‹ Traité de chimie organique (volume 3)Chapitre 35 sur 90 · II · texte numérisé non relu

II

.i^S TRAITi:

crisUiUiiic dont la coinposilion correspond à la formulfi (],„ il,, , (',/,; 11^. (^elte conibinaison fond à .')0" (1. cf. se dissout darts l'eau et l'alcool.

Dans la préparalion du carvène, il reste dans la cornue une essence oxigénée -, Sciiweizer la désigne sous le nom de carvacrol. C'est une Imile incolore, plus pesante que l'eau, soluble dans l'alcool, l'élher et la potasse caustique. Son odeur cA particulière, désagréable, sa saveur très piquante ; c'est de ces propriétés que Ton a dérivé son nom.

D'après l'analyse de Sciiweizer, le carvacrol renfermi; 82,20 de carbone, 9,6 hydrogène et 8,19 oxigène, nombres qui correspondent à la formule C^o H*^ O;.

A chaud, le potassium transforme l'essence de carvi en carvacrol 5 ce dernier parait donner par le même traitement du carvène. La formation de ces deux corps est accompagnée d'un dégagement d'hydrogène

Umh dissolu! ion d'iode dans l'essence de carvi fournil également du carvacioL lorsqu'on la traite par de la potasse caustique.

Essence de cumin. — On extrait de la graine de cumin (Cuminum Cyminum L.) une huile jaunâtre qui, d'après les expériences de Gerharot et Cahours, est un mélange de deux principes particuliers (voir plus haut, page 165).

Essence de coriandre. — Le coriandre (Coriandrium sativum) donne une essence incolore, fluide, d'une odeur et d'une saveur aromatiques, et ayant une densité de 0,759. Elle est soluble dans l'alcool et l'éther. L'acide nitrique la transforme en uae masse résinoïde et verte. L'acide sulfmique la dissout avec une couleur jaune qui finit par brunir. Avec l'iode elle fait explosion.

Essence de pimpinelle. — La racine de pimpinelle {Pimpinella saxifraga) donne une essence jaune doré, fluide, de l'odeur du persil, amère, acre, plus pesante que l'eau, et très volatile. L'acide nitrique se colore en rouge en agissant sur elle et donne une résine brune. (Bley.

L'essence de Pimpinella magna est visqueuse et d'un bleu clair • elle verdit à la longue , possède unf, saveur acre et amère , et présente l'odeur de la racine. L'acide nitrique fumant

lui fait perdre son odeur et donne une résine brune ; l'acide sulfurique donne naissance à un produit analogue qui toutefois présente encore lodt^ur de l'essence. (Bley).

Essences des labiées.

/■.ssencc de menthe poivrée — Elle est aussi connue dans le commerce sous le nom d'essence de menthe d' Amérique : on Textrail des sommités fleuries du Mentha piperita L. Elle est presque incolore, quelquefois jaunâtre ou verdâtre, et devient plu^ foncée par le temps. Klle est très Muide, d'une odeur pénétrante, d'une saveur d'abord brûlante et aromatique, puis rafraîchissante et agréable. Sa vapeur, en rencontrant l'œil, y produit une sensation de froid. Klle ne rougit pas le tournesol, et n'explosionne pas avec l'iode, toutefois elle le dissout aisément ; sa densité est entre 0.902 et 1 ,90. Elle ne dépose que très mal du stéaroptène, lorsqu'on la refroidit après l'avoir distillée sur du carbonate de potasse.

Suivant Giese, on n'obtient du stéai'optène qu';ivec l'essence extraite des feuilles qu'on a cueillies pendant la floraison et des.«échées. L'essence d'Amérique donne toujours du stéaroptène en prismes quadrilatères et allongés , qui ont la même odeur que l'essence brute.

D'après Blanchet et Sell , l'essence brute renferme 79,93 carbone, 11,25 hydrogène et 9,12 oxigène.

Kane a débarrassé l'essence de son stéaroptène au moyen de la presse; l'essence, obtenue par plusieurs rectifications, avait une densité de 0.S99, di.stillait entre 188 et 193°, et renfermait 77,8 carbone, 12,0 hydrogène et 10,2 oxigène.

Le stéaroptène fond à 27» et bout à 208". Il est soluble dans ImIcooI, l'esprit de bois, le sulfure de carbone et l'éther; l'eau le précipite de ses dissolutions à l'état pulvérulent. L'acide nitrique le colore en rouge et la potasse le dissout. Dumas , Blaivchet et Sell y ont trouvé 77,27 carbone, 12,96 hydrogène et 9,77 oxigène, nombres qui s'accordent avec 1 1 formule

Walter a publié, dans ces derniers temps, des recherches

sur l'essence de menthe concrète provenant d'Amérique. Sui-

. vaut ce chimiste, le point de fusion de cette essence est à 34, le

Mo Twknk

point (l'chullition à2i;V\ Le brome y ;i{;il Ibrtcmcnt, en dégafjcMiit (le Tiicide liydrobromiquc et en donruint une combinaison d'un beau rouge. L'iode n'y exerce que peu d'action. Sa composition se représente par C,„ H,„ O., = 4 volumes de vapeur ; l'expérience avait donné 5,455 pour la densité de l'essence à l'état de vapeur.

En traitant cette essence par de l'acide phosphorique anhydre, elle donne un liquide transparent, très mobile, d'une odeur ai;réable et d'une saveur rafraîchissante. C'est le menthêne de Walter. Il est soluble dans l'alcool, l'étlier et l'essence de téirbentliine, et insoluble dans l'eau-, il brûh; avec une flamme fidigineuse , bout à 163" et présente une densité de 0,851. L'acide sulfurique n'y agit pas à froid ; l'acide hydrochlorique mélangé avec lui prend une teinte jaune qui rougit par réchauffement. Le brome et l'iode prennent, au contact du menthêne, une belle couleur rouge ^ sous l'influence de la chaleur, il se dégage de l'acide hydrobromique, tandis que la masse devient d'un vert sale. Lacomposition du menthêne se représente par Cj „H-,.:^ 4 volumes de vapeur^ la densité de h vapeur, trouvée par l'expérienct', est de 4,835. L'essence de menthe pourrait donc être considérée comme Ihydrate du menthêne : C„„ H... + 2 H„ O. (Walter.)

Lorsqu'on traite l'essence de menthe concrète par de l'acide sulfurique à une chaleur modérée, la masse semi-iluide se sépare en deux couches, dont l'une est légère et transparente, et dont l'autre est plus dense et fortement colorée en rouge. Cette dernière ne renferme en grande partie que de l'acide sulfurique. La première, traitée à plusieurs reprises par de l'acide sulfurique, puis purifiée avec une lessive de potasse et avec de l'eau, n'est autre chose que du menthêne.

L'e«sence de menthe concrète donne avec le perchlorure de phosphore un corps jaune et huileux auquel Walter a donné le nom de chloro-menthène, et qui renferme C20 H34 C/2. 11 est plus léger que l'eau, peu soluble dans ce liquide, très soluble dans l'esprit de bois, l'alcool, l'éther et l'essence de térébenthine. Il bout à 204° en se décomposant. Traité à chaud p'ir du potassium, il doime du chlorure de potassium-, l'acide

sulfurique concentré le colore en rouge de sang. Une dissolution do potasse alcoolique et concentrée est s'uis aciion sur lui.

Lorscju'on traite l'essence de mentiie concrète par du chlore, en opérant à l'ombre, on obtient un composé renfermant Cjo Hi, C/jO., qui est d'un jaune intense, plus pesant que l'eau, soluble dans l'alcool, l'étlier et l'essence de térébenthine, et peu soluble dans l'eau. L'acide sulfurique le colore en rouge. 11 brûle avec une flamme verte et fulii;ineuse.

A la lumière solaire, le chlore donne naissance à un corps Cïo Hsj C/,, O, qui est jaunâtre, visqueux, un peu soluble dans l'alcool, et qui ne se colore par l'acide sulfurique qu'au bout de quelque temps.

En traitant à chaud le menthène par de l'acide nitrique concentré, on obtient une substance huileuse, jaune, soluble dans leau et l'alcool, non volatile sans décomposition, et contenant C,u 11,8 O.j. Elle n'a point été examinée davantage.

Par l'action du chlore sur le menthène, il se produit un liquide sirupeux, jaune, soluble dans l'alcool, l'esprit de bois, l'éllier et l'essence de téiébenthine, plus pesant que l'eau, brûlant avec une flamme verle et fuligineuse, et se colorant en rouge par l'acide sulfuiique concentré. IJ'après l'analyse que \\ ALTEii en a faile, il renferme C^o Hj^ C/,o.

Essence de menthe crépue. — Elle vient du Mentha crispa L. Elle ressemble à la précédente par la couleur et la consistance; son odeur est moins agréable, et sa saveur est un peu amère et moins fraîche. Sa densité est de 0,969. L'essence récente donne du stéaroptène quand on la soumet au froid.

Essence de poiiillot.— On l'extrait du Menihapulerjiuni . Sa densité est de 0,927 -, .son point d'ébullition oscille entre 182 el 188". K.v.NEy a trouvé 79,0 carbone, 10,9 hydrogène, 10,1 oxigène, nombres qui correspondent à la formule C,„H,„ O. C'est la composition du camphre des laurinées. Cette essence, dit-on, estsouveut falsifiée avec de l'essence de térébenthine.

Essence de menthe verte. — Celle qu'on rencontre dans le commerce a une densité de 0,9l4; privée autant que possible do stéaroptène par la distillation^ elle a une densité de 0,876. Elle bout alors à une température constante (à 166" et renferme

Mi TRAITÉ

85. -14 carbone, 11,10 hydrogène et 3/^6 o\i£:ène, composilion que Kank exprime pnr C^ , H„,. O.

/isaence dr mrlissc. — F.llc vient du Mehssiu (lUicinalia. FJIe est d'un jnune pAlc et possède une odeur riironiiée. S;j densité est de 0,975. Elle dépose du stéaroptène par un };rand fioid. On la reoeonfre souvent falsifiée avec de l'essence de citron.

h'xsetice de marjolaine. — La marjolaine ( Origanum majorana L.) doiuie une ess( nce jaune clair, souvent brunâtre ou v( rdittre, d'une odeur et d'une saveur fortes. Cette essence fait explosion avec l'iode. Dans des flacons bouchés, elle dépose à la longue du stéaroptène qui ne perd pas d'eau à 112", fond à une température plus élevée, et distille sans laisser de résidu. Ce stéaroptène se dissout dans l'eau bouillante, dans l'alcool, l'é- Iher, lacide nitrique et la potasse caustique 5 l'acide sulfurique le colore en beau rouge. Il renferme 61,01 carbone, 10,71 hydrogène et 28.28 oxigètie. Il se combine avec le gaz hydrochlorique ; d'après la quantité de gaz qu'il absorbe, xMuldeu a calculé, pour l'équivalent de ce stéaroptène, le nombre 1757,3; (a formule du stéaroptène serait alors C,^ H-^ O ;. Ce corps n'absorbe pas l'ammoniaque sèche.

L'essence de marjolaine est quelquefois falsifiée avec l'essence d'origan, l'essence de citron ou avec d'autres huiles essentielles.

Easence d'origan de Crète. — ¥\W. vient de V Origanum Smyrnœnm. C'est une huile brune, très fluide, d'une saveur et d'une odeur fort aromatiques. Elle ne rougit pas le tournesol ; sa densité est de 0.946.

Essence d'origan ordinaire. — On l'extrait {iQÏ Origanum vulgare. Celle qu'on trouve dans le commerce est ordinairement pure, toutefois sa densité varie entre 0,90 et 089, en raison des proportions différentes de stéaroptène qu'elle renferme. Rectifiée plusieurs fois , elle présente une densité de 0.867 et bout à 161° d'une manière constante. Son analyse a donné 86,33 carbone. 11,44 hydrogène, 2,23 oxigène = C,„ H,^ O. (Kane.)

Essence de lavande. — La lavande (Lavandula anguslifolia Ehrb., Lavandula Spica L.) donne une essence jaunâtre, très fluide, d'une odeur forte et d'une saveur acre, aromatique et un peu nmère. Cette essence rougit le tournesol ; celle qu'on ren-

DE CHIftIIB ORGANIQUE. 343

contre dans le commtTco renfermft beniicoup de stéaroptène dont loiitefois les proportions varient ; qiiel(iiH*f{>is le principe concret s'élève au quart et rr.èive à h moitié de l'essence. Suivant Dumas, sa composition est identique à celle du canaphre des laurinées.

En distillant l'essence brute avec de l'eau, on peut l'obtenir dune densité de 0,872 à 0,877; l'essence ainsi rectifiée bout entre 185 et 187°. Elle explosionne légèrement avec l'iode, en dével()[)pant des vapeurs jaunes.

L'essence de lavande est soluble en toutes proportions dans l'alcool de 0,83-, l'alcool de 0,887 n'en dissout que les V i de son poids. Lorsqu'on l'agite avec de l'acide acétique concentré, une partie de l'huile s'unit à de l'acifte exempt d'eau et forme avec lui un liquide oléagineux, tandis qu'une autre se dissout dans l'acide aqueux.

Ellf renferme, suivant de Saussure, 75,50 carbone, 11,07 hydrogène, 13.07 oxigètie et 0,36 azote. Dans ces derniers temps, Kane a publié plusieurs analyses de l'essence de lavande ; elles avaient été faites sur des échantillons de densité et de points d'ébuililion différents, qui ne contenaient par conséquent pas les mêmes proportions de stéaroptène, de sorte que le carbone trouvé variait entre 79,45 et 75,77. La formule qui en a été déduite n'a donc aucune valeur.

Essence d'aapic. — On l'extrait du Spica latifolia Ehrb. Elle ressemble beaucoup à la précédente, toutefois son odeur es moins agréable Elle contient également beaucoup de stéaroptène que l'on obtient pur par la presse et la sublimation; Proust le considère comme identique au camphre des laurinées.

Cette essence ne donne pas de combinaison solide avec l'acide hydrochlorique. On la rencontre souvent falsifiée avec l'essence de térébenthine ou de romarin.

Essence de romarin. — Elle provient du Jiosmarinus officinalis L. C'est une huile limpide et très fluide, d'une odeur pénétrante et d'une saveur aromatique et camphrée. La densité de l'essence du comoierce est de 0.91 1 : toutefois elle varie suivant la saison où l'on a cueilli la plante pour la distiller, car les proportions de stéaroptène n'y sont pas les mêmes à toutes

3ii TRAITÉ

les époques (1«î la végétation. L'essence s'ol)tient pure pai- la rectitiraliOM ; ell<' bout alors à 166° et sa densité est de 0,885.

K.ile renferme S.'^.'lî) carbone, 11, 60 liy(lroi;ène el i.8r> oxil^ène, de manière qu'on peut la considérer comme renfermant 9C, H„4-2 H, O. (Kane.)

Par réva|)oialiO(! s[)ontanée ou au contact de la potasse, l'essence de romaiin fournit du camphre de romarin.

L'acide bydrocblorique produit avec elle une buile pesante, et ne dojine pas de camphre artiticiel.

Elle s'écliaulTe avec l'iode. L'acide sulfurique la noircit ; en saturant le mélange avec de la chaux , on obtient un sel de chaux soluble. Lorsqu'on distille le mélange d'essence et d'acide sulfurique , il se produit une huile aromatique qui présente l'odeur alliacée du mésitylène; sa densité est de 0,807; elle bout à 173° et présente la composition de l'essence de térébenthine. KANKa donné le nom de romarin à celte nouvelle huile.

Essence de basilic. — On obtient cette essence en disldlant avec de l'eau les feuilles de basilic {Ocymum basilicum]. Elle dépose à la longue des cristaux prismatiques, peu solubles dans l'eau froide, très solubles dans l'eau bouillante, et se déposant par le refroidissement sous la forme de tétraèdres réguliers, blancs et transparents. (Bonastre.) L'alcool, l'éllier, l'acide nitrique et l'acide acétique les dissolvent. L'acide sulfurique les colore en rouge. Leur solution ammoniacale est troublée par l'eau. Dumas et Péligot ont trouvé dans ces cristaux 63,8 carbone , 11,6 hydrogène et 24,7 oxigène, nombres qui correspondent à la formule C,,„ H^^ + 6 H^ O. Cette composition est la même que celle des cristaux de l'essence de térébenthine.

La partie liquide de l'essence de basilic n'a pas encore été examinée.

Essence de thym. — L'essence de th^m {Thymus vulgaris L.) est jaunâtre ou d'un vert pâle et très fluide. Celle qu'on rencontre dans le commerce, est souvent brune, d'une réaction acide 5 l'essence non colorée ne réagit pas acide. Son odeur et sa saveur sont très aromatiques ; sa densité est de 0,905. L'essence la plus pure dépose à la longue du stéaroptène. Elle n'explosionne pas avec l'iode.

Essence de serpolet. — On l'extrait du Thymus Serpyllum L. Elle est jaiiiiâire ou brunùtre. très fluide, d'une odeur et d'une saveur épicées.

Essence de marum. — Bley a extrait du Teucrium Marum une substance feuilletée, friable, limpide et douée d'une savtîur et d'une odeur aromatiques. Cette essence concrète se dissout dans l'eau chaude, l'alcool et l'éther, et est plus pesante ((ue l'eau.

Essence d'hysopc. — ¥A\(i s'extrait de VUyssopus offic. Elle est jaunâtre, roujjit à la longue, possède une odeur forte et une saveur acre et camphrée.

Essence de sauge. — La sauge Salvia offic. L. , donne une huile essentielle, jaune, qui brunit par le temps et dont l'odeur est fort aromatique. Elle dépose également du sléaroplène.

Essences des composées.

Essence de camomille bleue. —L'A camomille des prés Matricaria Cho momi II a'' i]oime une essence bleu foncé, opaque en mas.se, peu fluide et quelquefois visqueuse. Sa saveur est aromalique et légèrement amère. Elle brunit et s'épaissit par l'action de l'air et de la lumière. Elle ne réagit point acide. L'acide nitrique la brunit, et l'eau précipite de la solution une résine qui sent le inusc.

Sa densité est de 0,924 : l'iode s'y dissout eu la transformant eu une masse résinoïde de couleur brune et sans s'écliaufl"er.

Celte essence est souvent falsitiée avec de l'essence de térébenthine; on reconnaît cette fraude au moyen de l'iodr, qui s'échauffe alors fortement et explosioime même , si l'addition d'essence de térébenthine est forte, en développant des vapeurs violettes. Il en est de même lorsque l'essence de camomille renferme de l'essence de citron.

Essence de camomille romaine. — On l'extrait de V Anthémis nohilis. Elle ressemble à la précédente par l'odeur et la couleur.

Suivant Gerhardt et Cahours, cette essence est un mélange de deux principes, dont l'un est oxigéné et se transforme sous l'influence de la potasse en un sel particulier.

Essence de millcfeuilles. — Les fleurs d'Achillea Mille/olium fournissent cette essence. Lorsque la plante s'est développée dans

un terrain gras, elle donne une essence bleue; autrement, l'essence est verte et épaisse.

D'.iprès Hm-.y. IVssoncc de la r.icinc rst incolore, celle des feuilles et des fleurs Mcu foncé, et celle de la i^raine d'un vert sale. Elle perd sa coideur par le temps.

Sa dt'Tisilé est deOiH'i. File s'échauffe légèrement avec riode. en développant des vapeurs violettes.

Fssence d'abainthc. — L'absinthe {/irtemmn j^hsinthium L.) donne une essence verte, quelquefois jaune, qui brunit peu à peu; elle sent fortement l'absinthe, possède une saveur acre, amère et désagréable, et ne rougit pas le tournesol. Elle s'échauffe avec l'iode. Sa densité est de 0,897. L'acide nitrique lui communique une teinte verte qui devient d'abord bleue, puis brune.

J'Jiiseiice de semen-contrà. — Le semen-conlrà(y/r/emista contra, etc.) donne une huile essentielle jaune clair, d'une odeur pénétrante et nauséabonde, et d'une saveur amère et camphrée. Elle n'explosionne pas avec l'iode. Sa densité est entre 0,925 et 0,936.

Suivant Voelkel, elle renferme deux principes huileux qu'il n'est toutefois pas parvenu à séparer. Par des distillations fractiormées, il a obtenu ujk^ première portion renfermant 77,98 — 78,88 carbone, 10,45—10,83 hydrogène et 11,55—10,28 oxigène; dans une portion recueillie plus tard, il a trouvé 77,81 — 77,96 carbone, 10,60—10,56 hydrogène et 11 ,58— 1 1, 47 oxigène, nombres qu'il exprime par Cg H,sO. Lorsqu'on distille l'essence avec de la potasse solide, il se développe une odeur qui ressemble à celle de la menthe (Voelkel.)

Essence d'estragon. — L'estragon {Jrtemisia Dracunculus) donne une huile essentielle qui a été récemment étudiée par Laurent. Suivant ce chimiste, elle bout à 206"; sa densité est de 0,945. La densité de sa vapeur a été trouvée égale à 6,157.

Laurent représente l't^ssence d'es! rngfm par la formule Csî H,o 03=4 volumes de vapeur. Av^c racid(r suifuriqne, cette essence donne un acide psrti'^iiiier Vacide sulfo-draconique, dont le sel de baryte est soluble.

Le même chimiste a également ol>ttinu avec celte essence et l'acide nitrique les produits suivants :

L'acide draconique Cj, Hse 0,o + 2 Hj O.

Il est volalil snns décomposition et donne sous l'influence du chlore : Vacidc (■hluro-draconi-aiqw C^ H,,,, CU 0,„ + ^ H..O. et par le l)rome : Yacide hromo - draconésique C,.., H^« Br^ n., + 2H,0.

I/acide nitrique donne en outre :

Yacide nitro-draconasiquc C.^ H,, N,^ O,, -{- 2 H.^ O. et Vacide nitro-draconésique C„ H,,,, N, 0,„ + 2 H,^ O.

Os acides azotés donnent par le chlore et le brome : Vacide nitro-chlorodraconésique C,.. H.,,, C/,^ ]N\ O,, + 2 H, O;

Vacide nitro-bromodraconésique C-^ H.^., Br,, N» O,^ + 2 II, O.

Sous rinfluence du ciilore, l'essence d'estragon donne : le chlorure draconylique C,^ H,o O, C/,',, que la potasse transforme en chlorure de potassium et en Chlorodraconyle C.,^H.,g

Les détails des recherches de Laurent relativf s à ces corps ne sont pas encore publiées; on n'en trouve qu'un résumé dans les Comptes rendus de ij4cadémie des Sciences. (1841. L n. 18 et 23, 1840. IL n. 13.) Cependant, il est à observer que dans sa première note, Laurent exprime l'essence d'estragon par Cî, H,, O, — 4 volumes de vapeur, et le sulfo-draconate de bai yte par C,^ H,,, O,, SO,, + Ik O ; ces formules ne s'accorilint nullement avec celles qu'on vient de lire.

Â'ssence d' armoise. '— Les feuilles et les sommités de l'armoise Artemisia vuîgaris) renferment ime huile essentielle qui a été obtenue par Brez et Eliason. Elle est d'un jaune verdâtre, d'une consistance butyreuse et d'une saveur d'abord brûlante, puis fraîche; elle bout à 100", et se dissout dans I alcool eti'éllier. Les alcalis ne la dissolvent pas. Lacide nitrique la transforme dans une résine brune.

Essence de tnnnisie.—Or) peut extraire de la tanaisie {Tanna fiitn ruigarc] une essence jaune pâle ou jaune doré, qui est verte lorsque la plante sVst développée dans un terrain gras et sec. Son odeur est forte et nauséabonde; sa saveur est acre et amère. Rlle a une densité de 0,931, et n'explosionne pns avec l'iode.

Fssnices des laurinées.

Nous avons déjà pîulé du camphre des laurinées (page 145 et de l'essence de cannelle page 328 J

L'sscnct' lie sassafras. — Le sassafras ( y^r.sm ou Laurus sansafras) n'uUiiwc. une huile essentielle incolore à réial récent, et qui brunit peu à peu. Son odeur est agréable et ressemble à celle du fenouil; sa saveur est Acie et éi)icée. Elle a une densité de 1,08 ou 1,00. L'eau la dédouble, d'après Bo.n.vsthe, en deux builes dont l'une est plus légère, et l'autre plus pesante que l'eau. Souvent l'huile légère n'est autre chose que de l'essence de térébenthine, mélangée par fraude à l'essence de sas-afras.

L'acide niliique la colore en rouge écarlate, et produit à chaud de l'acide oxalique. Avec l'acide nitrique fumant, elle explosionne plus fortement que toutes les huiles essentielles. Elle ne se combine pas av( c les alcalis. L'acide sulfurique concentré la décompose en la transformant en une résine rouge. Le chlore l'épaissit,etla rend blanche et opaque.

Cette essence dépose à la longue be;Micou[) destéaroplètie, qui cristallise fort bien, présente la saveur de l'essence li<iuide, fond par la chaleur de la main, et se volatilise sans décomposition. Il est fort peu soluble daris l'eau ; sa solution alcoolique n'est point précipitée par l'eau. L'acide sulfurique le décompose. L'acide nitrique concentré forme avec lui un liquide rouge et oléagineux qui dépose bientôt une résine brune. Ni l'acide liydrochlorique, m l'acide acétique, ni la potasse caustique ne le dissolvent, pas même à chaud.

Ce stéaropiène a la même odeur que l'essence, et redevient fluide par un contact prolongé à l'air ; ainsi liquétié il ne se concrète plus, même à — 4".

Essence de laurier. — Les feuilles et les fruits du laurier(ZaMrus nobilis) donnent une huile essentielle qu'on peut en extraire par la distillation avec de l'eau. Cette essence est visqueuse, d'un blanc sale, d'une odeur forte et d'une saveur amère. Elle se concrète déjà au dessus de G". Sa densiié est de 0,914. Elle donne par la rectification une huile très volatile d'une densité de 0,857,

DP. CHIMIK ORGANIQUR. ^4^

et une autre moins vol;itiIc d'une licnsité do 0,S85; il reste dans la cornue une masse brune et visqueuse. Ces deux huiles renferment S 1,7— 81,6 carbone, 11,6—11,7 hydrogène et 6,7—6,6 oxigène.

Une essence récemment distillée avec de l'eau et une autre rectifiée sur de la potasse ont donné à l'analyse 83,1 — 83,7 carbone, 11, 2— 11,6 hydrogène et 5,7—4,7 oxigène. Br.vndes déduit de ces nombres l,i formule 0,^ H,. O, qui est identique à celle de l'essence de camphre (page 145). Le résidu résineux ne renferme que 73 pour cent de charbon.

On obtient la laurine en épuisant les baies du laurier avec de Talcool bouillant. La dissolution, concentrée, dépose par le refroidissement la laurine sous forme d'octaèdres à base rhombe, dont les angles sont de 120" et de 60\ Ce principe a une saveur acre et amère, une odeur semblable à celle de l'essence, se dissout foit peu dans l'eau et l'alcool froid. Il se dissout aisément dans l'alcool bouillant et tians l'étlier, et se dépose de ces solutions sous forme d'aiguilles dures qui craquent sous la dent. Il n'a aucune action sur les couleurs végétales ; il fond à une température élevée et se volatilise sans décomposition. L'acide sulfurique concentré le colore d'abord en jaune, puis en rouge. Il se liquéfie dans l'acide nitrique froid, et vient alors à surnager.

Essence de cuHIaban. — L'essence de culilaban {Laurus CuHlaban est incolore, plus pesante que l'eau, et possède une odeur qui partici[)e à la fois de celle de l'essence de cajeput et de celle de l'essence de girofles. Elle donne avec l'acide nitrique un liquide cramoisi, d'où l'eau précipite une résine rouge.

Page 1