COMBINAISONS ET DÉCOMPOSITIONS. — DISSOCIATION
1. But de la chimie. — L®s corps qui nous entourent impressionnent nos sens de façons très diverses qui nous permettent de les distinguer les uns des autres. Ces propriétés ne sont pourtant pas immuables, et les changements quelles peuvent subir sont ou passagers ou permanents. Une barre de fer s'allonge quand on la chauffe et reprend ses dimensions primitives quand elle revient à la température initiale. Si nous plaçons une lame de fer doux dans l'axe d’une hélice métallique traversée par le courant de la pile, elle acquiert la propriété d’attirer la limaille de fer : elle s’est aimantée; si nous interrompons le courant, l’aimantation cessera. L’allongement éprouvé par la lame de fer sous l’influence de la chaleur, son aimantation sous l’influence du courant voltaïque ne constituent donc que des modifications passagères qui disparaissent avec la cause qui les a produites.
Abandonnons maintenant cette même barre de fer à l’air humide; elle se recouvrira bientôt d’une couche de rouille. C’est là I. ~ Chimie minérale. I
INTRODUCTION
une nouvelle substance, frès différente du fer par son aspect extérieur. Si nous chauffons du plomb, il entre en fusion, mais reprend son aspect primitif après le refroidissement. Si nous le maintenons fondu à l’air, il se recouvre d’une pellicule solide, jaune ( litharge ), dans laquelle tout le plomb se trouvera finalement transformé. Le fer, le plomb, ont donc subi ici une transformation profonde et durable. Mais ces corps n’ont pas été anéantis; ils ont au contraire subi une augmentation de poids. Il y a donc là, en apparence, création de matière. Il n’en est rien pourtant, et Lavoisier a montré que l'augmentation de poids subie par les métaux dans cette circonstance est due à la fixation d’un principe contenu dans l’air, l 'oxygène. Il a établi péremptoirement ce principe qu’on ne songe plus à discuter, que rien ne se perd et rien ne se crée. Une bougie qui se consume à l’air disparaît, il est vrai ; mais si la combustion se fait dans un vase fermé et pesé, on trouve que l’ensemble du système ne change pas de poids; seulement l’air contenu dans le vase aura changé de nature : on ne pourra y faire brûler une nouvelle bougie.
Les modifications subies par l’air, la transformation du fer en rouille, du plomb en litharge, résultent de l’union de l’oxygène de l’air avec la matière combustible du charbon, avec le fer, avec le plomb ; les propriétés de ces corps sont profondément modifiées et le sont d’une manière permanente. Ces modifications sont dues à des actions chimiques. On peut donc dire que la Chimie a pour but l'étude des modifications permanentes que subit la matière dans ses propriétés intimes par l’union de plusieurs corps entre eux; des circonstances dans lesquelles cette union peut avoir lieu ou se détruire; des lois qui président à ces phénomènes.
2. Divisibilité de la matière. Cohésion. — On sait que les corps existent sous les états solide, liquide et gazeux. Envisageons un instant les corps solides seulement. Ceux-ci peuvent être partagés en fragments de plus en plus petits et être amenés à l’état d'une poudre impalpable ; mais celle-ci est formée de parcelles douées de dimensions encore très appréciables, et l’on conçoit aisément la possibilité d'une nouvelle division. La grandeur absolue des particules auxquelles on pourrait ainsi arriver échappe complètement à notre imagination. Il existe des êtres tellement petits qu'on ne peut les apercevoir qu'à l'aide d’un microscope d’un fort grossissement; or ces êtres microscopiques sont com-