‹ Traité de chimie minerale, végétale et animale (volume 2)Chapitre 23 sur 84 · ISI · texte numérisé non relu

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l8o PLOMBATE POTASSIQUE,

slannique jusqu'à ce qullne se dissolve plus rîcn, on obtient une liqueur qui, étant éclaircie, est d*un jaune foncé par réfraction , et d*un blanc bleuâtre et opalin par réflexion, i partie de potasse peut ainsi prendre i6 parties d'oxyde stannique. Soumise à Tévaporation , la liqueur se prend en une gelée qui se dessèche lentement en une masse jaune foncée, encore soluble dans leau. Lorsqu'on chauffe cette masse jusqua l'incandescence, l'oxyde stinnique se sépare en grande partie de la potasse; il devient jaune, insoluble, et Teau enlève la potasse en même temps qu'une petite quantité d'oxyde. Il faut calciner alors l'oxyde^vec une plus forte proportion de potasse, pour le rendre soluble par la voie humide. Le carbonate potassique dissout l'hydrate d'oxyde stannique, mais de manière que, par son addition, l'oxyde se combine avec la potasse, sans que la liqueur alcaline se charge de la combinaison. En décantant cette liqueur, lavant l'oxyde avec un peu d'eau pure, et le traitant ensuite par une plus grande quantité d'eau, on obtient un liquide semblable à une émulsion , qui est de nouveau précipité par le carbonate potassique. Cette circonstance fait que l'oxyde stannique, dont les combinaisons sont précipitées par le carbonate alcalin, passe, pendant le lavage et après l'addition d'eau pure, comme un liquide laiteux, ainsi que nous lavons vu arriver pour l'acide titanique. Cette circonstance ajoute aux difficultés de l'analyse. Dans ce cas, j'ai précipité l'oxyde stannique par le succinate ammonique ; il devient ainsi complètement insoluble. Cetteaction des carbonates alcalins repose sur ce que l'oxyde stannique change une petite quantité des premiers en bicarbonate , et forme un composé soluble dans l'eau, sous forme d'émulsion.

Plonibate potassique ^ KPb. Il a été découvert par Frémy, On l'obtient en faisant fondre du suroxyde plombique avec de la potasse caustique en excès. 11 se produit aussi lorsqu'on fait fondre de l'oxyde plombique avec de la potasse, et qu'on laisse le mélange longtemps exposé au contact de l'air : l'oxyde plombique se suroxyde par l'action de l'alcali. La masse fondue étant dissoute dans l'eau, et évaporée dans le vide ou dans l'appareil dessiccateur, donne des cristaux incolores et réguliers de plombate potassique. Ce sel exige un excès de potasse pour s e dbsoudredans l'eau. Par l'eau pure, il est décomposé de manière qu'il se sépare une grande partie de suroxyde plombique , pendant qu'une petite por-

URANATE POTASSIÎJUE. l8l

tion de sel se dissout dans l'eau parTaction delà potasse devenue libre. Mais ce n'est pas là une combinaison définie ; sa décomposition est d'autant plus complète, que la quantité d'eau qu'on ajoute est plus grande. Lorsqu'on étend une solution limpide tout d'un coup avec beaucoup d'eau, elle devient d'abord rouge foncé; il commence ensuite à se déposer du suroxyde plombique.

Osmiaie potassique^ KOs? On l'obtient en faisant fondre de Tosmium avec du nitre : le métal s'oxyde aux dépens de l'acide nitrique. Il se produit une masse jaune orangé, qui se dissout dans l'eau avec une coloration jaune. Il a une réaction alcaline, et se décompose même par l'action des acides faibles : il se développe de l'acide osmique, qui communique au mélange une odeur insupportable. L'acide carbonique de l'air exerce une action moins manifeste. Au reste , ce sel a été peu étudié.

Osmite potassique. C'est un composé qui a été obtenu par Frémy. On le prépare en mêlant la solution du sel précédent avec un peu d'alcool : le mélange s'échauffe, prend une couleur rouge, et dépose l'osmite sous forme d'une poudre cristalline. D'ordinaire , il ne reste que peu ou même aucune trace d'osmium en dissolution. Après le lavage à l'alcool , il peut se conserver intact. Il est solubie dans l'eau , et peut être obtenu cristallisé en beaux octaèdres rouges. Mêlé avec un acide , il se décompose, et donne de l'osmium réduit et de l'acide osmique. Il parait donc contenir un degré d'oxydation inférieur à l'acide osmique, mais supérieur à l'oxyde osmique. Os. Peut-être faudra-t-il le représenter par Os; mais on n'a pas encore examiné ce point. L'osmite potassique , étant traité par une solution froide de sel ammoniac, se dissout d'abord; puis il se précipite sous forme d'un sel double jaune, peu soluble dans l'eau, et dont la composition est encore inconnue.

jéluminate potassique j KÂl. Il cristallise, suivant Frémjr^ dans une solution d'alumine dans l'hydrate potassique. Lorsqu'on évapore la solution dans le vide sur l'acide sulfurique , il se dépose des cristaux incolores, qui renferment 2 atomes d'eau de cristallisation.

Uranate potassique ^ KÙ. On l'obtient en exposant dans un creuset de platine, à une forte chaleur rouge, i atome d'acide uranique et i atome de carbonate potassique y jusqu'à ce que le

iBa MAXGAlfATE l>OTASSÏQUE.

mélange ne diminue plus de poicfs, par suite du dégagement de l'acide carbonique. Le résidu est rouge. L'uranate potassique est décomposé par Teau : il se dissout de la potasse caustique, tandis quil reste du biuranate potassique ^ Kl)^ , sous forme d'une belle poudre d*un rouge de minium. On obtient ce même sel à l'état de précipité jaune et hydraté, en versant , goutte à goutte , la solution d'un sel uranique dans une solution de potasse caustique : le précipité qui se forme est floconneux et demi-gélatineux. Par rélimination de Teau au moyen de la chaleur, le sel devient ronge. Par l'action de Teau bouillante, le Liuranate potassique n'est ni décomposé ni dissous.

F^rriate potassique. Le peu que nous savons de ce sel a déjà été communiqué à l'article Acide ferri^ue ^ tome II , page G'j^.

Manganate potassique y KMd. D'après MitsckeHich^ on l'obtient en mêlant i partie du suroxyde manganique avec 2 à 3 parties d'hydrate potassique, et chauffant le mélange au rouge sans le contact de l'air. La masse est verte après le refroidissement. Traitée par l'eau, elle laisse une poudre brune, qui est composée d'hydrate manganique et d^hydrate de suroxyde, et que MUscherlich regarde comme pouvant être une combinaison définie. Il faut bien se garder de filtrer la dissolution à travers du papier; on la laisse dé-» poser n on la décante et on l'ëvapore , dans le vide , sur l'acide aulfurique. Le sel se prend alors en cristaux d'un beau vert. Il se cristallise en même temps du carbonate potassique. On décante l'eau mère , qui est de l'hydrate potassique dissous , et on met les cristaux sur une brique propre et sèche, qui laisse les cristaux verts et absorbe l'hydrate et le carbonate potassiques ; car ce dernier ne tarde pas à se liquéfier de nouveau. Les cristaux verts ont la même forme que ceux du sulfate potassique. On peut les conserver dans de l'air sec. L'eau ne peut dissoudre ce sel sans altéra* tion ; il n'y a qu'une lessive caustique qui le dissolve. Mais cette dissolution même est décomposé^ par la dilution, et sa couleur verte passe au rouge par toutes les nuances de bleu et de violet. Voilà pourquoi les anciens chimistes ont donné à ce sel le nom de caméléon minéraL Quelquefois une dissolution verle de ce sel devient rouge par la chaleur, et conserve aussi cette couleur en refroidissant, mais reprend sa couleur verte par l'agitation. — Lorsqu'on arrose du manganate potassique avec de l'eau , on obtient une dissolution rouge de permanganate potassique , et il se forme

P£RM\tf64]!rATE POTASSIQUE. l83

un précipité noir et cristallin, qui est également un sel potassique, et qui est composé de surotyde manganique et de potasse , dans des proportions encore inconnues. L'eau s'empare de la potasse et laisse l'hydrate de suroxyde.

Lorsqu'on expose la solution alcaline verte concenti*ée de inanganate potassique longtemps à lair, de manière que l'alcali en absorbe l'acide carbonique, il se dépose, suivant Mitscherlich ^ Un snrmanganate potassique vert , dont la composition , à en juger d'après son isombrphie avec le sursulfate potassique , est proba* blement = 3KMn 4-HMn,

Permanganate potassique ^ R Mn. On Tobtieht en mêlant parties égales de suroxyde manganique et d'hydrate potassique, ou t partie de suroxyde et % parties de nitre , et en faisant fondre le mélange à une forte chaleur rouge. On traite la masse refroidie par l'eau; et si la dissolution qui s'opè^e est verte , on y ajoute de l'acide nitrique en petite quantité, pour la faire repasser au rouge. Quand elle s'est clariGée, on la décante et on Tévapore lentement, jusqu'au point de cristallisation. Pour obtenir le mieux ce sel, on se sert du procédé de Woehïer perfectionné par Gregory^ et qui a déjà été décrit dans le tome II, page 725. A cet effet, on dissout l'hydrate potassique dans une petite quantité d'eau, on y ajoute l'oxyde manganique et le chlorate potassique, on évapore le mé* lange à siccité, et on expose la masse pendant une heure et demie à la chaleur rouge sombre. On obtient un tiers du poids de l'oxyde mangûtiique employé^ à l'état de perknanganate potassique cristallisé. L'eau mère rouge laisse à la fin déposer du chlorure potààsiqué incolore. Le permanganate potassique se prépare, par la voie humide, en traitait un sel de manganèse par un mélange de bicarbonate et d'hypochlorite potassiques, et faisant digérer la thasse à une douce chaleur. Cependant , la plus grande partie du manganèse se précipite aitisi à Tétat de suroxyde.

Les cristaux de permanganate potassique, même les plus petits, ôtit une couleur rouge tellement intense , qu'ils paraissent noirs avec un reflet vert métallique; mais leur poudre est d'un rouge purpurin foncé. A l'air, ils deviennent ordinairement d'un bleu d'acier foncé, sans éprouver d'autre altération. Ils ont la même forme que le perchlorate potassique. En se dissolvant , ils communiquent à l'eau une très-belle couleur purpurine. Très-peu de

i84 pe:kmanga.jvatk et perchlor\te potassiques. sel suftit pour donner une forte teinte rouge à une grande quantité d'eau.Une dissolution saturée à -f- 15 degrés contient 0,06 de ce sel en poids. La moindre quantité d'une substance organique qu*on ajoute à la dissolution de ce sel dans l'eau, suffit pour réduire l'acide permanganique; de l'hydrate de suroxyde se précipite, et la liqueur devient verte ou incolore, selon les circonstances. Les dissolutions ne tardent pas à perdre leur contenu en acide permanganique, par la poussière que le hasard y fait tomber. Si Ion veut faire cristalliser ce sel une seconde fois , le mieux est de le dissoudre dans une lessive de potasse caustique, et d'évaporer la dissolution dans le vide.

Si l'on calcine des cristaux de permanganate potassique au rouge, ils dégagent du gaz oxygène et laissent un mélange de manganate et de suroxyde potassiques, formant une solution verte.

Le permanganate potassique est très-facilement décomposé par les corps combustibles. Sous ce rapport, il ressemble au nitrate ou au chlorate. Chauffé rapidement à + 160® dans du gaz hydrogène, il se décompose avec production de. feu, et donne un mélange d'hydrate potassique et d'oxyde manganeux. Le phosphore détone vivement avec lui déjà à +70 degrés, ou même quand on broie les deux corps ensemble dans un mortier. Le soufre, mêlé à parties égales de permanganate potassique, produit, à + 177 degrés, une explosion accompagnée de flamme. En frottant ce sel avec du soufre , il se produit des détonations partielles et moins fortes. Le charbon, l'arsenic et l'antimoine ne brident que quand on fait chauffer le mélange.

Permanganate et perchlorate potassiques. Comme sels à acides isomorphes , ils peuvent, d'après l'observation de Woehler^ cristalliser ensemble dans toute proportion. Si l'on prend une dissolution bouillante et concentrée de perchlorate potassique, et qu'on n'y fasse dissoudre que très-peu de permanganate, le premier sel se prend , par le refroidissement, en cristaux d'une très-belle couleur rouge rubis. Avec environ parties égales des deux sels, on obtient des cristaux d'un rouge tellement intense, qu'ils paraissent noirs. Dans cette combinaison avec le perchlorate potassique, le permanganate paraît être beaucoup plus stable qu'à l'état isolé.

SULFHYDHAT£ POTASSIQUE. l85

G. Suljosels de potassium.

Sulfkydrate potassique (hydrosulfate de potasse) , K M. Cette combinaison peut être produite tant par la voie sèche que par la ▼oie humide. Pour l'obtenir par la voie sèche , on fait chauffer du potassium dans du gaz sulfide hydrique en excès : le métal brûle, d'après les expériences de Gay-Lussac et Thenard^ avec une flamme vive; une partie du gaz sulfide hydrique se décompose, et 50D hydrogène est mis en liberté , tandis que Tautre portion , qui reste intacte , se combine avec le sulfure de potassium produit. Il est plus facile de préparer le sel de la manière suivante : On introduit du carbonate potassique anhydre dans une cornue tubulée, et on fait arriver un courant de gaz sulfide hydrique dans la cornue; lorsque ce gaz a chassé Tair atmosphérique, on chauffe la cornue jusqu a pe que le sel commence à rougir ; il est décomposé par le courant continu de gaz , la masse devient noire et entre en ébullition, ce qui continue tant qu'il reste encore du carbonate potassique non décomposé. On chauffe ainsi la masse dans le gaz sulfide hydrique, jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus d'eau avec le gaz qui s'échappe, ou jusqu'à ce que l'ébullition cesse; après quoi on continue à faire arriver le gaz jusqu'à ce que l'appareil soit refroidi. Le sel, qui , dans l'état de fusion, était noir , devient blanc après le refroidissement, ou, si l'appareil n'avait pas été bien purgé d'air, il devient légèrement jaunâtre et cristallin. Le sulfure de potassium y est combiné avec le sulfide hydrique dans une proportion telle, que ces deux corps contiennent une égale quantité de soufre.

Par la voie humide , on prépare ce sel de la manière suivante : On verse une dissolution d'hydrate potassique pur, et exempt d'acide carbonique, dans une cornue tubulée, d'oii l'on chasse l'air atmosphérique par le moyen d*un courant de gaz hydrogène; après quoi Ton fait arriver du gaz sulfide hydrique daps la liqueur, jusqu'à ce que celle-ci n'en absorbe plus. Alors on substitue à ce gaz du gaz hydrogène pur, et l'on évapore, toujours au milieu du courant d'hydrogène, le gaz sulfide hydrique en excès, ainsi que Teau, jusqu'à ce que le résidu ait acquis une consistance sirupeuse. A ce moment, on bouche la cornue pleine de gaz hydrogène, et on la laisse refroidir lentement. Si l'air en a été totalement exclu, la

l86 SULFOCARBONATE lH)tASSIQIÎE.

liqueur est parfaitement incolore; mais si lair a eu accès dans Tappareil , elle contient une petite quantité de bisulfure de potassium , qui la colore en jaune pâle. La combinaison pure cristallise en gros prismes incolores à quatre ou six pans , terminés par des sommets à quatre ou six faces. Elle a une saveur âcï*e, alcaline , amère. Elle attire Thumidité de Tair, et s'y convertit en un liquidé sirupeux , qui colore la plupart des corpis eh vert; mais ctette couleur ne tarde psls à disparaître. Elle se dissout facilement datis lalcool. Les acides et les sulfides métalliques pulvérulents en chds* sent le gaz sulfide hydrique avec effervescence. Le soufhi en poudre, tnis en contact avec une dissolution concentrée dé bis sel, eA dégage aussi peu à peu le sulfide hydrique, et alors là stilfob&se passe à Tétàt de persulfure de potassium. D'après les expé* riences de Thenard^ le Soufre dégage, à laide de la chaleur, le sulfide hydrique sous forme de gaz; et réciproquement, quand on fait arriver un courant de gaz stilfide hydrique dans une dissolution étendue et froide de persulfure de potassium^ le soufre se pré* cipite, du moins en partie.

Suif onitrite potassique^ KN. Oh l'obtient en dissolvant du sulfide de nitrogène dans une solution, soit aqueuse, soit alcoolique, de sulfure potassique K. La dissolution qui se produit est d'Un beau rouge foncé, mais elle se décompose peu à peu, et devient incolore : le soufre, tant du sulfide que celui de toute la sulfobâse, s'oxyde aux dépens de l'eau et donné naissance à de l'acide dithioheux, pendant que l'hydrogène et le nitrogène fotm^ht dé l'ammoniaque, de manière que la liqueur t'enferme dû dithionite potassique et du dithionite ammonique.

Sulfocarbonate potassique^ K C. La manière la plus facile d'obtenir ce sel consiste à dissoudre du sulfure de potassium dans trèspeu d'alcool, et à verser du sulfide carbonique dans la liqueur, jusqu'à ce qu'il y en ait un excès. La liqueur se partage en trois couches, dont la plus inférieure, qui a la consistance de sirop, est le sulfocarbonate; tandis que la seconde est formée par le sulfide carbonique en excès, et la première par une dissolution de sulfuré de potassium, de soufre et de sulfide carbonique. On obtient aussi ce sel en mêlant du sulfide carbonique en excès avec une dissolution concentrée de sulfure de potassium obtenu par la décomposition du sulfate potassique au moyen du charbon , et faisant digérer le mélange dans une bouteille qui en soit pleine , et qu'on a

snLFOTELLUfelTE POTASSIQUE. 187

soin de bien boucher , à une température de + 3o degrés, jusqu'à ce que le sulfure de potassium soit saturé. Lot'squ'on emploie de la potasse caustique, la combinaison s'opère difficilement, et la liqueur contient en même temps du carbonate, qui s est formé simultanément. La dissolution concentrée de ce sel est d*un orange foncé, presque rouge. Évaporée à +3o degrés, jusqu'à consistance de sirop, elle donne, par le refroidissement, un sel cristallin, jaune, qui attire promptement Thumidité de l'air et tombe en déliquescence. Si on expose ce sel jaune à une chaleur de +60 à -f- 80 degrés , il perd sa texture cristalline avec son eau de cristallisation , et prend une couleur plus foncée, tirant sur le rouge. Chauffé dans un appareil distillatoire, il ne donne aucun produit volatil , mais entre en fusion au rouge naissant et devient noir ; après le refroidissement, il est d'un brun foncé. L'eau en extrait le trisulfure de potassium , et laisse du charbon sous forme d'une poudre noire. Ce sel est peu soluble dans l'alcool, qu'il colore cependant en orange. L'alcool peut donc servir à dépouiller le sulfocarbonate potassique des degrés supérieurs de sulfuration du potassium qui peuvent se trouver mêlés avec lui.

Sulfo'Urénate potassique^ K+C^H*N*S*. On Tobûent, d'après les expériences de Zeise , en mêlant le sel ammonique correspondant avec moins de potasse caustique qu'il n'en faut pour le décomposer, débarrassant ensuite le mélange de l'ammoniaque, le plaçant dans le vide au-dessus d'une capsule contenant de l'acide sutfuHque, puis ajoutant une nouvelle quantité de potasse, et continuant ainsi jusqu'à ce qu'on soit arrivé au point où la décomposition est complète. On évapore ensuite la liqueur à stcctté dans le vide , sur du chlorure calcique. C'est un lel incolore, cristallin et soluble> tant dans l'eau que dans l'alcool.

Sulfotelliirite potassique ^ K'ïe. On ne l'obtient à l'état neutre que par la voie sèche. Lorsqu'on décompose une solution aqueuse de tellurate potassique par le gaz sulfide hydrique, il se produit du suifètellurite tribasique^ K^Te , qui est soluble dans reau,et se dépose, par l'évaporation dans le vide, sous forme de prismes quadrilatères d'un jaune pâle. Une solution très-concentrée de ce sel peut être évaporée au contact de l'air, même à -f- 40**» ^^ cristallise mieux pendant l'évaporation que par le refroidissement. A l'air humide, ce sel est déliquescent, et ne tarde pas à se décomposer. Il est difficile à fondre; pendant la fusion , il pirénd un as-

l88 SULFÀRSlifJlTE POTASSIQUE.

pect noir, devient d'un jaune orange après le refroidisftement , et se dissout sans résidu dans Teau , qu*il colore en jaune.

Sulfarsèniates potassiques, a, Sulfarséniate neutre^ K.* + As. Le meilleur moyen de l'obtenir consiste à décomposer Tarséniate potassique neutre par le gaz sulfide hydrique. Évaporée dans le vide, la liqueur laisse une masse visqueuse, jaunâtre, qui ofFre quelques traces de cristallisation, et ne se dessèche pas complètement. A Tair, elle se maintient liquide pendant quelque temps; mais ensuite elle se prend en une masse cristallisée^ dans laquelle on peut distinguer des tables rhomboïdales. Si l'on évapore à l'air la dissolution saline qu'on obtient en faisant réagir du sulfhydrate potassique sur un excès de sulfide arsénique , elle se couvre d'abord d'une pellicule de soufre, puis dépose une croûte rouge, et finit par se convertir en un sirop très-épais, qui ne contient plus de sulfide arsénique en excès. Desséché complètement, ce sel est d'un jaune citrin. A l'air, il se ramollit peu à peu et devient

visqueux.

b. Sulfarséniate sesquipotassique y K' As. Il se produit quand on verse de lalcool dans la dissolution du sel neutre, qui devient d'abord laiteuse , et dépose ensuite un liquide oléagineux , lequel est une dissolution concentrée du sel basique. Ce sel est déliquescent, prend une texture cristalline rayonnée lorsqu'on le fait sécher à une douce chaleur, mais il s'humecte de nouveau à l'air.

c. Bisulfarséniate potassique ^ K As. Il reste en dissolution dans l'alcool quand on prépare le précédent. On ne le connaît point sous forme solide ; car, lorsqu'on l'évaporé , il subit le genre de décomposition dont j'ai parlé dans le tome II, page 25o.

d. Sulfarséniate potassique sursaturé y KAs". On l'obtient en précipitant le sultiarséniate neutre par l'acide carbonique, ou en décomposant l'oxysel acide par du gaz sulfide hydrique, qui précipite le sel sursaturé. C'est une poudre jaune, qui, bien lavée, se compose, en centièmes, de 97,1 parties de sulfide arsénique et a, 9 de sulfure^ potassique.

Sulfarsénitepotassique.Ct sel prend naissance quand on dissout du sulfide arsénieux dans du sulfhydrate potassique , à la température ordinaire de l'air , jusqu'à ce que tout le sulfide hydrique soit dégagé, La dissolution contient du bisulfarsénite potassique^

HYPOSULFARS^NITE POTASSIQUE. 189

K As. Elle se trouble par révaporation, même à la température ordinaire^ et dépose une poudre brune, qui est de Thyposulfarsénite potassique. On ne peut donc point obtenir le bisulfarsénite à letat solide, en ayant recours à l'évaporation. Mais si Ton fait fondre du sulfarséniate potassique neutre dans un appareil distillatoire, il se dégage du soufre, et il reste du sulfarsénite neutre, sous forme d*une masse fondue, de couleur foncée, qui devient jaune après le refroidissement. En dissolvant cette masse dans Teau , elle éprouve le même genre de décomposition que quand on cherche à évaporer la dissolution du sel, et se convertit, avec précipitation d'une poudre brune, en soussulfarséniate potassique. Si Ton mêle une dissolution aqueuse de ce sel avec de lalcool, il se précipite, dans le premier moment, un sel blanc, qui est un sulfarsénite sesquipotassique, et se rassemble au fond de la liqueur sous forme d*un sirop , qui devient en peu de temps d*un brun foncé, et dépose du soussulfure d'arsenic. Quand on fait fondre, dans une cornue, du carbonate potassique avec un excès de sulfide arsénieux , à une chaleur suffisante pour chasser l'excédant du sulfide, on obtient un sursulfarséni te potassique , qui est décomposé par l'eau , laquelle dissout du bisulfarsénite , et laisse un sel contenant un plus grand excès encore de sulfide arsénieux.

Hyposulfarsénite potassique , K As. Quand on fait bouillir du sulfide arsénieux avec une dissolution un peu concentrée de carbonate potassique, et qu'on filtre la liqueur encore bouillante, il passe un liquide incolore, qui, après le refroidissement, et dans l'espace de douze heures, dépose, en grande quantité, une matière parfaitement semblable à du kermès minéral. Cette substance est l'hyposulfarsénite potassique. Par elle-même, elle est soluble dans l'eau, tant que celle-ci ne contient point de sulfarséniate potassique. C'est pourquoi on la rassemble sur un filtre , et , après que le liquide s'est écoulé, on la lave à plusieurs reprises avec une très-petite quantité d'eau. Elle ne tarde pas à se gonfler, devient gélatineuse, et donne une teinte fauve au liquide qui filtre. Mais le sel se précipite de nouveau lorsqu'on reçoit cette eau de lavage dans la liqueur qui a déjà traversé le filtre ; on verse alors une nouvelle quantité d'eau sur le sel. La dissolution qui passe est, en masse , d'un beau rouge foncé. Lorsqu'on l'évaporé, elle se prend en gelée avant de se dessécher, effet qui tient probablement à du sulfarséniate quelle renferme, et qui enlève à l'hyposulfarsénite

igO SULFA.NT1M0NIÀTE POTASSIQUE THIBASIQUE.

Teau dans laquelle il est dissous. Elle finit par se dessécher en une masse rouge et translucide. Cette dissolution contient un soussel. Sur le filtre reste une poudre d'un brun foncé , tout à fait inso^* litible dans Teau, qui est du bihypotidfarsémte potassique ^ KAs*. Quand on chauffe cette poudre, elle entre aisément en fusion, ne donne aucun produit volatil , et laisse une masse translucide d'un rQuge foncé , insoluble dans Teau. La potasse caustique k dissout avec les mêmes phénomènes que le sulfide hjparsénieux.

Sulfantimoniates potassiques. a.Sulfantimoniaie neutre^ KSb. On ne l'obtient à l'état neutre que par la voie humide. Lorsqu'on le traite par l'eau , celle-ci dissout un 'sel basique et laisse du sulfure antimonique, mêlé de sulfure potassique.

b. Sulfantimoniate bioasique, K'^b=KSb-4- 2K. On l'obtient en triturant exactement ensemble 18 parties de sulfure d'antimoine lavé par suspension ; 20 ^ parties de carbonate potassique anhydre, i3 parties de chaux caustique et i3 | de soufre, en traitant le mélange par l'eau, et le conservant, pendant 24 heures, dans un flacon fermé, qu'on agite fréquemment. On filtre ensuite la liqueur limpide, on la concentre par Tébullition, et on la met dans un appareil dessiccateur pour la faire cristalliser. On obtient ainsi le sel sous forme de cristaux légèrement jaunâtres, déliquescents à l'air : il se forme du dithionite potassique, et le sel se recouvre de sulfure d'antimoine brun. Le sulfantimoniate tribasique contient, suivant Rammelsberg ^ g atomes, ou 17,75 pour cent d'eau; il fond, par la chaleur, d'abord dans son eau de cristallisation , puis , après que cette eau a été chassée, il se réduit, à une température plus élevée, en une masse brune hépatique.

Sulfantimoniate potassique tribasique combine avec Fantimoniate » 5ft . .v.

potassique neutre^ K^Sb + KSb. Il a été découvert et examiné

par Rammeisberg, On l'obtient en traitant le sulfure antimonique

par une lessive de potasse médiocrement concentrée : le sulfure

change de couleur et se dissout en grande partie, pendant qu'il

laisse une poudre blanche insoluble, =K^b' + âH* I^ solution, étant évaporée jusqu'à un certain degré de chaleur, donne, par le refroidissement, de longs cristaux aciculaires du sel double en question. Ce sel contient 10 atomes, ou ii,453 pour cent d'eau. Il ne s'humecte pas à l'air, mais il s'y oxyde comme le sel aimple,

^ULFANTIMÛNIÏE POTASSIQUE. ^Ql

et %e recouvra d'une pellicule brune. I( se décoiupose dans Teau fr^de : le sulfosel se dissout^ taadis que loxysel reste. Il se dissout silPS altératioD dans Teau bouillante; lorsqu'on 9iéle la solution cbaude ^vec un sel terreux, laniimoniate terreux se précipite , pédant ^ue le sulfosel reste en dissolution.

loTAqi^qn mêle la solution du soussulfantimoniate potassique a?€|ç un« ^uticMii 4^ biqarbçiM^te potassique ou de carbonate am- Qtonique, il se forme) selon RflmimlsheFg, un précipité brun d^

kermès , composé de Sllè'b + BSb.

SulfatUimonite potassique. En dissolvant du sulfure d*antimoine fraîchement précipité dans une lessive de potasse concentrée, on obtient une liqueur incolore, ou tirant légèrement sur le jaune. Soumise à Tévaporation dans le vide, cette liqueur donne des cris* taux qui ont une forte saveur alcaline, et paraissent être du soussulfantimpnite potassique ; mais leur composition n*a pas été examinée davantage. Ce sel est déliquescent à Tair. Suivant Kohly on le prépare en faisant fondre loo parties de sulfure d*antimoine avec ^74 parties de sulfure potassique K , en dissolvant le résidu dans Teau exempte dair, et traitant la solution par un peu d alcool, «fin que la partie non dissoute se sépare et que la liqueur l'éclai^cisse; puis on évapore, par Tébullition, le liquide clair déçantf sur une poudre fine d'antimoine méullique, et on le laisse se clarifier après un certain degré d^ concentration ; après fUQ) on le décante de nouveau» et on Tévapore jusqu'à faible coDsistauce sirupeuse : tout cela doit se faire à Tabri du contact de Vair, Si, pendant l'opération , il se sépare du sulfure d'antimoine, il faudra syouter , pour le redissoudre, un peu d*hydr^te poussîque. Par le refroidissement, le sel cristallise en lamelles incolores, rhomboïdales, diversement entrelacées; on les presse et on le| dessèche sur Tacide sulfurique. On obtient aussi ce sel en dis- H>lvant à froid du sulfure d'antimoine précipité dans une solution de K jusqu'à saturation. Le sulfantimonite potassique a une saveur hépatique et désagr^ble. Chauffé à Tabri du contact de Tair, il pçard de Teau ef devient brun ; mais il ne fond pas à la température à laquelle le verre se ramollit. Après le refroidissement, il est jaune orange et se dissout dans leau, qu'il trouble très-légèrement, l^e sel cristallisé est insoluble dans l'alcool anhydre , mais se disfout dans l'alcool hydraté, en proportions d'autant plus fortes

igl SULFOVANADATE POTASSIQUE.

que Talcool est plus hydrate. Exposé à Tair, il tombe lentement en déliquium. Il se dissout facilement dans Teau ^ et la solution ne tarde pas à se décomposer. A chaud, il se dissout du sulfure d'antimoine, et, par le refroidissement, il se dépose beaucoup de kermès. Une solution aqueuse concentrée étant traitée par de Talcool anhydre , le sel se précipite sous forme de gouttelettes liquides oléagineuses. I.»es acides étendus et les bicarbonates alcalins y précipitent du sulfure d'antimoine sous forme d'une poudre jaune orange; les carbonates alcalins donnent un précipité couleur de kermès. D'après l'analyse de Kohly le sulfantimonite potassique, en centièmes, ne contient pas plus de 8 | de sulfure d'antimoine pour 6g \ de sulfure potassique ; le reste est de l'eau ; ce qui semblerait indiquer un mélange de sulfure potassique hydraté cristallin.

Une dissolution de sulfure d'antimoine dans une lessive concentrée de sulfure potassique K, ou de potasse caustique, se colore peu à peu en brun foncé, lorsqu'on continue à l'étendre d'une plus grande quantité d'eau; au bout de quelque temps, elle se prend en une gelée brune , qui n'est autre chose que du kermès minéral qui se sépare sous cette forme particulière.

Sulfochromate potassique. Lorsqu'on verse goutte à goutte une solution d'acide chromique dans une solution de sulfhydrate potassique, il se produit un trouble brun qui se redissOut bientôt,* et colore le liquide en brun. Il reste un peu d'hydrate chromique non dissous. Le liquide brun contient alors le sulfochromate potassique. On obtient une dissolution semblable en faisant arriver un courant de gaz sulfide hydrique dans une solution de chromate potassique neutre. La liqueur filtrée est d'un brun foncé; si elle est très-concentrée, elle s'oxyde à l'air, en même temps qu'il se sépare du sulfure de chrome brun. Si elle est plus étendue, il se forme de nouveau, par une douce digestion, du chromate potassique, avec séparation de soufre. Lorsqu'on fait fondre de l'oxyde chromique avec du foie de soufre, KS*, l'eau enlève à la masse fondue du sulfate potassique avec le foie de soufre en excès, pendant que le sulfure de chrome, ër, reste sous forme de paillettes brillantes grises.

Sulfoi^anadaie potassique y K V. On l'obtient , soit en décomposant le vanadate potassique par du gaz sulGde hydrique, soit en dissolvant l'acide vanadique clans le sulfhydrate potassique. Sa

SULFOMOLTBDATE POTASSIQUE. IqS

dissolution a une belle couleur de bière. L'alcool le précipite de cette dissolution. Le précipité, qui est d'un rouge cinabre, deyient brun par le lavage. Lorsqu'on évapore sa dissolution aqueuse dans le vide , il reste sous la forme d'une niasse brune noire, terreuse , sans vestige de cristallisation , et susceptible de se redissoudre complètement dans leau.

Snifovanadite potassique^ KY, Il est noir, et leau le dissout avec une belle couleur rouge de pourpre.

Sulfomolybdate potassique^ KMo. Voici quel est le meilleur procédé à suivre pour se procurer ce sel. On mêle du carbonate potassique avec un peu plus de soufre qu'il n'en faut pour donner naissance au persulfure de potassium, et avec un peu de charbon en poudre, afin de décomposer le sulfate potassique qui se forme en même temps; on ajoute à ce mélange un grand excès de sulfure molybdique naturel, réduit en poudre, puis on met le tout dans un creuset de Hesse, en le couvrant avec de la poudre de charbon, et on le chauffe d'abord assez doucement pour qu'il se produise un sursulfure de potassium , ce qui n'exige pas la chaleur rouge. Lorsqu'on ne voit plus brûler de soufre à travers la jointure du couvercle et du creuset, on pousse la chaleur jusqu'au rouge, et on soutient cette température tant que l'air qui s'élève du fourneau sent l'acide sulfureux. L'excès de soufre produit du sulfide molybdique , qui chasse le soufre excédant du sursulfure , d'où résulte Todeur d'acide sulfureux que répand le creuset en ignition. On élève ensuite la température jusqu'au rouge blanc, et l'on continue ainsi pendant trois heures. La masse refroidie est noire, poreuse et non fondue; elle s'échauffe légèrement avec l'eau, et donne une dissolution d'un rouge foncé, qui est tout à fiait opaque. On l'évaporé à + ^o degrés dans un verre cylindrique, et l'on met sur du papier gris les cristaux d'un louge foncé qui s'y forment. Lorsque le papier a absorbé l'eau-mère, ces cristaux, vus par réflexion, offrent un éclat métallique du plus beau vert, tout à fait semblable à celui des élytres de certains coléoptères, tels que les cantharides. Ils représentent des prismes à quatre ou huit pans, terminés par des sommets dièdres, dont les facettes presque triangulaires ressemblent, au premier coup d'œil, à un amas d'octaèdres. La dissolution de ces cristaux dans l'eau a une belle couleur rouge, semblable à celle d'une dissolution très-concentrée de bichromate potassique. Lorsqu'elle a été saturée à m. i3

194 SULFOMOLTBDATB FOTAMIQtJR.

chaud ^ le sel cri&tallise, par le refroidissement, en petits prismes quadrilatères, à arêtes tronquées transTersâlement, qui sont d*un beau vert et doués de Téciat mé^Uique à la lumière réfléchie , et dun beau rouge rubis, tus par transparence. La cassure de ce sel cristallisé est vitreuse, inégale au toucher, et réfléchit une lumière verte aussi belle que celle des fiioes. Ce sel est probablement un des plus beaux que la clûmte puisse produire, sous U rapport de la richesse et du jeu des couleurs. Il donne une poudre d'un beau rouge foncé , qui se tusse sous le pilon , et devient ainsi brillante a( verte. Il ne contient point d eau de cristallisation. Au bout d'uo temps plus long, le sulfure potassique s*oxyde en partielles beaux cristaux tombent en une poudre brune. L'eau dissout ensuite le molybdate et le sulfomolybdate potassiques avec une coloration jaune, pendant qu'il reste beaucoup de sulfure moljbdique insoluble. Iiorsqu on verse la dissolution du sel non altéré dans de l'alcool , il se précipite sous forme d'une poudre»f un rouge de cinabre; et là liqueur donne des paillettes cristallines de même couleur, qui, retirées du liquide et séchées, acquièrent une teinte verte métallique. La dissolution , mêlée d'alcool , est tl*un be^u rouge, et quand on l'éyapore elle donne, mais en petite quantité , des cristaux d*un sel parfaitement semblable a celui qui s'est précipité.

Si l'on mêle une dissolution de sulfomolybdate potassique qui ne soit pas trop étendue, avec une quantité dWde fort inférieure à celle qui serait nécessaire pour décomposer ce sel , elle change de couleur et devient plus foncée, sans qu'il s'en précipite rien. Abandonnée à Tévaporation spontanée, elle commence par se prendre en gelée, puis elle se dessèche en une masse brillante, d'un gris noirâtre. Ce phénomène tient à la formation d'un sursulfomolybdate, que Ton obtient à l'état d'isolement en mêlant la dissolution du sulfomolybdate neutre avec de l'acide acétique, jusqu'à ce qu'elle rougisse le papier de tournesol. Cet acide ne décompose pas, lorsqu'il est étendu d'eau, le bisulfomolybdate ; mais l'acétate potassique prend, dans la dissolution, la place de la plus grande partie de ce sel. C'est une poudre d'un jaune foncé , tirant sur le brun , qui , quand on la lave, se dissout peu à peu, en communiquant une teinte jaune à l'eau. Desséchée, elle est noire, mais douée d'un brillant métallique à reflet grisâtre. L'eau bouillante la dissout complètement; la dissolution est d'un jaune

HTPERSUL^OMOtTfiDàTE POTASSIQUB. I9S

fonce, el laisse, quand on Tévapore, une masse fendillée, qu( forme une poudre grossière , brillante^ d'un gris noirâtre.

8i Ton chauffe des cristaux de sulfomoljbdate potassii|ue dans une atmosphère ^ui ne contienne point d oxygène, par exemple dans du gaz hydrogène, le sel devient gris, sans qu'il se ferme un sublimé ou qu'il se dégage un gaz. Si ensuite on le lait dis^ soudre dans Teau , il reste dti sulftire molybdique gris , et la portion dissoute a une très-belle couleur orange. Mais la décorapo* sition n'est qu'incomplète. La liqueur, soumise à TeTaporation , denne de be$ux cristaux , qui sont d'un rouge rubis y tus par transparence, et verts par réflexion ; ils consistent en sulfomolybdate neutre, autour duquel se forme une efflorescence saline jaune ^ qui ne tarde pas à devenir toute blanche.

Composé de sttlfomoljrbdate et de nitrate potassiques. Si l'on mél^ ensemble des dissolutions de parties égales de nitrate et de sulfomoljbdate potassiques , et qu'on les abandonne à l'évaporation spontanée, on obtient des cristaux verts et doués de l'éclat métallique, qui ressemblent beaucoup au sulfomolybdate , mais qui sont un sel double, composé des deux sels employés pourleproduire, et qui, lorsqu'on les chauffe, brûlent comme de la poudre à canon.

Hxpersulfomolybdate potassique , KAio. Dans une de mes expériences , j'ai obtenu ce sel cristallisé. Une dissolution un peu étendue de niolybdate potassique, contenant beaucoup de bimolybdate, avait été décomposée par le gaz sulfide hydrique, et la liqueur concentrée parla distillation. Quand Tébullition fut entravée par la grande quantité de précipité qui s'était formé, on laissa refroidir la liqueur; des grains cristallins , pesants et d'un rouge rubis , parurent alors dans le précipité. Ces grains sont trèspetits. En les examinant au microscope, on voit que ce sont des paillettes rectangulaires et transparentes, rouges rubis, marquées de stries très-serrées et transversales, sur leur face la plus longue. A la température ordinaire, ils sont absolument insolubles dans l'eau, dans l'acide chlorhydrique et la potasse caustique; mais, avec le secours de l'ébullition , ils se dissolvent dans l'eau, et produisent ainsi une liqueur d'un beau rouge, de laquelle l'hypersulfide molybdique est précipité par l'acide chlorhydrique. Au rouge naissant ils donnent, en décrépitant un peu, de l'eau et de légères traces de soufre et de sulfide hydrique; après quoi ils

196 HYPERSULFOMOLYBDATE POTASSIQUE,

deviennent d un gris brillant. L'eau n'en extrait alors que du quadrisulfure de potassium , qui est précipité en blanc par Tacide chlorhydrique. La portion non dissoute est du sulfure molybdique, qui a conservé la forme des paillettes cristallines.

Lorsqu'on étend d'eau une dissolution de sulfomolybdate potassique avec excès de sulfide molybdique, et qu'on l'expose ensuite à une température de +60 à +80 degrés , la liqueur , qui est d'un brun foncé, est tout à fait troublée par une matière pulvérulente plus claire, qui, peu à peu, gagne le fond du vase. Cette matière est la même combinaison , formée par l'action de l'air, et, par conséquent, sans précipitation simultanée de sulfure molybdique. Reçue sur un filtre et séchée , elle offre une masse cohérente , fauve , qui consiste en une agglomération de petits points cristallins à éclat soyeux. Ce sel est dissous avec une difficulté extrême par l'eau froide, à laquelle il communique une couleur jaune paie ; mais il se dissout dans l'eau à + 80 degrés , et la colore en rouge. La liqueur ne dépose rien par le refroidissement. Elle donne, quand on l'évaporé, une masse rouge, transparente, nullement cristalline, que l'eau froide ne dissout point, même après plusieurs jours de contact avec elle, qui se ramollît seulement et se détache du verre par suite de cette immersion , mais qui se dissout de suite lorsqu'on chauffe l'eau. On obtient également le sel sous cette forme de poussière cristalline, en versant du sulfhydrate potassique sur de l'hypersulfide molybdique encore humide : au premier abord, une certaine quantité de sulfide semble être dissoute , mais elle ne tarde pas à se déposer en même temps que la masse se réduit peu à peu en une poudre orangée , et que la liqueur devient presque incolore. Si l'hypersulfide molybdique contenait en mélange du sulfide molybdique, celui-ci se dissoudrait en rouge , et resterait dans la dissolution , ce qui donne un moyen facile de séparer ces deux degrés de sulfuration. S'il restait un peu d'hypersulfomolybdate dans la dissolution , ce qui arrive particulièrement lorsque celle-ci est étendue, ce corps se déposerait par l'effet de la concentration à une douce chaleur. — J'ai déjà parlé (t. II, p. 338) de la préparation de ce sel par l'ébullition dans un appareil distillatoire , par le lavage du précipité avec de leau froide, et sa dissolution dans l'eau bouillante; la liqueur évaporée donne le sel sous forme d'une masse extractive , rouge et transparente.

COMPOSÉ DE SULFOTUNGSTA.TE FT d'oXYTUNGSTATE. I97 La dissolution, qui, lorsque Tébullition est achevée, passe au travers du filtre sur lequel on a rassemblé rhypersulfomolybdate précipité, est transparente et d'une très* belle couleur orange. £lle contient alors, outre une certaine quantité de sulfomolybdate non décomposé, les nouvelles combinaisons qui se sont produites pendant lebuUition , savoir, de Thypersulfomolybdale, de Thyposulfite et du molybdate potassiques. Par l 'évapora tion , elle donne un sirop orange qui , desséché à laide de la chaleur, se réduit en une masse d'un rouge cinabre ; abandonnée au repos à Tair libre , cette masse offre un amas de particules salines qui parait tout rouge à l'œil nu , mais où le microscope feit découvrir des cristaux incolores , jaunes et rouges , mêlés ensemble. Ce sel contient à peine plus d'un tiers de la quantité de molybdène qui, avant l'ébullition , se trouvait combiné avec la base.

Sulfotungstate potassique j K W. La meilleure manière de l'obtenir consiste à décomposer une dissolution saturée de tungstate potassique neutre par le gaz sulfîde hydrique. On abandonne à l'évaporation spontanée la dissolution , qui a une belle couleur orange, et cristallise en prismes quadrilatères plats, d'un rouge pâle. Ce sel ne contient point d'eau de cristallisation. On peut, à l'abri de l'air, le fondre sans qu'il se décompose. La masse fondue est d'un brun foncé , et orange après le refroidissement ; elle se dissout dans l'eau sans laisser de résidu. Le sulfotungstate potassique est très-peu soluble dans l'alcool , à l'aide duquel on peut le précipiter <ie sa dissolution aqueuse, d'où cependant il ne se dépose qu'au bout de quelque temps, en petits prismes déliés et d'un rouge cinabre.

Composé de sulfotungstate et (V oxytungstate potassiques , K W + KW. En préparant le sulfotungstate potassique neutre par la décomposition de l'oxytungstate dissous au moyen du sulfide hydrique, on obtient quelquefois un autre sel, si la décomposition n'est pas complète, et après l'évaporation de la liqueur ; ce sel est , non plus rouge , mais jaune citron , et contient de l'eau chimiquement combinée. On l'obtient toujours en faisant chauffer un mélange intime de tungstate potassique et de soufre dans des vaisseaux fermés. Ce sel se dissout dans l'eau , avec laquelle il donne une dissolution d'une couleur jaune pure. Par l'évaporation spontanée, il cristallise en tables rectangulaires d'un jaune citron pur. 11 contient a atomes , ou 4}% pour cent d'eau de cristallisa-

igd SULFOSTANHATE POTA8SIQUE.

tion , que la chaleur lui fait perdre. Fondu à labri du contact de Tair, il n*ëprouye point d'altération. L'alcool ne le précipite pas de sa dissolution dansTeau, qui elle-méuie ne précipite pas les selsmanganeux, comme fait celle du sulfotungsute décrit en premier lieu.

De Tunion àasulfotungstate et du nitrate potassiques résulte un «el double fort remarquable, qu'on obtient en dissolvant ensemble deux parties du sulfosel et une de Toxysel , et abandon* nant la liqueur à FéTaporation spontanée. Ce sel double forme de gros cristaux transparents, d'un rouge rubis, dont la forme est un peu compliquée. Il ne contient point d'eau de cristaUisatiGn, et il est presque aussi soluble dans Teau froide que dans Teau bouillante. Il est insoluble dans l'alcool , qui le précipite, à l'état cristallin , de sa dissolution aqueuse. Quand on le chauffé, il détone comme la poudre à canon , et donne un résidu gris , duquel l'eau extrait le sel double précédent , en laissant du sulfure tungstique gris.

La dissolution de ce sel n'est point précipitée par un grand nombre de dissolutions qui précipitent le sulfotungstate simple; et lorsque la décomposition a lieu , il ne se produit pas de sel double, en sorte que nul autre sulfotungstate n'a pu être combiné avec le nitrate de sa base. La dissolution de ce sel , mêlée avec un acide, dégage du gazsulfide hydrique, et donne un précipité de sulBde tungstique; et c'est seulement lorsqu'on traite le sel sec p^r un acide concentré , qu'il fournit de l'oxyde nitrique.

Sa composition est représet^tée par la formule KW + K9f.

Sulfotantalate potassique. On l'obtient en faisant fondre, à l'abri du cotitact de l'air , le sulfure tantalique avec de l'hydrate potassique solide : il se produit du tantalate et du sulfotantalate potassiques. La masse fondue est d'un jaune orange fonce et transparente ; mais elle noircit par le refroidissement. L'eau en enlève l'hydrate {)otassique, et laisse le sulfure tantalique tion dissous. Le sulfure potassique contenu dans le sulfosel réduit en niémetetnps l'acide tantalique de l'oxysel , pour le transformer en sulfure tantalique. Au contact de l'air, la masse fondue se décompose en tantalate et en persulfure potassiques.

Suif ostannate potassique^ KSn. On l'obtient en dissolvant le sulfure stannique dans du sulfhydrate potassique , avec la précau-

SELS DK SODIUAI. I99

tion de ne pas employer le sulfure stannique en excès. Lorsqu'on évapore la solution datis le vide , le sel se dépose en cristaux incolores ou jaunâtres , très-solubles dans Teau. Une lessive de potasse di^lbtit le sulfure stapnique en un mélange de stannate et de suUbstannate potassiqlies. Lorsqu'on fait digérer le sulfostannàte potassique avec le sulfure stannique , le sel se décompose : il se précipite du sesquisulfura itannique brUn » et la liqueur ne renferme à la fin que du persulfure potassique. Si Ton traite ensuite le sesquisulfure par une lessive de potasse ^ il se dissout du. sulfure stannique 1 pendant qu'il reste du sulfure dëtain noir.

Sulfaurate potdsiique. On l'obtient en dissolvant du sulfide aurique dans une solution de sulfure potassique* On se le procure aussi en faisant fondre de Tor très-divisé avec du carbonate potassique et du soufre; mais, dans ce cas, il est souvent mêlé de foie de soufre. La solution est brune; on n'en a pas encore retiré le composé sous forme solide; on remploie, en dissolution, pour la dorure par voie hydroélectrique.

Sulfofèrrate potassique i Comme le sel précédent, on ne le connaît que sous forme de dissolution. Le peu de renseignements que nous avons sur ce sel ont été déjà communiqués à Taiticle Sulfide ferrique , dans le tome II , page 689.

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