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SOLUBILITÉ

fort dégagement de chaleur. Une cloche contenant ce gaz et transportée sur l’eau se remplit instantanément de liquide et l’absorption est si brusque qu’elle peut provoquer la rupture de la cloche. Un morceau de glace introduit dans du gaz ammoniac sur la cuve à mercure absorbe rapidement le gaz et se liquéfie par suite de l’élévation de température. L’absorption de l’ammoniaque par l’eau peut encore être mise en évidence comme celle de l’acide chlorhydrique en remplissant de gaz un ballon muni d’un bouchon portant un tube effilé; en introduisant l’extrémité libre du tube dans de l’eau colorée par du tournesol rouge, il se produit un jet d’eau qui bleuit par l’ammoniaque.

D’après MM. Roscoe et Dittmar, l'eau à 0° dissout 1147 fois son volume de gaz ammoniac, soit 875 grammes par litre, cette solubilité diminue avec la température, ainsi que le montre le tableau suivant, emprunté à ces auteurs.

Température.

Poids en grammes, par litre.

Température.

Poids en grammes, par litre.

os

L’eau à — 16° dissout 1270 volumes de gaz ammoniac, soit 0§r,968, soit plus de 1 molécule AzII3 pour 1 molécule H20 (Bertlielot).

Pour une même température, la solubilité diminue avec la pression; si l’on n’envisage que les températures voisines de la température ordinaire, cette décroissance n’obéit pas à la loi de Dalton, c’est-à-dire qu’elle n’est pas proportionnelle aux pressions. Ainsi à 0°, 1 litre d’eau sous une pression de 0m,25 de mercure dissout 405 grammes de gaz ammoniac; 690 grammes sous une pression de 0m,50; 872 grammes sous une pression de 0m,75 et 1037 grammes sous une pression de 1 mètre; enfin 2120 grammes sous la pression de 2 mètres de mercure. Cet écart à la loi de Dalton devient plus faible pour des températures plus élevées et à 100° il disparaît, mais on ne peut alors envisager le phénomène que pour des pressions supérieures à la pression atmosphérique, l’eau bouillante ne dissolvant pas du tout d’ammoniaque.

La solution d’ammoniaque ne paraît pas renfermer une com-

AMMONIAQUE

binaison d’ammoniaque eL d’eau; elle doit plutôt être envisagée comme un mélange d’ammoniaque liquéfiée et d’eau. Cependant, refroidie à — 38u, elle se prend en une masse d’aiguilles tlexibles et brillantes, qui constituent peut-être l’hydrate d’ammonium

AzII4OH (soit AzH3.H20).

La densité de ses solutions diminue avec la richesse en ammoniaque. Voici, d’après M. Wachsmuth, la densité des solutions d’ammoniaque, avec leur teneur en ammoniaque.

Densité à i2°.

AzH3 par kilogr.

AzH3 par litre.

AzIIUiquided

ffr.

Sr-

La solution d’ammoniaque possède l’odeur pénétrante du gaz; sa saveur est brûlante et caustique. Elle produit sur la peau un sentiment de cuisson et une rubéfaction passagère; un contact prolongé détermine une véritable vésication. Son action sur les muqueuses est du même ordre, mais infiniment plus énergique. On l’emploie pour la cautérisation des plaies. Administrée intérieurement à petite dose, elle agit comme stimulant sur le système nerveux.

On a vu que la chaleur fait perdre toute l’ammoniaque à sa solution quand la température atteint 100°. Soumise au vide, la solution se comporte de même.

Si l’on expose à l’air une solution d’ammoniaque, elle s’appauvrit rapidement. Si l’on fait passer un courant d’air rapide à travers une solution concentrée, l’ammoniaque est entraînée et il se produit un abaissement de température qui peut aller à — 40°.

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