ét
fer ou de deutoxide de cuivre. Par le refroidissement de la pâte, ces matières se séparent et se rassemblent plus ou moins en divers points, de sorte qu’il en résulte ces marbrures qui carac- E; törisent le Savon parfait. On les imite quelquefois en ajoutant à la pâte du vitriol ou bien un peu de peroxid® de fer.
Pour fabriquer le savon blanc ou savon en table, on liquéfie le savon parfait en le chauffant avec une lessive alcaline eontenant dursel, et on le maintient ainsi dans une chaudière couverte jusqu à ce que toutes les matières colorantes se soient déposées. . Ensuite on puise la pâte et on la laisse refroidir. La séparation des matières étrangères est d'autant plus complète que le savon apris plus d’eau, c'est-à-dire qu’il est devenu plus fluide. Or, puisqu'on ne sépare plus cette eau qui a été ainsi absorbée par le savon, il est clair que le savon blanc, à poids égal, doit avoir moins de valeur que le savon parfait. Le savon blanc renferme en effet 45 à 60 pour cent d’eau, tandis que le savon marbré n’en contient que 25 à 30 pour cent.
La fabrication des savons mous est extrêmement simple. Les huiles siccatives qui servent à cet usage sont maintenues en ébullition avec une lessive de potasse diluée, soit seules, soit après avoir été mélangées avec de l'huile de baleine, du suif ou avec d'autres graisses, jusqu'à ce qu’elles soient transformées en une masse qui se tire en fils longs et parfaitement transparents. TI faut surtout avoir égard au degré de concentration de la lessive; c'est que tous les savons mous sont entièrement insolubles dans une lessive de potasse moyennement concentrée, et seseparent de leur dissolution quand on y ajoute de fortes lessives. Ainsi, lorsqu'on emploie une lessive forte en excès, l’émulsion savonneuse ne devient pas transparente, mais elle reste laiteuse ; et si l’on y ajoute, en cet état, de l’eau, l’'émulsion s ’épaissit et. Meéieht gélatineuse. Lorsqu’au contraire il ya trop peu d’alcali, il se produit de l’oléate de potasse acide, et ce sel s’attache alors en masses gluantes au fond de la chaudière ; l'addition d'un peu de lessive transforme ce sel acide en sel neh. La glycériné ne se sépare pas du savon mou dans les circonstances ordinaires; toutefois, en employant des lessives alcalines un peu fortes, on peut effectuer cette séparation.
Les sayons mous qui se rencontrent dans le commerce possèdent une consistance visqueuse et épaisse, ainsi qu’une couleur verte ou d’un brun-vert. En couches minces, ils ont de la transparence et de l'éclat, et ne sont pas gras au toucher. Ils ont une odeur particulière et Üne réaction alcaline très forte.
Dans plusieurs localités, on ajoute du suif aux huiles avant de les saponifier ; les savons qu'on obtient alors prennent une certaine consistance grenue, par suite d’un mélange de stéarate de potasse qui est cristallin.
CHEVREUL et THENARD ont trouvé dans certains savons mous du commerce 39,2 à 44 parties d’acide oléique et margarique, 8,8 à 9,5 parties de potasse et 46,5 à 52 parties d’eau. Ces savons renferment toujours de la glycérine, et ceux qui ont été préparés avec de l’huite de baleine, du phocénate de potasse qui leur communique une odeur particulière.
Lorsqu'on mélange la solution d’un savon à base d’alcali avec un sel terreux ou métallique, il se produit des précipités blancs ou colorés, dans lesquels l’alcali est remplacé par un vue ter-
reux ou métallique. f
C’est ainsi qu'avec les seis de chaux, de baryte et d’autres encore. il se produit des savons de chaux, de baryte, etc., inso= lubles dans l’eau. Cela rend compte de la formation de cette crême insoluble que le savon produit dans certaines eaux, lorsqu’elles renferment de la chaux ou de la magnésie.
Lorsque la chaux se trouve dissoute dans ces eaux à l’état de bicarbonate, on peut les rendre plus propres à dissoudre le savon, en y ajoutant un peu de potasse caustique ou de lait de chaux: si les eaux renferment du sulfate de chaux ou des sels de magnésie, on peut en séparer les bases terreuses au moyen d’une addition de carbonate alcalin (lessive de cendres ou de soude).
Le savon de soude ne se dissout pas, comme je l’ai déjà dit, dans une solution concentrée de sel marin ; c’est pour cela que ce sel coagule la solution de savon. Les savons de potasse se dissolvent, à froid, dans une dissolution faible de sel marin sans se décomposer ; mais quand on opère à chaud, et surtout par l’eroploi d’une solution saline concentrée, il s'effectue une décomposition : il se produit alors du savon de soude et
du chlorure de potassium, de sorte que le mélange se coagule.
Les savons de chaux, de baryte et de strontiane sont des masses blanches, pulvérulentes, peu fusibles, et insolubles dans l'eau et l'alcool.
Le savon de magnésie, que l’on prépare avec le sulfate de magnésie et le savon ordinaire, est blanc, gras au toucher, fusible à une douce chaleur ; refroidi après avoir été fondu, il est transparent et cassant. Il se dissout dans les huiles grasses et dans l'alcool.
Le savon d’alumine est blanc à l’état sec, assez tendre et flexible, fond par l’&chauffement, et ne se dissout ni dans l’eau, ni dans les huiles, ni dans l’alcoo|.
On peut obtenir un savon de manganese en d&composant une solution d’un protosel de manganèse par une solution de savon, ou bien aussi en chauffant directement du suif ou de P’huile d'olive avec du peroxide de manganèse. Dans ce dernier cas, il se dégage beaucoup d’acide carbonique par suite de la décomposition de la glycérine.
x Le savon de fer et celui de cuivre se préparent avec le savon
ordinaire et une solution de sulfate de protoxide de fer ou de deutoxide de cuivre. Ce sont des corps insolubles dans l’eau; le premier est brunâtre , l’autre a une couleur verte. Ils se dissolvent tous les deux dans l'essence de térébenthine, léther et les huiles grasses.
Le savon de plomb, préparé par le savon ordinaire et un sel de plomb, est blanc, mou, flexible, visqueux à chaud, friable et diaphane par le refroidissement. En chauffant un mélange d'huile d'olive et de litharge, on obtient l'emplâtre diapalme.
Les sels de mercure et d'argent donnent des précipités blancs avec la solution de savon ordinaire.
HUILES GRASSES SICCATIVES.
On les obtient en exprimant tout [simplement, à chaud ou à froid, la graine des plantes qui en contiennent. L'huile qu’on
retire de la graine récemment cueillie est visqueuse et trouble ;
We.
de.
278 FRAITE :
c'est pour cela qu'on laisse ordinairement la graine sans Pex-
Primer pendant deux et inême six mois.
La plupart des huiles siccatives renferment dé petites quantités de graisses solides et cristallisables ; elles ont ordinairement
üne couleur jaune ou brunätre, et possèdent une odeur parti- ‘culière qui varie pour chaque espèce d'huile. Elles sont moins
grasses au toucher que les huiles non siccatives.
La propriété que présentent les huiles siceatives de ’se transformer à l’air dans des corps de la nature des résines ou des verüis est également fort variable. L'huile de lin &t lhuile de noix la possèdent au plus haut degré ; c’est’ce qui rend ces huiles très propres à la confection des etat de peinture et à la
preparation de l’eicre d'imprimerie. Les autres huiles sont em-
ployées comme aliment ou dans l'éclairage.
Lorsqu’on imbibe d'huile de noix, de lin ou de chienevis certaines matières poreuses et combustibles, telles que du papier, des copeaux, des étoffes ou des débris végétaux, dé manière que l'huile présente beaucoup de surface à l’oxigène dé Patmosphere, il en résulté une absorption d’oxigène tellement vivé, qu'il se produit de la chaleur assez forte quelquefois pour enflammer ces matières.
L'huile d’œillet s'emploie dans la peinture pour delaver les couleurs blanches et d'autres couleurs très claires, car elle ne leur prend pas l'éclat; on la blanchit à cet effét en l’exposant au Soleil dans des vases plats et ouverts qui sont rémplis d’ eau Saléé et d'huile par moitiés égales. Quant à l'huile de lin, on ne parvient à la purifier que d’une manière imparfaite, par rappôrt à l'usage auquel on la destine, en l’ en et en la faisant bouillir avec de l’eau salée.
La propriété que possèdent ces huiles ‘d'attirer l'oxigène de l'air et de se dessécher en donnant des vernis solides et brillants peut varier suivant leur état de pureté : ainsi, à l’état où elles se rencontrent dans le commerce, elles renferment ordinairement en dissolution des matières étrangères, telles que du mucilagé, de l’albumine végétale, ete.; ces matier és, en entourant chique ‘particute d'huile, les abr itönt du contact de l'oxigène et empéchent, ou du moins ralentissent l'oxidation de l'huile. Ce-
pendant peu à peu ces matières étrangères s’alterent elles-mêmes par l’action de l’oxigene, et, dès que leur décomposition est arrivee a son terme, l’oxidation de l’huile s’accomplit avec rapidité. C’est ce qui explique l'observation que SAUSSURE a faite sur l'huile de noix : ce savant a en effet remarqué que cette huile n’avait absorbé dans l’espace de huit mois que trois fois son propre volume d’oxigène , tandis que dans les dix jours d’après elle en avait pris soixante fois son volume.
„ L'effet de la litharge qu’on ajoute aux huiles pour qu'elles se dessechent plus vite n’est point dü, comme on l'avait pensé, à Voxigène de cet oxide, ni à une saponification par ce corps; mais la litharge n’agit que d’une manière mécanique en s'emparant des matières étrangères contenues dans les huiles. Ces impuretés se détruisent lorsqu'on maintient les huiles dans une légère ébullition. Ordinairement on y ajoute ?/,, ou !/,, d’oxide de plomb, qui s’y dissout parfaitement et fait en sorte que le Vernis qui se produit par la résinification de l'huile devient plus compacte. Si la dose d’oxide de plomb est trop forte, il y a sapotification ; la glycérine est alors détruite par l'effet de la chaleur et se trouve remplacée par l’oxide de plomb; il se produit ainsi une masse plus ou moins épaisse qui ne se solidifie pas, ou du moins qui ne devient solide qu’au bout d’un temps fort long. Elle renferme, en cet état, un mélange d’oléate et de margarate de plomb.
L'eau, ajoutée au mélange de litharge et d’huile, favorise et accélère la purification de l'huile, c’est-à-dire, la formation du vernis ; toutefois, si la durée du contact de l'huile avec la litharge et l'eau outrepasse un certain temps, il ÿ a encore saponification, et l’eau contient alors de la glycérine.
" Le vernis préparé à chaud a toujours une teinte un peu foncée et ne peut pas être employé pour les peintures claires. On obtient rapidement un vernis excellent et très pur en mé- “Jingeant 500 grammes d’huile avec 15 grammes de litharge bien | “broyée, ajoutant '/,, du volume d’une dissolution d’acétate de plomb basique, et agitant le tout convenablement. Si l’on répète Jagitation de temps en temps, trois ou quatre fois, et qu'on laisse
alors le mélange se clarifier par le repos, on obtient un vernis
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d’une couleur jaune clair, et l’on remarque au fond du vase une dissolution aqueuse d’acétate de plomb tenant en suspension une grande quantité d’un limon blanc, qui renferme de l’oxide de plomb ainsi que les impuretés de l'huile. Le vernis est ordinairement un peu trouble; on le filtre alors à travers du coton, ce qui le clarifie complétement. Il tient en dissolution 3 à 5 pour cent d’oxide de plomb, et se dessèche parfaitement dans un endroit chaud en 24 heures. Quant à la solution aqueuse d’ac6tate de plomb, on en sépare les parties solides à l’aide du filtre; en la faisant digérer alors avec un peu de litharge, on la transforme en acétate basique, de sorte qu’on peut l’employer pour une autre opération. Pour enlever le plomb que le vernis tient dissous, on n’a qu’à l’agiter avec un peu d’acide sulfurique étendu: L’encre des imprimeurs se prépare avec l'huile de lin ou l'huile de noix; on chauffe fortement ces huiles de manière à détruire la glycérine qu’elles renferment; les acides gras s’altèrent en même temps. On opère à feu nu dans des vases de cuivre emplis à moitié ou aux deux tiers; au commen cement, il se dégage des vapeurs d’eau ; à une température plus élevée, l’huile prend une teinte foncée, il s’en dégage du gaz inflammable ainsi que de l'acide carbonique; le mélange peut bien être enflammé, mais il ne continue pas à brüler quand ony a mis le feu. Lorsqu'on chauffe davantage et d’une manière soutenue, l’huile se met en mouvement et écume fortement ; il s’en développe alors des gaz permanents et inflammables, ainsi que des liquides inflammables, sous forme de fumée grise que lon peut allumer et qui brüle avec une flamme très lumineuse. Le vernis est fait lorsqu'une petite quantité de l’huile, placée sur une assiette froide, présente une consistance épaisse et se tire entre les doigts en longs fils. Dans cet état, le vernis, mélangé avec du noir de fumée, se dessèche à l’air avec facilité et promptitude. Si le vernis n’a pas été maintenu assez longtemps en ébullition, l'encre devient trop fluide, le papier s’imbibe alors de parties huileuses, et les caractères s’entourent d’un bord jaune et déteignent. | L’enere des lithographes est encore plus épaisse; on la prépare comme celle qui est destinée à l'imprimerie, seulement on
met le feu aux vapeurs qui se développent, et on laisse brüler la masse jusqu’à ce qu’elle ait la consistance voulue.
Huile de lin. — On l'extrait des semences de Zinum usilatissimum. 100 parties de ces semences donnent 20 à 22 parties d'huile. Elle possède une odeur particulière et une couleur jaunâtre ; elle se solidifie entre — 16° et — 20° en donnant une masse jaune et onctueuse. Sa densité à 12° est de 0,9395. Elle se dissout dans 40 parties d’alcool à froid, dans 5 parties d'alcool bouillant et dans 1,6 parties d’éther.
Lorsqu'on la chauffe jusqu’au point de fusion du plomb et qu’on la laisse refroidir, elle s’épaissit à la longue, même en vases clos, en donnant une masse transparente et gélatineuse. Celle-ci se dissout mieux dans l'alcool que l'huile non bouillie, et conserve longtemps son onctuosité.
Si l’ébullition de l'huile de lin est longtemps prolongée, elle laisse un résidu noir, élastique, semblable au caoutchouc, et insoluble dans l’eau, l'alcool, l’éther, les huiles grasses et les huiles volatiles. Les alcalis ne le saponifient que difficilement en donnant des produits onctueux.
D’après DE SAUSSURE, 100 parties d’ huile de lin renferment 76,01 carbone, 10,57 hydrogène et 12,64 oxigène.
Huile de noix. — Elle s’extrait du fruit de Juglans regia. Obtenue à froid, elle sert quelquefois dans l’économie domestique, car elle est d’un goût assez agréable; celle qui se trouve dans le commerce est jaune, d’une odeur et d’une saveur légèrement rances. Elle se solidifie à — 27° et se comporte comme l'huile de lin.
De SAUSSURE y a trouvé 79,77 carbone, 10,57 hydrogène et 91,12 oxigène.
Huile de chenevis. — On la fabrique surtout en Russie au
… moyen de la graine de chanvre (Cannabis sativa). Elle est jaune, d’une odeur forte et d’une saveur assez douce; elle se solidifie à— 27°. On s’en sert comme aliment, ainsi que pour l'éclairage.
Huile d’eillet. — C’est la plus suave de toutes les huiles siccatives ; elle sert dans l’économie domestique. On l'extrait de la graine de Papaver somniferum. 100 parties de cette graine don-
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nent, sans donna de la chaleur, 30 à 35 parties d’une huile inodore et peu colorée; à chaud, on en retire presque la moitié de son poids. Elle se mêle en toutes proportions avec l’éther,
se dissout dans 25 parties d’alcool froid et daus 6 parties d'alcool bouillant.
Lorsqu’on broie 8 parties d’huile d’eillet avec une partie de
chlorure de chaux, on obtient un mélange épais et savonneux, qui ne se clarifie point par le repos. L'huile d'œillet, bien agitée avec une Soluiion de chlorure de chaux et avec de l’eau, perd sa . fluidité en devenant visqueuse et gluante; ce caractère permet de la distinguer de l'huile d’olive.
Huile de croton. — Cette huile, qu’on extrait des semences de.
Crolon Tiglium, est jaune ou brunätre, d’une odeur forte qui rappelle celle de la résine de jälap, et ne saveur d’abord légèrement rance, puis fort äcre et persistante. Elle se dissout däns l'aicool et renferme une matière volatile, à laquelle elle doit sa vertu purgative.
Pour préparer cette huile, on passe les semences au moulin sans les monder d’abord de leur enveloppe, puis on les renferme - dans une toile de coutil, et on les soumet à la presse entre deux plaques de fer échauffées. On filtre l'huile qui s'est écoulée, après lavoir laissé déposer. Le résidu qu’on “obtient ainsi donne, quand on le chauffe d’abord à 50 ou 60° avec de l'alcool, et qu’on l’exprime une seconde fois, une nouvelle quantité
d'huile dont on sépare l'alcool par la distillation au bain-marie.
C'est par ce procédé que SOUBEIRAN extrait de 1000 parties de semences 146 parties d'huile par la première opération, et 124 autres parties par le traitement à l'alcool.
Les graines de Jatropha multifida et de Jatropha Curcas dore nent des huiles très âcres, comme l'huile de croton; et qu’on emploie aux mêmes usages.
Huile d’epurge. — Les semences députge (Zuphorbia Lathyris) donnent une huile jaunätre et fluide ‚ qui ressemble beaucoup à celle de croton. On l’emploie également comme purgatif; elle est toutefois moins äcre que cette dernière.
Huile de concombre. — On extrait de la graine de toncokiité (Cucurbila Pepo, etc.) une huile: jaune clair, quelqüefois ou
féâtre, assez épaisse, sans odeur, suave et d'une densité de 0,923.
Huile de poisson. — L'huile grasse que fournissent les cétacës possède une odeur particulière, désagréable, et qui est due au phocenate de glycérine. On peut lui enlever cette odeur, en grande partie, en l’agitant avec une solution de sulfate de cuivre et de sel marin, et laissant reposer. ou bién en la passant à travers du charbon, ou bien encore en la traitant par un peu de lait de chaux ou par une lessive.de potasse faible. Davınson prescrit, pour la désinfecter, de la traiter par une décoction d’écorce de chêne, puis de la mélanger convenablement avec une solution de chlorure de chaux, et enfin d'y ajouter un peu d’acide sulfurique étendu; on prend, à cet effet, pour 100 parties d'huile, 4 parties de chlorure de chaux que l’on dissout dans 12 parties d'eau ; le tanhin de l'écorce de chène sert à séparer les matières gélatineusés. Quand l’huile se trouve mélangée avec le chlorure de chaux, elle se clarifie peu à peu et dépose une matière blanche épaisse; l'acide sulfurique, chauffé légèrement avec l’huile,
en précipite la chaux qui est restée.
Toutes les espèces d’huile de poisson doivent leur odeur à üne combinaison de glycérine et d'acide phocénique; cette combinaison est liquide, et, jusqu’à présent, on n’est pas par- Venu à la séparer de l'oléate de glycérine. Lorsqu'on traite l'huile de poisson par l'alcool de 75°, il s'y dissout particulièrement le mélange de phocénate et d’oléate de glycérine, et ce mélange s’en sépare par le refroidissement. (CHEVREUL.)
On trouvé encore dans les huiles de poisson, outre l’acide oleique et l'acide phocénique, un acide cristallisable qui n’a pas . encore été examiné. L'huile de Delphinus Globiceps renferme en dissolution du blanc de baleine, qui s’en dépose lorsqu'on la réfroidit à — 31°. (CHEVREUL.) Ühe Väriété particulière de l'huile de poisson, l'huile de foie de morue, s’extrait du foie de diverses espèces de poissons ap- Partenant dû genre Gadus (Gadus Morrhua, Molva et Callarios). Cette huile sert en médecine. Elle est tantôt jaunätre, tahtôt brune, et d’un goût Acre fort désagréable. Lorsqu'elle est
véritable, l'huile de foie de morue rénferme de l'iode. On y
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reconnait la présence de ce principe en saponifiant 50 à 100 grammes d’huile avec de la potasse, neutralisant avec de lacide : sulfurique étendu et pur, séparant les acides gras de la dissolution sulfurique, et évaporant doucement cette dernière. Elle fournit ainsi des cristaux de sulfate de potasse; l’iode se trouve dans l’eau-mere; on y met alors un peu d’empois d’amidon, avec de l’eau chlorée ou de l’acide nitrique étendu.
Ye; HUILES GRASSES NON SICCATIVES.
Les huiles grasses non siccatives qu’on rencontre dans la nature présentent de l'importance en raison de leur emploi, soit comme aliments, soit comme matières éclairantes. Elles se distinguent des huiles siecatives principalement par la manière dont elles se comportent à l’air, qui les altère comme celles-ci, sans toutefois les transformer en vernis; elles s’épaississent alors et restent grasses et onctueuses sans se dessécher.
Ces mêmes huiles s’épaississent également au contact de l’acide hyponitrique, en prenant la consistance de la cire ou du suif ; elles perdent cette propriété, ou du moins elles ne la présentent plus qu’à un faible degré, lorsqu'elles se trouvent falsifiées avec certaines huiles siccatives.
Les huiles non siccatives sont plus ou moins colorées, suivant le procédé qu’on emploie pour les extraire ; de même elles sont d’une saveur tantôt suave, tantôt rancide. Celles qu’on extrait à chaud sont visqueuses et troubles, et s’acidifient à l’air avec rapidité, en prenant un goût et une odeur désagréables.
Pour purifier ces huiles, on peut faire usage de divers procédés ; ainsi pour les huiles des différentes variétés de Zrassica (navette, colza), que l’on emploie comme aliment, et plus particulièrement dans l'éclairage, on se sert avec avantage d’un procédé que GLOWER a le premier employé en 1790, et que THÉ- NARD a décrit plus tard après lavoir perfectionné. Lorsqu'on brûle ces huiles sans les avoir purifiées, elles déposent, même dans les meilleures lampes, un charbon dur et compacte qui engorge la mèche et l'empêche de s’imbiber d’huile, de sorte que la combustion est incomplète et accompagnée de fumée.
Voici comment on purifie ces huiles : on les mélange avec 1 ou 9 centièmes de leurs poids d’acide sulfurique concentré qu’on ajoute par petites portions ; elles prennent alors une teinte verte ou brun-verdâtre, et, au bout de quelque temps, elles deviennent noires. Si on maintient alors la masse en agitation, il s’en sépare des flocons noirs ou d’un brun-noir, qui se rassemblent facilement par le repos à la température ordinaire et se déposent au fond. On en éloigne ensuite lacide sulfurique, soit en agitant l'huile avec le! de son volume d’eau chaude et avec un peu de lait de chaux, soit en y faisant passer des vapeurs d’eau développées dans une chaudière. Lorsque, par le repos, l’huile s’est séparée de Veau, ainsi que des matières colorantes entraînées par l'acide sulfurique, on lui fait traverser des matières poreuses, telles que du coton, dela mousse, du charbon de bois concassé, ete. C’est de cette manière qu’on l’obtient enfin limpide.
DUBRUNFAUT clarifie l'huile épurée par l'acide sulfurique, après l'avoir séparée de l’eau, en la mélangeant intimement avec le tiers de son poids de tourteau d'huile; la clarification s'opère par le repos; on utilise le dépôt pour clarifier de nouvelles quantités d'huile.
L'huile ainsi épurée se trouve en grande partie décolorée et a plus de fluidité; sa densité est moindre; elle brûle avec une flamme plus blanche et plus lumineuse ; toutefois sa combustibilité n’est pas sensiblement augmentée. D’après les expériences de SCHUEBLER, l'huile de navette brute avait une densité de 0,9182; épurée, cette huile n'avait plus qu’une densité de 0,9121. Le rapport du temps d'écoulement avait diminué, pour l'huile épurée, de 57,8 à 55,5; ce qui prouve qu'elle était devenue plus fluide. Enfin, dans l’espace d’une heure, il s'était brülé, de l'huile brute, 40 parties en poids, et de ’huile épurée, 43,8 parties.
La purification des huiles par l’acide sulfurique repose sur ce que cet acide éloigne le mucilage et d’autres matières parenchymateuses, soit en les rendant insolubles, soit en les carbonisant en partie; cependant il faut égalementattribuer cette efficacité de l’acide sulfurique à la décomposition qu'il fait éprouver à la matière grasse, à laquelle il prend la glycérine, de manière à mettre en liberté, du moins en partie, les acides gras qui y sont
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