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EAUX SULFUREUSES ACCIDENTELLES

! Fontan no serait pas fondée. Qu’elle le soit ou non, il n’en est pas ! moins vrai que la plupart des autres eaux sulfureuses s’écartent j par leur nature des eaux de la chaîne pyrénéenne.

Dans les unes, l’action réductrice comme origine du principe sulfuré paraît évidente, et c’est surtout aux eaux séléniteuses qu'elles doivent leur formation; elles sont alors chargées de sulfure de calcium. Cette réduction est quelquefois due à un phénomène continu, et produit des eaux à richesse à peu près constante; d’autres fois, elle est déterminée par la présence accidentelle des matières organiques, comme cela a lieu pour beaucoup de puits voisins des habitations. Dans certains cas, la production de • sulfure est suivie de l’action de l’acide carbonique qui la décom- : pose en produisant de l'hydrogène sulfuré libre. C’est ce que l’on remarque pour les eaux d’Àix en Savoie, d’Uriage (Isère), de Schinznach (Suisse).

Dans d’autres, l’élément sulfuré est le sulfure de sodium ou le sulfhydrate, accompagné de sels de sodium en quantité considérable, telles sont les eaux d’Aix-la-Chapelle et de Challes (Savoie). La première est thermale; la seconde est froide et ne renferme qu’une très faible proportion de sulfate de sodium. Il faudrait donc admettre que le sulfate primitif, qui serait de 0sr,9770, eût été à peu près complètement réduit; cette réduction n’a pu se faire que par une réaction complexe, car ce sel est difficilement réduit par les matières organiques.

Voici un aperçu sur la composition de quelques-unes de ces eaux :

Aix-les-Bcdns. — L’eau a une température de 45°, 5 à 44°, 6 et renferme environ 4 milligrammes d’hydrogène sulfuré, soit 2C0,5 de ce gaz par litre pour 0sr,49 de résidu salin, dont 0gr,2 de carbonate alcalino-terreux, 0Br,048 de silice, un peu de chlorure de sodium et des sulfates (Willm).

triage. — Température 27°, eau chlorurée sodique avec 6 grammes de chlorures alcalins, 3 grammes de sulfates, 0sr,5 de bicarbonate de sodium. Elle accuse à l’analyse 08r,0113 d’hydrogène sulfuré; mais il est difficile de ne pas la considérer comme sulfurée sodique (avec 0gr,026 NaJS). Sa constitution est analogue à celle de l’eau d’Aix-la-Chapelle.

être pas 1 opinion la moins fondée, il se pourrait que le sulfure de sodium résultât de 1 action, sur les roches primitives, de l’hydrogène sulfuré pouvant prendre naissance par 1 action de la vapeur d’eau à une température élevée sur les pyrites de fer.

EAU

Aix-la-Chapelle . — Température 49 à 55?. Sulfuration : 0fir, 01950 Na1 2S (source de l’Empereur). Le résidu salin pèse environ 4 grammes et renferme 2Br,64 de chlorure de sodium, un peu de bromure et d’iodure, 0Br,6 de carbonate de sodium, etc.

Nous donnerons enfin la composition complète de l'eau de

Challes, en raison de la nature toute particulière de cette eau, à la fois sulfurée sodique, bicarbonatée sodique et exceptionnellement bromo-iodurée :

Composition de l’eau de Challes (Ed. Willm).

Température 11°

Carbonate de calcium ()sr,0772

— de magnésium o ,0496

— de sodium (1) o ,5952

Silice, avec alumine O ,0286

Sulfhyd rate de sodium (2) O ,3594

Sulfate de sodium o ,0638

Chlorure de sodium o ,1554

Bromure de sodium 0 ,00376

Iodure de sodium 0 ,01235

Total par litre îsq 34531

132. Analyse des eaux. — Sans entrer dans le détail des opérations, souvent très minutieuses, que nécessite l’analyse d’une eau minérale ou autre, nous croyons utile d’indiquer, d’une manière générale, la marche à suivre dans la plupart des cas, nous réservant de décrire à leur place respective le dosage de chaque élément et la recherche de ceux qui ne se rencontrent qu'en petite quantité.

Le résidu fixe que laisse un volume déterminé d’eau n’est pas toujours facile à établir. Certains sels se décomposent par la dessiccation, le chlorure de magnésium notamment, qui se transforme en partie en acide chlorhydrique qui se dégage et magnésie qui reste. D’autres ne perdent toute leur eau de cristallisation qu’à une température élevée, le sulfate de magnésium par exemple; le carbonate de magnésium perd aisément une partie de son acide carbonique ; or, si l’on veut détruire la matière organique que renferme presque toujours le résidu, on est obligé de chauffer très fortement au contact de l’air. On a proposé, par exemple, dans le

(1) Carbonates dissous à l’état de bicarbonates.

(2) D’après l’action du sulfate de manganèse qui ne précipite que la moitié du soufre. Cette quantité correspondrait à 0,5000 de sulfure Na2S.

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