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Hydrogène phosphoré non spontanément inflammable

— On l’obtient en décomposant le phosphure de calcium par l’acide chlorhydrique concentré et, beaucoup plus pur, en décomposant dans un petit ballon l’acide hypophosphoreux (Dulong) ou l’acide phosphoreux (Pelletier; H. Davy). Le gaz dégagé ne renferme que peu ou point d’hydrogène.

Pour l’obtenir tout à fait pur, on décompose par l’eau ou par la potasse l’iodure de phosphonium PIPI ou PH3.IH dont il sera question plus loin. On introduit ce composé dans un petit ballon mélangé de fragments de verre et l’on y fait arriver peu à peu la potasse, par un entonnoir à robinet qui traverse le bouchon à côté du tube de dégagement (W. Hofmann) :

PH4I + KHO = Kl -4- H20 + PH3 .

La combinaison que forme l’hydrogène phosphoré avec le chlorure cuivreux fournit aussi ce gaz pur lorsqu’on la décompose par la chaleur (Riban).

418. Propriétés. — L’hydrogène phosphoré est un gaz incolore, à odeur fétide, très peu soluble dans l’eau, un peu soluble dans l’alcool, plus soluble dans l’éther. Comprimé dans l’appareil Cailletet, en présence de l’eau, il se liquéfie en un liquide qui surnage l’eau et s’y dissout un peu. Par la détente, le liquide cristalli se. D après M. Olszewski l’hydrogène phosphoré se condense à — 90° et reprend l’état gazeux à — 85°. Refroidi davantage, il se prend en une masse cristalline fusible à — 132°, 5.

L hydrogène phosphoré pur s’enflamme spontanément vers 100°; mais lorsqu’il renferme du phosphure P2H4, il s’enflamme déjà à 1 air à la température ordinaire. Lorsqu’il se dégage d’un appareil ou de l’eau dans laquelle on projette du phosphure de calcium, il brûle avec une flamme blanche brillante, donnant des

COMPOSÉS HYDROGÉNÉS DU PHOSPHORE

fumées blanches d’acide phosphorique qui s’élèvent en produisant t es anneaux allant en s élargissant et animés d’un mouvement gyratoire (fig. 136).

Lorsqu’on fait arriver de l’oxygène ou du chlore ou même de 1 air sous une cloche contenant de l’hydrogène phosphoré, il se

produit une violente explosion et ces gaz ne doivent y être introduits qu’en petites bulles. On réalise cette expérience sans danger en faisant arriver au sein de l’eau, par des tubes en regard l’un de l’autre, comme le montre la figure 1 39, d’une part l’hydrogène phosphoré , d'autre part du chlore ou de l’oxygène. Il se produit alors une vive lumière et une petite explosion chaque fois que les bulles des deux gaz se rencontrent (Leras).

L hydrogène phosphoré spontanément inflammable perd cette propriété si on le prive duphosphure d’hydrogène liquide en condensant celui-ci, ou si on le met en présence de certains corps, comme le potassium, le charbon, l’éther, l’acide chlorhydrique, qui décomposent ou absorbent le phospliure liquide. Inversement, on peut rendre l’hydrogène phosphoré pur spontanément inflammable si 1 on y fait arriver du bioxyde d azote ou si on le fait passer à traveis de 1 acide azotique renfermant des traces de vapeurs nitreuses.

Lorsqu on abandonne à lui-même, surtout à la lumière, de l’hydrogène phosphoré spontanément inflammable il abandonne sur les parois de la cloche un dépôt jaune qui est un hydrure solide et il cesse d’être inflammable.

Le gaz non inflammable peut être mélangé avec de l’oxygène pur sans qu il y ait action immédiate; mais si l’on diminue la pression du mélange l’explosion se produit (IIouton-Labillardière).

Fis. 13».

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