PANNEAUX
Balles oblongues tirées \ / ont traversé G3
dans un fusil à tige, à la \ 120 < se sont logées. ... » distance de 400 mètres. . ' \ ont fait empreinte. . »
Les chiffres du tableau n° 2 prouvent, sans qu'il soit nécessaire de mettre en regard ceux du tableau n° 1, que la justesse et la force de pénétration des balles allongées sont considérablement plus grandes que celles des balles sphériques. La physique nous enseigne que la quantité de mouvement des corps est égale au produit de leur masse par leur vitesse : d'après ce principe, les balles allongées, étant beaucoup plus pesantes que les balles sphériques, possèdent une quantité de mouvement supérieur à celles-ci, tout en ayant, au sortir de l'arme, une vitesse inférieure. La résistance de l'air mettra donc plus de temps à vaincre la quantité de mouvement des balles oblongues qu'à vaincre celle des balles sphériques. La vitesse des projectiles nouveaux décroît nécessairement bien plus lentement que celle des projectiles anciens; ce qui explique comment les premiers peuvent, tout d'abord, se laisser dépasser en vitesse par les derniers, puis arriver progressivement à prendre une vitesse égale et enfin supérieure.
Il esl donc nécessaire, toutes les fois qu'on veut comparer les effets des balles sphériques aux effets des balles oblongues, détenir grand compte de la distance à laquelle elles ont été tirées.
Les balles tirées dans les armes à parois lisses n'éprouvent pas de déformation avant leur sortie du canon ; les balles forcées, au contraire, subissent par le frottement des déformations qu'on peut appeler normales. Le choc de la baguette, l'action de la tige sur la base de la balle, l'impression des rayures à sa surface, l'élargissement où la déchirure de sa partie cylindrique, sont autant de causes des déformations constantes que l'on rencontre sur les projectiles et qui varient d'aspect suivant le mode de forcement employé.
D'une manière générale, on peut dire que les modifications apportées au chargement , au calibre, aux rayures des bouches à feu et à leurs projectiles, ne sont pas autres, sauf le volume des armes, celui des projectiles et leur usage, que celui des armes à feu portatives. La plupart des bouches à feu en usage aujourd'hui sont rayées, se chargent par la culasse, ont des projectiles oblongs, en fonte il est vrai, au lieu d'être en plomb, et, rapprochement nouveau, l'acier semble devoir prendre la place du bronze dans leur fabrication. Nous n'avons donc rien de spécial à ajouter aux considérations présentées sur le mouvement des gros projectiles nouveaux, ils se comportent à cet égard comme les petits.
Mais il est utile de rappeler que les boulets et les obus sphériques peuvent êtres tirés à ricochets, que tous les projectiles sphériques ou oblongs peuvent rencontrer dans leur course des corps qui déterminent des réflexions diverses dans les mouvements de translation et de rotation. Une fois en contact avec le sol, les gros projectiles peuvent prendre, grâce au mouvement de rotation, des mouvements donnant lieu aux directions et aux effets les plus singuliers. Les boulets sphériques, arrêtés dans leur translation par un obstacle solide, tombent à terre et restent plus ou moins immobiles, bien qu'ils puissent conserver encore un mouvement de rotation sur eux-mêmes s'exerçant dans un plan horizontal. Ils semblent quelquefois rouler simplement et doucement sur le sol, et sont alors désignés par les soldats sous le nom de boulets morts; cependant lorsqu'ils rencontrent quelque obstacle, une pierre ou une aspérité de terrain, lorsqu'ils sont imprudemment heurtés du pied, ils reprennent leur course selon leur mouvement de rotation et conservent encore assez de force pour donner lieu à de graves blessures.
Tous les corps sphériques lancés daqs l'espace ont nécessairement un mouvement de rotation sur eux-mêmes : ce mouvement est provoqué par le défaut de coïncidence de leur centre de figure avec leur