‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 16 sur 95 · POLIR PU K P>E CASS! LIS · texte numérisé non relu

POLIR PU K P>E CASS! LIS

fléau, el comme la couleur du précipité dépend particulièrement de l’état tie dilution de la liqueur, il faut chercher à régler celle-ci avec soin. A cet effet, on verse un peu de la dissolution d’étain dans quatre verres, et on ajoute dans clmque verre une quantité d’eau, tjui doit aller en croissant dans une certaine proportion; on plonge ensuite un tube de verre dans la dissolution d’or, et l’on essaie dans quel verre on obtient la plus belle couleur, quand on y enfonce le tube. D’après cela, on étend toute la dissolution d’une quantité d’eaLi proportionnelle à celle qui se trouve dans ce verre, puis on y verse goutte a goutte la dissolution d’or. On obtient ainsi une liqueur d’un beau pourpre, qui est d’abord transparente, et d’ou le pourpre se dépose peu à peu , de manière qu’elle se décolore. On la filtre, et on lave le pourpre. Si, au lieu d’observer ces précautions, on mêle les dissolutions à l’état concentré, il se forme un précipité brun-noirâtre, qui est un ail iage i’or et d’étain, qui prend, par le brunissoir, un éclat métallique jaune, et qui, chauffé dans un creuset, fond et donne un régule jaune-pâle. Les dissolutions peu étendues donnent bien une espèce de pourpre; mais sa couleur est très-foncée et devient noire par la dessiccation. Le pourpre de Cassius sert surtout pour colorer les émaux et pour faire des rubis artificiels, qu’on obtient en le fondant avec du verre de cristal ou avec du strass. Il arrive quelquefois que la coideur disparaît par la fusion; mais elle renaît, quand on tient le morceau de verre dans la flamme fumante d’une substance végétale. La présence de l’oxide stannique ne contribue pas à la couleur du flux; car on peut aussi la produire en précipitant le chlorure aurlque par le nitrate mercureux, et ce précipité sert au même usage. D’après Mai’cadieu, on obtient aussi du pourpre, en faisant fondre l’or av€‘C l’étain ou le zinc, et traitant l’alliage par l’acide nitrique, (jui laisse du pourpre indissous; l’acide hydrochlorique s’empare du métal oxidable , en laissant de l’or métaHifjue. On peut même se procurer du pourpre

PorUPUE DE CASSIUS,

avec de l’or en feuilles pulvérisé. On ne sait pas encore avec certitude dans quel état se trouve l’or dans le pourpre. Plusieurs chimistes pensent, qu’il est à l’état métallique, simplement mêlé av'^c l’oxide stannique; cependant quand on réduit un sel d’or, mêlé avec une poudre quelconque, le mélange donne bien une poudre d’un rouge de brique, dont l’aspect n’a rien de métallique; mais cette poudre ne possède pas la couleur claire et transparente du pourpre, et quand on calcine ce dernier dans une petite cornue, il prend la même couleur rouge de brique, ce qui prouve que l’or a repris la forme métallique par l’effet de la calcination. En outre, le pourpre abandonne 7, 5 pour cent d’eau, sans une trace de gaz oxigène. Il résulte de là, qu’il doit être une combinaison d’oxide stanneux et d’or à un degré particulier d’oxidation, moins élevé que celui de l’oxide aurique , et plus élevé que celui de l’oxide aureux (ce dernier est vert); et ils doivent être unis dans une proportion telle, que i’oxide stanneux puisse se combiner avec tout l’oxigène ([ue l’oxide d’or abandonne à la clialeur rouge. En même temps, le pourpre de Cassius est un hydrate; car à -h loo de grés, et à quebjues degrés au-dessus, il conserve son eau sans altération. Il contient en outre une certaine quantité d’oxide stannique, simplement mêlé avec lui; cet oxide s’est formé aux dépens de l’air contenu dans l’eau, employée pour étendre les liqueurs, et il a été précipité de la dissolution par l’eau. Ce qui prouve que le pourpre ne renferme, ni de l’or métallique, ni de l’oxide aurique, c’est (ju’il se dissout dans l’ammoniaque caustique, qui laisserait le métal sans le dissoudre, ou formerait de l’or fulminant avec l’oxide, si l’an de ces deux corps s’y trouvait. La dissolution amnmniacalc est un liquide rouge foncé, d’où le pourpre se précipite, à l’état de gelée, par l’évaporation spontanée de l’ammoniaque; quand on traite le pourpre calciné par l’eau régale, celle-ci dissout l’or, tandis que l’oxide stannique reste. Le pourpre humide est décomposé par l’acide hydrocblorique bouillant, ([Uî dissout l’oxide stannique et

DXlül'.S Don.

laisse l’or; mais quand il a été calciné, il n’en est pas attaqué , parce que l’oxide stanuique qui a été chauffé au rouge , est insoluble dans les acides. J’ai trouvé le pourpre de Cassius formé de 6/^ parties d’oxide stannique, de 28, 35 d’or, et de 7,65 d’eau. Si l’or y était à l’état d’oxide aurique, l’oxide stanneux aurait eu besoin exactement de toute la quantité d’oxigène contenue dans l’oxide aurique, pour se transformer en oxide stannique; mais la méthode qu’on suit pour préparer le pourpre , paraît démontrer que l’or y est moins oxidé que dans l’oxide aurique. D’autres chimistes ont trouvé sa composition différente. Proust dit qu’il contient 76 parties d’oxide stannique et 24 parties d’or métallique; Oberkampf a trouvé dans le pourpre foncé 60,18 parties d’oxide stannique et 89,82 d’or; et dans le pourpre clair 20,58 d’oxide stannique et 79/^2 d’or. Ces différences tiennent évidemment à ce que la combinaison chimique qui constitue le pourpre de Cassius, est mêlée avec de l’oxide stannique.

La difficulté qu’on éprouve à obtenir l’oxide aurique à l’état isolé, sans qu’il s’en réduise une partie, est la cause des différences qu’on observe dans les données des chimistes sur sa composition. J’ai trouvé qu’il renferme 10,77 pour cent d’oxigène, et que l’or y est combiné avec trois fois plus d’oxigène que dans l’oxide aureux. Au reste, l’analyse de l’oxide aurique est une tâche très-difficile. La proportion d’oxigène qu’il renferme a été déterminée d’après les quantités de mercure et de phosphore qui sont nécessaires pour réduire une certaine quantité d’or.

Avant de quitter les oxides d’or, je dirai encore un mot de l’existence probable d’un oxide pourpre, intermédiaire entre les deux précédons, qui se forme dans la préparation du pourpre de Cassius, ainsi ([ue quand on traite des sels d’or par des substances animales ou végétales. Quand une dissolution d’or est mise en contact avec la peau , les cheveux , les ongles ou d’autres parties semblables, elle les teint d’une couleur pourpre

SLLFÜRF.S n’oR. l3

{ lès-intense , qnl n’est pas de l’or métallique, car elle est translucide sur des membranes transparentes. Du papier coloré eu pourpre par une dissolution d’or, devient doré, quand on l’introduit humide dans du gaz pbosphure d’hydrogène, qui ramène l’or à l’état métallique. En mêlant une dissolution d’or avec différentes couleurs végétales, elles en sont précipitées; le précipité renferme l’oxide pourpre, et n’est pas décomposé par l’acide hydrochlorique. Oberkampf a trouvé qu’en dirigeant, pendant long-temps, un courant de gaz hydrogène h travers une dissolution de chlorure aurique, la liqueur jaune devient d’un beau pourpre , sans qu’il se forme un précipité; si ensuite on la chauffe, elle laisse déposer de l’or métallique et repasse au jaune. Comme la manière de produire le pourpre de Cassius montre clairement que l’or ne peut pas s’y trouver à l’état d’oxide aurique, il faut qu’il soit réduit jusqu’à un certain point; et comme il n’est attaqué par les acides, ni dans le pourpre d’or, ni dans d’autres précipités de couleur pourpre , il devient probable que cet oxide pourpre n’est point une base salifiable. Ne se pourrait-il pas qu’il constituât un degré d’oxidation inférieur à celui de l’oxide aurique, et ne serait-il pas possible (ju’ii tînt le milieu entre l’oxide aureux et l’oxide aurique , puisque l’or fait un saut tout-à-fait insolite pour se combiner dans l’oxide aurique avec une quantité d’oxigène triple de celle qui entre dans la composition de l’oxide aureux. Pins loin, nous verrons que l’osmium et l’iridium possèdent de semblables oxides intermédiaires.

Sulfures d'or. L’oi' se combine avec le soufre en deux proportions.

C Sulfure aureux. On l’obtient en faisant arriver du gaz sulfide hydrique dans une dissolution aqueuse et bouillante de chlorure aurique. Il se forme simultanément de l’acide sulfurique, de l’acide hydrochlorique et de l’eau, et le sulfure se précipite. Il est d’un brun foncé , presque noil'. Après la dessiccation d est noiiy en

\ /\ PlIOSPniJRK d’or.

masse, mais d’un brun foncé en poudre. Quand on le chauffe, il abandonne du soufre, et laisse de l’or. On n’a pas encore examiné jusqu’à quel point il est sulfobase.

2^ Le sulfure antique^ qu’on peut nommer avec tout autant de droit sulfide aurique ^ se forme, quand on précipite à froid, par le sulfide hydrique, une dissolution d’or, étendue d’eau. On l’obtient aussi, par la voie sèche, en faisant fondre du persulfure de potassium avec de l’or en excès; il se forme un sulfaurate potassique, que l’on peut dissoudre dans l’eau. Les acides précipitent du sulfide aurique de la dissolution. C’est une masse floconneuse, d’un jaune foncé, qui devient encore plus foncée par la dessiccation , et abandonne le soufre à une flouce chaleur. Cette combinaison joue le rôle d’une sulfobase à l’égard des sulfides électronégatifs, et forme avec eux des sulfosels particuliers; mais, envers les sulfures électropositifs, elle se comporte comme un sulfide. C’est pour cela qu’elle se dissout dans les sulfures alcalins, et chasse, à l’aide de l’ébullition, le sulfide hydrique des suUbydrates. Le sulfide aurique se dissout dans la potasse caustique bouillante , et laisse une certaine quantité d’or réduit; en effet, pour passer à l’état de sulfure de potassium, la potasse cède son oxigène, non pas à i’or, mais au soufre, et le potassium qui résulte de cette désoxidation , se combine avec une certaine quantité de soufre, qu’il enlève aussi à i’or; de sorte que l’or qui était uni à ces deux portions, se trouve réduit.

Le sulfide aurique est formé, d’après l’analyse d’Oberkampf , de 80,47 parties d’or et 19,53 de soufre ; ou 100 parties de métal se combinent avec 1247^7 8e soufre, pour le produire, composition proportionnelle à celle de l’oxide aurique. Le sulfure aureux est formé de 99., 5 1 parties d’or et 7,49 8e soufre.

Phosphure d’or. Uor se combine facilement avec le pliospbore. 1 ^a combinaison est plus fusible que l’or seul et a une couleur pâle presque blanche. Quand on la calcine à l'air libre, ellese déeompose, et le phosphore brûle.

ÂIJJAGKS I) Oil.

I ji faisaiiî passer dn gaz phosphure triiydrogène à (ravers nue dissointion d’or, il se préciplle d’n])ord de !'or métallique, d’après les essais d’Ohei'kampf; mais ensuite, lorsque le sel est déeomposé, le gaz que l’on continue à faire arriver dans la liqueur, se combine avec l’or et donne naissance a une masse noire, homogène, d’un aspect îîullement métallique, qui n’est pas altérée à la température ordinaire de l’air; jetée sur des charbons ardens, elle brûle avec les phénomènes qui accompagnent habituellement la combustion du phosphore, et laisse de l’or métallique. Mis dans une dissolution d’or, ce phosphure se décompose, et donne naissance à un ])récipité d’or, pendant que le phosphore s’acidifie. Les expériences d’Oberkampf ne décident pas si, dans cette opération, l’hydrogène se sépare du phosphore, ou s’il se combine en même temps avec l’or.

On ignore si l’or s’unit au carbone, lilack a trouvé qu’en cémentant long-temps ce métal entre des charl)ons, il acquiert la belle couleur jaune, (|ukà Venise on donne aux sequins, et dont on y fait un secret. Cependant la couleur jaune ne s’étendait pas p]ns loin qu’à la su rface.

L’or ne se combine pas avec l’hydrogène. Cependant Hitter a prétendu qu’en se servant de h! s d’or, pour décomposer l’eau par la pile, il se formait au côté négatif une combinaison d’or et d’hydrogène.

AlliaQ'es cVor. Les combinaisons de j’oi' avec les radieaux des alcalis et des terres, n’ont pas encore été examinées.

L’or se combine aisément avec Varseuic, l.es vapeurs même de ce métal , quand elles rencontrent de l’or chauffé au rouge, se combinent avec; lui, de manière à donner naissance à une masse métaliicpie , grise et cas-

arse-

sante, qui renferme environ d’arsenic nie suffit pour priver l’or de sa maÜéak'ilité , sans que sa couleur en soit altérée

t) En sinvnnt un ordre l ii^onreiix , dons i’histoire des alfia-*

îG ATJJAGI-S 1M)R.

Ojj trouve l’or combiné avec le tellure dans plusieurs mines de la Transylvanie. La combinaison porte le nom de telluride auriqae ^ se comporte comme élément électronégaiif à l'égard des tellurures , et forme avec eux des telltfraurates particuliers. Il correspond par sa composition à l’oxide aurique, et prend naissance, quand on j)récipite du chlorure aurique par le telluride hydrique ou le tellurure potassique. Dans l’or graphique, l’or est combiné avec une proportion double de tellure, de manière à former un telluride h^peraurique , qui est uni à du tellurure argentique; ce dernier joue le rôle de base.

L’or s’unit facilement à X antimoine ^ quand on les fait fondre ensemble; il en résulte un alliage pâle et cassant, qui se décompose en totalité, quand on le tient long-temps fondu dans un vase ouvert, et laisse l’or pur. L’alliage d’une partie d’or et de dj platine a une couleur jaune pâle , semblable à celle de l’argent terni , et possède beaucoup de malléabilité. Par une plus grande quantité de platine, l’or perd totalement sa couleur et sa malléabilité, et devient très-réfractaire, léor peut être allié, par la fusion, à Xmdium , au rhodium et à V osmium ; il forme avec eux des composés malléables, qui conservent assez la couleur de l’o!’, quand celui-ci y prédomine.

Parties égales d’or et de palladium donnent un alliage presque blanc; il suffit d’une petite quantité de palladium pour pâlir la couleur de l’or.

L’or et Xargent produisent un alliage aussi fusible que i’or, mais dont la couleur est plus pâle. Quatre parties d’or et une d’argent constituent Xélectrum des Anciens, composé qu’on croyait plus brillant à la lumière

ges , je ne devrais parler que de ceux qui sont formés par des métaux qui ont déjà été décrits; mais j'ai cru devoir m’écarter de cette règle pour les métaux les plus employés; car c’est parmi <’es derniers que le lecteur va naturellement chercher leurs alliages .,'.ver les métaux dont on fait un usage moins bahjucnt.

ALLIAGES d’or. I 7

du feu que l’argent. Un alliage semblable se rencontre dans le règne minéral et a reçu le même nom.

D’après les intéressantes recherches de Boussingault , les alliages d’or et d’argent qu’on trouve dans la nature, sont toujours le résultat de combinaisons en proportions définies. Le plus ordinaire de ces alliages est composé de 35,22 parties d’argent et de 64,78 d’or, proportion telle, que l’or exigerait, pour passer à l’état d’oxide aurique , trois fois plus d’oxigène que l’argent n’en prendrait pour se convertir en oxide argentique. L’alliage forme des cristaux cubiques d’un jaune clair, et sa pesanteur spécifique est de 12,666. En calculant sa densité d’après celle de ce.s élémens séparés, elle devrait être dê 16,931; cette combinaison a donc augmenté de volume. Un autre alliage natif, qui cristallise également en cubes, renferme 78,4 parties d’or et 26,6 d’argent; ce dernier y est donc combiné avec une fois et demie autant d’or que dans le précédent. Un troisième alliage contient 84,7» parties d’or et ] 5,29 d’argent, c’est-à-dire une quantité d’or, qui est, relativement à l’argent, double de celle qui entre dans le premier. Dans un quatrième alliage , on trouve 88, o4 d’or et 11,96 d’argent, ou quatre fois plus d’or que dans le premier. Sa pesanteur spécifique est de 14,7 et devrait être de 18,228, d’après le calcul. Les multiples de l’or, dans ces quatre combinaisons, sont donc j , f 4 , 2 et 4* fi paraît encore exister quelques alliages dans d’autres proportions; mais ils sont plus rares., et il est possible qu’ils soient de simples mélanges de deux d’entre les précédens.

Le mercure se combine aisément avec l’or, et forme avec lui un amalgame blanc, qui, lorsqu’il a été préparé à chaud et qu’on le laisse refroidir lentement, forme des cristaux dendritiques ou des prismes à quatre pans. L’amalgame saturé est ferme et dur; mais il se ramollit quand on le pétrit ou qu’on le fait chauffer. Soumis à la distillation, il se décompose, et l’or reste pur. On emploie ordiiiairement cet amalgame pour do- III. O

I 8 ALLIAGES d’or.

rer le laiton , le cuivre ou l’argent. A cet effet, on décape bien le métal, on le chauffe, et on l’enduit d’acide nitrique, et d’un peu de iiK^cure, de manière à l’cn couvrir uniformément ; puis on y applique l’amalgame d’or, et on chasse le mercure par la chaleur. L’or reste à la surface du métal , sous forme d’un enduit brun foncé. On le couvre ensuite d’un mélange pulvérulent de nitre, de sel ammoniac, de vitriol de fer et de vert de gris, soit seul, soit pétri avec de la cire fondue, et on le chauffe jusqu’à ce que la masse commence à fumer. L’or prend alors une couleur plus claire, et un peu du métal qu’il couvre, passe à l’état d’oxide, qu’on enlève en faisant bouillir la pièce dans une dissolution d’une partie de tartre et de deux parties de sel marin. Enfin, on polit la pièce dorée avec le brunissoir ou la sanguine, ce qui sert en même temps à étendre l’or uniformément sur tous les points de la surface métallique. La dorure sur cuivre et sur laiton a la couleur de l’or, mais celle sur argent est toujours un peu brunâtre. Il existe une autre méthode pour dorer l’intérieur des vases et des objets qui n’ont pas besoin d’être nettoyés souvent. On imbibe des petits morceaux de toile de lin d’une dissolution d’or dans l’acide nitrique et le sel marin , on les fait sécher et on les réduit en cendres. On prend alors un morceau de liège lisse, légèrement charbonné à un des bouts, on l’humecte , on le trempe dans la cendre, et on frotte la surface du métal jusqu’à ce qu’elle soit entièrement couverte d’or. On la polit ensuite avec du linge fin , étendu sur un morceau de liège mou. Cette dorure est susceptible d’un très-beau poli.

L’or et le cuivre pur forment un alliage malléable. Celui dont on se sert pour les bijoux ordinaires, et qui contient 28,6 pour cent de cuivre, se ternit assez souvent par l’usage, et prend un aspect sale, ce qui provient de l’oxidation du cuivre. On peut lui rendre sa couleur primitive, en le lavant avec un peu d’ammoniaque caustique. Le cuivre impur fait perdre à l’or sa malléabilité, et, d’après Hatchett , la monnaie de cuivre

AT.LIAGES 1)011. J g

suédoise le rend cassant comme du verre. Ainsi que je le dirai plus loin, on ajoute du cuivre à l’or destiné pour être monnayé ou travaillé.

I/or allié à -^7 de bismuth donne un composé cassant, d’un jaune pâle. Il ne faut pas plus de de

bismuth pour rendre l’or cassant, et lorsqu’on fait fondre de l’or et du bismuth, Tun près de l’autre, la malléabilité du premier en souffre.

IJétain a une très-grande affinité pour l’or. J’ai dit plus haut qu’ils se précipitent ensemble à l’état métallique , quand on mêle des dissolutions concentrées de chlorure aurique et de chlorure stanneux. En faisant fondre le précipité, on obtient un alliage blanc, qui n’est pas malléable. Quand on fond du pourpre de Cassius avec du nitre, l’étain est réduit en même temps que l’or, malgré la présence du nitre, et l’on obtient un régule blanc. Une faible quantité d’étain ne détruit pas la malléabilité de l’or, et il est encore un peu malléable quand la quantité d’étain s’élève jusqu’à -7^.

Le plomb s’allie aisément à l’or, auquel il fait perdre sa malléabilité; avec -^7 de plomb on obtient une combinaison qui a la couleur de l’or, mais qui est cassante comme du verre. Il suffit de de plomb pour priver l’or de

sa malléabilité. Les deux métaux peuvent être séparés par la coupellation , ainsi que je le dirai à l’occasion de l’argent.

Deux parties de laiton détruisent la malléabilité de 62 parties d’oR

Le nickel et l’or forment un alliage cassant, de couleur jaune pâle; cependant on ne sait pas si cet alliage a été fait avec du nickel exempt d’arsenic.

' L’or allié à -A- de cobalt donne une combinaison d’un jaune mat, qui n’est nullement malléable. Elle ne l’est même pas quand elle ne renferme que ^ de cobalt; mais for qui n’en contient que 7^, peut être forgé.

L’or et \e fer produisent, en s’alliant, une combinaison malléable, (jiii est susceptible d’être laminée et

ESSAI DE l’or travaillé.

(le recevoir des empreintes. Elle est blanche ou grise, et peut être trempée, de sorte qu’on peut l’employer pour fabriquer des instrumens tranchans.

Le manganese s’unit à l’or et forme avec lui une masse métallique, cassante, d’un gris jaunâtre, qui ne s’altère pas â l’air , et qui est décomposée quand on le fait rougir dans des vaisseaux ouverts, ou qu’on la soumet à la coupellation.

Essai de Vor travaillé. La mollesse de l’or empêche de l’employer à l’état de pureté dans la fabrication des monnaies et des bijoux. Pour lui donner plus de solidité, on y ajoute de l’argent ou du cuivre, ou un alliage de tous les deux. Ces mélanges sont réglés comme il suit : une livre, poids de marc, formant huit onces, poids ordinaire, est partagée en 24 karats, dont chacun contient 12 grains. Quand l’or travaillé contient ~ d’argent ou de cuivre, on dit qu’il contient 21 karats d’or, etc. En Suède, les orfèvres ne peuvent pas employer de l’or à moins de 18 karats et 4 grains. La qualité de l’or employé est déterminée par le contrôle, qui marque d’un timbre l’or qui a été trouvé bon, et brise celui dont le titre est trop bas. Je m’étendrai davantage là-dessus en parlant de l’argent.

Il existe plusieurs méthodes pour essayer l’or travaillé et pour le purifier. Je vais les indiquer en peu de mots.

On essaie d’abord l’or sur une pierre de touche avec ce qu’on appelle les aiguilles à essayer. La pierre de touche (cornéenne lydienne) est une espèce de trapp noir et poli. Les aiguilles sont de petites bandelettes d’or, alliées avec différentes proportions d’argent ou de cuivre; on en a pour chaque demi-karat au moins depuis i5 jusqu’à 28 4? et elles sont faites avec cinq mélanges différons; savoir: avec de l’argent pur, du cuivre pur, un mélange de | d’argent et de k de cuivre, un mélange de parties égales de cuivre et d’argent, enfin, un mélange de 3- d’argent et de cuivre. On frotte l’or qu’on veut essayer, sur la pierre de touche, et à coté de la trace

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