ALCALOÏDES HUILEUX ET VOLATILS
Aniline.
Formule : C,, H,, N, (Frirzcne). Symbole A.
Synonyme : cristallin de UNVERDORBEN.
Cet alcali a été obtenu par FRITZScHE, dans la décomposition de l’acide anthranilique et des anthranilates. Il est identique à ‚la substance décrite, il y a quelques années, par UNVERDORBEN, sous le nom de cristallin.
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L’acide anthranilique, en donnant naissance à ce corps, perd les éléments de 2 atomes d’acide carbonique.
C,, H,, N, O0, —2C O, = C,, H,, N, = 1 atome d’aniline.
Il distille ordinairement, dans la préparation de cette base, un peu d’acide anthranilique ; mais on purifie le produit en le rectifiant sur de l’hydrate de potasse, dans un courant de gaz carbonique,
L’aniline est un liquide huileux, incolore, réfractant fortement la lumière, et d’une odeur forte et désagréable. Elle se mélange en toutes proportions avec l'alcool et l’éther. Elle ne se dissout que fort peu dans l’eau, cependant ce liquide en prend assez pour que les produits aqueux de la distillation en soient chargés. Elle jaunit à l'air, devient peu à peu brune et finit par se (rasta en un corps resinoide.
Elle dissout le soufre à chaud ; cet élément s’en dépose par le refroidissement à l'état cristallisé. Elle se combine avec l’iode en s’'échauffant.
Chaufrée avec un excès d'acide nitrique, elle s’y dissout avec une couleur bleue ou verte.
L’acide chromique aqueux produit ie les sels d’aniline un précipité d’un bleu noirätre foncé qui renferme de l’oxide de chrôme.
Hydrochlorate d'aniline. — À, C,H, —‘Tl est fort soluble et cristallisable. |
Oxalate d’aniline. — À, OÖ + aq. — Il est soluble dans l’eau et cristallise de la solution sous forme de longues aiguilles. Il renferme 67,24 pour cent d’aniline.
Nicotine.
Formule : C,, H,, N,. (BARRAL, ORTIGOSA.)
Symbole : Ni.
La nicotine a été découverte par REIMANN et Posserr.
On distille dans une cornue la dissolution éthérée de la nico= tine, obtenue comme nous Pavons indiqué plus haut. L’&ther ayant passé, on transvase le résidu dans une cornue plus petite et on distille au bain-marie. Il passe au commencement de la nico- (ine un peu aqueuse et alcoolique; les produits moyens sont inco-
lores, mais les derniers sont un peu jaunätres. Il est bon, pendant l'opération, de balayer la cornue par un courant d'acide carbonique, soit pour accélérer la distillation, soit pour empêcher Je contact de Pair.
Un autre procédé consiste à distiller les feuilles de tabac sèches avec '7,, de potasse caustique et avec la quantité d’eau nécessaire, puis à distiller de nouveau le produit avec de l’eau jusqu’à ce qu'il ait perdu sa saveur âcre. On sature le produit par de l'acide sulfurique , on évapore presqu’à siccité à une douce chaleur, On épuise le résidu par de l'alcool absolu, et l’on éloigne ce véhicule par la distillation. Ensuite on ajoute au résidu un peu de potasse aqueuse, et l’on distille tant qu’il passe un liquide incolore. On agite ce dernier avec de l’&ther tant qu'il présente encore une Saveur âcre ; enfin on agite la solution éthérée avec du chlorure de calcium jusqu’à ce que les morceaux n’en deviennent plus humides. L’éther étant éloigné du mélange par la distillation, il reste de la nicotine brunâtre qu’on rectifie au bain de chlorure de calcium. (REIMANN et POSSELT.)
La nicotine pure se présente sous la forme d’un liquide oléagineux, incolore et limpide, ayant une odeur faible de tabac; cette odeur est très forte lorsque le produit renferme de l’ammoniaque. Elle distille à 246° en se décomposant ; à des températures plus basses, elle distille lentement et sans laisser de résidu. Sa pesanteur spécifique est de 1,048. (O. Henry et BouTRoN-CHAR- LARD.) |
Elle rétablit la couleur bleue des teintures'végétales rougies, et brunit le curcuma d’une manière fugitive. Elle est très inflammable et brüle avec une flamme fuligineuse. Elle se mélange avec l’eau ; la potasse caustique la sépare de sa dissolution à Pé-
tat de gouttelettes oléagineuses. L’éther s’empare de toute la ni- “cotine contenue dans une solution aqueuse.
Elle se mêle en toutes proportions avec l'alcool, les huiles grasses et les huiles volatiles. L’hydrate de potasse solide la décompose à chaud.
Elle brunit à l’air en se résinifiant. L’acide nitrique, l’iode et le chlore la décomposent.
La nicotine est extrèmement vénéneuse ; ! de goutte tue un
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lapin, une goutte donne la mort à un chien. Elle ne dilate pas la pupille; -; de grain de nicotine frotté dans l'œil d’un chat determine des convulsions violentes ; la bouche de l'animal se couvre d’écume, la respiration devient plus active et rälante, le cœur bat brusquement et les extrémités postérieures se paralysent. Ces accidents cessent au bout d’une heure.
La nicotine se combine avec les acides et les neutralise complétement. Toutes ces combinaisons sont fort solubles dans l'eau et l’alcoo!, et cristallisent avec difficulté. j
Sursaturée légèrement par de l’acide hydrochlorique, la nicotine ne donne pas de précipité avec le bichlorure de platine, Icrsaue la solution est trop’concentree; mais le mélange abandonné à lui-même dépose au bout de quelques heures des aiguilles jaune-rougeätre, peu solubles et régulières, dont la composition correspond à celle du chloroplatinate d’ammoniaque.
ORTIGOSA et BARRAL les ont trouvées, en effet, composées de Co H« N,, C,H, + Pt Cu.
Lorsque la nicotine renferme de l’ammoniaque, il se produit immédiatement du chloroplatinate ; dans ce cas, il faut enlever rapidement le dépôt à l’aide du filtre et abandonner le liquide. Le sel . de nicotine s'y dépose alors peu à peu.
La dissolution aqueuse de la nicotine donne avec le bichlorure de mercure un précipité blanc et légèrement cristallin qui renferme, suivant ORTIGOSA :
Ci He N; ’ Ci, Hg.
Lorsqu’on laisse la nicotine huileuse en digestion avec de l'hydrate de potasse, il se produit deux couches dont la supérieure renferme en dissolution une grande quantité de potasse. Si on la soumet à la distillation, il passe un corps oléagineux, d’une odeur agréable, et qui ne donne plus de cristaux avec l’acide hydrochlorique et le bichlorure de platine. En évaporant doucement le mélange, on obtient une cristallisation très abondante de lamelles jaunätres et transparentes , qui sont fort solubles dans l’eau, caractère qui le; distingue du chloroplatinate de nicotine.
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Conine.
Synonyme: Cicutine.
Formule probable : C,, H,, N,. (OrTIGosA).
Cet alcali, renfermé dans toutes les parties de la ciguë(Conium maculatum), fut observé pour la première fois en 1826 par Gir- SEKE ; mais ce chimiste ne parvint point à l'extraire à l’état de pureté. C’est GEIGER qui, en 1831, l’obtint pour la première fois dans cet état.
Le meilleur moyen de préparer la conine consiste à distiller les semences de ciguë écrasées avec 4 ou 6 fois leur poids d’une eau, à laquelle on a ajouté + d’une lessive de potasse caustique ou bien un mélange de + de carbonate de potasse et} de chaux. On distille tant qu’il passe de l’eau alcaline et fort odorante; on sature celleci par de l’acide sulfurique étendu, on évapore doucement à con- sistance de sirop, et l’on épuise le résidu à plusieurs reprises par un mélange de 1 partie d’éther et de 2 parties d'alcool de 90 centiemes. Après avoir chassé l’alcoo! de l'extrait, on chauffe doucement au bain-marie le résidu avec un peu d’eau, dans une capsule découverte, tant qu’il s’en dégage encore des vapeurs alcooliques. Ensuite le liquide ayant été versé dans une cornue, on y ajoute environ la moitié de son poids de potasse caustique, de manière à le rendre bien alcalin, et l’on distille brusquement à siccité dans un bain de chlorure de calcium, en ayant soin de refroidir le récipient. On sépare la conine du liquide aqueux, on reverse celuici dans la cornue, et on le traite de nouveau par un peu de potasse, tant qu’il passe encore de la -conine huileuse.
On procède de la même manière pour extraire la conine des feuilles et des tiges de ciguë recueillies peu avant la floraison. Il faut que la plante soit fraîche et qu'elle ait atteint une certaine hauteur.
La conine ainsi obtenue est d’une pureté assez grande pour l'usage médical. Pour la purifier complétement, on la met en contact avec de petits fragments de chlorure de calcium, et lorsque ce corps n’en est plus mouillé, on Pen décante et on la distille brusquement dans une cornue bien sèche, en ayant soin d'éviter le contact de l'air. Lorsqu’elle renferine de l’ammo-
niaque, on la place dans le vide sur de l'acide sulfurique. On fait bien de la conserver dans des tubes scellés à la lampe.
La ciguë ne renferme de la conine que lorsqu’elle est fraiche ; la dessiccation fait perdre à la plante ses propriétés vénéneuses. Cela se présente aussi dans la préparation de l'extrait, lorsqu'on évapore le suc ou la décoction à une température trop élevée.
L’extrait alcoolique des semences renferme une grande quantité de conine.
La conine est, à la température ordinaire , incolore, transparente et oléagineuse ; on ignore si elle se concrète par un grand froid. Elle est plus légère que l’eau; sa densité est de 0,89; son odeur est pénétrante, Acre, fort désagréable, et ressemble un peu à celle de la ciguë; respirée de près, elle incommode beaucoup la tête et excite le larmoiement; de loin, son odeur. rappelle celle des souris ; sa saveur est extrêmement äcre el ressemble à celle du tabac.
La conine est fort vénéneuse, elle agit d’une manière instantanée, même à la dose de + de grain; lorsque la dose n’est pas assez forte pour donner la mort, l'animal revient complétement. Elle ne dilate pas la pupille.
Sa solution a une réaction alcaline et persistante. La conine anhydre n’altère pas les couleurs végétales.
La conine est volatile; elle produit sur le papier une tache grasse qui disparaît par l’échauffement. Distillee à labri de air, elle passe sans s’altérer ; elle bout à 170° C. Elle distille aisément avec les vapeurs d’eau.
Cet alcaloïde s’altere promptement au contact de l'air, et se colore alors souvent des nuances les plus belles et les plus variées ; il brunit déjà à la température ordinaire, et l'air le transforme en une masse brun foncé et résinoïde. | |
Lorsqu'on le distille dans une cornue remplie d'air, il brunit aussi et se décompose en partie, en dégageant de ’ammoniaque, cependant il s’altere ainsi d’autant moins qu'il est plus pur et que la distillation est plus brusque.
Chauffée au contact de l’air, la conine prend feu et brüle avec une flamme fuligineuse comme une huile essentielle.
L’acide nitrique concentré lui communique une belle teinte
rouge de sang ; lorsque l'addition de l’acide est très forte, le mélange se met à bouillir, il se dégage des vapeurs nitreuses et la masse devient orangée. |
L’iode, mise en contact avec la conine, détermine la formation de nuages blancs et épais ; le mélange s’échauffe, rougit ; si l’iode y est en quantité suffisante il devient vert olive et prend un éclat métallique et chatoyant. L’eau dissout une partie de la nouvelle combinaison. Le chlore donne aussi des nuages blancs en produisant une masse brune, extractiforme, el en développant
. une odeur spiritueuse particulière ; l’eau forme avec ce produit
une dissolution laiteuse qui brunit à la longue; la potasse caus-
tique en dégage l’odeur de la conine, et en sépare une résine
brune et amère.
Le gaz hydrochlorique sec colore la conine d'abord en pourpre, puis en indigo foncé. L’acide sulfurique concentré s’échauffe avec elle et donne une combinaison pourpre qui passe peu à peu au vert olive.
La conine est peu soluble dans l’eau, et, ce qui est remarquable, elle y est plus soluble à froid qu’à chaud ; 1 partie de conine exige, à la température ordinaire, 100 parties d'eau ; la solution se trouble par l’&chauffement , ellé est äcre et fort alcaline, brunit peu à peu à l’air et se trouble en déposant une masse brune et résineuse. L'alcool se mélange avec la conine en toute proportion, le mélange est plus soluble dans l’eau que la conine pure; un mélange de 1 partie de conine et de 4 parties d'alcool n’est point troublé par l’eau. La conine se dissout aussi fort aisément dans l’öther, 1 partie d’alcali exige 6 parties d’éther à la température ordinaire; de même, elle se dissout avec facilité dans les essences et dans les huiles grasses. Elle est moins soluble
dans les alcalis aqueux que dans l’eau pure.
La conine neutralise parfaitement les acides ; ses sels s’obtiennent directement en la saturant par des acides étendus et évaporant le mélange dans le vide. Les sels qu’on a examinés jusqu’à présent ne cristallisent que fort difficilement ; à l’état sec, ils n’ont point d’odeur , mais quand ils sont hydratés, ils répandent une légère odeur de conine. Leur saveur est fort âcre, et
nauséabonde. Ils sont vénéneux, à un moindre degré toutefois que la conine pure. À
Les sels de conine sont fort solubles dans l’eau et même, en grande partie, déliquescents; ils se dissolvent également dans l'alcool, mais l’&ther pur ne les dissout pas.
Leur solution aqueuse, comme celle de la conine pure, prend, par la teinture d’iode, une coloration safranée; elle est précipitée par la teinture de noix de galle..
Les alcalis fixes dégagent des sels de conine l’odeur pénétrante
particulière à cet alcaloide.
Ilsse décomposent par la chaleur; l'air altère leur solution aqueuse, déjà à la température ordinaire; elle devient alors rouge, puis violette et enfin verte ou bleu foncé ; les alcalis font disparaitre la coloration et développent l'odeur de la conine.
Lorsqu'on chauffe la solution aqueuse d’un sel de conine au contact de l'air, elle se colore bientôt, et il s’en sépare des flocons bruns, en même temps qu’il se forme un sel ammoniacal. Si l’on décompose alors la combinaison par un alcali minéral, il S'en dégage de la conine ainsi que de l’ammoniaque, et il se dépose une substance brune, amère, inodore et résinoïde, qui ne possède plus de propriétés toxiques. |
Cette même substance se forme dans les solutions aqueuses et alcooliques de conine au contact prolongé de Pair; elle est d'abord visqueuse, et prend par la dessiecation l'aspect d’un vernis. Elle est plus pesante que l’eau et non volatile; la chaleur la décompose en en dégageant des vapeurs ammoniacales. Elle est fort peu soluble dans l’eau ; toutefois elle lui communique par l'ébullition une couleur jaune, prend alors une consistance semifluide, et vient en partie surnager l’eau. Sa solution aqueuse est amère et possède une légère réaction alcaline. Cette substance se dissout dans l'alcool et dans l’&ther alcoolique ; les solutions sont très amères et fort alcalines ; l'éther pur la dissout peu. Enfin elle se dissout aussi dans les acides aqueux, la dissolution est brune, amère, et se précipite par les alcalis. L’acide nitrique altère la substance. Elle ne se dissout pas dans les alcalis aqueux et ceux-ci ne la décomposent pas même par un échauffement prolongé,
‚Le nitrate de conine, évaporé au contact de l'air et à une douce chaleur, forme une masse brunâtre et extractiforme, entremèlée d’aiguilles et de grains cristallins. Il est fort soluble dans l’eau.
L'hydrochlorate de conine s’obtient, en faisant arriver lentement dans le vide des vapeurs d'acide hydrocholorique, en contact avec la conine, sous la forme de grosses lames incolores et transparentes qui, à l’air, tombent rapidement en deliquescence. - Leur solution, évaporée à l'air, devient d'abord rouge, puis
indigo foncé, et finalement on obtient des cristaux bruns et lamellaires. (J. L.)
Le tartrate de conine se trouble par l’évaporation spontanée à l’air; il devient vert, puis brun et offre des traces de cristaux
grenus. Le sel se dissout alors dans l’eau en la troublant et en déposant des flocons bruns.
. L’acetate de conine se desseche dans les mêmes circonstances,
en produisant une masse brune, de l'aspect d’un vernis et qui, dans cet état, se dissout aussi dans l’eau en la troublant.
Les préparations de conine ne sont pas employées en pharmacie, mais elles mériteraint de l’être, puisque c’est la conine qui forme le principe actif de la cigüe, et que l'efficacité de cette plante varie beaucoup par suite de l’extrème altérabilité de l’alcaloïde qu’elle renferme.
Voyez, pour quelques autres détails sur la conine, Magaz. f. pharmac. t.XXXV,p. 72 et 259; ett. XX XVI, p. 159.
Quinoléine.
Formule : C, Ho Nı (GERHARDT.)
Cet alcali, découvert par GERHARDT , est un produit de la décomposition de la quinine et d’autres alcaloides par la potasse. On l’obtient en chauffant la quinine dans une cornue avec
4 parties d’hydrate de potasse et un peu d’eau ; la quinine se colore bientôt, fond et il passe avec les vapeurs d’eau des gouttelettes oléagineuses, incolores ou légèrement jaunätres, qui rendent l’eau laiteuse. Il faut remplacer de temps en temps l’eau qui se vaporise, et alors le produit n’est presque pas coloré; si l'on neglige cette précaution, la masse noircit beaucoup dans la cornue, se boursoufle considérablement, et détermine le plus sou-
vent des projéctions, de manière que le produit huileux devient brun. Il se dégage dans cette réaction de l'hydrogène, et si l’on a soin de ne pas laisser la potasse entrer en fusion, on n’y observe aucun dégagement d’ammoniaque. Lorsque le produit est. brun, on le rectifie en le distillant brusquement avec de l'eau. Cependant, si l’on veut préparer des sels et notamment le chloroplatinate, cette précaution est inutile, on n’a qu’à abandonner le liquide aqueux à lui-même, pendant 24 heures, afin que l’ammoniaque qu’elle renferme puisse se volatiliser.
La cinchonine est plus avantageuse que la quinine pour préparer la quinoléine ; on fait alors tout simplement fondre la a tasse Sans y ajouter d’eau.
La quinoléine est huileuse et grasse à la température ordinaire; elle est plus pesante que l’eau, et se dissout dans ce liquide en quantité assez sensible. Elle se dissout mieux dans l'alcool et dans l’éther. Sa saveur est fort äcre et amère, son odeur est forte et rappelle celle de la fève Saint-Ignace.
Elle a une forte réaction alcaline, précipite certaines solutions métalliques et neutralise très bien les acides; au moment de les saturer, son odeur change d’une manière fort caractéristique, et ressemble alors à celle du jus d’herbes fraîches ; toutefois les sels secs n’ont point d’odeur.
Seul, cet alcaloide ne distille pas sans altération, surtout lorsqu'il n’est pas bien pur; il en passe néanmoins une certaine portion sans être décomposée, mais le résidu dans la cornue noircit de plus en plus, et l’on en perd beaucoup si l’on continue de le distiller sans eau.
La transformation de la quinine en quinoléine s’effectue aux dépens d’une partie du charbon de la première, charbon qui se sépare, en même temps qu'une proportion équivalente d’oxigene, à l’état d’acide carbonique qui se fixe sur la potasse. Dans cette réaction, la quinine dégage aussi une partie de son hydrogene*.