SULFATE NEUTRE DE SODIUM
salines, qui renferment du sulfate de magnésium et du chlorure de sodium. A chaud on déterminerait au contraire la séparation du chlorure de sodium. On prépare de cette manière de g'randes quantités de sulfate de sodium à Stassfurt.
Le principal mode de fabrication du sulfate de sodium est la décomposition du chlorure par l’acide sulfurique ; c’est la première phase de l’industrie de la soude par le procédé Leblanc qui sera décrit plus loin. Il est produit de même, comme résidu, dans la fabrication de l’acide azotique par le nitre du Pérou, et dans celle du sel ammoniac par le sulfate ammonique et le sel marin.
Fabrication du sulfate de sodium. — Lorsque l’attaque du chlorure de sodium par Tacide sulfurique a pour but principal la fabrication de l’acide chlorhydrique, on l’effectue dans des cornues cylindriques en fer associées par couples dans un seul foyer. Cette disposition a été indiquée t. I, p. 281. Lorsque l’on a en vue la fabrication de la soude, on procède dans des fours à cuvette et à réverbère. L’opération commence dans la cuvette^ qui est en plomb ou en fonte, et s’achève dans la calcine ; celle-ci est à mou-
Fig. 177.
fie ou à réverbère, c’est-à-dire chauffée à feu direct. L’ensemble porte le nom de bastringue. La figure 177 représente une bastringue avec calcine à réverbère.
La flamme du foyer A passe au-dessus de l’autel d dans le four à réverbère B, dont la sole ou calcine est en briques, puis se rend dans le compartiment E, qui renferme la cuvette ; le réglage se fait par le registre e. Quand celui-ci est fermé, la flamme se rend par des carneaux d situés à gauche et à droite du registre, et vient chauffer la partie inférieure de la cuvette qui, si elle est en
SELS OXYGÉNÉS DU SODIUM
plomb, est rectangulaire et repose sur une plaque de fonte. Les produits de la combustion, chargés d’acide chlorhydrique, sont dirigés de la calcine dans les appareils de condensation, où ils s’en dépouillent. Quant à la majeure partie de l’acide chlorhydrique, produit dans la cuvette, il se rend par les tuyaux en grès q dans une série de bomhonnes hh contenant de l’eau, puis dans des tours à condensation (t. I, p. 280).
Le sel marin est chargé par la porte K dans la cuvette où l’on fait arriver par un siphon son poids d’acide sulfurique, chauffé dans le réservoir P, où il s’est concentré à 60”. La réaction, très énergique au début, se calme peu à peu et quand la masse a acquis une consistance pâteuse, on la fait passer dans la calcine après avoir soulevé le registre e de manière à amener la flamme dans le compartiment E, puis on abaisse de nouveau le registre et on procède à une nouvelle charge. Le sulfate inachevé, étalé dans la calcine, est brassé d’une manière continue et est finalement porté au rouge naissant. L’opération terminée, l’ouvrier soulève la plaque mobile c et fait tomber le produit dans la cave C, où il se refroidit.
Les cuvettes en plomb tendent à être remplacées par des cuvettes en fonte, calottes sphériques de 0“,5 de profondeur et de 3“,3 de diamètre que l’on chauffe par uu foyer spécial. Dans certaines usines anglaises, où cette substitution s’est surtout effectuée, la cuvette A est flanquée de deux calcines à réverbère, et l’acide chlorhydrique de la cuvette et des calcines s’échappe par un seul orifice au-dessus du centre de la cuvette.
On obtient encore le sulfate de sodium par l’action combinée du gaz sulfureux, de l’air et de la vapeur d’eau sur le chlorure de sodium au-dessous du rouge :
2NaCl -+- SQ2 -h O H- H^O zr: SO + 2HGI
L’acide chlorhydrique, produit en même temps, est condensé dans des tours (Hargreaves). Ce procédé qui tend à entrer dans la pratique, en Angleterre, dispense de la fabrication préalable de l’acide sulfurique.
Le sulfate de sodium anhydre s’obtient par l’efflorescence du sulfate cristallisé ou par l’action de la chaleur. Il se dépose en cristaux semblables à la thénardite lorsqu’on chauffe à 40” la solution saturée à 33”75 ; température à laquelle est situé le maximum de solubilité du sel hydraté.