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Traité de chimie organique

La chimie organique traite des matières qui se produisent dans les organes par l’action de la force vitale, et des décompositions qu’elles éprouvent sous linfluence d’autres substances.

Les principaux éléments qui constituent les corps organiques sont: le carbone, l’hydrogène, l’oxigène et l’azote ; toutes les substances organiques renferment deux, trois ou quatre de ces éléments; rarement elles contiennent en outre du soufre et du phosphore.

Les différences fondamentales dans les propriétés des corps organiques ne dépendent pas, comme en chimie minérale, de la diversité des éléments constituants, mais bien des proportions pondérales dans lesquelles ceux-ci sont combinés, ou, à égalité de composition, de la manière dont ils se trouvent Ehounds.

L’objet principal de la chimie organique est donc la begherghe de la composition, des propriétés et des réactions des combinaisons organiques, et du mode de groupement de leurs éléments. Par la connaissance de ces divers caractères, on parvient à établir des rapprochements entre certains groupes de composés organiques, et, par cela même, à apprécier le rapport intime qui les rattache les uns aux autres. Une théorie sur la constitution d’une série. de composés n’est autre chose que Pexpression de ce rapport.

Aucune substance organique ne renferme dans une molécule (un atome) moins de trois équivalents d’éléments ; quelquefois deux molécules sont unies de manière que la somme de leurs parties constituantes se trouve être égale à trois équivalents, comme c’est le cas, par exemple, pour le cyanogène, qui contient 2 équivalents de carbone et 1 équivalent d’azote. On ne connaît pas de combinaisons organiques dont la molécule ne renferme que 2 équivalents d’éléments ; quant au nombre d’équivalents contenus dans les molécules complexes, on en ignore absolument la limite.

Des expériences faites jusqu’à ce jour, il semble résulter que les molécules organiques simples sont des combinaisons d’un élément avec certains corps composés appelés radicaux composés, et jouant le rôle de corps simples, et que les molécules organiques complexes sont formées par la

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réunion de plusieurs de ces radicaux ou par celle de leurs combinaisons avec d’autres corps.

Ces radicaux, s’ils étaient tous connus, nous fourniraient les moyens les plus sûrs pour établir la constitution des corps organiques ; mais on conçoit qu’ils doivent être plus difficiles à isoler que les éléments inorganiques, attendu que ces derniers, une fois à l’état libre, n’éprouvent plus, comme eux, de transformation ultérieure. Jusqu'à présent on n’a isolé que deux radicaux: le cyanogene et le mellon, qui se distinguent par la simplicité de leur composition. Quant aux autres radicaux complexes, que nous connaissons seulement à l’état de combinaison avec d’autres corps, on n’est pas encore parvenu à les isoler, parce qu’ils se décomposent, soit seuls, soit au contact des corps qu’on emploie pour les séparer en de nouvelles combinaisons d’une composition plus simple; ils se rapprochent done beaucoup de certains composés inorganiques de la nature de l'acide nitrosulfurique, qui ne possèdent une certaine stabilité qu’autant qu’ils sont combinés avec d’autres corps, et qui, au moment de s’en séparer, se décomposent en de nouveaux produits.

Dans les combinaisons des radicaux composés, on retrouve, à peu de

chose près, les propriétés des combinaisons formées par les corps simples ; ainsi, il existe des acides organiques correspondant aux oxides des corps non métalliques, et des bases organiques correspondant aux oxides métalliques. Enfin, les hydracides organiques à radical composé présentent les mêmes caractères que les hydracides à radical simple de la chimie minérale.

- L’ammoniaque constitue une hydrobase fort curieuse, qui ‘est sans analogue en chimie inorganique ; elle forme l’hydrure d’un radical composé, et se comporte dans la plupart des cas comme un oxide métallique salifiable. Les hydracides se combinent, comme on sait, directement et sans le concours de l’eau, avec les oxides métalliques, et produisent des sels en séparant de Veau. L’ammoniaque, au contraire, l’hydrobase par excellence, lorsqu’elle se combine directement et sans l’intervention de l’eau avec les acides oxigénés, ne donne pas de sel, c’est-à-dire de corps dans lequel la base puisse être déplacée par une autre base, et l’acide par un autre acide; elle n’occasionne la formation des corps salins qu’autant qu’une certaine quantité d’eau y reste combinée, et, en cela, elle présente donc un caractère tout à fait opposé à celui des acides hydrogénés.

Comme, dans les sels neutres formés par les acides organiques, on observe le même rapport constant entre l’oxigène de la base métallique et celui de lacide, que dans les sels produits par les acides minéraux, il était très naturel d’admettre que dans les acides organiques l’oxigène était renfermé sous la même forme que dans les acides minéraux , ‘et de les considérer par cette raison comme des oxides à radicaux composés. Cette manière de voir avait été émise par Berzéuivus déjà dans les premiers temps du développement de la chimie organique.

Parmi les acides-plus complexes, il y en a quelques-uns que l’on peut

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vonsiderer, par analogie avec la combinaison d’acide sulfurique et d’acide chromique, comme des combinaisons doubles de deux oxides organiques, qui demeurent unis en neutralisant les bases , ou bien comme les oxides de la combinaison de deux radicaux organiques. Dans les circonstances actuelles, des expériences décisives ne sauraient être faites sur cette classe de corps, car on ne connait pas même d’une manière satisfaisante la constitution des combinaisons qu’on regarde comme parties intégrantes de ces molécules complexes.

Quoique les oxides à radicaux composés, possédant les caractères des acides, fussent admis sans hésitation par les chimistes, et qu’on püt prévoir. à priori l'existence d’oxides doués de propriétés contraires, lil se passa bien.du temps avant qu’on introduisit dans la science de pareils oxides basiques. Ce fut enfin la découverte ‚de la nature de l'esprit de hois qui décida.en faveur de leur existence. L’oxide d’éthyle et l’oxide de méthyle peuvent en effet être considérés comme les types de ces corps : ils remplacent l’eau dans les acides hydratés, etne se combinent avec les hydracides qu’autant qu’il y a en même temps séparation d’une certaine quantité d’eau, aux dépens de l’oxigène de J’oxide et de l'hydrogène de l'acide.

L’ammoniaque constitue le type d’une classe particulière de bases organiques, qui, à l'instar de la mélamine et de l’amméline, ne forment,pas de sels sans.le concours de l’eau.

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