‹ Traité de chimie minérale et organique (volume 2)Chapitre 9 sur 359 · PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES ALLIAGES · texte numérisé non relu

PROPRIÉTÉS PHYSIQUES DES ALLIAGES

celle dernière étant enlevée peut éprouver une nouvelle liquation. C’est par cette opération, qui porte alors le nom de pattinsonage, qu’on enrichit en argent les plombs argentifères.

On évite en partie la liquation dans la préparation des alliages par une solidification brusque ; mais ce procédé n’est pas applicable lorsqu’on prépare de grandes masses d’alliages, par exemple dans la coulée des canons de bronze. Dans ce cas on exerce sur l’alliage fondu une pression considérable en coulant à la partie supérieure des pièces une grande masse d’alliage qui porte le nom de masselotte et qu’on détache ultérieurement des pièces.

665. Propriétés physiques des alliages. — Les propriétés primitives des métaux qui éprouvent le plus de modifications par leur alliage sont la dureté, la couleur, la ténacité, la ductilité, la densité, la fusibilité. La dilatabilité et la conductibilité sont sensiblement la moyenne de celles des métaux constituants. L’utilité des alliages tient précisément à leurs propriétés physiques spéciales.

Dureté, ténacité, etc. — Les alliages sont généralement plus durs que les métaux constituants ; ainsi l’argent monétaire est plus dur que l’argent fin et que le cuivre pris isolément ; il en est de même des alliages d’or et de cuivre. C’est pourquoi l’argent et l’or sont rarement employés à l’état de pureté. D’autre métaux sont trop durs et trop cassants pour pouvoir être employés à certains usages, comme le bismuth et l’antimoine ; le plomb par contre est trop mou. En associant le plomb et l’antimoine on arrive à obtenir l’alliage dur et résistant qui constitue les caractères d’imprimerie.

Le plomb lui-même, quoique le métal usuel le plus mou, peut communiquer de la dureté à certains métaux. L’adjonction de quelques centièmes de plomb au laiton lui donne assez de dureté pour qu’il ne graisse plus la lime. On augmente de même la dureté du bronze par l’addition d’un peu de zinc.

D’autre part, la ténacité et la ductilité sont généralement diminuées dans les alliages : l’or devient dur et cassant par l’adjonction d’antimoine ou de plomb. Le cuivre perd de sa ductilité par son alliage avec l’étain ; le bronze des tamtams est fragile à froid et au rouge vif, mais malléable au rouge sombre.

Cristallisation. — Certains alliages sont cristallisables, mais ce n’est pas une preuve absolue qu’il y a combinaison. Il existe un

ALLIAGFS.

alliage d’antiaioine etd’élaiii Sb^Zn^, Talliagc de Cooke, qui cristallise eu prismes rliomboïdaux ; mais on peut y faire varier le zinc dans la proportion de 43 à G4 p. 100, sans que la forme cristalline en soit modifiée. 11 en est de même pour la forme cristalline des alliages d’or et d’étain, l’or variant entre 27 et 43 p. 100.

On connaît beaucoup d’amalgames cristallisés ; d’autres sont pâteux.

Densité des alliages. — La densité des alliages est presque toujours différente de la moyenne de la densité des métaux cons-

tituants, moyenne donnée par la formule D = a^b ou ^ ^

et B étant la proportion centésimale de chaque métal ; a et 6, la densité de ces métaux. La densité de l’alliage est tantôt plus forte, tantôt plus faible. Dans le premier cas, l’alliage se produit avec contraction et dégagement de chaleur ; dans le second cas il n’y a pas de phénomène thermique appréciable.

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