuset de chaux pure (voir manganèse), au fourneau à vent (Deville).

Wœhler a préparé le chrome cristallisé en chauffant dans un

CHROME METALLIQUE.

I creuset un mélange de chlorure de chrome, de chlorures de potas-

I sium et de sodium, et de grenaille de zinc. Sous Tinfluence de la

chaleur, la masse fond et une partie du zinc se volatilise. L’opération terminée on trouve dans le fond du creuset un culot métallique de zinc qui, traité par l’acide azotique étendu, laisse des cristaux de chrome.

On l’obtient sous la même forme en chauffant le chlorure de chrome dans la vapeur de sodium, entraînée par un courant d’hydrogène pur et sec (Fremy).

En électrolysant une solution de chlorure chromeux, le chrome se dépose au pôle négatif en lamelles fragiles et brillantes ou sous la forme d’un dépôt adhérent ressemblant au fer (Bunsen).

Enfin, M. Moissan a obtenu le chrome pulvérulent en calcinant l’amalgame de chrome dans un courant d’hydrogène ; cet amalgame est liquide et s’obtient en traitant une solution concentrée de chlorure de chrome par l’amalgame de sodium.

Le chrome fondu est un métal d’un gris d’acier, brillant, plus dur que le verre, de 6,0 de densité. Il est magnétique, mais seulement à — 15° ou — 20° (Wœhler). Les cristaux de chrome appartiennent au système cubique (de Senarmont) ; leur densité est de 6,8 (Wœhler). C’est un des métaux les moins fusibles.

Le chrome est inaltérable à l’air à froid. Il ne décompose que difficilement l’eau au rouge. Son oxydabilité à l’air à cette température est également faible. Il est soluble dans l’acide chlorhydrique avec une couleur bleue (chlorure chromeux) et à chaud dans l’acide sulfurique étendu, mais il est inattaquable par l’acide azotique.

F ondu avec du salpêtre il se transforme en chromate de potassium.

Le chrome ne fournit pas d’alliages usuels. Sa présence dans l’acier rend celui-ci plus résistant.

Poids atomique et atomicité. — Les données relatives au poids atomique du chrome sont très divergen tes. Celles qui s’accordent le mieux conduisent au nombre 52,4 (avec O = 15,96) auquel sont arrivés M. Peligot par l’analyse de l’acétate chromeux et Berlin par celle du chromate d’argent. M. Kessler, en comparant la quantité de bichromate de potassium à celle de chlorate nécessaires pour oxyder un poids déterminé d’anhydride arsénieux, est arrivé au nombre 52,2, tandis que l’analyse du chlorure chromique a conduit M. Sievert au nombre 52,0.

Page 1