ET AVEC LE SOUFRE
Les combinaisons du méthyle avec le chlore, le brome et liode S’obtiennent ou bien directement, en faisant agir un hydracide sur lhydrate d’oxide de méthyle, ou bien en distillant un mélange de sulfate d’oxide de méthyle avec un sel haloïde métallique correspondant.
Dans le premier cas, l’oxigène de l’oxide de méthyle se combine avec l’hydrogene de l’hydracide, pour former de l'eau, tandis que le corps halogène prend sa place. Ainsi, par exemple, l'acide chlorhydrique, en se décomposant avec l’hydrate d’oxide de méthyle, donne du chlorure de méthyle et 2 équivalents d’eau :
Dans l’autre cas, le métal du sel haloïde s’oxide aux dépens de l’oxigene de l’oxide de méthyle, pour former un oxide métallique qui, à son tour, se combine avec l'acide sulfurique, tandis que le corps halogène s'empare du méthyle mis en liberté : ainsi, en traitant du sulfate d’oxide de méthyle par du fluorure de potassium, on obtient du sulfate de potasse et du fluorure de méthyle:
SO;, O | Me K | F,
Les combinaisons du méthyle avec les corps halogènes sont sans réaction sur les couleurs végétales ; l’eau ne les altère pas et les alcalis caustiques aqueux ne les décomposent que très difficilement. Les dissolutions des alcalis dans l’alcool ou l'esprit de bois, les décomposent au contraire en sels haloïdes métalliques et hydrate d’oxide de méthyle. Les dissolutions métalliques n'indiquent pas la présence des corps halogènes dans les dissolutions de ces combinaisons dans l’alcool ou l'esprit de bois.
Elles sont très inflammables ; ’hydracide du corps halogène est un produit constant de leur combustion. Ainsi, le chlorure de méthyle dégage de l'acide chlorhydrique. Quand on les fait passer à travers un tube incandescent, elles se décomposent en hydracide du corps halogène, carbures d'hydrogène gazeux et inflammables, et résidu de charbon. |
Chlorure de méthyle.
Formule : C, H, + Cl, = Me Cl, (Dumas et PELIGOT). Synonyme : hydrochlorate de méthylène.
Composition :
1 at. de méthyle — 190,308 — 30,09 1 équiv. de chlore — 442,650 — 69,91
1 at. de chlor. de méthyle — 632,958 — 100,00
Le meilleur procédé pour obtenir cette combinaison à Pétat, de
pureté, consiste à distiller du sulfate d’oxide de méthyle avec du sel marin, ou bien un mélange de sel marin, d'acide sulfurique et d’hydrate d’oxide de méthyle. On recueille les produits de la distillation sous l’eau, qui retient l’acide sulfureux, l’hydrate d’oxide de méthyle et l’oxide de méthyle, qui se dégagent accidentellement. C’est un gaz incolore, d’une odeur éthérée et d’une saveur sucrée; l’eau en dissout 2,8 fois son volume à la température de 16° et sous la pression de 0,765. Il brüle avec une flamme blanche au milieu et verte sur les bords. Sa densité est égale à 1,7378, c’est-à-dire à 4 volumes; le calcul donne = ==1,729. Il ne se liquéfie pas à un froid de 18° au-dessous de zéro.
D'après REGNAULT, le chlore, sous l'influence des rayons solaires, décompose le chlorure de méthyle en acide hydrochlorique et de nouveaux composés chlorés (voir Combinaisons de formyle avec le chlore et Action du chlore et des autres corps halogènes sur le méthyle).
Jodure de méthyle.
Formule : Me J, (Dumas et PÉLIGOT).
Synonyme : hydriodate de méthylène.
Il renferme :
1 at. de methyle | — 190,308 — 10,77 1 équiv. diode — 1579,500 — 89,23
1 at. d’iodure de méthyle = 1769,808 — 100,00
On le prépare en distillant un mélange de 12 à 15 parties d’hydrate d’oxide de méthyle, 8 parties d’iode et 1 partie de phos- phore qu’on ajoute peu à peu par petits fragments. En versant de l’eau dans la liqueur passée dans le récipient, on obtient l’io dure de méthyle, qui se sépare immédiatement; on le purifie par de nouvelles distillations sur du chlorure de calcium et du massicot. ?
L’iodure de méthyle est un liquide incolore, brülant difficilement; il bout entre 40 et 50°; son poids spécifique est de 2,237 à 21°C.
Fluorure de méthyle.
Formule : Me, F, (Dumas et PÉLIGOT).
. On Pobtient en distillant du sulfate d’oxide de méthyle avec du fluorure de potassium. C’est un gaz incolore, d’une odeur éthérée agréable ; sa densité est égale à 1,186; il est assez inflammable et brüle avec une flamme bleue. L'eau en dissout une fois et demie son volume.
Cyanure de méthyle.
On le prépare en distillant le sulfate d’oxide de méthyle avec dû eyanure de potassium ou du cyanure de mercure. C’est un liquide éthéré, insoluble dans l’eau (Dumas et PELIGOT).
Sulfure de méthyle.
Formule : C, H,S — Me S (REGNAULT).
On le prépare facilement par double décomposition, en faisant réagir du chlorure de méthyle sur une dissolution alcoolique de monosulfure de potassium. À cet effet, on place ce dernier dans une cornue tubulée munie d’une allonge et d’un récipient; on fait arriver par la tubulure un courant de chlorure de méthyle. Quand la dissolution en paraît saturée, on chauffe légèrement la cornue; en maintenant le courant de gaz chlorure de méthyle; il se condense alors dans le récipient, qu'il faut avoir soin dé refroidir convenablement, un liquide volatil qui est le composé en question. Après l'avoir lavé à plusieurs reprises avec de l’eau, on le distille sur du chlorure de calcium.
En distillant un sulfure alcalin avec du sulfate d’oxide de méthyle, on obtient également un liquide éthéré d’une odeur alliacée, désagréable, qui ne paraît être autre chose que du sulfure de méthyle (Dumas et PÉLIGOT).
Le sulfure de méthyle est un liquide très mobile, d’une odeur extrêmement désagréable. Sa pesanteur spécifique est de 0,845 à 21° C. ; il bout à 41°. La densité de sa vapeur a été trouvée par expérience égale à 2,115, représentant 2 volumes ; le calcul donne le nombre 24° = 2,158 (REGNAULT).
Le chlore attaque très vivement ce corps et le fränsfortie en piusieurs nouveaux corps (voir Produits de décomposition du méthyle et de ses dérivés).
Sulfhydrate de sulfure de méthyle.
Lorsqu'on soumet à la distillation un mélange d’une dissolution de sulfate double d’oxide de méthyle et de potasse avec du sulfhydrate de sulfure de potassium, on obtient un ‚Corps doué d’une grande volatilité et d’une odeur analogue à à celle de la combinaison correspondante d’éthyle. Il se présente comme un liquide incolore, plus léger que l’eau; il bout à 21°, et se comporte avec l’oxide de mercure et de plomb comme le sulfhydrate de sulfure d’ethyle. La combinaison de mercure eristallise dans l'alcool en feuillets d’un blanc éclatant, qui n’entrent pas en fusion à 100° (W. GRÉGORY).
SELS OXIGENES DE METHYLÉ.
En se combinant avec les oxacides, l’oxide de méthyle donne naissance à des sels neutres et à des sels acides.
Dansles sels neutres, l’eau d’hydrate de l'acide est remplacée | par 1 équivalent d’oxide de méthyle. Les sels acides sont des combinaisons formées par 1 équivalent du sel neutre et 1 équivalent de l’hydrate de l'acide
Les sels d’oxide de méthyle présentent, avec les solutions métalliques, les mêmes réactions que les sels d’oxide d'éthyle correspondants; ainsi, en connaissant l’histoire de ces derniers, il est facile d’en déduire celle des composés de méthyle.
Les oxides métalliques anhydres ne les altèrent pas, tandis que les alcalis hydratés les décomposent avec beaucoup de facilité. LOEWIG avait annoncé que, dans ce cas, il ne se forme pas d’ hydrate d’oxide de méthyle; cependant les expériences de MaLa- GUTI et celles de BOECKMANN prouvent que cette assertion est tout à fait erronée.
Sulfate neutre d'oxide da, méthyle.
Formule : Me O, SO, (Dumas et PÉLIGOT).
Synonyme : Sulfate de méthylène.
Composition :
1 at. de méthyle — 190,308 — 24,3
1 at. d’oxigene — 100,000 — 12,5
1 at. d’acide sulfurique — 501,160 — 63,2 LR ELLI BRIAN ea ran “A Mutaee"
1 at. de sulfate d’oxide de méthyle = 791,468 — 200,00
Quand on met en présence l'acide sulfurique concentré avec l’hydrate d’oxide de méthyle, il se passe une réaction analogue à celle qui a lieu avec le même acide et l'alcool, c’est-à-dire il ya formation de bisulfate d’oxide de méthyle, qui, par la chaleur, se décompose en se charbonnant en acide sulfureux, oxide de méthyle et sulfate neutre d’oxide de méthyle. La quantité de sulfate neutre d’oxide de méthyle qu’on en retire est d'autant plus grande, qu’on emploie plus d’acide sulfurique.
Tous les autres phénomènes qu’on observe dans cette opération, sont les mêmes que ceux qui se présentent dans la décomposition de l'alcool par l'acide sulfurique.
Nous avons déjà dit plus haut que le gaz oxide de méthyle se combine directement avec l'acide sulfurique anhydre, pour former du sulfate neutre d’oxide de méthyle (REGNAULT).
Lorsqu'on veut préparer du sulfate neutre d’oxide de méthyle, il convient de distiller 1 partie d'hydrate d’oxide de méthyle avec 8 à 10 parties d’acide sulfurique. Dans le récipient, on recueille du sulfate neutre de méthyle, insipide, sous forme d’un liquide huileux. On lave celui-ci avec de l’eau froide, pour lui enlever l'acide sulfurique ; on le sèche ensuite au moyen du chlorure de calcium, et pour le délivrer de l'acide sulfureux, on le rectifie sur de la chaux vive.
C’est un liquide incolore, d’une odeur alliacée ; sa pesanteur spécifique est de 1,324 à 22° C. Il bout à 188° C. sous la pression de 0,761 et distille sans altération. La densité de sa vapeur est de 4,3634 ; il se compose donc de volumes égaux d’acide sulfurique anhydre et d’oxide de méthyle, condensés en un seul.
Il est décomposé très lentement par l’eau froide et très vite au contraire par l’eau bouillante ; il se forme dans ce cas du bisulfate d'oxide de méthyle et de Phydrate d’oxide de méthyle. On peut le
distiller sur des alcalis anhydres ou des oxides métalliques insolubles, sans qu’il s’altere; mais les alcalis hydratés le détruisent immédiatement, en donnant naissance aux mêmes produits que l’on ohtient par l’Ebullition dans l’eau, avec la différence que l’alcali se combine avec le bisulfate d’oxide de méthyle, pour former un sel double.
Chauffé dans une cornue avec un chlorure métallique, avec du cyanure de potassium, ou avec un benzoate, un succinate ou un autre sel à base d’alcali, il se décompose en chlorure ou cyanure de méthyle, ou bien en benzoate ou succinate d’oxide de méthyle, produits qui passent dans le récipient.
En présence de l’ammoniaque sèche ou dissoute dans l’eau, il se convertit en sulfaméthylane.
On peut employer ce composé pour préparer toutes les autres combinaisons d’oxide de méthyle.
Bisulfate d’oxide de méthyle.
Formule : Me O, aq., 2 SO.
Synonyme : acide sulfométhylique.
Cette combinaison se forme quand on mêle de l'acide sulfurique concentré avec de l’hydrate d’oxide de méthyle, ou bien qu’on dissout le sulfate neutre dans l’eau bouillante. Elle a été découverte en même temps par Dumas et PELIGOT et par KANE.
On se la procure facilement en traitant le sulfate double d’oxide de méthyle et de baryte par l'acide sulfurique étendu, ajouté par petites portions. On filtre le mélange et on évapore le liquide passé dans le vide sur de l’acide sulfurique.
On obtient cette combinaison avec la même facilité, en décomposant le sulfate double d’oxide de méthyle et de plomb par l'hydrogène sulfuré.
La meilleure manière de l'obtenir très pur consiste à abandonner à l'évaporation spontanée la dissolution du sulfate neutre dans l'eau bouillante.
C’est un liquide sirupeux, incolore, très acide, qui, dans l'air sec, se prend en une masse composée d’aiguilles blanches.
La combinaison obtenue au moyen du sel de baryte se décompose dans le vide, en dégageant de l’acide sulfureux ; celle qu’on obtient au moyen de sulfate neutre est plus stable. La chaleur accélère cette décomposition.
Elle se mêle en toutes proportions avec l’eau, et se dissout dans l'alcool.
Mise en contact avec les bases, elle se combine avec elles et forme des sels doubles, dans lesquels l’eau d’hydrate de l'acide est remplacée par 1 équivalent d’oxide métallique.
Tous ces sels doubles sont solubles dans l’eau.
Sels doubles du sulfate d’oxide de méthyle.
Synonymes : sulfométhylates.
Les combinaisons doubles solubles que forme le bisulfate de méthyle avec les oxides métalliques, se décomposent, quand on les fait bouillir ou qu’on les évapore, en d’autres combinaisons, qui correspondent à celles que produit l’éthyle.
Soumises à la distillation sèche, elles donnent, entre autres produits, une grande quantité de sulfate neutre d’oxide de méthyle.
Le sulfate double d’oxide de méthyle et d’oxide d’ammonium et celui d’oxide de méthyle et d’oxide d’éthyle n’ont pas encore été obtenus.
Sulfate double d’oxide de méthyle et de potasse. — Formule : Me O, KO, 2 SO, + aq. (Kane).
On se procure ce sel en précipitant le sel double de baryte ou de plomb par du carbonate de potasse. Il cristallise en tables rhomboïdales, qui possèdent l’éclat de la nacre de perle et se liquéfient à l'air humide. Elles se distinguent de la combinaison correspondante de l’éthyle par l’eau de cristallisation qui manque dans cette dernière. |
Quand on dissout du sulfate double d’oxide de méthyle et de potässe dans une dissolution saturée de ferrocyanure de potassium, on obtient, par l’évaporation du mélange, d’abord une quantité considérable d'un sel cristallin, jaune, insoluble dans l'alcool, et plus tard un sel blanc soluble dans l'alcool.
DE CHIMIE ORGANIQUE. 551 Ces deux sels ont été découverts par GREGORY; ce sont des combinaisons doubles. Le sel jaune est une combinaison de ferrocyanure de potassium avec du ferrocyanure de méthyle, et le sel blanc une combinaison de cyanure de méthyle avec du bisulfate de potasse et du sulfate double d’oxide de méthyle et de potasse. Ces deux combinaisons méritent un examen plus approfondi.
Sulfate double d’oxide de méthyle et de baryte. — Formule : Me O, Ba O,2 SO; +2 aq (Dumas et PELIGOT). |
Pour le préparer, on se procure d’abord un mélange de parties égales d'acide sulfurique concentré et d’hydrate d’oxide de méthyle, qu’on porte à l’ébullition ; après le refroidissement, on y ajoute de l’eau. On sature la liqueur ainsi obtenue, d’abord par du carbonate de baryte, et enfin par de la baryte caustique. Après avoir enlevé l'excès de baryte par un courant d'acide carbonique, on évapore le liquide à une douce chaleur jusqu’à cristallisation. Le sel double cristallise alors en tables à base carrée ou en lamelles incolores, transparentes, qui g’effleurissent à Pair, dans le vide, ces cristaux perdent toute l’eau de cristallisation en devenant opaques.
Ce sel sert à la préparation du bisulfate d’oxide de méthyle, et, comme il se décompose très bien avec d’autres sulfates métalliques, on peut également l'employer pour produire les autres sels doubles de bisulfate de méthyle. |
Sulfate double d’oxide de méthyle et de plomb. — Formule : Me O, Pb O, 2 SO; + ag. (KANE). |
On le prépare comme le sel précédent, en saturant le mélange d'acide sulfurique et d’hydrate d’oxide de méthyle par de l’oxide de plomb; il est deliquescent. Kane est parvenu quelquefois & obtenir ce sel sous la même forme que le sel de baryte, et ayant alors 2 atomes d’eau de cristallisation. | IR Le phosphate d’oxide de méthyle n'a pas encore été préparé.
Nitrate d’oxide de méthyle.
Formule : Me O, N: O, (Dumas et PÉLIGOT).
Composition :
559 TRAITE 2 at. de carbone — 152,870 — 15,8 6 at. d'hydrogène — 37,438 — 3,8 2 at. d'azote — 177,040 — 18,3 6 at. d’oxigene = 600,000 — 62,1
1 at. denitrate d’oxide demethyle = 967,348 — 100,0
La réaction que l’acide nitrique. exerce sur l’hydrate d’oxide de méthyle n’est pas la même que celle qu’il fait éprouver à l’alcool; tandis que ce dernier en est décomposé avec une grande facilité, en donnant naissance à des produits oxigénés et à du nitrite d’oxide d’éthyle, l’hydrate d’oxide de méthyle n’en est altéré que par l’ébullition. Quand on emploie un grand excès d'acide nitrique concentré, il se forme de l’acide formique et de l'acide oxalique, mais point de nitrite ou de nitrate d’oxide de méthyle. Le nitrite d’oxide de méthyle paraît ne pas exister ; le nitrate au contraire est très facile à obtenir.
À cet effet, on introduit dans une cornue 1 partie de nitrate de potasse et un mélange de 2 parties d’acide sulfurique concentré avec 1 partie d’hydrate d’oxide de méthyle ; la masse s’échauffe beaucoup et le produit en question distille, sans qu’on ait besoin de recourir à la chaleur artificielle, Il faut avoir soin de bien refroidir le récipient ; il s'y condense deux liquides, dont le plus pesant est le nitrate d’oxide de méthyle ; il est mélangé avec une matière très volatile, peut-être du formiate d’oxide de méthyle, qui lui communique une odeur d’acide prussique.
Pour l'obtenir pur, on le rectifie sur un excès de chlorure de calcium et de litharge; les dernières portions qui passent sont parfaitement pures.
C’est un liquide incolore, d’une odeur éthérée faible, d’une densité de 1,182 à 22% ; il bout à 66°, s’enflamme facilement et brüle avec une flamme jaune. Quand on chauffe la vapeur de ce corps au-dessus de 120°, elle se décompose avec une violente détonation, en produisant de l’acide carbonique, de l’eau et du deutoxide d’azote.
Il est soluble dans l’eau et se mêle en toutes proportions avec l'alcool, l’éther et ’hydrate d’oxide de méthyle.
Il est décomposé lentement par l’ammoniaque et la potasse
DE CHIMIE ORGANIQUE. | 553 caustique aqueuse, et très rapidement par une dissolution alcoolique d’hydrate de potasse ; les produits qui se forment dans ce cas sont du nitrate de potasse, qui se sépare en cristaux, et de l'hydrate d’oxide de méthyle.
Carbonate d’oxide de méthyle.
Le sel neutre n’est pas connu. Les sels doubles qu’il forme avec les carbonates alcalins s’obtiennent de la même manière que les combinaisons d’ethyle correspondantes.
Oxalate d’oxide de méthyle.
Formule : Me O, O (Dumas et PÉLIGOT).
Composition :
4 at. de carbone 305,740 — 41,18 6 at. d'hydrogène — 37,438 — 5,04 4 d’oxigene — 400,000 — 53,78
Ta 1 at. d’oxalate de méthyle — 743,178 — 100,00
ET
Pour l'obtenir, il faut distiller un mélange de parties égales d’acide sulfurique concentré et d’hydrate d’oxide de méthyle, ou bien 2 parties d'acide sulfurique, 1 partie de bioxalate de potasse et 1 partie d’'hydrate d’oxide de méthyle. On obtient dans le récipient de l’oxalate d’oxide de méthyle, qui est en partie dissous dans un excès d’esprit de bois, et en partie solide à l’état de pureté. On abandonne le tout à l’évaporation spontanée dans un endroit chaud, on presse les cristaux, qui se déposent entre des doubles de papier joseph, et on les soumet à la distillation sur de l'oxide de plomb, pour leur enlever l'acide oxalique libre.
Ce corps se présente en masse blanche, solide, transparente et brillante, formée de tables rhomboïdales ; il fond à 51° et bout vers 161°. Il se dissout facilement dans l’eau, en se décomposant en hydrate d’acide oxalique et hydrate d’oxide de méthyle.
Il se dissout facilement dans l'alcool et dans l’hydrate d’oxide de méthyle, mieux à chaud qu’à froid. Une dissolution saturée à chaud le dépose, par le refroidissement, en grands crisfaux transparents.
L’assertion de Logwic, que l’oxalate d’oxide de méthyle ne donne pas d’hydrate d’oxide de méthyle, quand on le traite par l'hydrate de potasse, est erronée, comme le prouvent les expériences de MALAGUTI et de BOECKMANN.
L’ammoniaque sèche convertit l’oxalate d’oxide de méthyle en oxaméthylane; l'ammoniaque liquide le change en oxamide et hydrate d’oxide de méthyle; la réaction est la même que celle qui a lieu avec la combinaison correspondante de l’éthyle.
Le bioxalate d’oxide de méthyle n’a pas encore été obtenu.
Oxalate d’oxide de méthyle et oxamide.
Formule : C; H,, N O, = Me O, O + C O,, Ad (Dumas et PELIGOT).
Synonyme : oxaméthylane.
Composition :
6 at. de carbone — 458,610 — 35,5 10 at. d'hydrogène — 62,397 — 48
2 at. d'azote 6 at. d’oxigene
1 at. d’oxaméthylane — 1298,047 — 100,0
Quand on dirige un courant de gaz ammoniac sec sur de l’oxalate d’oxide de méthyle, maintenu en fusion, à l’aide d'une douce chaleur, ce dernier perd peu à peu sa fluidité et se convertit en une masse solide blanche.
On reprend la masse par l'alcool qui la dépose par ns tion sous forme de cristaux cubiques d’un éclat nacré.
Bisulfocarbonate d'oxide de méthyle.
Formule : 2 CS,, Me O
Les combinaisons de sulfure de carbone avec l’oxide de méthyle peuvent s’obtenir de la même manière que les combinaisons correspondantes de l’éthyle.
D'après Dumas et PÉLIGOT, on prépare le sulfocarbonate double d’oxide de méthyle et de potasse, en ajoutant de l’hydrate
de potasse à une dissolution de carbure de soufre dans l'hydrate d’oxide de méthyle.
Bicyanurate d’oxide de méthyle.
Formule : 2Cy, O:, 3 Me O, 6 aq. (RICHARDSON).
La préparation de ce corps, ses propriétés, et les réactions qu’il présente avec d’autres combinaisons, sont parfaitement analogues à celles que nous avons décrites pour la combinaison correspondante de l’éthyle.
Benzoale d’oxide de méthyle, Formule : Bz O, Me O = C,, His O:, C, H,O (Dumas et PELIGOT). | Composition :
16 at. de carbone 16 at. d’hydrogene 4 at. d’oxigene
IA
"1 at. de benzoate de méthyle — 1722,796 — 100,0
La meilleure manière de se procurer ce corps consiste à distiller un mélange de benzoate de chaux ou de soude sec et de sulfate neutre d’oxide de méthyle, ou bien à distiller 2 parties d’acide benzoïque avec 1 partie d'acide sulfurique et 1 partie d’hydrate d’oxide de méthyle. jé
C’est un liquide oléagineux incolore, d’une odeur balsamique, qui rappelle celle de l'huile d'amandes amères. Il est plus pesant que l’eau, et bout à 108,5° sous la pression de 0,761. Il est insoluble dans l’eau, et se mêle avec l'alcool,il'esprit de bois et Pether.
La densité de sa vapeur est égale a 4,7506, c’est-à-dire 4 vOlumes ; en effet le caleul donne °° — 4,749.
Acétate d'oxide de. méthyle.
Formule : Me O, As O; = G H,O, Ci He 0: (Dumas et PELIGOT),
556 TRAITÉ Composition :
6 at. de carbone — 458,610 — 49,15
12 at. d'hydrogène 74,877 — 8,03 4 at. d’oxigene 400,000 — 42,82
1 at. d’acetate de méthyle — 933,487 — 100,00
On obtient cet acétate, en distillant à parties d’hydrate d’oxide de méthyle avec 1 partie d’hydrate d’acide acétique et 1 partie d’acide sulfurique concentré, ou bien en distillant un acétate avec un mélange d’acide sulfurique concentré et d’esprit de bois. Le produit obtenu est mis en contact avec du chlorure de calcium concassé qui, en se combinant avec l’hydrate d’oxide de méthyle que le produit entraîne, sépare l’acétate d’oxide de méthyle, sous forme d’une liqueur légère.
D’après BERZELIUS, ce corps se trouve en abondance dans l'esprit de bois brut. REICHENBACH l’ayant considéré comme une combinaison particulière, l'avait désigné sous le nom de mésite.
Pour l’extraire de l'esprit de bois brut, il faut traiter les premiers produits de la distillation par de l’hydrate de chaux bien pulvérisé, tant que celui-ci se colore en jaune. Il se forme alors une combinaison de chaux avec une huile empyreumatique qui se sépare en grande partie sous forme d’un précipité insoluble. La liqueur filtrée est encore colorée et renferme de la chaux; on continue à la purifier en y versant une dissolution bouillante d’alun, jusqu’à neutralisation parfaite. La chaux et l’ammoniaque accidentelle se portent sur l’acide sulfurique, tandis que la résine et le principe colorant se précipitent avec l’alumine. En soumettant ensuite la liqueur à une nouvelle distillation, on obtient dans lerécipient un liquide incolore, qu’on prive de son odeur empyreumatique, en l’agitant dans un flacon avec une huile grasse et le filtrant à travers du charbon de bouleau.
On le concentre enfin par des distillations successives et on le met en contact avec du chlorure de calcium, qui en sépare deux couches, dont la supérieure est l’ac&tate d’oxide de méthyle. Pour enlever l'acide qu’il peut entraîner, on le laisse en digestion, pendant quelques jours, avec de la chaux vive (BER- ZELIUS).
Le goudron qu’on retire de la distillation du bois, doit sa con- Sistance liquide à la grande quantité d’acétate d’oxide de méthyle qu'il renferme.
L’acétate d’oxide de méthyle est un liquide incolore, d’une odeur éthérée agréable qui rappelle celle de ’hydrate d’oxide de méthyle, et d’une saveur brülante. Son poids spécifique est égal à 0,919 à 2% Il bout vers 58° C. sous la pression de 0,762 (Dumas et PELIGOT).
La densité de sa vapeur est de 2,563, ce qui équivaut à 4 vOlumes, le calcul donnant 27°" — 2,573.
Le mésite de REICHENBACH entre en ébullition à 62°; son poids spécifique est de 0,805.
L'acétate d’oxide de méthyle dissout '/, partie d’eau, et se se mêle avec 2 parties d’eau. Il se mêle en toutes proportions avec l'esprit de bois et l'alcool, et est séparé de ces dissolutions par une addition de chlorure de calcium ou d’hydrate de potasse. Le chlorure de calcium est soluble en très petite quantité dans l’acétate d’oxide de méthyle. Le chlore le décompose avec dégagement d’acide chlorhydrique. Mêlé avec l'acide sulfurique concentré, il s’&chauffe beaucoup en s’altérant.
L’hydrate de chaux le convertit en acétate de chaux et hydrate d’oxide de méthyle.
II dissout un grand nombre de sels, d’acides végétaux, d'huiles grasses et essentielles et plusieurs résines. Il renferme les mêmes éléments combinés dans le même rapport relatif, mais autrement groupés que le formiate d’oxide d'éthyle ; en effet : C,H, O, Ci He O0, = Ci Ho O, C: H, O, = GC, H,; O4.
Mucate d’oxide de méthyle.
Formule : 2Me O + Mu (MALAGUTI).
16 at. de carbone — 1229,960 — 37,95 32 at. d'hydrogène = 199,672 — 6,20 18 at. d’oxigene — 1800,000 — 55,85
EL ar RENE OM LEI EE CPE OUR 1 at. de mucate d’ox. de méthyle = 3222,632 — 100,00
Pour se procurer ce COTpS, ON suit exactement le même pro-
558 TRAÎTÉ
cédé que pour la préparation du mucate d’oxide d’éthyle, en remplaçant l'alcool par l'esprit de bois.
C’est un corps blanc, solide ét cristallin, qui se décompose à 163. Il est soluble dans l’eau et l'alcool et cristallise de ces dissolutions en prismes à 6 pans, à base rhombe. Les cristaux qui se forment dans l'alcool sont moins denses que ceux qui se déposent dans une dissolution aqueuse ; en effet, leur poids spécifique n'est que de 1,48, tandis que les derniers pèsent 1,53. Il est très soluble dans l’eau et se dissout dans 210 parties d'alcool bouillant de 1,814.