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IODURES DE SILICIUM

629. Tétra-iodure de silicium SiF. — Dens. de vap. = 237,1. — Il se produit lorsqu’on dirige des vapeurs d’iode, entraînées par un courant de gaz carbonique ou d’oxyde de carbone bien sec, sur du silicium chauffé au rouge (Friedel). C’est une masse cristalline incolore ou rosée, fusible à 120°, 3 et distillant vers 290°. Il fume à l’air humide. Chauffée à l’air, sa vapeur brûle avec mise en liberté d’iode. Elle se sublime en petits octaèdres réguliers. L’eau décompose cet iodure en silice et acide iodhydrique.

630. Hexa-iodure disilicique Si2I6. — MM. Friedel et Ladenburg l’ont obtenu en traitant le tétra-iodure par l’argent très divisé, à 280°. Le produit de la réaction est traité par une petite quantité de sulfure de carbone qui dissout la majeure partie du tétraiodure restant, tandis que l’hexa-iodure, beaucoup moins soluble, ne se dissout que par l’emploi d’une plus grande quantité de dissolvant. Il cristallise dans le sulfure de carbone en grandes tables incolores ou en rhomboèdres volumineux. Chauffé dans le vide, il fond vers 250° et se sublime en partie, mais on ne peut le distiller, même dans le vide. Il perd de l’iode et laisse un résidu insoluble dans le sulfure de carbone, qui paraît être le bi-iodure SiF ou Si2P.

L'eau à 0° décompose l’hexa-iodure de silicium sans dégage-

FLUORURE DE SILICIUM.

ment d’hydrogène en donnant une substance blanche que, en raison de sa composition SrOTI2, MM. Friedel et Ladenburg ont nommée hydrate silici-oxalique , l’acide oxalique renfermant C204H2. Ce n’est pas un acide et les bases le décomposent avec dégagement d’hydrogène en donnant des silicates :

Si204H2 + 4KHO = 2Si03K2 + 2H20 + H2.

C’est dans ce sens également que les bases agissent sur l’hexaiodure lui-même :

631. Silici-iodoforme SilII3. — On fait passer sur du silicium chauffé au rouge un courant de gaz iodhydrique mélangé d’un grand excès d’hydrogène sec. Il se produit un sublimé blanc de tétra-iodure, accompagné d’un liquide qui est le silici-iodoforme, qu’on purifie par distillation. C’est un liquide incolore, très réfringent, qui bout à 220°; densité à 0°= 3,362.

L’action de l’eau est la même que sur le silici-chloroforme (Friedel).

FLUORURE DE SILICIUM. — SiFl4

Densité = 51,6 ; théorie = 52,2.

632. Ce gaz a été découvert par Scheele en 1771, puis étudié plus tard par Gay-Lussac et Thénard et par Davy. On l’obtient par l’action de l’acide fluorhydrique ou d’un mélange de fluorure de calcium et d’acide sulfurique sur la silice ou les silicates. Pour le préparer, on chauffe dans un ballon, muni d’un tube de dégagement, 1 partie de fluorure de calcium pulvérisé avec 1 partie de sable fin et 6 parties d’acide sulfurique très concentré

2CaFl2 + Si02-t- 2S04H2 = 2S04Ca + 2H20 + SiFl4

l’eau produite est retenue par l’acide sulfurique, qui doit être en excès; on recueille le gaz sur le mercure.

C’est un gaz incolore, fumant très fortement à l’air et doué d’une odeur irritante.

Il se liquéfie sous une forte pression (Faraday) ou par le froid produit par l’évaporation du protoxyde d’azote ; il peut même se solidifier à — 102° (Olzewski). Il est incombustible. Il possède une grande avidité pour l’eau, qui le décompose en silice et acide fluosilicique :

3SiFl4 + 2H20 = SiO2 + 2SiFlGH2.

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