‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 18 sur 84 · CARBON AT£ POTASSIQUE · texte numérisé non relu

CARBON AT£ POTASSIQUE

rougir, et on le maintient à cette température jusquà ce que la moitié de Tacide carbonique se soit dégagée avec Teau de cristallisation. En dissolvant ensuite le sel dans l'eau, il laisse un résidu gris qui est de lacide silicique , devenu insoluble par l'action de la chaleur. Lorsqu'on chauffe le sel jusqu'au rouge, l'acide silicique chasse l'acide carbonique , et se dissout ensuite dans la potasse; si, au contraire, on ne chauffe pas le sel, l'acide silicique qui s'est déposé avec les cristaux se redissout dans l'eau. La liqueur 61trée est évaporée à siccité , et le sel conservé dans un flacon de verre bien bouché. Le carbonate préparé de celte manière est celui qu'on préfère dans les analyses chimiques.

£• On brûle du bitartrate potassique (crème de tartre), dans des vases de fer ou de platine, jusqu'à ce que l'acide tartrique soit détruit; il reste également du carbonate potassique, mais dont la dissolution est chargée de chaux et n'est point exempte d'acide silicique. Si on la laisse en repos dans un vase de verre pendant quelques semaines , elle dépose , sur la paroi interne du vase, de petits cristaux , qui sont du carbonate calcique.

c. On mêle ensemble du bitartrate potassique et du nitre purifié, et on projette le mélange par petites portions dans un creuset de fer chauffé, où ils brûlent; les acides se détruisent réciproquement, et l'on ^ du carbonate potassique pour résidu. Les anciens chimistes donnaient au sel ainsi préparé le nom lï alcali extempo^ raneum. Si l'on prend parties égales des deux sels , il en résulte ce qu'on appelait autrefois /lua: bla/ic^ parce que le carbone de l'acide tartrique est complètement brûlé; mais ce produit contient du nitrite potassique. Deux parties de bitartrate potassique et une de nitre procurent \ejlux noir^ ainsi nommé parce qu'une portion du carbone de l'acide tartrique reste sans être brûlée, et colore la masse saline, que Ion obtient pure en la lessivant. Le nom àe/lux a été donné à cette masse , parce qu'on l'emploie comme fondant dans la réduction des oxydes métalliques.

Le carbonate potassique a une saveur acre, mais non caustique; aussi l'appelait-on jadis alcali dulcifié. Le poids spécifique du sel anhydre est a,2463. Son affinité pour l'eau est telle , qu'à lair il se résout en un liquide cobcentré de consistance oléagineuse, que les anciens chimistes nommaient huile de tartre par déliquescence. On peut l'obtenir cristallisé, en évaporant la dissolution jusqu'à ce qu'elle ait acquis un poids spécifique de i,6a , évalué pendant que

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la liqueur est chaude; on la verse alors dans un vase de verre cylindrique, long et étroit, où on la laisse refroidir lentement : le sel y cristallise en longues tables rhomboïdales ou en octaèdres rhoniboédriques à sommet tronqué , qui commencent à tomber en déliquium aussitôt qu*on les expose à lair. Ueau mère, qui, refroidie, a un poids spécifique de i,6a, donne encore des cristaux lorsqu*on la faitjévaporer de nouveau. Ce sel est insoluble dans lalcool , et Ion s'en sert quelquefois pour dépouiller de son eau Talcool qui n'est pas très-concentré. Les cristaux contiennent 20|47 pour cent , ou 2 atomes d'eau de cristallisation. Le sel obtenu par l'évaporation à siccité est anhydre. Si on le fait rougir fortement dans un courant de vapeur d'eau , l'acide carbonique s'en dégage, et il se forme de l'hydrate potassique. Quand on l'expose à une chaleur rouge blanc très-intense , après l'avoir mêlé avec du charbon , il donne du gaz oxyde carbonique , et passe à l'état de potassium {voir la préparation du potassium). Quant à la solubilité du sel, 100 parties d'eau dissolvent, d'après Pogglale^ 83,ia parties de sel anhydre à 0°; 94|06 parties à +ao°; 112,9 parties à -f- 5o*^ ; i34)25 parties à + 8o°; i53,66 parties à +100, et ao5,ix parties à + iSS"", température qui est le point d'ébullition de la solution saturée.

I^es usages de ce sel en chimie, pharmacie, et dans les arts, sont fort étendus. Il est donc important de pouvoir déterminer la quantité de carbonate potassique ou de potasse pure que renferme le carbonate brut, o'est-à-dire la potasse du commerce; car celleci contient un grand nombre de corps étrangers , dont la présence est due au mode de préparation (qui sera décrit à la Chimie végé^ taie), et qui s'y trouvent constamment : tels sont le phosphate, le sulfate et le silicate potassiques, ainsi que le sel marin; en outre, elle est quelquefois mêlée à dessein avec de la brique en poudre, du sable^ et d'autres matières étrangères j quand elle a été mal conservée, elle contient de l'eau, qui en augmente le poids. La méthode qu'on emploie pour déterminer la proportion de carbonate potassique ou de potasse, consiste à rechercher combien il faut d'acide sulfurique étendu jusqu'à un certain point , pour saturer exactement une quantité connue de potasse. Quand on connaît la quantité de potasse pure qui est nécessaire pour saturer une cer^ taine quantité de l'acide normal, il est facile d'en déduire la proportion de potasse contenue dans une potasse du commerce.

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Richter^ qui a décrit le premier la manière de faire cet essai, s* est servi de poids pour déterminer les quantités. Mais en opérant ainsi y Tessai devient plus long , et se rapproche d*une véritable analyse. Descroizilles fit donc une amélioration coïisidérable en proposant l'emploi des mesures à la place de celui des poids. Sa méthode, que les fabricants ont mise en usage depuis longtemps , est la suivante :

On dissout lo grammes de potasse dans une quantité d*eau telle, que la dissolution occupe un volume de loo centimètres cubes; après avoir filtré la liqueur, on en prend la moitié, c est-à-dire lOO demi-centimètres cubes. On sature ensuite cette dissolution pardeTacide sulfurique étendu, préparé avec 80 grammes d'acide concentré , et une quantité d'eau telle que la liqueur occupe un volume égala 0,8 d'un litre. Pour mesurer la quantité de liqueur d'épreuve qu'on emploie, Descroizilles se sert d'un vase cylindrique, semblable à une éprouvette à pieds, et divisé en 100 parties, dont chacune a la capacité d'un demi-centimètre cube (ou I gramme d'eau distillée). La graduation commence en haut par o, et se termine au fond du vase par 100 ; ainsi elle donne immédiatement la mesure de l'acide employé pour la saturation. Le point de saturation est déterminé au moyen du papier de tournesol, et on retranche un degré de l'acide employé, pour compenser la sursaturation qui a nécessairement lieu. Mais comme il s'agit dans cet essai d'arriver au point de saturation avec le plus d'exactitude possible , chose qui n'est pas très-aisée , Gajr-Lussac a proposé quelques changements à la méthode de Descroizilles ^ qui la rendent plus exacte et d'une exécution plus facile. De même que DeS' croizillesj Gay-Lussac se sert d'une liqueur d'épreuve faite avec 5 grammes d'acide concentré, et la quantité d'eau nécessaire pour produire un volume de 100 demi-centimètres cubes (c'est-à-dire 100 divisions de la burette). Pour préparer une quantité de liqueur d'épreuve qui suffise pour plusieurs essais , on fait un mélange de 962*''*"-,09 d'eau distillée avec 100 grammes d'acide sulfurique distillé, dont le poids spécifique soit de 1,84279 à la température de + 15 degrés. Mais, au lieu d'employer 5 grammes de potasse, Gay-Lussac n'en emploie que 4*^**^,8o7, quantité justement égale à celle de potasse pure et anhydre qui est neutralisée par 5 grammes d'acide sulfurique concentré : par cet arrangement, on arrive directement à un résultat tel; que la quan>

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