IV
(^8 SILICATE PLOMBIQUE.
Silicate plombique. II est facile de robtcnir, cn faisant fondre ensemble de l'oxyde plouibique et de Tacide sllicique, ou en précipitant le fluorure silico-plombique par l'ammoniaque. Il entre dans la composition de plusieurs espèces de verre, ainsi que dans le vernis des feîences et des poteries. On a fait beaucoup d'essais pour obtenir un vernis exempt de plomb ; mais on n*en a pas trouvé qui soit aussi fusible et aussi peu coûteux que le vernis ordinaire. Chaptal a proposé d'employer comme vernis de la poudre de verre ordinaire. Cependant l'expérience a fait voir que le vernis ordinaire ne produit aucun effet nuisible, et qu'il est inattaquable aux corps légèrement acides, quand les objets qu'on en a recouverts ont été cuits à une température suffisamment élevée. L'oxyde plombique augmente le poids spécifique du verre , ainsi que son pouvoir réfringent; il communique ces dernières propriétés aussi aux sels plombiques et à leurs dissolutions dans l'eau.
L'oxyde plombique entre en grande quantité dan$ la composition du verre incolore , qui a reçu les noms de cristal et deßintglass^ et que sa réfrangibilité rend indispensable à la construction des lunettes achromatiques. Le verre dans la composition duquel entre de l'oxyde plombique est en général plus fusible que les autres espèces de verre; voilà pourquoi on peut l'obtenir plus facilement exempt de bulles et de nœuds. Il paraît que la composition de l'excellente qualité de flint-glass fabriqué par Guinand pour les instruments d'optique est calculée d'après les proportions chimiques, et qu'il contient 2 atomes dépotasse, 3 atomes d'oxyde plombique et 7 atomes d'acide silicique, =2K Si+ Pb Si + aPbSi', OU; sur 100 parties, ia,54 potasse, 44)4^ oxyde plombique, et 4^,98 acide silicique. Nous verrons plus bas jusqu'à quel point les résultats de l'analyse s'accordent avec ces proportions. Le verre de cristal est composé autrement. Le rapport delà potasse à l'oxyde plombique y est moindre, et la proportion de silice plus considérable, de sorte que les bases y sont combinées avec plus d'acide siHciqueque dans les bisilicates. Leif/Yi55,dontjetraiteraiincessamment, peut être regardé comme une combinaison d'un atome de silicate potassique neutre avec 3 atomes de silicate plombique neutre, =z KSi + 3Pb Si.
Voici les résultats de l'analyse de plusieurs espèces de verre piombifère :
SILICATE PtOHBIQUE,
fBzaccpxf
coxsrrruAHTs.
TXRRE A CRISTAL
analysé
Acide ttüciqae.
Oxjde plomiii«
Cbaiii«
AIoflMoe
Oxydes de fer et de manganèse.
par Dumas.
par Berthier.
FLUTT-GLASS
analjsé
par Damas.
rpar Faraday.
aTRASf.
D'après
l'analyie
dr
Ir oakal.
On umeMeßua: des sortes de verres colorés, au moyen desquels on imite diverses pierres précieuses. Pour les obtenir, on commence par préparer une masse vitreuse et limpide , appelée strass^ et qui sert à fabriquer les faux brillants. Cest en refondant ce Terre avec des oxydes métalliques qu'on obtient des flux vitreux colorés. On le colore en rouge par le pourpre d'or et l'oxyde cui- Treux. Ce dernier donne un très-beau verre rouge ; mais il a Tincon?éiiient d'être sujet à se convertir en oxyde cuivrique, et de teindre alors le verre en vert; on peut restituer à celui-ci sa lente rouge par Taddition d*une petite quantité d'un corps désoxy- <lint, tel que la limaille d'étain ou de fer, ou le noir de fumée. Ij'oijde antimonique, surtout vitrifié, donne du faune, £n ajoutant du fer, on obtient une teinte orangée. L'oxyde et le chlorure argentiques colorent également le verre en jaune , mais souvent ces corps lui donnent en même temps une nuance opaline. Le 2;erf s'obtient avec l'oxyde cuivrique, dont quelques grains suffisent pour colorer une demi-once de strass. C'est l'oxyde cliromeux qui procure le plus beau vert d'émeraude. On a du bleu avec l'oxyde cobaltique , du noir en ajoutant au stras« beaucoup d'oxyde fer* reux(batiitures de fer), du violet avec le manganèse. En changeant les proportions et en modifiant le mode d'association de ces substance:», on obtient une diversité in&uie dans les teinte« et les nuances des flux colorés.
On donne le nom d'émail à un verre blanc et opaque , qui se prépare de la manière suivante : on fait fondre, dans le moufle
lOO SILICATE PLOMBIQUE.
d*un fourneau de coupellation , 3 parties d'ëtain pur et lo de plomb, et Ton calcine le mélange jusqu'à ce qu*il soit converti en un oxyde blanc et incolore. Alors on fait fondre cet oxyde avec lo parties de silice pure, 2 de carbonate potassique ou sodique, et pour chaque livre de la masse, avec 8 grains de manganèse. Cette masse sert à enduire des feuilles dorou de cuivre. A cet effet on la pulvérise bien , on la soumet à la lévigation , on étend uniformément cette poudre à la surface du métal, et on fait chauffer le tout dans le moufle d'un fourneau à coupellation, puis on polit l'émail qui se trouve fixé sur le métal. C'est ainsi que Ton fait les cadrans de montres (i).
Faraday a essayé de préparer, pour les besoins de Toptique, un verre parfaitement limpide et exempt de ces espèces de stries pro* venant de ce que le mélange n'était pas homogène et de ce qu'une portion de la masse du creuset s'est dissoute d'une manière inégale dans le verre ramolli. Il a atteint ce but en faisant fondre ensemble du silicate et du borate plombiques parfaitement purs dans des vaisseaux de platine. — Si l'on fait fondre, à la flamme d'une lampe, du verre qui contient du plomb, il devient plus foncé, prend une couleur brunâtre, et finit par devenir noir. Ce changement paraît provenir de la réduction de l'oxyde plombique à l'état de sousoxyde, et enfin à l'état de métal. La composition connue sous le nom de pierre de riz^ et que les Chinois fabriquent, à ce qu'on dit, avec du riz (ce qui paraît d'autant plus vrai, que, dans . la fabrication du verre, on emploie, dmprès Schar ling , la cendre
(z) On peut peindre sur cet émail avec des couleurs particulières , que Ton pass^ au feu quand elles sont sèches. La couleur purpurine s'obtient avec le pourpre d*or, ou mieux encore avec l'or fulminant, que Ton mêle avec 4 à ao parties d'émail en poudre fine et un peu de nitre et de borax ; le rouge avec de l'alun et du viiriol de fer, qu'on mêle ensemble et qu'on calcine jusqu'à ce que l'acide sulfurique soit chassé ; 3 parties d'alun et x de vitriol donuent une couleur de c/tair^ et avec plus de vitriol on a un rouge plus foncé. L'oxyde ferrique seul, sans alumine, donne un verre verdâtre. Pour avoir du Jaune y on prend parties égales (ou d'autres proportions) d'oxydes antiaionique et plombique, que Ton mêle avec parties égales d'alun et de sel ammoniac, et Ton calcine le mélange jusqu'à ce que le tout ait acquis une belle couleur jaune. Le sulfate et le phosphate argentiqnes procurent aussi cette teinte. Le vert s'obtient avec l'oxyde chromique et l'oxyde cuivrique; cependant ce dernier a besoin d'être fonda avec une poudre d'émail moins fusible, sans quoi il coule. Le cobalt donne du SUu^ et le manganèse du ifioiet. Toutes ces couleurs sont mêlées avec de Témail en poudre. Les oxydes uraneux, ferrique et coballique donnent du noir, ou plutôt il résulte des deux premiers uu \eil, vi de l'autre uu bleu si foncé, qu'ils paraissent noirs.
A.CiTAT£ PLOMBIQUB. lOI
fortement siliceuse des balles de riz), consiste en une espèce de Terre formée, d après Klaproth^ de4i parties d'oxyde plombique,
39 parties d acide silicique et 7 parties d'alumine.
Formate plombique , Pb F. Il se dissout dans 36 parties d'eau froide et dans beaucoup moins d*eau bouillante. Par le refroidissement, il cristallise en longs prismes brillants. Ce sel a besoin de subir plusieurs cristallisations pour être bien blanc. Il ne contient point d'eau combinée , et pétille fortement quand on le chauffe.
Acétates plomhiques. a. Acétate neutre^ Pb Ac. On le prépare en ^nd sous le nom de euere de saturne. Il existe deux méthodes pour Tobtenir : 1^ on place du plomb en lames minces dans des Tases plats, qu'on remplit de vinaigre distillé, avec la précaution qu'une portion de chaque petit morceau de plomb s'élève au-dessus du vinaigre. Le plomb qui se trouve à la surface de la liqueur étant corrodé , on le tourne de manière à mettre une nouvelle partie en contact avec l'air ; et quand le vinaigre est saturé d'oxyde plombique , on l'évaporé jusqu'au point de cristallisation. Cette opération marche lentement; mais elle a l'avantage de ne donner que du sel neutre, a** On dissout de l'oxyde plombique ( litharge) dans du vinaigre distillé , ou dans du vinaigre de bois purifié, jusqu'à ce que le vinaigre soit saturé; on obtient ainsi une dissolution de soussel, qu'on mêle avec deux parties de vinaigre distillé ou de vinaigre de bois purifié, ou bien avec une quantité de vinaigre suffisante pour donner à la liqueur la propriété de rougir le papier de tournesol, après quoi on l'évaporé jusqu'au point de cristallisation. Par un refroidissement rapide , le sel plombique cristallise en aiguilles; par un refroidissement lent, il cristallise en gros prismes quadrilatères aplatis. Il a une saveur d abord sucrée, puis astringente, et se dissout dans l'eau et dans l'alcool. A une température d'environ +67*, il entre en fusion, et fond dans son eau de cristallisation. A l'air sec il s'eflfleurit, et, après quelque temps, il est en partie décomposé par l'acide carbonique de l'air, circonstance dans laquelle il se dégage de l'acide acétique. Placé dans le vide au-dessus d'une capsule contenant de l'acide sulfurique, il se réduit en poudre et perd totalement son eau de cristallisation, qui selève à i4|pour 100 du poids du sel ou à 3 atomes; on peut l'éliminer, d'après la méthode indiquée 1. 1, p. 663, sans décomposer le sel.
Lorsqu'on dissout l'acétate plombique anhydre dans l'alcool
iO^ ACETATE SESQUIPLOMBIQUE.
bouillant, de o,833 poids spécifique, ou lacéuite hydraté dans lai« cool anhydre jusqu'à saturation , on voit le sel se déposer, par
refroidissement^ à letat anhydre, en tables hexagonales.
6. jicétaté sesquiplombique^ aPb Ac-4-Pb. Cest un sel très-soluble dans Teau, et sa solution porte en général le nom de sucre ds plomb. Sa composition eicacte a été déterminée par Payen, Le meilleur moyen de l'obtenir consiste à faire digérer loo parties de sucre de plomb cristallisé ( a atomes ) et 29 ^ parties (i atome) de litharge pulvérisée dans de Teau exempte d'acide carbonique. Lorsqu'on évapore la solution jusqu'à consistance sirupeuse, et qu'on la laisse reposer quelques jours dans un endroit frais , on voit une partie du sel se déposer en paillettes nacrées , en tables hexagonales ou sôus forme d'une masse mamelonnée. La partie cristallisée renferme a atomes d'eau. En continuant à évaporer la solution à chaud , on n'obtient pas de cristaux, mais une matière tenace, transparente, qui ne perd son eau que par une application prolongée de la chaleur, en même temps qu'elle devient blanche et compacte; elle peut être fondue, sans être décomposée, à la température de sa fusion. Ce sel peut, suivant JFœhler^ être préparé en chauffant lentement le sucre de plomb anhydre jusqu'à ce que la température soit élevée à + aSo" , et qu'il soit fondu. Un tiers de l'acide acétique se change ensuite en i atome d'acide carbonique et i atome d'acétone (G^ H^ O); ce dernier peut être obtenu condensé quand on fait l'expérience dans une cornue« Pendant cette opération, le sel se gonfle, et, après que ledégag^ ment de ces produits volatils a complètement cessé , il reste une masse blanche poreuse, qui renferme d'ordinaire un faible mélange de carbonate plombique.
100 parties d^eau dissolvent 181 parties d'acétate sesquiplombi' que , en formant une masse extractiforme, connue dans les pharmacies sous le nom (ïextractum saturninum. Le sel anhydre se dissout aussi y d'après Payen , dans de l'alcool très-concentré. Mais cette dissolution, lorsqu'on y ajoute de l'eau, se décompose en acétate bibasique qui se précipite, et en acétate neutre qui reste en solution.
Ce qu'on connaît dans les officines sous le nom de vinaigre de plomb, est principalement constitué par ce sel, plus ou moins mélangé avec une solution du sel suivant, parce que les pharmacopées prescrivent ordinairement des quantités inégales d'oxjde
SULPOFOtlMIATE PLOMBIQUE. lo3
ploflibiqiie et de sucre de plomb , le plus communément i partie du premier pour a parties du second. Une solution étendue de ce sel , mêlée d'un peu d esprit-de-vin , s'appelle eau saturnine ou eau de Goulard, Lorsqu'on la prépare en dissolvant Xextracium satumînum dans l'eau, le liquide devient ordinairement trouble et laiteux. Ceci peut tenir à deux causes : ou l'eau employée contient de l'acide carbonique et des sels qui précipitent en partie l'oxyde plombique , ou la solution saline concentrée renferme un sel surbasique qui se décompose par la dilution, en même temps
qu'il se dépose de i'hjdrate plombique*
c. Acétate biplombique ^ Pb' Ac = Pb Ac -f- aPb. On peut l'obtenir de plusieurs manières, en précipitant par l'alcool, soit la so« lotion du sel précédent, soit la solution de l'acétate neutre, mêlée arec assez d'ammoniaque pour qu'il n'y en ait pas en excès ; il présente l'aspect d'une matière caséiforme, qu'on lave à l'alcool^ qu'on dessèche et qu'on conserve à l'abri du contact de l'acide carbonique. C'est une masse blanche, terreuse, qui exige lo parties d'eau froide pour se dissoudre. Quand on chauffe cette solu* tien jusqu'à l'ébullition et qu'on la mêle d'alcool chaud, le sel se dépose, par le refroidissement, en cristaux microscopiques, prismatiques , contenant i atome d'eau.
d. Acétate pentaplombiquey Pb*' Ac ==Pb Ac -f- 5Pb. On l'obtient
en mêlant le sel précédent avec une quantité d'oxyde plombique en poudre fine, plus grande que celle qu'il peut dissoudre. L'oxyde plombique se transforme alors en une poudre blanche, volumineuse , et la liqueur perd la plus grande partie du plomb qu'elle contient ; la saveur sucrée disparaît et se trouve remplacée par une saveur purement astringente. Ce sel est très-peu soluble dans l'eau; il s'y dissout cependant à l'aide de l'ébullition, et cristallise , par le refroidissement de la liqueur , en cristaux incolores , satinés, penniformes. On obtient ce même sel en précipitant par l'ammoniaque une dissolution du sel précédent. Il contient un peu d'eau, qu'il abandonne en prenant une légère teinte rougeàtre, quand on le sèche dans le vide au-dessus d'un vase contenant
de l'acide sulfurique.
• • • • Suif oformiate plombique (suifsLcétikte plombique, Melsens)^ Pb S
Fo. On l'obtient en saturant l'acide sulfoformique par le carbonate plombique« 11 cristallise en partie en aiguilles transparentes ^
Io4 SUGGINATE PLOMBIQUE.
eil partie en cristaux mamelonnés opaques. 11 ccmtieut i atome
d*eau de cristallisation, qui s*en Ta à+ I3o^ Il se décompose
entre + aïo** et -4- aao".
Tartrate plombique , Pb Tr. C'est une poudre cristalline , insoluble dans leau. Il renferme , d'après JVerther^ *a atomes ou 9,181 pour cent d'eau. Par la calcination , il se décompose en acide car« bonique, en eau, en huile de tartre, et en carbure plombique qui reste dans la cornue. Si la chaleur n'est pas trop forte , la masse qui reste dans la cornue s'enflamme dès qu elle arrive au contact de l'air. Suivant Bbttger^ on obtient un excellent pyrophore en broyant ensemble 4 pstrties d'acide tartrique bien desséché et I \ partie de suroxyde plombique, Pb^ et chauffant doucement le mélange dans un flacon sur le bain de sable, jusqu'à ce que la masse cesse de se boursoufler; on ferme ensuite le flacon avec un bouchon de craie ou de talc, et on calcine tant que la masse continue de fumer. Après le refroidissement dans le flacon , ce pyrophore s'enflamme à l'air ^ même à plusieurs degrés au-dessous de o^
Quand on dissout le tartrate plombique dans la potasse caustique, et qu'on précipite la solution par lalcool , il se sépare une masse blanche, gluante, qui ne tarde pas à se convertir en une poudre cristalline , qui n'a pas encore été analysée.
Tartrate plombique ai^ec f acide tartrique anhydre ( tartralate de
plomb, Frémy) , 3Pb Tr + ïra On l'obtient en versant goutte à goutte une solution d'acide tartrique anhydre dans une solution de nitrate ou d'acétate plombique : le sel se précipite sous forme d'une poudre blanche,, qu'on lave plusieurs fois à leau froide; puis on la presse et on la dessèche. Si elle reste longtemps humide, par exemple 10 à la heures, l'acide anhydre qui s y trouve s'hydrate; use dissout alors dans leau, et se sépare du sel plombiquca
Tartrate plombico-potassique. Il forme un sel insoluble, qui n'est décomposé, selon Thenard^ ni par lacide sulfiurique ni par les carbonates alcalins.
Succinate plombique^ PbS. 11 se précipite sous forme dune poudre blanche. Il ne contient point d'eau. L*acide succinique ne précipite ni le nitrate ni le chlorure plombiques , mais il précipite l'acétate.
CYAmSIŒNATR PLOMBIQUE. Io5
Lesuceiiiatôsesquiplombique^ 2Pb Sc+ Pb, s'obtient , d'après Vipping^ en mêlant une solution chaude de sousacétate plombique avec une solution, également chaude, de bisuccinate sodiqne : Je sel se dépose, sur les parois et le fond du vase, sous forme d'une masse emplastique qui se laisse pétrir pendant qu elle est chaude \ par le refroidissement ^ elle durcit de manière à pou- Toir être réduite en poudre après une dessiccation ultérieure. Elle
est insoluble dans l'eau aussi bien que dans l'alcool. Le succinate
hiplombique^ Pb Sc+^Pb, s'obtient en traitant les deux sels précédents par Tammoniaque. C'est une poudre blanche^ insoluble,
qui ne contient pas d*eau.
Sulfosuccinateplombique^ aPb S + Pb C^H* 0\ En traitant une solution d*acétate plombique par l'acide sulfosuccinique, il se précipite sous forme d'une poudre blanche, insoluble dans lacide acétique devenu libre. Il renferme 3 atomes d'eau, qui s*en vont à + Ioo^ Il est soluble dans les acides nitrique, chlorhydrique et acétique, dont une partie a été saturée par l'ammoniaque.
Sulfosuccinate sous-plombique ^ 2PbS + Pb' C»H*0\ C'est un précipité blanc qui se produit quand on mêle de l'acétate plombique avec du sulfosuccinate ammonique. Il contient 4 atomes d'eau , qui s'en vont à + loo".
Cjranate plombîque^ Pb€y. On l'obtient en précipitant l'acétate plombique par une solution alcoolique de cyanate potassique. Le précipité se présente sous forme d'une poudre composée d'aiguilles délices, et se dissout en petite quantité dans l'eau bouillante. En versant de la potasse caustique sur ce sel, on obtient une poudre jaune- rougeâtre, qui, chauffée en vases clos, entre en fusion, devient rouge, et donne, après le refroidissement, une poudre verte dont les propriétés n'ont pas été étudiées.
Zinco-fulminate plombique , Pb -f- ( C* N» O^ 4- Zn N) ? D'après E. Davy-y il se forme lorsqu'on mêle une dissolution de fulminate zindque avec une dissolution de nitrate plombique. Si les dissolutions sont chaudes , le sel se dépose sous la forme d'une poudre cristalline. II détone comme le sel argen tique.
Cjranurénate { cjSLïiurate ) plombique» Il se produit, d'après WœhUr^ quand on verse une solution d'acide cyanurique, saturée à la température de l'ébullition , dans une solution de sousacétate plombique. 11 se passe quelque temps avant que le préci-
!06 SÉLÉWITE PLOMBÏQtlK.
pité se aoît complètement déposé. On peut aussî l'obtenir en faisant bouillir du carbonate plombique longtemps dans une solu-^ tion d'acide cyanurique en excès. Vu en masse, il est jaunâtre. Sous le microscope , et à Tétat pulvérulent , il présente Taspect de prismes translucides, obliquement tronqués au sommet, qui sont unis entre eux tantôt hémîtropiquement, tantôt sous forme de fougère. A -f-a4o% il perd 3,96 pour cent d'eau ^ mais, avant que celle-ci soit éliminée , le sel commence à se décomposer. En conséquence de ses théories sur la nature de l'acide cyanurique, Liebig assigne à ce sel la formule Pb'€y^O' + aH, qui exprime i équivalent d*hydrogène et i atome d'oxygène de tnoins que si Vacide était =C*H^K®0*; il considère Teau que le sel perd à + 240**, où il commence à se décomposer , comme de Teau de cristallisation, et les a atomes d'eau restants comme de l'eau dont rélimination entraînerait la destruction totale du sel. En considérant le précipité avant l'application de la chaleur, on peut en représenter la composition par PbC*H*N*0*.
Eiickronate plombique j Pb C**H"N'0\ On l'obtient, suivant JVœhler^ en mêlant une solution bouillante d'acide euchronique avec une solution chaude et étendue d'acétate plombique. L'euchronate plombique se dépose, par le refroidissement, en cristaux jaunes microscopiques, qui donnent une poudre d'un jaune vif. Il est anhydre.
Séléniate plombique ^ Pb Se. Il est blanc, pulvérulent, et insoluble dans l'eau.
• •• Sélénite plombique ^ Pb Se. Ce sel forme une poudre blanche et
pesante, qui gagne promptement le fond du vase; il prend naissance quand on mêle l'acide sélénieux avec un sel plombique dissous; l'acide sélénieux enlève de l'oxyde plombique tant au nitrate qu'au chlorure plombiques. Le sélénite plombique est légèrement soluble dans l'eau ; mais il ne se dissout pas dans un excès d'acide, et il ne forme point de sursel. Il entre en fusion, de même que le chlorure plombique , mais à une température plus élevée. La masse fondue est jaunâtre et transparente, mais elle redevient blanche et opaque par le refroidissement. Au rouge blanc, le sel entre en ébullition , et donne un sublimé d acide sélénieux ; au bout de quelque temps , l'ébullition s'arrête. Il s'est alors formé un soiissel,qui est demi- transparent après le refroidissement, et dont
CHLORURE ET SOUSARflillf ATS PtiOMBIQUES. lO^
lacassnre eatà gros cristaux. Ce set ne peut pas être obtenu en faisant agir lammoniaque sur le sel neutre.
Tellnrate p/onibique. Uacide tellurique et l'oxyde ploinbiquc forment ensemble plusieurs sels à différents degrés de saturation, qui s obtiennent tous au moyen de la précipitation. Le sel neutre^ PbTe, est un précipité blanc, peu soluble dans leau. Les bi et quor dritellurates plombiques sont précipités, mais ils se redissoWent en ^nde quantité pendant qu'on les lave. Le quadritellurate est dis« sous, en très-petite quantité, par Tacide acétique, après Févaporation duquel il reste sous la forme d'une terre blanche. Quand on le fait chauffer , il n'est pas altéré comme les sels jaunes des alcalis, et il se dissout encore dans l'acide nitrique étendu, même après avoir éprouvé l'action d'une forte chaleur. Tant qu'il est chaud, il a une couleur jaune, mais il reprend sa blancheur en refroidissant. On obtient un souslellurate en précipitant le tellurate potassique au moyen de l'acétate plombique. 11 est blanc, volumineux, difficile à laver, et presque insoluble dans l'eau.
Tellurite plombique^ t^b Te. Il est blanc et volumineux. Le soussel précipité par l'acétate plombîque est volumineux, demitransparent , difficile à filtrer, et presque insoluble.
Arséniate plombique j Pb* As. Il forme une poudre blanche, insoluble dans Teau, soluble dans les acides nitrique et chlorhydrique. Au rouge blanc, il se fond en un verre opaque, jaunâtre. En traitant le sel neutre par l'ammoniaque caustique, on obtient un soussel pulvérulent, bl^c, qui est également insoluble dans l'eau , et dans lequel l'acide est combiné avec une fois et de-
mie autant de base que dans le sel neutre, r=:Pb' A. L*aiBnité de l'acide arsénique pour l'oxyde plombique est si grande, que, quand on mêle un arséniate neutre avec de l'acétate plombique , il se forme un précipité de sousarséniate plombique, tandis qu'il reste
de l'acide acétique libre dans la liqueur.
Chlorure et sousarséniate plombiquesç=:Vh GtX-^ZÇh^ ^s. On le
trouve dans la nature, sous la forme de prismes hexagonaux ou de doubles pyramides hexagonales, à sommets fortement tronqués. Ce minéral est jaune. Il a même forme et même composition que le phosphate correspondant. Traité au chalumeau, sur le charbon , \\ se réduit avec violence en phosphure de plomb. Souvent il contient un peu d'acide phosphoriqiie.
ïo8 ANTIMOKIàTE PLOMBIQUE.
Arsénite plombique. On connaît à ce sel deux degrés de satura-
tion. lu arsénite neutre^ PbÂs, s'obtient en précipitant larsénile ammonique par lacétate plombique neutre. Le sousarsemte^ Pb'As, se forme quand on opère la précipitation à Taide du sousacétate plombique. Ces deux sels sont blancs et pulvérulents, contiennent de Teau combinée, et se fondent, par l'action de la chaleur, en un verre jaunâtre, qui est fortement idiôélectrique.
• ■ Antimoniate plombique^ PbSb. C est un précipité blanc, caséiforme, complètement insoluble dans l'eau. Soumis à l'action de la chaleur, il perd de l'eau et jaunit, sans se fondre; chauffé sur du charbon au chalumeau, il est réduit avec une légère détonation, et donne de lantimoniure de plomb. Les acides ledéconiposent incomplètement, lors même qu'il est à letat de précipité récent. Le même sel se produit lorsqu'on traite l'antimoniure de
plomb par l'acide nitrique, bien que cet acide ne convertisse que
I antimome en oxyde antimonique. Brunnera constaté par des expériences analytiques que le jaune de Naples n'est autre chose que de lantimoniate plombique. On l'obtient surtout très-beau quand on le prépare avec des matières exemptes de métaux étrangers. Ce chimiste le prépare en mêlant intimement i partie de tartrate potassico-antimonique, purifié par des cristallisations répétées, avec 2 parties de nitrate plombique exempt de fer et de cuivre; il y ajoute ensuite 4 parties de sel marin, et forme ainsi un mélange exact et homogène. On calcine doucement ce mélange, pendant deux heures, dans un creuset de Hesse, jusqu'à ce que la masse entre en fusion. Une chaleur trop forte donne un mauvais produit. Après le refroidissement , la masse se détache facilement, lorsqu'on frappe extérieurement sur le creuset renversé. La courbe supérieure est du sel marin fondu. Ce sel a été ajouté dans le but d'éviter une action réductive trop violente du charbon de l'acide tartrique. On broie ensuite la masse, et on l'épuisé par leau, pour enlever le sel marin. Le jaune de Naples qui reste présente des teintes différentes suivant la température inégale qui a été employée pendant la préparation ; mais sa couleur est toujours belle. Des caractères d'imprimerie broyés et calcinés avec I l partie de nitre et 3 parties de sel marin donnent aussi un produit dont on peut faire usage, mais qui est d'une qualité inférieure. La beauté de la couleur repose sans doute sur un
CHROMATE PLOMBIQUE. lOQ
certain degré de saturation qu'on n'a pas encore déterminé. Le composé en question est un sousselj c'est ce qui résulte des proportions employées ; et le degré de saturation possédant la couleur la plus belle peut être gâté par le mélange d'un autre degré de saturation , lors même qu'on se sert des matières les plus
pures.
Chromates plombîques. a. Chromate neutre, Pb Cr. On le trouve à l'état cristallisé dans le règne minéral; les minéralogistes lui ont donné le nom Ae plomb rouge. Il est d*un rouge de feu brillant , et les cristaux ont un pouvoir réfringent plus grand que la plupart des autres corps. Par des voies artificielles^ on obtient ce sel en précipitant le nitrate plombique par le Chromate potassique \ il forme alors une poudre d'une belle couleur jaune foncée, dont la nuance est plus ou moins foncée, suivant que la liqueur d'où on le précipite est plus ou moins saturée. Quand elle contient un excès d'acide, le précipité est d'un jaune citron; il est d'un jaune orange quand elle est neutre, et d'un jaune rouge ou d^un rouge de cinabre quand elle contient un excès d'alcali. La nuance varie aussi, suivant que la précipitation s'est faite à froid ou à chaud ; cependant la couleur plus foncée que le sel prend quand on opère à chaud disparaît presque toujours pendant le refroidissement de la liqueur. D'après l'indication de Uebig^ une méthode économique pour préparer cette couleur consiste à prendre le sulfate plombique humide (tel qu'on l'obtient en grande quantité et comme produit secondaire, la plupart du temps sans usage, dans les teintureries), et à le faire digérer avec une dissolution de Chromate potassique; il se forme alors du sulfate potassique. »< Le Chromate plombique est peu soluble dans les acides, et se dé* compose facilement quand on le traite à l'état de poudre, par un mélange d'acide chlorhydrique et d'alcool ; il se dégage alors cle réther chlorhydrique, et il se forme du chlorure chromique qui se dissout, tandis qu'il reste du chlorure plombique en non-dissolution. Le Chromate plombiquj est totalement dissous par la potasse caustique. La belle couleur de ce sel l'a fait employer en peinture, et sous ce rapport il mérite la préférence sur toutes les autres couleurs minérales jaunes. On le connaît dans le commerce »ous le nom de jaune de chrome, et on en trouve de différentes nuances. Il est tantôt pur, tantôt niélé de beaucoup de gypse, qui ne diminue pas beaucoup, l'intensité de la nuance. On trouve
HO CHROMATE SOUSPLOMBIQUE.
dans le commerce, sous le nom de cinabre vert y une couleur verte que l'on obtient en mêlant du bleu de Prusse et du Chromate plombique, tous deux récemment précipités et encore humides, et faisant sécher le mélange. On a aussi essayé de teindre des étoffes en jaune, en les imprégnant d*un sel plombique et les trempant ensuite dans une dissohition de Chromate potassique. La couleur supporte assez bien Taction des acides , mais elle est décomposée par les alcalis et par le savon; cependant elle résiste mieux à l'action de ce dernier, si, avant de passer Tétoffe dans la dissolution de Chromate , on fixe le sel plombique en trempant rétoffe dans une dissolution d'hypochlorite calcique, mêlé avec
un excès de chaux.
b. Chromate sousplombi'quey Pb'Cr. On l'obtient en faisant bouillir le Chromate plombique, récemment précipité, avec un excès de * Chromate potassique neutre, cas dans lequel ce dernier enlève au sel plombique la moitié de son acide et passe à l'état de bichromate. On l'obtient aussi en faisant digérer trois parties de sel neutre avec deux parties d*oxyde plombique trituré et soumis à la lévigation, ou bien en traitant le sel neutre par une dissolution très-taible d'alcali caustique , ou en versant du nitrate plombique dans une dissolution de Chromate potassique , mêlée à un excès d'alcali caustique. Le précipité est d une belle couleur rouge de cinabre. Suivant Anthon , on obtient aussi ce sel en faisant bouillir, pendant une heure et demie, a atomes de Chromate plombique avec I atome d'hydrate calcique : la moitié de Tacide s'unit à la chaux pour former un sel soluble. Lieblg et ff^oehler ont indiqué une méthode pour préparer, par la voie sèche, un s^schromate plombique d'une couleur tellement vive, qull peut remplacer le cinabre en peinture. Ces chimistes prescrivent d'introduire peu à peu du Chromate plombique neutre et très-pur dans du nitre en fusion à une température rouge peu intense« Une partie de l'acide chromique se porte alors sur la potasse, et Tacide nitrique se dégage avec effervescence. La masse devient noire, parce que le soussel produit est noir à cette température« On interrompt l'opération avant que tout le nitre soit décomposé,* on JaLsse le soussel formé gagner le fond , on décante la masse saline fondue, on laisse refroidir le résidu, et on lessive avec des proportions d'eau qu'on doit renouveler rapidement. Le soussel reste alors sous la forme d une poudre d'un rouge de cinabre ma-