DES SELS DE POTASSIUM
tanates et des sulfotantalates ^ que l’eau convertit surie-champ en oxisels , avec dégagement de gaz sulfide hydrique. C’est ce que l’expérience a constaté pour les sulfotantalates.
Des sels de potassium.
Les sels de potassium sont, à peu d’exceptions près, très-solubles dans Teau; beaucoup d’entre eux s’humectent à l’air. Sous forme solide , ils contiennent moins souvent que les sels des autres bases, de feau de cristallisation. Ils supportent mieux la chaleur rouge que les autres sels, de sorte que plusieurs acides qui, lorsqu’ils se trouvent combinés avec d’autres bases, sont décomposés ou chassés par la chaleur, se maintiennent dans leur combinaison avec la potasse. Pour reconnaître la présence de la potasse dans un sel, on emploie l’acide tartrique, dont on mêle la dissolution concentrée avec celle du sel; il se précipite alors de suite, ou bien au bout d’un certain temps, du bitartrate potassique; on peut aussi découvrir la potasse, soit en versant dans la liqueur une dissolution concentrée de sulfate alurninique, d’ou résulte de l’alun, qui se pi’écipite ou cristallise après quelque temps (cependant les sels d’ammonium possèdent aussi cette propriété); soit en se servant du chlorure de platine, qui donne naissance à un sel double peu soluble dans l’eau, qui se précipite de suite, ou se dépose par l’évaporation, sous forme de petits cristaux jaunes et brillans; mais cette dernière réaction se présente aussi, quand on opère sur des sels d’ammonium, de sorte qu’il faut toujours faire rougir le sel avant d’avoir recours à cet essai.
Pour reconnaître les sels de potassium par la voie sèche, on fait fondre au chalumeau un peu d’oxide niccolique avec du borax; on obtient ainsi un verre jaunâtre, qui devient bleuâtre, lorsqu’on le refond, après y avoir ajouté un sel de potassium. Moins le sel qu’on examine contient de potassium, moins il faut employer
374 BROMURK POTASSîQTIE,
cl’oxide niccolique, sans quoi on ne s’aperçoit pas d’un changement de couleur.
A. Sels haloîdes de potassium.
Chlorure potassique (muriate de potasse, sel h'brifuge de Sylvius). On l’obtient comme produit secondaire dans plusieurs operations chimiques et pharmaceutiques^ surtout dans le raffinage du nitre, ou la plus grande partie du sel qui cristallise pendant l’évaporation des liqueurs, n’est que du chlorure potassique. Il ressemble au sel marin, a la même saveur et cristallise comme lui , en cubes ou en prismes rectangulaires ; mais il est plus soluble dans l’eau , et produit un plus grand froid en se dissolvant , ce qui le fait rechercher par ceux qui préparent des glaces. Si l’on dissout une partie de chlorure potassique, réduit en poudre fine, dans quatre parties d’eau , contenue dans un vase de verre mince, placé sur un corps mauvais conducteur du calorique, la température s’abaisse d’environ ii, 4 degrés, pendant que la dissolution du sel, qu’on a soin de remucT, s’opère; le sel marin ne fait baisser la température que de 1,9 degrés, toutes les circonstances étant égales d’ailleurs. 100 parties d’eau, à O en dissolvent 29,^2 de chlorure potassique^ et pour chaque degré au-dessus de o, l’eau en dissout 0,2788 de plus. Ce sel se dissout aussi dans l’alcool. Ses cristaux ne contiennent point d’eau de cristallisation, entrent en fusion au rouge brun, et se volatilisent peu tà peu dans des vases ouverts.
Bromure potassique. On le prépare en saturant du brome avec de l’hydrate potassique. La dissolution renferme à la fois du bromate et du bromure potassiques; on l’évapore jusqu’à siccité, et on chauffe le résidu, jusqu’à ce qu’il ne se dégage plus d’oxigène. Le bromate est alors converti en bromure. On peut aussi décomposer la dissolution du bromate par le gaz sulfide hydrique; mais pour cela il est nécessaire que le sel ne contienne pas un excès de base. Le l)romure potassique esl
lODURES DE POTASSIUM.
très-soluble dans l’eau; il cristallise par l’évaporation, comme le chlorure, en cubes ou en prismes rectangulaires. Les cristaux ne contiennent point d’eau de cristallisation ; ils décrépitent quand on les chauffe, et entrent en fusion sans subir d’altération. Ce bromure est légèrement soluble dans l’alcool.
lodures de potassium. i° lodure potassique. On l’obtient en dissolvant de l’iode dans de la potasse caustique, jusqu’au point ou la liqueur commence à se colorer; on évapore ensuite celle-ci, jusqu’à ce que l’iodate potassique cristallise; on décante, on évapore à siccité la liqueur qui contient l’iodure potassique, et on fait fondre le résidu salin, pour détruire l’iodate potassique qui pourrait s’y trouver mêlé. J^iodate potassique obtenu en premier lieu peut également être réduit en iodure, de la même manière que le bromate, c’est-à-dire à l’aide du sulfide hydrique. On peut aussi évaporer la dissolution et fondre la masse saline, sans commencer par en séparer l’iodate; mais dans ce cas, elle bouillonne et sautille pendant la fusion, ee qui peut donner lieu à des pertes. L’iodure potassique fondu est cristallin et nacré; à une très-haute température, il se volatilise; il est très-soluhle dans l’eau et s’humecte à l’air. En refroidissant une dissolution très-concentrée, on peut l’obtenir cristallisé sous forme de prismes rectangulaires à quatre pans, qui ne renferment point d’eau de cristallisation. On commence depuis peu à employer ce sel en médecine. Parmi les différens procédés qu’on a indiqués pour le préparer économiquement , celui qui a ete décrit ci-dessus me paraît le meilleur. Baup propose de mêler l’iode avec de l’eau et de la limaille de fer en excès : on obtient ainsi une dissolution d’iodure de fer, que l’on décompose par le carbonate potassique, qu’on filtre et qu’on évapore. Mais il est difficile d’exécuter cette opération de manière à éviter la présence d’un excès de potasse, et en outre on est exposé à une plus grande perte que celle qu’on éprouve par le sautillement de la masse pendant la décomposition de l’iodate;
lODUKES DE POTASSIUM.
cette perte provient, soit de la filtration et du lavage, soit de ce que le fer passe à un plus haut degré d’oxidation, se précipite dans cet état, et entraîne avec lui une certaine quantité d’iode.
On trouve quelquefois, dans le commerce, de l’iodure de potassium falsifié avec du chlorure. D’après Turner, on peut découvrir cette fraude, en dissolvant une partie d’iodure dans 12,000 parties d’eau, et ajoutant un peu de dissolution de platine à la liqueur qui devient d’un rouge de garance. Ou bien on dissout une partie d’iodure dans 4o,ooo parties d’eau, et on y ajoute du nitrate inercureux, ce qui donne Heu h un trouble jaune-verdâtre, visible encore lorsqu’on y verse 20,000 parties 'd’eau en sus. Il est évident que si une portion de la substance qui s’est dissoute était un autre sel que de l’iodure, ces réactions seraient trop faibles pour qu’on pût les apercevoir,
2® Biiodure de potassium. Suivant Baup , on l’obtient en dissolvant i’iodure dans l’eau, et faisant macérer dans la liqueur de l’iode en excès, jusqu’à ce qu’il ne s’en dissolve plus. Plus la dissolution est étendue, et plus la saturation s’opère avec lenteur; cependant on finit toujours par y arriver. Dans ce sel , le potassium est combiné avec une fois autant d’iode que dans l’iodure précédent; la liqueur devient d’un brun foncé. Le' potassium ne possède aucun degré d’oxidation qui corresponde à cette combinaison. Quand on décompose cet iodure par un acide, on obtient un sel potassique, et il se forme en même temps cette espèce d’acide bydriodique qui est composé de deux volumes d’iode et d’un volume d’bydrogène, ou acide bydriodique brun. Le biiodure de potassium est inconnu sous forme solide.
3^ Triiodure de potassium. On le prépare, d’après Baup, en dissolvant l’iodure potassique dans un poids d’eau égal au sien, et le faisant macérer avec plus d’iode qu’il n’en peut dissoudre. La dissolution qui est noire ou tl’un bleu noirâtre, paraît d’un rouge foncé quand onia regarde par transparence, et douée d’un éclat presque
FLUORURE NEUTRE.
métallique lorsqu’on la voit par réflexion. On peut mêler la liqueur avec une quantité d’eau égale à une fois et demie du poids de fiodure, sans qu’elle soit décomposée; mais si on l’étend davantage, il se précipite de l’iode en lamelles cristallines, tandis qu’il reste du biiodure dans la dissolution. La composition du triiodure est telle, que si le potassium se convertissait en suroxide aux dépens de l’eau, il se formerait de l’acide hydriodique incolore.
Fluorine potassique f fluate de potasse). Fluorure neutre. La meilleure méthode pour obtenir ce sel consiste à mêler de l’acide bydrofluorique avec du carbonate potassique, jusqu’à ce que l’acide soit presque saturé. On évapore la liqueur salinejusqu’à siccité , et on calcine le résidu pour chasser l’excès d’acide. Le sel a une saveur salée, âcre. Il réagit comme les alcalis, et tombe en déliquescence à l’air. Sa dissolution dans l’eau cristal-lise difficilement : on obtient par l’évaporation une liqueur concentrée, qui se maintient coulante tant qu’elle est chaude, mais qui se fige par le refroidissement. Si l’on évapore le sel dans des vases très-plats, à une température de 35 à [\o degrés , on peut en obtenir des cristaux qui sont des cubes ou des prismes rectangulaires à quatre pans, avec une croix diagonale , et qui prennent souvent la forme de trémies, comme il arrive pour le sel marin; mais ces cristaux attirent si rapidement l’humidité de l’air, qu’à peine a-t-on le temps de les examiner. Quand on évapore ou qu’on conserve la dissolution du sel dans un vase de verre , celui-ci est attaqué, et sa surface devient terne. Si l’on mêle une dissolution concentrée de ce fluorure avec assez d’acide acétique pour qu’elle n’exerce plus de réaction alcaline, et qu’on évapore la liqueur, à une très-douce chaleur, jusqu’à siccité, on obtient un sel, dont la dissolution concentrée est neutre, mais ce sel devient acide, par faddltion d’une grande quantité d’eau , et contient alors de l’acide acétique libre. Soumis à la distillation, il donne aussi de l’acide acétique, et laisse du fluorure potassique.
37° FLUORURE RORICO-POTASSIQUE.
Le fluorure potassique dissout, par la fusion, l’acide sîlicique, sans être décomposé, et forme avec lui une masse fondue et limpide, qui est d’un blanc d’émail après le refroidissement, et qui est déliquescente à l’air. L’eau lui enlève le fluorure, en laissant l’acide siiicique.
Le fluorure potassique ne forme point de soussel. Mais il existe un fluorure potassique acide (fluate acide de potasse) qu’on obtient, en ajoutant de l’acide bydrofluoriqoe au fluorure précédent, et évaporant la liqueur dans un vase de platine, jusqu’à ce que le sel cristallise. Ordinairement la masse forme, après le refroidissement, un corps solide et cohérent composé de larges lames, qui se croisent en tous sens, et qui laissent entre elles des interstices trapézoïdaux , dans lesquels rèau-mère se trouve si bien enfermée, que la masse peut être retirée du vase sans que le liquide s’écoule. Si l’on abandonne la liqueur à l’évaporation spontanée dans un vase plat, le sel cristallise en tables carrées; si le liquide a plus de hauteur et que l’évaporation soit lente, on obtient des cubes. Il est très-peu soluble dans une liqueur qui contient de l’acide hydrofiuorique libre, mais il se dissout facilement dans l’eau pure. Quand on le chauffe, il entre en fusion, donne de l’acide bydrofluorique, qui s’échappe sous forme de vapeurs, et laisse du fluorure potassique; au rouge naissant, la décomposition est complète. Dans ce sel, le fluorure potassique et l’acide hydrofiuorique contiennent la même quantité de fluor. Il ne renferme point d’eau de cristallisation, mais lorsqu’on le fait fondre avec de l’oxide plombique, il. donne ii,6 pour loo d’eau, qui provient de l’bydrogène de l’acide, et de l’oxigène de l’oxide plombique.
Fluorure horico-potassique de potasse).
Ce sel prend naissance quand on verse goutte à goutte de l’acide liydrofluoborique dans une dissolution de fluorure potassique ou de tout autre sel potassique neutre. Le fluorure se dépose sous forme d’un précipité gélatineux, transparent, qui , lorsqu’on étend la liqueur d’eau ,
FLUORURE BORICO'POTASSIQUE.. 879
et qu’on y ajoute de l’acide en excès, joue les couleui-s de larc-en-ciel quand il est frappé par la lumière. Recueilli sur un filtre, il perd sa transparence, et quand on le comprime encore humide, il produit un bruit semblable à celui que l’amidon fait entendre lorsqu’on appuie le doigt dessus. Après la dessiccation, il forme une poudre farineuse , très-fine et blanche. Il a une légère saveur amère, nullement acide, et ne rougit pas le papier de tournesol. 100 parties d’eau froide en dissolvent de ce sel; mais l’eau bouillante le dissout en bien plus grande proportion, et pendant le refroidissement la liqueur laisse déposer de petits cristaux brillans qui ne contiennent point d’eau de cristallisation. L’alcool en prend aussi une petite quantité; mais le sel cristallise par le refroidissement de la liqueur. Quand on le chauffe, il fond peu de temps avant de rougir, entre en ébullition et dégage du gaz fluoride borique, qui, lorsque le sel n’était pas parfaitement exempt d’eau, se condense sur les parties moins chaudes des parois du vase, sous forme de gouttelettes fines, parfaitement seml)]ables à un sublimé. Il exige pour se décomposer complètement une chaleur forte et soutenue, et laisse enfin du fluorure potassique. Quand on Je fait rougir dans un creuset de platine, il se dépose, autour du bord du couvercle, de l’acide borique fondu, précipité du gaz fluoride borique par l’eau de l’air ou celle de la flamme, aux endroits oil le gaz pénètre hors du creuset. En versant de l’eau sur le sel incomplètement décomposé par la calcination, la portion non décomposée reste sans se dissoudre. L’acide sulfurique décompose ce sel difficilement et seulement à l’aide de la chaleur; il se dégage d’abord du gaz fluoride borique, ensuite il distille un mélange d’acide bydrofluorique et d’acide bydrofluoborique liquide. Les bases salifiables ne le décomposent pas. L’ammoniaque caustique ne le dissout qu’en raison de l’eau qu’elle renferme, et si l’on fait bouillir le mélange, le sel potassique cristallise par le refroidissement, sans 9 voir subi d’altération. Si on le rencontrait mêlé avec
38o FLUORURE SILICICO-POT ASSIQÜE.
du fluorure silico-potassique, avec lequel il a beaucoup de ressemblance , on pourrait séparer ces deux sels 'Fun de l’autre par le moyen de l’ammoniaque, qui décompose le second. Les carbonates potassique et sodique dissolvent, à la température de l’ébullition, le fluorure borico-potassique , sans qu’il se dégage de l’acide carbonique; la potasse caustique bouillante le dissout aussi, et parle refroidissement de la liqueur, il se dépose, sans avoir éprouvé au<;un changement. Cette affinité puissante explique un phénomène paradoxal, qui consiste en ce que lorsqu’on ajoute de l’acide borique à une dissolution de fluorure potassique acide, la liqueur réagit à la manière des alcalis; il se précipite du fluorure borico-potassique, et la dissolution retient une certaine quantité de fluorure potassique, qui produit cette réaction.
Dans ce sel, comme dans tous les fluoborures, le fluorure ( fluorure potassique) est combiné avec une quantité de' fluoride borique, qui contient le triple de fluor.
Fluorure silicico-potassique. Ce sel se forme quand on fait tomber goutte à goutte de l’acide hydrofluosilicique dans une dissolution de fluorure potassique ou de tout autre sel potassique. Le fluorure silicico-potassique se précipite alors, sans qu’on aperçoive d’abord un trouble dans la liqueur, surtout quand celle-ci est étendue; mais elle finit par réfléchir les couleurs de l’arc-en-ciel, ([u'i paraissent très-belles surtout à la lumière immédiate du soleil. Peu à peu le précipité se rassemble au fond du vase, oii il forme une couche demi-transparente, dans laquelle le jeu des couleurs se concentre. Reçu sur un filtre, lavé et séché, il perd son apparence gélatineuse, et se transforme en une poudre blanche, fine et douce au toucher. Ce sel est peu soluble dans l’eau froide , celle qui est bouillante en dissout un peu plus; et lorsqu’on évapore une dissolution saturée, on obtient de petits cristaux semblables à ceux du fluorure boricopotassique , mais ordinairement plus petits encore; ils
OXIFLUOllURE MOLYBDICO-POTASSÏQUE. 38 1
ne contiennent point d’eau de cristallisation. Ce sel entre en fusion au rouge naissant, bout ensuite, et dégage du fluoride silicique, en devenant de plus en plus épais, jusqu’à ce qu’il ne reste plus que du fluorure potassique. Dans des vases ouverts, le dégagement du gaz commence avant la fusion du sel. Celui-ci exige, pour se décomposer complètement , une chaleur rouge longtemps soutenue, moins cependant que celle nécessaire pour la décomposition du fluorure borico-potassique. Le vase dans lequel on opère la calcination se couvre tout autour d’acide silicique, qui y adhère avec force , et que bbumidité de l’air précipite du gaz fluoride silicique. A la température ordinaire, le fluorure silicico-potassique n’est altéré, ni par Fbydrate, ni par le carbonate potassique; mais quand on le fait bouillir avec la dissolution d’un de ces corps, il s’y dissout, et la liqueur donne, par le refroidissement, un dépôt gélatineux d’acide silicique, pendant que le sel s’est transformé en fluorure potassique. Il ne se combine pas avec un excès de potasse, de sorte qu’on ne lui connaît pas de soussel.
Oxifluorin^e moljbdico-potassique ( fluate de molybdène et de potasse). On l’obtient en mêlant du fluoride molybdique avec une dissolution chaude de fluorure potassique. Au bout de quelque temps, la combinaison cristallise en paillettes brillantes , incolores , et semblables à celles de l’acide borique. Ces cristaux sont inaltérables à l’air, se dissolvent dans l’eau bouillante et se précipitent de la liqueur par le refroidissement. A la température de 4- 5o à + 6o degrés, ce sel perd son eau de cristallisation, qui s’élève à 6,o3 pour loo de son poids, et prend une teinte jaune-grisâtre. A une température plus élevée , il fond , sans être décomposé, et devient d’un brun jaunâtre. Il est composé de molybdate potassique, combiné avec une quantité de fluorure molybdicopotassique telle, que les deux sels contiennent une même quantité de potassium et de molybdène. Dans le fluorure molybdico-potassique, au contraire, le fluoride molybdique renferme trois fois autant de fluor que le fluorure
38^ FLUOllUflE TAWTALICO-POTASSIQUE.
potassique. L’oxigène de l’eau de cristallisation est dou- IdIc de celui de la potasse.
Oxifluorure tufigsüco-potassique (fluate de tungstène et de potasse). On l’obtient par un procède analogue à celui qu’on emploie pour la préparation du sel précédent, auquel il ressemble tellement, qu’on ne peut i’en distinguer au simple aspect. A une température qui s’élève un peu au-dessus de -f- loo degrés, il s’effleurit, perd son eau de cristallisation, qui s’élève à 4,58 pour lOO, et se réduit en une poudre très-fine. Le sel, ainsi privé d’eau, peut être fondu sans qu’il se décompose. La couleur du sel fondu tire ordinairement un peu sur le vert, et le vase de platine dans lequel on a opéré la fusion , devient d’un brun rougeâtre.
La composition de ce sel est tout-à-fait analogue à celle du précédent.
Fluorure tantalico-potassique (fluate de tantale et de potasse). On l’obtient en mêlant de l’acide bydrofiuotantalique avec de la potasse, jusqu’à ce qu’on voie paraître un précipité. Le mélange doit être fait à cbaud;’ par le refroidissement, le sel cristallise en paillettes. Il est difficilement soluble dans l’eau froide, qui le dissout toutefois complètement quand on en emploie une quantité suffisante. Il est beaucoup plus soluble dans l’eau chaude. Lorsqu’on fait bouillir la dissolution, le sel se décompose et donne un dépôt blanc pulvérulent, qui contient plus d’acide tantalique que le sel qui reste dans la liqueur. On obtient aussi ce sel en mêlant du fluorure potassique acide avec de l’acide tantalique et de l’eau, et chauffant la liqueur : après que le sel a cristallisé, la dissolution contient du fluorure potassique neutre. Si l’on dissout du tantalate potassique dans l’eau i bouillante, et qu’on ajoute un excès d’acide bydrofluo- ' rique à la dissolution, on obtient un sel composé des mêmes élémens, mais en proportions différentes; il cristal! ise en petites aiguilles courtes, et il est, comme le précédent, peu soluble dans l’eau. Aucun de ces sels ne contient de l’eau combinée, et l’on peut les fondre, sans