‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 72 sur 105 · OSTÉOSARCOME DE LA TÊTE DE L'HUMÉRUS · texte numérisé non relu

OSTÉOSARCOME DE LA TÊTE DE L'HUMÉRUS

une seule fois pour établir d'emblée le diagnostic (fig. 63). C'est une tumeur lisse, régulière, arrondie, neitement limitée humoignon de Tépaule. Cette tumeur ne se continue pas avec le reste du bras par une sorte de plan incliné en fuseau, non, elle se termine brusquement; immédiatement au-dessous d'elle, le bras présente sa conformation et sa physionomie normales. L'ensemble de Tépaule offre Taspect d'un gigot.

Cependant les praticiens commettent encore souvent, à cette période, une grosse et funeste erreur de diagnostic. Cela provient de ce que la tumeur est, dans tous ses points, absolument fluctuante ^ et l'on conclut à une collection de liquide: mais, si l'on vient à pratiquer une ponction (et c'est la conduite habituelle), il s'écoule du sung pur et, au lieu de s*affaisser, la tumeur ne fait plutôt que s'accroître. Dans le dernier cas soumis à mon examen, un praticien avait répété (je n'ai jamais pu en comprendre la raison) cette ponction un certain nombre de fois et avait réduit la malade à un degré extrême d'anémie. La suppression de ce traitement absurde ramena une santé générale relativement bonne, ce qui eut pour résultat de ranimer l'espoir de la malade et de sa famille, à ce point que la seule opération rationnelle fut ajournée et la malheureuse jeune femme ne tarda pas à succomber.

Ce genre de tumeur s^accompagne, quelquefois, d'un développement considérable de vaisseaux à son intérieur, et l'on observe alors un bruit de souffle et des battements pouvant faire croire à un anévrysme ; mais l'erreur n'est pas de longue durée, car s'il y a des battements, il n'existe ni soulèvement, ni mouvement d'expansion ; le bruit de souffle est beaucoup moins intense, et, d'ailleurs, la ^marche de ces deux affections est tout à fait différente.

Au bout d'un certain temps, si la maladie est abandonnée à ellemême, un nouvel accident se produit et d'une manière à peu près constante : c'est la fracture spontanée de Thumérus dans le point précis où se termine la tumeur. Jusqu'alors, les mouvements du l)rus avaient été relativement faciles. Cette fracture se produit sans occasionner de douleur^ D'ailleurs, le symptôme douleur, assez violent pendant la première période, s'atténue beaucoup, ce qui fait croire aux malades que leur état tend plutôt à s'améliorer.

Bref, le sarcome continue à s'accroître; il devient énorme, quelquefois plus gros que le tronc Jui-même ; de grosses veines

5W AFFECTIONS CfllUUIlGICALES Di: JJKMnBE SL'PRBIEVII.

se dessinent & sa surface; il d<^boi'de la région primitivement affectée, gugnu les fosses sus et sous-(^pineuses, l'aiaselle, la paroi thnracique. A ce moment, apparaissent de nouvelles douleurs dues h la compression des nerfs du plexus hracliial ; le membre supérieur s'œdématie et devient toutft fait inerte. La peau rougit par placea, s'ulcère; surviennent alors des li(<morragies répétées, un écoulement de détritus orgtmiques d'une fétidité extrême, qui finissent par entraîner la mort an milieu do l'éiat le plus lamentable.

yuel traitement faut-il opposer à cetU' redoutable affection? A la première période, pratiquer largement la résection do la tète de l'humérus aussitôt que possible, et, malheureusooieut, les malades repoussent souveatcette solution.

Plus tard, lorsque le sarcome est bien limité, c'est aussi à la résection qu'il faut avoir recours : un peu plus tard, la désarticulation de l'épaule devient la seule ressource, ressource tellement cruelle que la plupart des malades qui sont jennes la repoussent encore ; et arrive enlîn le moment où toute opération est impraticable : il n'y a plus qu'& soulager dans la mesure du possible.

Cependant, la chirurgie est parvenue, dans ces dernières années, h reculer encore les limites de rintervi?ntion pour des cas en apparence désespérés. M. Berger a pratiqué l'amputation du bms et de l'épaule, amputation inter-scapulo-i/ioracique. La principale précaution est d'assurer l'hémostase. Aussi, après avoir réséqué la partie externe de la clavicule, M. Oerger pose-t-il une double ligature sur l'artère et la veine sous-ctavières. Il taille ensuiteun lambeau, variable suivant le volume de la tumeur et l'état de la peau, et détache enlîn l'omoplate. Cet énorme traumatisme ne parait pas aussi grave qu'on aurait pu le présumer.

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