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Traité de chimie toxicologique

Le cadre d'un livre de ce genre es! assez difficile à limiter. Si l'on veut se bornera L'étude des poisons couramment employés dans un but criminel, et dont la recherche est le but de la plupart des expertises chimico-légales, ..h s'aperçoit vite que la liste en est singulièrement restreinte. Les empoi-

- ur- sont, en général, gens d'instruction médiocre, et ne connaissent

qu'un fort petit nombre de substances toxiques : le phosphore, l'arsenic, le sublimé, la strychnine, avec quelques autres, sont les agents les [dus fréquemment usités, surtout à cause de la facilité relative avec laquelle on peut se les procurer. D'autres substances toxiques, qui donnent heu à de nombreux accidents, ou qui sont employées comme moyens de suicide, — par exemple, le cyanure de potassium, l'oxyde de carbone, le laudanum, — doivent aussi faire l'objet des recherches des chimistes experts. •Bornée à l'étude de ces quelques poisons vulgaires, notre tâche serait assez vite remplie. — Mais d'autres poisons plus rares ont été parfois employés, ou pourront l'être. Le nombre de ceux-là esl forl considérable, et nous n'aurons pas la prétention de les passer t<>u- en revue. Nous essaierons cependant d'qtudier, sommairement au moins, les plus importantes des substances vraiment toxiques, — en particulier dans la famille des alcaloïdes, alors même que ces substances n'auraient encore jamais causé d'empoisonnements criminels ou accidentels.

Il est aussi d'autres corps qui ne peuvenf être franchement rangés parmi les poisons, mais dont cependant l'étude ne doit pas Titre négligée; tels shiiI 1rs nombreux produits fréquemment absorbés comme médicaments, ef que l'expert peut rencontrer dans les viscères analysés : ainsi, la quinine, l'antipyrine, l'acide salicylique ef tant d'autres, qui n'ont assurément qu'une importance minime au point de vue toxicologique, mai- dont il convienl cependant de connaître les propriétés, tout au moins celles do

leurs propriétés par lesquelles ils se rapprochent d'autres corps vraiment toxiques don! il faut savoir les distinguer.

Enfin nous ne de^ rons pas laisser de côté certains poisons très peu actifs, qui n'agissent que lentement, dont l'étude détaillée serait plutôt du domaine de l'hygiène : tels le plomb, l'alcool, l'éther et divers autres agents du

mê irdre. Incidemment nous aurons à parler de quelques substances

toxiques emplovées dans 1rs falsifications de matières alimentaires, sans non- attacher d'ailleurs à l'étude même des falsifications et des procédés pour les reconnaître; sujet très vaste, el qui doit être traité à part.

Bien que ce livre ail pour objet essentiel la partie chimique de la toxicologie, nous avons dû donner quelques indications, très sommaires pour la plupart, sur le i le d'action des poisons, sur les accidents qu'ils déterminent, el les lésions qu'ils laissent (km-- le cadavre. Il serait évidemment désirable, dans nos expertises, que le chimiste t'ùt doublé d'un physiolo- ; mais c'esl ce qui n'arrive pas toujours. En tout cas il esl nécessaire que, sans empiéter sur le terrain du médecin légiste, l'expert ait des Mutions au moins élémentaires sur les propriétés physiologiques des poisons : il faut qu'il puisse, en lisant dans un dossier le rapport d'autopsie ou la description des accidents observés avanl la mort, deviner, le cas échéant, dan- c|nel sens ses recherches doivent être dirigées de préférence.

Dan- les premiers chapitres, nous étudierons rapidement les poisons et l'empoisonnement au point de \ ue historique, la définition el la classification des poisons, les conditions dans lesquelles se fonl les expertises judiciaires de toxicologie, les précautions à observer dan- les opérations qui précèdent l'analyse proprement dite. — Nous consacrons ensuite un chapitre spécial à l'étude des procédés généraux, des marches à suivre dan- le cas où la nature du poison à chercher est totalement inconnue. — Abordant ensuite l'étude individuelle de chaque substance toxique, il nous a paru que la meilleure manière' de subdiviser le sujet la plus pratique, sinon la plus scientifique était de classer les poisons d'après l'ordre des opérations qui servent à les faire reconnaître dans les viscères; ces opérations sont en résumé de trois ordres : procédés basés sur la distillation, propres à mettre en évidence les substances volatiles; destruction des matières organiques et recherche des métaux toxiques; enfin recherche des puisons végétaux alcaloïdes el glucosides, par des procédés analogues à ceux de l'analyse immédiate. A ces trois ordre- de travaux correspondent trois grandes classes de poisons que l'on désignera brièvement sous les nom- de

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