PH3 = P + H
2 vol. 3 vol.
La quantité de phosphore est donnée par la différence entre la densité de l’hydrogène phosphoré et celle de l’hydrogène, soit 2x16,98 ou 33,% — 3 = 30,96, c’est-à-dire 1 atome de phosphore pour 3 atomes d’hydrogène.
Lorsque l’étincelle ne passe qu’un instant, l’hydrogène phosphoré pur devient inflammable (Graham). L’effluve détermine la séparation d’hydrure de phosphore solide (Berthelot).
420. Réactions. — L’hvdrogène phosphoré agit comme réducteur sur un grand nombre de composés, tels que l’acide sulfurique concentré, l’acide azotique, l’acide hypochloreux et les hypochlorites. Il réduit de même un grand nombre de solutions métalliques. Il est rapidement absorbé par le sulfate de cuivre et ce sel peut servir à déterminer le degré de pureté de l’hydrogène phosphoré, car il laisse tout l’hydrogène libre que peut contenir ce gaz. Dans cette réaction, le cuivre est précipité sous forme de phosphure. D’autres métaux, comme l’argent ou l’or, sont réduits à l’état métallique. D’autres encore donnent naissance à des combinaisons analogues à celles que forme l’ammoniaque avec les sels des mêmes métaux.
Ainsi avec le bichlorure de mercure on obtient un précipité jaune, combinaison de HgCl2 avec P2Hg3, qui renferme
3HgCl2. Hg:iP2 ou P(Hg" — CI)3.
et dont la constitution rappelle celle du précipité blanc.
Il en est de même du chlorure cuivreux en solution chlorhydrique, qui donne des combinaisons cristallisées (Riban). Il s’unit de même aux chlorures stannique, antimonieux, d’aluminium, etc.
COMPOSÉS HYDKOGÉNÉS DU PIIOSPllOHE.
Le soufre décompose l’hydrogène pliosphoré en donnant du sulfure de phosphore et de l’hydrogène sulfuré.
421. Combinaisons du phosphonium. — L’hydrogène phosphoré, qui correspond à l’ammoniaque, ne présente aucune réaction alcaline ; néanmoins il peut s’unir aux gaz acides iodhydrique, bromhydrique et chlorhydrique. Ces combinaisons sont instables, suitout les deux dernières, et sont décomposées par l’eau.
L’acide sulfurique concentré l’absorbe et est réduit au bout d’un certain temps; l’addition d’eau remet en liberté l’hydrogène phosphoré non décomposé (Buff).
422. Chlorure de phosphonium ou chlorhydrate d’hydroçfène phosphoré PIPC1 ou PIP.IIC1. — Il ne se forme qu’à une température de 30 à 35° au-dessous de 0°, sous la pression ordinaire ou, à la température ordinaire, sous une pression de 20 atmosphères. Il forme de petits cristaux brillants (Ogier).
423. Bromure de phosphonium PH4Br. — Cette combinaison se produit lorsqu’on mélange sur la cuve à mercure l’acide bromhydrique et l’hydrogène phosphoré. Elle se forme aussi lorsqu’on chauffe à 120 ou 160° le phosphore avec de l’acide bromhydrique concentré et se sublime en cristaux. Le bromure de phosphonium bout à 30°; sa densité est égale à 27,6 (H = l) (Bineau), ce qui indique qu il se dissocie pour occuper 4 volumes, comme le sel ammoniac.
424. Iodure de phosphonium (iodhydrate d’hydrogène phosphoré) PEPI. — Il se forme par l’union directe des gaz iodhydrique et hydrogène phosphoré; par l’action de l’eau sur un mélange de phosphore et d’iode (aussi prend-il naissance dans la préparation de l’acide iodhydrique) :
, 51 — l— 9P H— 12H20 = 5PH4I-f-4P03H.
C’est cette réaction que l’on utilise pour sa préparation (Ad. Baeyer; W. Hofmann). On dissout 100 grammes de phosphore dans son poids de sulfure de carbone contenu dans une cornue tubulée, puis on y ajoute peu à peu, en refroidissant, 170 grammes d’iode; on distille le sulfure de carbone dont on chasse avec soin les dernières traces par un courant de gaz carbonique sec. On adapte alors à la cornue un tube large, ou une allonge, relié à un récipient et on fait tomber par petites portions