MATIÈRES COLORANTES JAUNES
Jaune de curcuma ou curcumine. — On l'extrait de la racine de Curcuma longa. Pour Tisoler, on épuise la racine sèche par de l'alcool bouillant, et, après avoir évaporé la teinture à siccité, on traite le résidu par de l'éther qui dissout la curcumine. VoGEL et Pelletier.)
Elle est résinoïde, plus pesante que l'eau, fusible à 40% d'un brun rougeâtre en masse, jaune en poudre, presque insoluble dans l'eau. Les lessives alcalines la dissolvent aisément, et la font passer au rouge brun. C'est sur cette réaction qu'est fondé l'emploi du papier teint au curcuma pour reconnaître les alcalis.
Les acides étendus ne dissolvent pas la curcumine ; ils font pà-
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lir sa dissolution. Plusieurs acides minéraux, à l'état concentré, la dissolvent avec une couleur cramoisie : l'eau l'en précipite en flocons jrnines.
Sa dissolution alcoolique n est point altérée par uii«* dissolution (1 acide borique dans l'alcool ; par l'évaporation du mélanine, lise dépose un composé cramoisi.
On emploie le curcuma dans la teinture des laines et de la soie ; on s'en sert é};alement en pharmacie et dans l'art culinaire.
fîésine jaune de gomme-gutte. — La gomme-gutte vient du (i'ircinia C.nmhogxa (Cnmhogia Gutta \..) et du Stalagmites (,"tmbogioi(ie-< M. Suivant Ciiristison, 1?rvconnot et John, < Ile renferme 60 à 90 pour cent d'une résine jaune que l'on peut en I \traire au moyen de l'éther. Par l'évaporationde la dissolution, on obtient cette résine sous la forme d'une masse rouge qui donne une poudre d'un jaune vif.
Elle est à peu près sans saveur ni odeur^ et agit comme drastique. Elle est insoluble dans l'eau froide; l'alcool et l'élher la dissolvent aisément à chaud. La potasse caustiqu»; la dissout en donnant un liquide neutre d'un rouge foncé.
Ses coml)inaisons avec les terres alcalines sont insolubles, ainsi que celles avec les oxides métalliques. Le protoxide d'étain donne avec elle une belle combinaison jaune-, le protoxide de fer en donne une brune, et Toxide de cuivre une verte.
Le chlore blanchit et détruit la résine de gomme-gutte. Lorsqu'on la délaie dans l'eau chlorée et qu'on évapore le mélange, on obtient une substance jaune clair, insoluble dans l'eau, et qui renferme de l'acide hydrochlorique en combinaison chimique. L'acide nitrique décompose la résine par l'ébullition, et produit de l'acide oxalique.
Uocou. — Le rocou est une pâte qu'on prépare avec les semences de Bixa orellana et de JMctella tincioria ; elle renferme un principe colorant jaune qui possède une odeur très forte. Pour l'en extraire, on dessèche le rocou, on l'épuisé avec de l'alcool, et l'on traite par de l'élher la teinture alcoolique évaporée à siccilé. Après l'éloignement de l'éther, le principe colorant reste à l'état d'une masse brun rougeàtre, molle, visqueuse, fusible à chaud, et qui ne devient pas cassante par l'action du froid.
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Cette matière colorante est plus pesante que l'eau et ne s'y dissout que fort peu. On peut éplement l'obtenir en épuisant le rocou par di^ la potasse caustique, qui donne une dissolution rouf;e foncé, et sursaturant celle-ci par un acide • le principe colorant se dé[)ose alors avec une couleur oranj^ée.
L'acide sulfurique concentré la rend bleue, puis verte, et enfin violette ; l'acide nitrique étendu ne l'altère |)as à froid ; l'acide nitrique concentré, ajoulé en petite quantité au principe jaune, lui communique une couleur verte, puis jaune, et donne un produit qui détone aisément par l'échaufTement.
Les huiles grasses et les huiles essentielles sont colorées par le rocou en jaune rougeàtre.
Suivant Chevreul, le rocou renferme deux principes colorants : l'un est jaune, soiuble dans l'eau et l'alcool, peu soluble dans l'éther, et colore en jaune les étoffes alunées ; l'autre est rouge, peu soluble dans l'eau, fort soluble au contraire avec une couleur orangée dans l'éther et l'alcool.
Caroline. — On appelle ainsi la matière colorante des carottes (Daucus Carota). Pour l'isoler, on épuise par de l'éther les carottes desséchées, ou bien le coagulum qu'on obtient par- réchauffement du suc récemment exprimé-, l'éther sempare de la matière colorante et d'une huile grasse. Après avoir évaporé la dissolution, on traite le résidu par de l'ammonîjique caustique qui enlève presque toute la substance grasse. Puis on dissout de nouveau le résidu dans l'éther auquel on a mélangé un peu d'alcool. Par l'évaporation spontanée, la carotine se prend alors en petits cristaux, couleur de rubis, que l'on reconnaît à la loupe pour être des tables à quatre pans. On la met sur du papier Joseph et on enlève les dernières traces d'huile au moyen de l'ammoniaque.
La carotine, ainsi purifiée, se conserve longtemps sans s'altérer, même <à la lumière solaire. Elle n'a ni odeur ni saveur, n'agit pas sur les couleurs végétales, n'est point volatile et ne se dissout pas dans l'eau. L'alcool anhydre la dissout en petite quantité ; l'éther ne la dissout qu'à la faveur d'un peu d'huile grasse. Les huiles grasses la dissolvent aisément en se colorant d'un beau jaune \ cette teinte s'altère très vite par la lumière, ainsi que par
le rancissement de l'huile, de sorle qu'on ne peut extraire la Caroline que des carottes récemment d«'ssécliées. jNi l'acide acétique, ni les alcalis ne la dissolvent. (Wackknroder.)
Plusieurs parties végét.iles doivent leur couleur jaune à ua principe résinoide ; telles sont les lleurs du bouillon blanc, les narcisses, les fruits de ^é^lantie^, l'écorce de la bourdaine, etc.
Bhabarbarine (jaune de rhubarbe, rhéine,. — Les racines des diverses variétés de Rheum renferment une matière colorante jaune, ainsi que du tannin. On obtient ce principe colorant à l'état de pureté en épuisant les racines par de l'alcool , évaporant l'extrait à siccité, et traitant par l'eau tant que le mélanfje se trouble. On lave le résidu par l'eau froide, puis on le dissout dans l'eau bouillante, d'où la matière colorante se précipite par le refroidissement 5 ensuite on la dissout dans lalcool absolu , et après avoir chassé l'alcool par la distillation , on épuise le résidu par de l'éther tant que ce liquide jaunit. On peut également traiter l'extrait alcoolique des racines par de l'acide sulfurique étendu, tant quil se forme un précipité foncé qui s'agglomère rapidement. Si l'on ajoute trop d'acide, le précipité devient jaune et pulvérulent, et renferme beaucoup de tannin. Enfin, un troisième procédé consiste à traiter d'abord par de l'ammoniaque l'extrait aqueux, aussi longtemps qu'il se forme un précipité rouge foncé- à délayer celui-ci dans peu d'eau et à y ajouter assez d'acide sulfurique pour faire disparaître la coloration rouge. Le produit obtenu d'une manière ou de l'autre est traité par l'alcool et l'éther comme celui qui a été précipité de la solution dans l'eau bouillante.
La rhabarbarine cristallise de sa solution dans l'alcool ou dans léther à l'état grenu, et avec une couleur orangée \ à l'état sec elle est inodore, mais lorsqu'elle est humide elle sent la rhubarbe. Elle est peu soluble dans l'eau froide ; elle s'y dissout mieux à chaud et se dépose par le refroidissement sous la forme d'une masse extractive. L'alcool la dissout aussi très mal à froid^ il en faut 350 parties pour la dissoudre. Ses solutions sont d'une amertume désagréable et ont une légère réaction acide. Le perchlorure de fer colore en brun la dissolution alcooli-
que; ract''tnte de plomb lui communique la couleur de la rouille; au bout de quelque temps il se produit dans le mélan^^e un préci|)ilt* roui,'(' clair.
La rhabarbarinc se dissout dans les alcalis avec une couleur violette. I/alun décolore cette dissolution d'une manière complète, en donnant un précipité rouge, fort beau, et parfaitement insoluble dans l'eau.
Elle fond ii une douce chaleur, et se sublime en grande partie sans s'altérer. (Geiger.)
DuLK est d'avis que la rhabarbarine est un produit altéié. et qu'élit' iiese trouve pas souscette forme dansia rhubarbe. Il propose donc d'épuiser celle-ci par une dissolution ammoniacale, de ffiire digérer l'extrait avec du carbonate de baryte jusqu'à ce que l'odeur ammoniacale ait entièrement disparu, et que les sels de fer n'en soient plus précipités en vert. Puis il jette sur un filtre la dissolution barytique, la précipite par de l'acide hydrofluosilicique, évapore le tout à siccité, verse dessus une dissolution d'ammoniaque dans l'alcool, filtre, précipite par de l'acétate de plomb basique, et décompose le précipité par de l'hydrogène sulfuré. Par Tévaporalion on obtient alors une masse hygroscopique, jaune rougeâtre. et entremêlée de cristaux, et c'est cette masse que Di>lk considère comme le principe colorant pur. II lui donne le nom de rhéine. Les analyses que Rrandes a faites de cette substance, ainsi que de la combinaison barytique, ne présentent pas des résultats concordants, et tout le travail demande par conséquent à être repris.
Rumicine. — Ce principe a été découvert par Geiger dans la racine de Rumex patientia ,• on l'extrait par le même procédé que la rhabarbarine. Il possède presque toutes les propriétés de cette dernière, et il serait possible qu'elle fût identique avec elle.
Rhaponticine (jaune de rhubarbe . — Hornemann a trouvé cette matière colorante dans la racine de Rheum rhaponticum. Pour l'obtenir on mélange l'extrait de cette racine avec de l'eau tant qu'il se forme un précipité jaune ; après l'avoir lavé à l'eau froide et à l'alcool, on le dissout dans l'alcool bouillant ; la rhaponticine cristallise alors par l'évaporation spontanée. C'est une
poudre cristalline, jaune et brillante, sans saveur ni odeur ; elle est peu soUible dans l'eau et dans l'alcool froid, elle se dissout avec facilité dans l'alcool bouillant, l'éther et les alcalis. Lf protonitrate de mercure, le chlorure de [)latine et le chlorure d'or ()récipitenl sa solution alcoolique. On prétend qu'elle renferme (le l'azote.
rutéoline (isune de gaude). — Toutes les parties de la gaude Heseda Lutcola L.) renferment un principe colorant qui communiquée l'extrait aqueux de cette plante une couleur jaune, qui est verdMre par l'emploi de lieaucoup d'eau. Les acides font pâlir la couleur; les alcalis, ainsi que certains sels neutres, la rendent plus foncée. La décoction donne de beaux précipités jaunes avec l'alun, le proiochlorure d'étain et l'acétate de plomb; avec le protosulfate de fer elle produit un précipité gris noirâtre, et avec le sulfate de cuivre un autre de couleur brun verdâtre.
La lutéoline, que Chevrell a le premier isolée, peut être sublimée et s'obtenir ainsi en aiguilles. Elle se dissout dans l'eau avec une couleur jaune pâle, elle se dissout avec la même teinte dans l'alcool et dans l'éther. Elle se combine avec les acides et avec les bases. La combinaison qu'elle forme avec la potasse est d'un jaune doré, verdit peu à peu à l'air, et devient enfin d'un beau rouge.
Cette partie colorante de la gaude est d'un emploi assez fréquent en teinture.
Quercitrin jaune du quercitron, acide quercitrique . — Ce principe colorant a été extrait par Chevreul de l'écorce du Quercus nigra L. {Quercus tinctoria Mich.); Bolley, qui la examiné, le représente par la formule C,6 H,c O» -|- aq.
On l'obtient en épuisant l'écorce pulvérisée par de l'alcool de 0,84 et «lans un appareil de déplacement, précipitant le tannin par de la gélatine ou par un peu de chaux, et évaporant le liquide filtré. On le purifie en le dissolvant à plusieurs reprises dans l'alcool, ajoutant de l'eau et évaporant la dissolution.
C'est une pouilre cristalline, d'im jaune dechrôîne ou de soufre, sans odeur, légèrement amère, soluble dans 400 parties d'eau bouillante, et dans 4 ou 5 parties d'alcool absolu. Elle ne s'altère pas il l'air ; sa solution prend peu à peu une teinte rouge brun.
THVITK
I.»' (jiicroiliiii (loiiiif |i;ii la (lixiillatinii sôclio un sublimô j.iuiu' qui se conorrlc par le rcfioidissciiiciil ; cti miiur temps il laisse lin résidu de eliar hoti ; (juaiid (mi le rhanlle avec un niclnni;e d'aeide suiriiricpie el de peroxide de nia!ii;.iiièse, d loiniiit (le 1 acide |(iiinit|ue. Sa disxilnlioii i-éai;il acide el iicuir alise jiarf'idenieid ICau deharyle; ellesallèi-e par l'évaporalion.
J-c sel de ploinl) (pTon oitlient en préeipitaiit la dissolidion ;dcoolique du ipiereilrui par une dissolution éf^alement îdcoolicpie d'acélat»' (le |)lonib , préseide la coniposilion C,^ II,,. O... -\-Vh
O. JÎOI.I.KY.)
Marin ^principe du bois jaune . — Le bois du J >' ro us on lilia ou. Monis lincloria, conmi sous le nom de //oo- jaune, renferme une nmtière colorante ipn a élé extraite par ( Jii:\ i!i:i,i, à l'état de |)Ureté. On l'obtient en épuisant le bois par l'eau, évaporant l'extrait jusipià ce qu'd dépose des cristaux par le refroidissement, dissolvant ces cristaux dans l'étlier et évaporant de nouveau.
Ce principe forme des aiguilles jaunes, raccourcies et groupées ensemble; il est amer, et rétablit la couleur jaune du curcuma bruni par l'eau de chaux; ri est peu soluble dans l'eau, même à lébullition ; la dissolution concentrée dépose par le refroidissement des flocons cristallins ; il est plus soluble dans l'alcool, et mieux encore dans l'étlier; ces dissolutions le déposent par révaporation à l'état cristallin.
Lorsqu'on le chauffe en vases clos, il fond et donne à la distillation un liquide jaune qui se 'prend par le refroidissement en aiguilles jaunes ou rougeàtres , qui colorent en vert le sulfate de fer ; il passe en même temps de l'eau, de l'huile erapyreumatique et du gaz, et il ne reste que peu de charbon.
L'acide nitrique bouillant le transforme en acide oxalique ; l'acide sulfurique concentre le dissout avec une couleur orangeverdàtre.
Sa solution aqueuse rougit à lair ; l'acide nitrique lui communique également une teinte rougeâlre en la troublant ; l'acide sulfuri(p]e concentré et les alcalis augmentent l'intensité de la couleur jaune sans occasionner de trouble. Une dissolution d'alun la colore en jaune-verdàtre, le sulfate de fer la précipite en vert.
f On retire quelquefois du bois jaune, outre le morin que nous venons de décrire, des cristaux plus clairs, le morin blanc, qui diffère quelque peu du précédent par ses propriétés, notamment par sa réaction avec le sulfate de fer^ qu'il ne colore pas en vert, mais en rouge grenat.
Jaune de fustet. — Le fustet est le bois du lîhus Cotinus, L. ; il renferme un principe jaune, probablement cristallisable. On l'obtient ordinairement à l'état d'un vernis orangé , tirant sur le vert, et doué d'une saveur astringente; il est très soluble dans Teau. L'acide sulfurique concentré le dissout avec une couleur orangée, un peu brunâtre. Sa dissolution aqueuse prend par la potasse caustique une belle couleur pourpre qui devient peu à peu rouge-jaunûire ; l'eau de baryte et l'ammoniaque se comportent à peu près de môme 5 l'alun et leprotocblorure d'étain avivent la couleur jaune de la solution aqueuse ; l'acétate de plomb et l'acétate de cuivre y précipitent des flocons rouges ; les sels de protoxide de fer la colorent en vert d'olive et occasionnent en même temps ut» précipité brun.
La solution de ce principe jaune communique à la laine alunée une belle couleur orange , tirant légèrement sur le vert.
Jaune de carthame. — On le prépare en épuisant le carthame {Carlhamus linctorius) avec de l'eau. En faisant digérer l'extrait avec de l'alcool, évaporant la dissolution, traitant de nouveau par l'éther et l'alcool, on obtient la matière colorante plus pure. C'est une masse d'un jaune-brunâtre foncé, molle, d'une saveur à la fois mordicante, salée et amèie, et très soluble dans l'eau; toutefois, lorsqu'elle a été bien purifiée, elle ne se dissout qu'en partie dans ce liquide. La solution réagit légèrement acide ; la portion insoluble dans l'eau est visqueuse et se dissout assez bien dans l'alcool et l'éther ; cette dissolution ne ré;igit pas acide. L'eau trouble cette dernière, en précipitant des flocons jaune clair. Les acides décolorent un peu la solution aqueuse, les alcalis la rendent rougeâtre et plus foncée; le perchlorure de fer lui communique également une teinte plus foncée; il n'agit pas de la même manière sur la dissolution alcoolique. Le protochlorure d'élain et lacétale de plomb précipitent en jaune la solution
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;u] lieuse-, U' sullaltt ilo cuivre y oicdsioimc un précipité vert il itlive.
I.;i nialit'ie color.ujl»' préparée roimne ou vieiil de le dire n'est pa> puie^ elle reuloruic eucoro des parties forasses et d'autres suhslarices. On ne la connaît pas à l'état de parfaite pureté.
/aune de dalisca. — Les feuilles et les jeun<!S li^jes du Dalixca cainuibina rcinfennenl un principe jaune parliriilier. (^'est une masse jaune-bruiiAtre et tianspaienle, d'une saveur ainère, très suluble dans Teau; la solution jaune devient plus pâle par refîet des acides; les alcalis la iiMuU'tit plus foncée; l'alun avive la couleur jaune; I acétate de plomb ne [irécipite pas la solution; les sels mercuriels y occasionnent un précipité. L'alcool dissout fort peu le principe jaune. Ce corps communique une teinte jaune fort durable aux laines alunées.
Plusieurs plantes renferment des principes jaunes analogues; telles sont les feuilles de Narcissus pseudo-narcissus, Genista tinctorla. Serratula tinctoria, Beiiila alba, les noix de galles, etc.
Graine d'Avignon. — Cette graine est le fruit vert du Bhamnus cathartica, Klmmnus infectoria, etc.; elle renferme une matière colorante jaune qui possède une saveur amère et nauséabonde. Ce principe est soluble dans l'eau ; les alcalis le brunissent, l'alun occasionne dans sa solution un précipité jaune ; le protochlorure d'étain et l'acétate de plomb le précipitent également en jaune. Le perchlorure de fer lui communique une teinte plus foncée sans le précipiter. D'après Chevrkul, cette matière colorante se volatilise par la chaleur, lorsqu'elle est pure, sans se décomposer. On s'en sert dans la fabrication du stil de grain.
Jaune de safran (polychroïte). — L extrait aqueux du safran {Crocus sativus) cède à l'alcool une matière colorante jaune. C'est une masse d'un jaune-rougeâtre foncé, très soluble dans l'eau et l'alcool, presque insoluble dans l'éther et dans les huiles, d'une légère odeur de miel et d'une odeur satVanée et amère. La solution aqueuse, répandue sur une plaque de verre, colore l'acide sulfurique d'abord en bleu foncé, puis en brun ; l'acide nitrique lui donne d'abord une teinte verte qui s'altère peu à peu.
Suivant Henry, cette substance renferme encore de l'huile et de l'acide. Lorsqu'on l'en a purifiée au moyen de l'éther ou des
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alcalis, elle est rou{;eécarlateen masse, sans odeur, peu amène, très peu soluble dansTeau avec une teinte jaune, fort soluble dans l'alcool avec une couleur jaune-rouj^eâtre, soluhle dans l'élher, les huiles grasses et les huiles essentielles. Les alcalis la dissolvent aisément ; les acides précipitent la solution. Du reste, elle se comporte comme il a déjà été dit; la lumière l'altère promptement.
Jaune du Lichen parictinus. — On le prépare, suivant Schka- DER, en épuisant la pl.mte avec de l'alcool bouillant ; il cristallise alors par le refroidissement de la solution eu lamelles allongées et brillantes que l'on peut pétrir entre les doigts. Ces cristaux fondent aisément par la chaleur et se tigent en une masse qui se pulvérise fort mal.
11 est insoluble dans l'eau, soluble dans l'alcool , l'éther et la potasse. D'après Herkergkr, on peut le sublimer en partie. L'acide sulfurique concentré le dissout avec une couleur cramoisie, qui devient bientôt d'un rouge de sang. La solution alcaline est aussi cramoisie au commencement, mais elle finit par devenir violette ; les acides en séparent la matière colorante à l'état de flocons jaunes. Le protuxide d'étain et l'oxide de plomb forment avec elle des précipités blancs.
Lorsqu'on maintient la matière colorante jaune en ébullition avec de l'eau, elle s'y dissout en partie -, la portion dissoute se précipite par le refroidissement à l'état rouge et cristallin-, elle est irjsoluble dans l'eau froide, très soluble dans l'alcool, l'éther, les huiles grasses et les huiles essentielles. L'acide sulfurique, les alcalis caustiques et les alcaUs carbonates la dissolvent avec une couleur rouge -, le protoxide d'étain et l'oxide de plomb donnent avec elle des combinaisons rougeâtres.
Le lichen renferme 8 5 pour cent de matière colorante dont - ) de [irincipe rouge.
Spiréine. — C'est le principe jaune des fleurs de reine des prés {Spirœa ulmaria); on peut l'en extraire au moyen de l'éther. On le précipite de la solution éthérée avec de l'eau, on le dissout en suite dans l'alcool, qui sépare, par le refroidissement, de la matière grasse. Par l'évaporation du liquide, on obtient enfin la spiréine. Pour l'avoir parfaitement pure, il faut la dissoudre à plusieurs reprises dans l'alcool.
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CVst une poudro j.iiine et (.'rislilliiii', insoluble dans l'eau, tort solulile dans l'éther el Talcool. Les solutions concentrées sont vert foncé; A l'état étendu, elles soïit jaunes et roui;issenl, léi^èremeiit le tournesol, l-es alcalis causticjues la (liss()lv<'nt avec une couleur jaune; elle expulse raci(l(îc.iil)(»ni(iue l()rs(|u'on la cliauH'e avec une solution de carbonate de potasse; les acides l'en précipitent sans allération. Les solutions alcalines brunissent à l'air et se décomposent. /
L'eau de bar\te , le sulfate d'alumine et l'émétiquc précipitent en jaune la solulion alcoolique ik. la spiréine, l'acétate de plomb y produit un préi'i|)ilé cramoisi qui noircit par la dessiccation. Les sels de protoxide de fer la précipitent en vert foncé , ceux de peroxide en noir; les sels de zinc méianj^és d'un peu d'anmioniaque donnent un préci[)ité jaune solulile dans un excès d'ammoniaque. La combinaison avec l'oxide de cuivre est d'un vert-pré.
Le nitrate d'argent ne précipite la solution alcoolique que par une addition d'ammoniaque, qui ne dissout pas le précipité noir ainsi produit. î^e protonitrate de mercure donne un précipité brun-jaunâtre qui devient bientôt brun foncé. Le sublimé corrosif, le chlorure d'or elle chlorure de platine ne précipitent pas la solution.
LoKwiG et Weidmann ont trouvé daris la spiréine 59,94 carbone, 5.14 hydrogène et 34,92; ils calculent de ces nombres la formulée,; II, o O, qui exige une quantité de carbone bien moindre que celle quia été trouvée par l'expérience. La combinaison plombique obtenue en précipitant la dissolution alcoolique de la spiréine par une dissolution également alcoolique d'acétate de plomb aurait, suivant eux, la composition C,^ II, « O, + Pô O.
La spiréine se décompose à une température élevée. L'acide nitrique concentré la dissout à chaud avec une couleur rouge, et ne l'altère que par une ébullition prolongée, sans former toutefois de l'acide oxalique.
Distillée avec un mélange d'acide sulfurique et de protoxide de manganèse ou de bichromate de potasse, elle fournit de l'acide formique et de l'acide carbonique.
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L'acide sulfuriqut; la dissout s.'ins altération, et l'eau la précipite intarte de cette dissolution. J/acide liydroctilorique est sans action sur elle. Le brome la décompose en déj^'agcant de l'acide liydrobromique, et en produisant une masse rouge particulière, composée de plusieurs combinaisons. (LoKWin etWi:iDM\NN.)
6'/ie/irfoxan//M/ie. —Principe jaune et amer contenu dans la racine, les feuilles et les fleurs du Chelidonium mnjus. Il forme des aiguilles confuses; le plus souvent, on l'obtient à l'état d'une masse jaune, friable, peu soluble dans l'eau froide, assez soluble dans l'eau bouillante; il est insoluble dans l'étber et se dissout assez bien dans l'alcool aqueux. Les solutions sont d'un jaune intetise, possèdent une saveur extrêmement amère et ne sont altérées ni par les acides ni par les alcalis. La dissolution aqueuse est précipitée par l'infusion de noix de galles. (Probst, voir yinn. der Pharm. t. XXIX, p. 128.)
Xanlhophylle ou jaune des feuilles. — On l'extrait des feuilles jaunes qui tombent en automne , en les épuisnnt avec l'alcool et évaporant la solution jusqu'au buitième. Le résidu dépose alors une substance grasse dont on obtient encore davantage en éloignant complètement l'alcool. C'est là le principe jaune mêlé d'une huile grasse et d'une graisse solide qu'on peut enlever en partie en les saponifiant et en traitant par l'étber à froid ; toutefois, on nt' parvient pas à l'en dépouiller d'une manière complète. Le princi[)e jaune des feuilles dérive probablement de la chlorophylle principe vert . Cependant, on n'a pas encore réussi à reconvertir cette dernière enxanthophylle.