‹ Traité de chimie organique (volume 2)Chapitre 19 sur 80 · Ne Te · texte numérisé non relu

Ne Te

Ces nombres correspondent à :

68 at. de carbone 5197,6 — 84,92 132 at. d'hydrogène 823,6 — 13,45 1 at. d’oxigene 100,0 — 1,63

Cette Combinaison peut également être représentée par 3R-+O (R étant Ca His).

Le corps huileux qui, dans les expériences de REDTENBACHER, est resté dans l’éther après la cristallisation de la margarone, a donné à l'analyse 85,15 carbone , et 14,08 à 14,18 hydrogène (perte 0,77).

Le rapport des équivalents de carbone et d'hydrogène y est sensiblement comme 1 : 1. La perte provient nécessairement de la présence dans la matière d’une petite quantité de margarone.

ACIDES PRODUITS PAR L'ACTION DE L'ACIDE NITRIQUE SUR L’ACIDE MARGARIQUE ET L’ACIDE STEARIQUE.

Lorsqu’on chauffe de l’acide stéarique avec son volume d’acide nitrique de 3% B., il se produit des composés qui diffèrent suivant la durée de l’action. Au commencement, dès que le mélange se met à bouillir, on remarque un dégagement abondant de deutoxide d’azote et d’aciée hyponitrique. Si on laisse ensuite refroidir la masse, l’acide stéarique s’en sépare sans paraître avoir été altéré ; l'acide nitrique ne renferme aucune substance étrangère en quantité déterminable, et l'acide gras surnageant est solide et cristallin. Toutefois, le point de fusion de ce dernier acide se trouve alors bien moins élevé que celui de l’acide stéarique. Lorsqu’on fait fondre ce nouvel acide dans l’eau, à plusieurs reprises, qu’on l’exprime convenablement entre du papier buvard, et qu’on le fait cristalliser ensuite dans l'alcool, il présente tous les caractères de l'acide margarique. Il entre en fusion à 60° et sa

composition, ainsi que celle de son sel d'argent, est absolument identique avec celle de ce dernier acide.

Par l’action prolongée de l'acide nitrique sur l'acide stéarique ou sur l'acide margarique, la matière grasse se dissout peu à peu

d'une manière complète, surtout si l’on renouvelle de temps à autre l'acide nitrique. La dissolution renferme alors de l’acide suberique, de l'acide succinique et un corps oléagineux soluble dans l'acide nitrique.

Acide subérique.

Formule de l'acide anhydre : C, H,, O;. Symb. : Su. Formule de l’acide cristallisé : C, H,, O, + aq. Symb. : Su + aq. (Bussy, BOUSSINGAULT, LAURENT, BROMEIS).

Cet acide a été obtenu pour la première fois par BRUGNATELLE au moyen du liege et de l’acide nitrique. LAURENT l’a découvert dans les produits de action de l'acide nitrique sur l'acide oléique et sur l'huile d'olive, et Bromzıs dans ceux de l’acide nitrique sur l'acide stéarique et l'acide margarique.

Pour le préparer, on évapore jusqu’à moitié {a dissolution nitrique de l'acide stéarique ou margarique, et l’on abandonne le liquide au repos ; au bout de 24 heures, il se prénd en une masse semi-solide, que l’on jette sur un entonnoir pour la laver à l’eau froide. Elle donne de l'acide subérique pur si on l’exprime et qu’on la fasse cristalliser à plusieurs reprises. |

On peut également obtenir l’acide subérique, parlememe procédé, au moyen du liege et de l’épiderme de plusieurs arbres, tels que le bouleau, le cerisier, le prunier, etc.; toutefois, le produit ainsi préparé est jaunätre et moins pur. Il faut alors le purifier à l’aide du charbon, ou, mieux encore, en le soumettant à la distillation. #

Une solution aqueuse d’acide subérique, saturée à chaud, se prend en une bouillie composée de petits cristaux grenus qui se dessèchent en une poudre poreuse d’un blanc éclatant.

Une solution de ce même acide dans l’acide nitrique étendu le dépose à l’état de grains durs et réguliers.

Lorsqu'on chauffe l'acide subérique, encore humide et cristallin, il fond entre 50 et 54 (CHEVREUL, BROMEIS), mais le point de fusion s'élève à mesure que l’eau se dégage. Quand il a été séché à l’air ou dans le vide, l'acide subérique fond entre 118 ét 190°. A une température plus élevée, il distille sans altération et passe à l'état de gouttelettes qui se concrètent en aiguilles allongées.

+ L'acide subérique est peu soluble dans l’eau froide ; il se dissout dans 1,87 parties d’eau bouillante et dans 0,87 d’alcool bouillant ; de même, il se dissout dans 10 parties d’éther froid et dans 6 parties d’ether bouillant. Il est également soluble dans les huiles grasses et les huiles volatiles.

Subérates.

L'eau d’hydrate de l’acide subérique est remplacée dans les subérates par 1 équivalent d’oxide métallique.

Subérate d'oxide d'éthyle. — Su, Ae O (LAURENT, BROMEIS). On l’obtient, d’une manière très simple, en saturant par du gaz hydrochlorique une solution d'acide suberique dans l'alcool chaud ; l’éther se sépare alors peu à peu à la surface du mélange. On le traite par l’eau bouillante pour enlever l'acide et l’éther hydrochloriques, et on le dessèche enfin sur du chlorure de calcium (BROMEIS).

Cette combinaison peut également s’obtenir à laide d’un mélange d'acide subérique, d’acide sulfurique et d'alcool (Lau- RENT).

L’éther subérique est incolore, très fluide, oléagineux, et possède une densité de 1,003 ; son odeur est faible, sa saveur est rance et désagréable. Il se mêle en toutes proportions avec l’éther et l'alcool ; il bout à 260° et distille sans altération.

Il est décomposé par l'acide nitrique, l'acide sulfurique et la potasse caustique dissoute dans l'alcool ; l’acide at est alors mis en liberté sans s’altérer lui-même.

Le chlore décompose l’éther subérique; le nouveau produit renferme 1 équivalent de chlore à la place de 1 équivalent d’hydrogène (LAURENT).

Subérate d’oxide de méthyle. — Su, Me O (LAURENT). La pré- paration et les propriétés de ce corps sont les mêmes que celles de l’éther subérique.

Les sels que l'acide subérique forme avec les bases alcalines sont solubles dans l’eau.

Subérate d'ammoniaque. — La solution de ce sel n’occasionne aucun précipité dans les dissolutions de chlorure de baryum, de chlorure de strontium et de chlorure de calcium ; une

addition d'alcool produit dans ces mélanges un précipité de suberate de baryte, de strontiane ou de chaux, précipité qui est diaphane à l’état récent (LauRENT, BROMEIS).

Les acides minéraux précipitent l'acide subérique de ces sels, lorsque les solutions salines sont concentrées.

Subérate d'argent. — Su, Ag O. Poudre blanche et insoluble.

Suberate de plomb. — L’oxide de plomb forme, avec l'acide subérique, un sel neutre et un sel basique Su, 3 Pb O (Bro- MEIS).

Décomposition des subérates par la distillation sèche. — Lorsqu'on soumet à la distillation sèche du subérate de chaux avec un excès de chaux, on obtient, entre autres produits, plusieurs corps huileux qui, chauffés à 186°, donnent un liquide qui ne distille qu’à cette température. Ce liquide est incolore à l’état pur et conserve encore son état à — 12° C ; il possède une forte odeur aromatique. Il attire l’oxigène de l'air et se concrète alors en un corps cristallin qui est de l'acide subérique. L’acide nitrique lui fait subir la même transformation.

BOUSSINGAULT, qui a découvert ce corps, exprime sa composition par C, H,, O, formule qui vient d’être confirmée-par TıLLey et qui Ba ere exactement avec la densité de sa vapeur ; l'acide subérique eristallise renferme les mêmes éléments, plus 3 atomes d’oxigene. On ne sait pas encore, :’une manière certaine , s’il faut considérer ce nouveau corps. comme ’oxide ou comme l’hydrure d'un nouveau radical. Boussin-- GAULT le compare à l’hydrure de benzoile ; mais il.est:à remarquer que la formule qui correspondrait à une composition pareille, exige 10,945 pour cent d'hydrogène, tandis que l'analyse u’en a donné que 10,8 pour cent. Il serait fort possible que le nouveau corps eût une composition analogue à celle. de Kaxide d’acetyle anhydre.

Acide succinique.

Formule de l'acide anhydre : C, H, O,. Symb: : $:

Formule de l’acide sublimé : 2 C, H, OQ,+H,0. Symb.:

2S + aq; Formule de l’hydrate : C, H, O: + H, O.Symb. : 5 + aq

Get acide, déjà connu au xvie siècle, se trouve tout formé dans le succin ou ambre jaune. Il se produit également par l’action de l'acide nitrique sur l’acide stéarique ou margarique.

En traitant une essence de cumin, vieille et bien acide, par de l’oxide de plomb et décomposant le sel produit, CHEVALIER a obtenu:un acide volatil, fort soluble dans l’eau, et qu’il considere comme de: l'acide succinique (Journal de chimie médicale, janvier 1828).

L’acide succinique se rencontre également, suivant UNVER- DORBEN, LECANU et SERBAT, dans la résine de quelques conifères.

Pour l’extraire de l’ambre jaune, on soumet celui-ci à la distillation, et après en avoir séparé, à l’aide d'un filtre mouillé, les huiles empyreumatiques, on évapore à cristallisation le liquide aqueux. On purifie le produit par de nouvelles cristallisations.

On peut également faire usage du charbon ou du chlore gazeux pour décolorer la solution de l’acide succiuique, ou bien encore on peut préparer un sel de plomb et décomposer celui-ci par l'hydrogène sulfuré ; le sulfure de plomb qui se produit alors, agit comme décolorant.

L’eau-mere que l’on obtient dans. la préparation de l’acide subérique au moyen d’un mélangé d’acide stéarique ou margarique et d’acide nitrique, reaferme de l’acide suceinique souillé d’acide subérique. On y réunit les eaux de lavage de l'acide subérique et on évapore le tout à cristallisation; on déssèche le produit et on le traite par de l’éther, à froid; ce liquide dissout aisément l'acide subérique, tandis qu’il laisse en grande partie l'acide suceinique. Par la Sublimation ce dernier s'obtient alors parfaitement pur.

L’acide suceinique cristallise en tablettes ou en prismes à trois pans ou rectangulaires et terminés par des faces octaédriques. Les cristaux sont incolores, sans odeur, et ont une densité de 1,50; ils possèdent une saveur quelque peu àcre et se volati- lisent sans altération. Ä

Lorsqu'on le sublime à une douce chaleur, il cristallise en aiguilles d’un blanc de neige, et contenant 2 équivalents d'acide anbydre pour 1 équivalent d’eau. Onlobtient anhydre en le dis-

tillant à plusieurs reprises et tant qu’il se condense des gouttelettes dans le récipient de la cornue. L’acide anhydre reprend de l’eau quand on le met en contact avec ce liquide.

L’acide succinique hydraté se dissout dans 2 parties d’eau bouillante et dans 5 parties d’eau froide ; il se dissout également dans l’éther et l’alcool. Il fond à 180° et se sublime à 140° en perdant la moitié de son eau ; il bout à 235° (F. DARCET).

L'acide sublimé fond à 160° et bout à 242 ; enfin l’acide anhydre fond à 145° et bout à 250° (F. DarceT). Ce dernier se dissout plus facilement que l’hydrate dans l’alcool et dans l’éther.

L’acide succinique hydraté n’éprouve aucune altération sensible de la part du chlore et de l'acide nitrique. Quand on le chauffe avec un mélange d’acide sulfurique et de peroxide de manganèse, on obtient de l'acide carbonique et un liquide conte: nant probablement de l’acide acétique.

Traité par de la potasse en fusion, il donne de l'acide oxalique.

Lorsqu'on fait passer des vapeurs d’acide sulfurique anhydre sur I’hydrate d’acide succinique, il se produit del’acide sulfurique hydraté et un nouvel acide dont le sel de plomb a pour composition :

CG H,S,0,, +4PbO, et le sel de baryte :

3 BaO H, ©

L’acide qui est contenu dans ces sels, s’est formé de telle manière que, par la combinaison de 2 atomes d’acide sulfurique et de 1 atome d’acide succinique C, H,O,, 1 atome d’eau est devenu éliminable par de l’oxide de plomb.

C, HS 0. + |

Succinates.

La constitution des succinates n’est pas encore parfaitement. éclaircie ; on les considère ordinairement comme étant formés par la substitution d’un équivalent d’oxide métallique à l'équivalent d'eau d’hydrate de l'acide :

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