‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 249 sur 359 · DORURE · texte numérisé non relu

DORURE

la chaleur. Pour qu’il soit applicable, le métal à dorer doit luimême être mouillé par le mercure. L’argent, l’or, le bronze sont dans ce cas. Pour dorer le fer, il faut d’abord le recouvrir d’une couche de cuivre. L’amalgame d’or que l’on emploie est préparé en versants parties de mercure sur 1 partie d’or en lames, chauffées au rouge sombre; on remue avec une tige de fer jusqu’à dissolution complète de l’or et on verse l’amalgame dans de l’eau froide; il se sépare du mercure liquide, qu’on emploie pour une autre opération et on obtient un amalgame pâteux qu’on exprime dans une peau; c’est un amalgame blanc renfermant 67 p. 100 d’or.

On applique cet amalgame avec \m gratte- bosse, espèce de pinceau de laiton, après avoir décapé le métal à dorer avec une solution acide d’azotate de mercure. On expose ensuite les pièces dans un fourneau spécial, à bon tirage; le mercure se volatilise et laisse une couche d’or mat que l’on polit avec un bi'iinissoir , morceau d’hématite monté sur une tige de bois. Pour obtenir une dorure mate, on chauffe ces pièces avec un mélange de sel, de salpêtre et d’alun qui dépolit la surface en mettant du chlore en liberté.

Dorure au trempé. — Ce procédé, applicable aux bijoux qui ne peuvent supporter les frottements du gratte-bosse, consiste à immerger les objets bien décapés dans un bain d’or contenu dans une marmite en fonte, dorée parles opérations antérieures. Pour préparer le bain, on dissout 100 grammes d’or dans l’eau régale, et on verse la solution dans 20 litres d’eau contenue dans la marmite en fonte et dans laquelle on a dissous 7'^’b^OO de bicarbonate de potassium, qu’on peut remplacer par du phosphate, du borate ou du cyanure. Les objets plongés dans ce bain prennent après une demi-minute tout l’or qu’ils peuvent prendre, quantité qui ne dépasse pas 45 milligrammes par décimètre carré. On lave alors les objets et on les sèche avec de la sciure de bois chaude.

Dans la dorure au trempé, il y a substitution du cuivre à l’or. D’après l’analyse du bain qui a servi à l’immersion des objets en cuivre, la dorure aurait lieu, suivant Barrai, d’après l’équation :

6 AuCP -i- ÔGO^KII H- 6Cu == eCuCl^ + oKGl -j- ClOHi + 6Au -f- 6GQ2 + 3HH).

Dorure galvanique. — Elle a presque complètement remplacé les procédés ci-dessus et s’effectue comme l’argenture en employant un bain de cyanure double d’or et de potassium et en plaçant au pôle positif une lame d’or comme électrode soluble, les II. — Chiiuic minérale. 34

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objets à dorer étant placés au pôle négatif, après dégraissage et décapage convenables. Le bain renferme 10 grammes d’or et 100 grammes de cyanure de potassium par litre. On effectue l’électrolyse à la température de 70“.

Si l’on ajoute du cyanure d’argent au bain d’or, on produit une dorure en or vert; par l’addition de cyanure de cuivre, le dépôt est de Tor rouge. Dans ces cas il faut employer des alliages d’or et d’argent ou d’or et de cuivre comme électrode soluble. La dorure de la plupart des métaux autres que le cuivre doit être précédée par le dépôt d’une couche de ce métal.

Dorure par application. — Pour dorer le verre ou la porcelaine, on incorpore l’or en poudre ou en feuilles à de l’essence de térébenthine et à un fondant, le sous-azotate de bismuth, et on passe la pièce au moufle.

Pour dorer le bois, le plâtre, etc., on applique à l’aide d’un pinceau plat l’or en feuilles sur une couche d’impression formée principalement d’huile siccative et de céruse, on passe la couche au brunissoir puis on la recouvre d’un vernis à l’alcool.

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