‹ Traité de chimie minérale, végétale et animale (volume 5)Chapitre 61 sur 95 · OXIDES DE ZINC · texte numérisé non relu

OXIDES DE ZINC

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compose, sous l’eau, du chlorure argentique, préalablement fondu, par du zinc coulé et cristallin, il n’y a que le zinc pur qui se dissolve, et, à mesure que la dissolution s’opère, on voit se précipiter de petits cristaux noirs, qui sont des alliages de zinc avec d’autres métaux.

A une haute température, l’affinité du zinc pour l’oxigène est assez forte, et surpasse celle de la plupart des autres métaux; aussi en opère- 1- il la réduction. A la température ordinaire de l’air, il ne décompose pas l’eau, quand l’air est exclu; mais si l’on humecte de la limaille de zinc avec de l’eau, et qu’on l’abandonne à elle-même, la masse prend, au bout de quelque temps, une couleur foncée, et augmente de volume; du gaz hydrogène se dégage avec une effervescence visible, et le métal finit par se convertir en un oxide gris clair. A la chaleur rouge, le zinc décompose la vapeur d’eau. Il se dissout dans la plupart des acides, avec dégagement de gaz hydrogène, et précipite presque tous les métaux malléables à l’état métallique de leurs dissolutions dans les acides; le fer et le nickel ne sont même pas exceptés: mais il faut que les dissolutions de ces deux métaux soient neutres et concentrées, et qu’on les tienne dans un endroit chaud et en vase clos. Parmi les métaux non malléables, l’antimoine, le tellure, l’arsenic et le bismuth sont réduits et précipités par le zinc. Plusieurs métaux, qu’il ne réduit pas, en sont précipités à l’état d’oxide; dans ce cas le zinc s’oxide aux dépens de l’air et de l’eau , et l’oxide zinciquo , comme base plus forte, prend la place de l’oxide contenu auparavant dans la dissolution.

Oxides de zinc. Le zinc a trois degrés connus d’oxidation.

I® Sauf oxide de zinc. Il se forme à la surface du zinc qui est resté exposé pendant long- temps au contact de l’air; il se produit aussi quand on tient longtemps du zinc à une température élevée, mais qui n’excède pas celle qui est nécessaire pour le fondre , ou bien quand on le laisse long-temps dans l’eau. Ce sousoxideest

OXIDES DE ZmC.

d’un gris noirâtre, tant qu’il est humide; mais, par la dessiccation, il devient d’uii gris clair. Ordinairement il forme une croûte mince qui n’augmente pas, n’éprouve aucune altération â l’air, jouit d’une grande dureté et résiste mieux que le métal lui* même, à l’action mécanique et chimique des autres corps. Un morceau de zinc, suffisamment sousoxidé à sa surface, se dissout avec une lenteur extrême dans les acides, et seulement a la chaleur de l’ébullition. C’est ce sousoxidé qui , lorsqu’on fait usage de la pile électrique, rend si difficile le nettoyage des plaques dont on s’est servi. D’après Dulong, on l’obtient aussi quand on calcine de l’oxalate zincique dans des vases distillatoires ; il se dégage un mélange de gaz acide et de gaz oxid-e carboniques, et le sousoxidé reste dans la cornue. On a prétendu que cet oxide n’existait pas , en s’appuyant sur ce que , dans la plupart des cas, l’action des acides le convertit en oxide zincique, qui se dissout aussitôt, et en zinc métallique, qui est dissous avec dégagement de gaz hydrogène. Mais cette propriété de se transformer, par l’action des acides, en oxide et en métal, est précisément ce qui caractérise les sousoxides.

2® Oxide zincique. On l’obtient, soit en brûlant le m étal R l’air libre, soit en dissolvant le zinc dans dca acides mêlés avec de l’eau : celle-ci se décompose, il se dégage du gaz hydrogène, et l’oxide peut être précipité de la dissolution par un alcali. Pour exécuter le premier de ces procédés, on dispose un grand creuset, de manière à ce qu’il soit légèrement incliné; on le chauffe jusqu’au rouge blanc; puis on y jette peu à peu de petits morceaux de zinc, qui s’enflamment et se convertissent en oxide zincique. Une partie de ce dernier s’échappe sous forme de vapeurs; mais il en reste beaucoup à l’état de flocons laineux, d’un blanc jaunâtre, que l’on détache de temps à autre de la surface du métal, pour donner un libre accès à l’oxigène. Quand il s’est rassemblé une certaine quantité d’oxide, on l’enlève avec une cuiller en fer, avant d’introduire de nouveau zinc dans

OXIDES DE zmC.

le creuset. Si on le porte sur-le-champ dans un endroit obscur, il répand une lueur bleuâtre pendant une demiheure ou un peu plus. L’oxide zincique, ainsi obtenu, contient quelquefois de petits morceaux de zinc métallique, dont on est obligé de le séparer par la lévigation. Pour l’avoir à l’état de pureté parfaite, on le dissout dans l’ammoniaque caustique, on filtre la dissolution, on l’évapore jusqu’à siccité , et l’on calcine le résidu.

L’oxide zincique pur est blanc , et devient jaune quand on le chauffe; mais il reprend sa couleur primitive par le refroidissement, à moins qu’il ne contienne du fer; car alors il conserve sa teinte jaunâtre. Autrefois on l’appelait lana philos ophica , à cause de son apparence laineuse ; on lui donnait aussi le nom de nihilurn album. Dans les pharmacies, on rencontre de l’oxide zincique impur, qui provient de la combustion du zinc dans les manufactures de laiton, et se dépose sur les parois des fourneaux , ou il s’agglomère et se réunit en morceaux durs. Les morceaux blanchâtres portent le nom de pompholix ; ceux dont la teinte est plus grise sont appelés tulie.

On ne peut point préparer l’oxide zincique, en précipitant, par un alcali, le sulfate zincique du commerce; car le précipité qu’on obtient ainsi est un carbonate , contenant ordinairement une telle quantité de fer, qu’il prend une couleur verte foncée quand on le calcine dans des vaisseaux clos.

L’oxide zincique se dissout dans les alcalis : quand on évapore la dissolution, on obtient une masse saline, blanche et brillante, qui attire l’humidité de l’air. Il est dissous aussi par l’ammoniaque caustique, ainsi que par le carbonate ammonique, et il se précipite de cette dernière dissolution , quand on l’évapore. Le zinc métallique ne se dissout que lentement, avec dégagement de gaz hydrogène, quand on le met digérer avec un alcali caustique, surtout avec l’ammoniaque. Une dissolution

SfJIlOXIDE DE ZING.

saturée d’oxide zincique, dans l’ammoniaque caustique concentrée, est précipitée en partie quand on y verse de l’eau. L’oxide est également précipité par les dissolutions aqueuses des terres alcalines, qui partagent l’oxide zincique avec rammoniaque. Il a une telle affinité pour Talumine, que si l’on mêle une dissolution d’oxide zincique dans l’ammoniaque, avec une dissolution d’alumine dans la potasse caustique , il se précipite une combinaison de la terre avec l’oxide zincique ; cette combinaison est soluble dans un excès de l’un ou de l’autre alcali, On trouve dans le règne minéral une combinaison de ces deux oxides, cristallisée en octaèdres réguliers; elle a été appelée du nom de Gahn^ qui l’a découverte. Une haute température ne l’altère point. Elle est plus dure que la plupart des autres minéraux. L’alumine y contient six fois autant d’oxigène que l’oxide zincique. Si l’on précipite, par la potasse caustique, une dissolution de chlorure zincique, on obtient un précipité blanc et volumineux, qui est de \ hydrate zincique^ et qui abandonne son eau quand on le soumet à la distillation.

Cent parties de zinc se combinent avec ^4,8 d’oxigène, pour produire l’oxide zincique; et ce dernier est composé de 8o,i3 parties de métal et 19,87 d’oxigène.

Suroxide de zinc. Il a été découvert par Thénard, qui le prépare en prenant de l’hydrate zincique à l’état gélatineux, versant dessus une dissolution aqueuse de suroxide hydrique, qui contient sept à huit fois son volume d’oxigène, et agitant bien le mélange. La dissolution de suroxide doit être mise en excès. Du reste, il faut observer, dans ce cas, les mêmes précautions que celles dont j’ai parlé à l’occasion du suroxide de cuivre. Le suroxide de zinc est blanc; mais, pour peu qu’il contienne du fer, il a un ton jaunâtre. Il est insoluble dans l’eau, sans saveur, sans odeur, et se décompose spontanément quand on le conserve à l’état iiuinide, ou qu’on le chauffe. I^es acides le décomposent,

SULFURE ZiNCIQUE.

dissolvent l’oxide ziiiciqiie, et reproduisent du suroxide hydrique. Sa composition quantitative n’a pas été déterminée d’une manière sûre.

Sulfure zincique. L’existence de ce composé a été mise en doute pendant long-temps, et plusieurs chimistes l’ont totalement niée. Ils fondaient leur opinion, d’une part, sur ce que la combinaison n’a lieu, par la voie sèche, qu’à une température si élevée, que le soufre distille sans avoir agi sur le zinc; et, d’une autre part, sur ce que le sulfure de zinc est tout-à-fait pourvu des caractères qui appartiennent ordinairement aux sulfures métalliques. Cependant il a été démontré, par des expériences postérieures, que les deux corps peuvent se combiner, mais avec un dégagement de chaleur tellement fort, que la masse fait explosion. Un mélange de copeaux de zinc et de cinabre, que j’ai exposé dans une cornue de -verre, à une élévation de température forte et rapide, a détoné, comme le ferait un corps combustible mêlé avec du nitre; en même temps, le mercure a été réduit et a distillé. A une chaleur moins forte, la majeure partie du cinabre se sublime sans avoir subi d’altération. Quand on chauffe un mélange de limaille de zinc et de persulfure de potassium, le zinc détone d’une manière presque aussi violente que s’il y avait explosion.

Le sulfure de zinc est une poudre légère, volumi- lieuse, d’un jaune de paille, qui se dissout avec une lenteur extrême dans l’acide hydrocblorique concentré, en dégageant du gaz sulfide hydrique.

Cette combinaison se trouve aussi dans la nature, à l’état cristallisé ; elle porte le nom de blende ^ et sa couleur est d’un jaune soufré, brune, ou noire, suivant les matières étrangères qu’elle contient. Lorsqu’on l’expose dans des vaisseaux fermés, à une très-haute température, elle entre en fusion.

On peut aussi préparer du sulfure de zinc en distillant un mélange d’oxide zincique et de soufre.

La difficulté qu’on éprouve à combiner le zinc avec

PHOSPHURE ÜE ZINC.

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le soufre, a conduit à une méthode autrefois usitée, et qui n’est peut-être pas sans avantage pour purifier le zinc en grand, sans avoir recours à la distillation. On faisait fondre le métal dans un creuset, et, avec une spatule en hois, on y introduisait un mélange de soufre et de graisse : par ce moyen on comptait sulfurer le plomb, l’arsenic et le cuivre, sans attaquer le zinc.

Par la voie humide, on obtient du sulfure de zinc, en faisant passer un courant de gaz sulfide hydrique a travers une dissolution saturée de zinc : une partie du métal se précipite; mais, quand la liqueur est devenue acide jusqu’à un certain point, l’action s’arrête. La totalité du zinc n’est précipitée que quand on mêle la dissolution avec un sulfhydrate. On obtient alors un précipité blanc, insoluble dans un excès du précipitant, ainsi que dans la potasse caustique , et que l’acide by- (Irocblorlque concentré dissout difficilement. Quand on le chauffe dans des vases privés d’air, il s’agglomère, abandonne un peu d’eau, et devient d’un jaune pâle.

Le sulfure zincique est une sulfobase énergique. D’après Bertbier, il s’unit, par la fusion, au carbonate potassique. Si l’on mêle six parties de blende en poudre , cinq un tiers de carbonate calcique et une de charbon pulvérisé, et qu’on chauffe le mélange dans un appareil convenable, on obtient le zinc réduit.

Le sulfure zincique est composé de 66, 'ji parties de zinc et 33,9.8 de soufre; ou loo parties de métal y sont combinées avec 49^9 cle soufre.

Phosphure de zinc. On le prépare par le procédé ordinaire. Il ressemble au plomb pour la couleur et l’éclat, est un peu ductile, et répand l’odeur du phosphore quand on le lime. Lorsqu’on expose, dans une cornue, à une \iolente chaleur, un mélange de six parties d’oxide zincique, six d’acide pbospborique et une de cliarbon eu poudre, on obtient une masse sublimée, d’un blanc argentin , et dont la cassure vitreuse est douée de l’éclat métallique. Ce sublimé a été considéré comme un oxipbospbiire de zinc; mais, comme on l’obtient aussi quand

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