LOIS DE GAY-LUSSAC
34. Hypothèse des atomes. — La loi des proportions définies ! et, surtout, la loi des proportions multiples ont amené Dalton à
une autre conception, beaucoup plus logique dans ses conséquences. Admettant avec les philosophes grecs que les corps sont composés de particules insécables ou atomes, il a envisagé les nombres proportionnels comme représentant les poids relatifs de ces atomes. Ceux-ci étant indivisibles, il est de toute évidence que les combinaisons ne peuvent pas contenir des fractions d’atomes; ceci correspond à la loi des proportions définies; que, de plus, si un corps peut former avec un autre corps plusieurs combinaisons, celles-ci ne sauraient contenir qu’un nombre entier d’atomes. Enfin, le poids relatif de l’atome, ou poids atomique , est nécessairement invariable. On verra plus loin sur quelles lois physiques on peut s’appuyer pour connaître ce poids, car, en raison de la loi des proportions multiples, sa connaissance précise ne peut être déduite uniquement de celle de la composition d un corps, c’est-à-dire de son analyse.
A la notion d’atomes, vient s’ajouter celle d’une réunion d’atomes, telle que celle que présente un corps composé. Les atomes étant indivisibles, il s’ensuit qu’une combinaison d’atomes doit l'être également : la combinaison de 1 atome de chlore et de 1 atome d’hydrogène est insécable comme le sont les atomes des corps qui la constituent, à moins qu’elle ne se décompose. Une semblable combinaison d’atomes est ce que l’on nomme une molécule. Une molécule composée ne peut renfermer moins de 2 atomes et ne peut être formée que d’un nombre entier d’atomes. Ce sont là des axiomes qui découlent de la notion même de l’atome.
A l’époque de Dalton, les équivalents étaient censés représenter les poids atomiques, et ces deux expressions étaient alors synonymes. Une semblable confusion ne devait pas tarder à disparaître avec les moyens de contrôle des poids atomiques, tirés des lois de Gay-Lussac sur les combinaisons en volume et de la loi de Dulong et Petit sur les chaleurs atomiques.
35. Lois de Gay-Lussac. — Après avoir reconnu en 1804 avec Alex, de Humboldt que l’eau résulte de la combinaison exacte de 2 volumes d’hydrogène avec 1 volume d’oxygène, Gay- Lussac poursuivit ses recherches sur les relations numériques qui président aux combinaisons gazeuses. Cette étude le conduisit aux deux lois suivantes très simples et très rigoureuses :
1° Lorsque deux gaz se combinent, les volumes de chacun d’eux