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PEROXYDE D’HYDROGÈNE

servent, en outre, de contrôle à l'analyse, sont évidemment arbitraires, dans ce sens que nous ne pouvons pas savoir comment se partagent réellement les acides et les bases dans une solution aussi complexe. Néanmoins leur utilité est incontestable. Seulement, il faut pour y procéder respecter certaines données chimiques, ne pas faire figurer ensemble des sels dont la coexistence n'est pas possible, tels que le sulfate de calcium et le carbonate de sodium ; l’ébullition d'une eau renfermant les éléments de ces sels abandonnerait du carbonate de calcium. En général, il est bon de faire figurer les sels que l’ébullition précipite,, puis les sels qui restent dissous après cette opération. On y groupe les acides et les métaux de manière à former les sels dont l’existence paraît la plus probable, par l’origine de l’eau par exemple. Ainsi, on unira de préférence le sodium au chlore ; le calcium à l’acide sulfurique ou à l'acide carbonique, etc. Une règle qu’il est aussi bon d'observer, dans de certaines limites, consiste à regarder les bases les plus fortes comme unies aux acides les plus énergiques. Quoiqu’on doive en réalité, dans l’eau primitive, regarder tous les acides comme se partageant entre toutes les bases, il est préférable de recourir à des groupements relativement simples comme exprimant le mieux la nature chimique de l’eau.

PEROXYDE D’HYDROGÈNE ou EAU OXYGÉNÉE. — H202

Ce corps, doué de propriétés remarquables, a été découvert par Thénard en 1818, et c’est toujours son procédé, plus ou moins modifié, auquel on a recours pour le préparer.

133. Préparation. — Elle a pour base la réaction du bioxyde de baryum sur l’acide chlorhydrique :

BaO2 -h 2 H Cl = IPO2 + BaCl2.

On place 20 centimètres cubes d’acide chlorhydrique fumant, étendu de 40 fois son volume d’eau, dans un verre à pied entouré de glace et l’on y verse peu à peu 12 grammes environ de bioxyde de baryum pur, broyé finement avec un peu d’eau, en agitant et en attendant pour chaque nouvelle addition que la portion précédente ait été dissoute, ce qui doit se faire sans dégagement de gaz. Lorsque l’acide chlorhydrique est saturé, on verse goutte à goutte dans la solution de l’acide sulfurique étendu de son volume d’eau. Il se forme ainsi du sulfate de baryum insoluble,

PEROXYDE D’HYDROGÈNE OU EAU OXYGÉNÉE

tandis que l’acide chlorhydrique est remis en liberté. On peut alors y dissoudre une nouvelle quantité de bioxyde de baryum à peu près égale à la première. La solution se charge ainsi d’une nouvelle quantité d’eau oxygénée. On répète cette série d’opérations jusqu’à ce que la solution laisse dégager spontanément des bulles de gaz. On a atteint alors une concentration de l’eau oxygénée qui ne peut être dépassée par ce procédé et qui peut fournir de 50 à 70 fois son volume d’oxygène. La solution obtenue renferme du chlorure de baryum et un léger excès d’acide chlorhydrique. En la traitant par une quantité de sulfate d’argent strictement nécessaire pour produire avec le chlorure de baryum du chlorure d’argent et du sulfate de baryum, tous deux insolubles, il ne reste en dissolution que l’eau oxygénée avec un peu d’acide sulfurique libre résultant de l’action de l’acide chlorhydrique en excès sur le sulfate d’argent. On précipite cet acide sulfurique par un peu d’eau de baryte, qui précipite en même temps les oxydes de fer et de manganèse accompagnant toujours le bioxyde de baryum. On concentre alors la solution dans le vide en présence d’un vase contenant de l’acide sulfurique concentré.

Le procédé de Thénard ne fournit de l’eau oxygénée pure que si l’on a observé toutes les précautions qu’il a indiquées. C’est une opération très délicate à cause de l’altérabilité du produit lorsqu'il atteint un certain degré de concentration. Par contre, la préparation d’une eau oxygénée faible ne présente pas de difficulté. Les principales règles à observer sont d’éviter l'élévation de température et de toujours ajouter le bioxyde de baryum à l’acide chlorhydrique et non de faire l’inverse.

On remplace du reste avantageusement l’acide chlorhydrique par d’autres acides donnant directement un sel de baryum insoluble. L’acide fluorhydrique, l'acide fluosilicique, l’acide phospliorique, l’acide sulfurique sont dans ce cas. On a même proposé l’emploi de l’acide carbonique, mais l’attaque du bioxyde de baryum est très lente et incomplète.

Pour l’emploi de ces divers acides, il est bon d’employer le bioxyde de baryum pur, tel qu’on l’obtient en précipitant l'eau oxygénée impure par la baryte. L’addition d’eau de baryte fournit d’abord un précipité renfermant les oxydes métalliques accompagnant toujours le bioxyde de baryum brut et dont la présence est nuisible. Le précipité produit ensuite est du bioxyde de ba-

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