TEMPÉRATURE DES FLAMMES
dépense du gaz, et plus simplement en entourant la cheminée qui porte les bouches d’air d’une cheminée mobile portant des ouvertures de même dimension; en faisant tourner cette cheminée, on laisse les ouvertures libres ou on les ferme plus ou moins complètement.
Le fourneau Perrot (voir page 38) est une réunion de lampes Bunsen disposées de manière à ce que leurs flammes convergent en un foyer central, dans un espace en terre réfractaire où se place le creuset qu’on peut ainsi porter à une température très élevée.
Pouvoir éclairant des flammes. — Le pouvoir éclairant d’une flamme est d’autant plus grand que les particules solides qu’elle tient en suspension sont portées à une température plus élevée. Elle dépend aussi de l’abondance de ces particules. Ainsi l’éthylène GaH* fournit une flamme beaucoup plus éclairante que le formène CH1, puisqu’il renferme deux fois plus de carbone sous le même volume. L’éclat de la lumière de Drummond est dû à la haute température à laquelle est portée la chaux par la flamme oxyhydrique.
La pression a également une grande influence sur le pouvoir éclairant. La flamme d’une bougie produit beaucoup moins de lumière au sommet du mont Blanc que dans la plaine, quoique la combustion ait lieu dans le même temps. M. Franldand a montré que l’hydrogène brûle avec lumière dans l’oxygène sous une pression de 20 atmosphères.
Température des flammes. — Elle dépend non seulement de la région de la llamme que l’on considère, mais aussi de la chaleur de combustion du corps qui brille et de la chaleur absorbée par le produit de la combustion.
On doit à M. Bunsen de nombreuses expériences sur ce sujet. Voici la température produite par la combustion de divers gaz :
Dans l’air. Dans l’oxygène.
Hydrogène 2024° 2844°
Oxyde de carbone 1997° 3033°
Cyanogène 3297° »
L hydrogène devrait produire une température bien plus élevée, environ 6000°; mais la dissociation partielle de l’eau formée absorbe une grande partie de cette chaleur.
* Si l on brûle de l’oxyde de carbone, par exemple, avec une
OXYGÈNE
quantité exactement nécessaire d’oxygène, un tiers seulement du gaz est brûlé et la température atteint 3000°. Mais si le gaz combustible est mélangé d’un gaz inerte, la température de la combustion s’abaisse successivement à 2471 et à 1140°, suivant la proportion du gaz inerte (azote), et la moitié exactement du gaz est brûlée. Pour que la combustion soit totale, il faut que la température s’élève beaucoup moins. Ces faits s’expliquent par des phénomènes de dissociation qui se passent à des températures élevées.
92. Chalumeau. — Nous avons déjà fait connaître le chalumeau à gaz oxygène et hydrogène (83). Nous ajouterons ici quelques mots relatifs aux chalumeaux alimentés par l’air. Le chalumeau
ordinaire est un tube AB (fig. 60) légèrement conique, muni d’une embouchure F et s’adaptant à un petit réservoir à air R qui porte un ajutage conique terminé par un bec de platine d. En insufflant de l’air dans une flamme on la fait infléchir et, en produisant une combustion plus complète et plus rapide, on en élève considérablement la température. La partie centrale a de la flamme est bleue et est alors le siège d’une
Fig. CO.
Fig. Ci.
combustion complète (fig. 61). La zone b qui l’entoure est moins chaude, lumineuse et contient un excès de carbone. Enfin dans la zone extérieure ccl la combustion est de nouveau complète et la température plus élevée, surtout à la pointe, moins pourtant qu’en a. C’est la zone b qui constitue la flamme réductrice; d la flamme oxydante. L’emploi de ce chalumeau est limité aux essais chimiques et au travail de petits objets, dans la bijouterie.
La lampe d'émaillear, représentée figure 62, est un chalumeau à gaz d’éclairage alimenté par l’air injecté à l’aide d un double soufflet placé au-dessous de la table qui supporte la lampe, ou à l’aide d’une trompe soufflante, telle que la représente la figure.