‹ Traité de chirurgie de guerre (volume 2)Chapitre 250 sur 460 · BOMBARDEMENT DE TOUL · texte numérisé non relu

BOMBARDEMENT DE TOUL

Bancel2. Toul avait une garnison de 2 000 hommes environ de troupes actives et de mobiles quand il fut investi et bombardé pour la première fois le 14 août 1870. Cette place succomba en septembre, après un nouveau bombardement. Les pièces étaient alors réduites au silence; les abris détruits, mais les remparts intacts. Les établissements hospitaliers de Toul reçurent 550 blessés, frappés pour la plupart par des éclats d’obus. Les assiégeants, au dire d’Engel, comptèrent 24 7 hommes hors de combat.

Bancel, avec une scrupuleuse attention, nous a mis au courant, dans sa Relation, des moindres faits chirurgicaux observés. Les plus petits détails de la marche des blessures, retracés au jour le jour, s’y trouvent réunis à l’exposé exact des traumatismes qu’ont présentés les morts. Avec de pareils documents, la statistique d’une guerre eût été facile et bien intéressante.

Les blessés de Toul, comme ceux de beaucoup d’autres sièges, présentèrent, au plus fort du bombardement, une remarquable tendance à l’érysipèle, au phlegmon diffus, à la gangrène, à la pourriture d'hôpital. Ils subirent, à un moment donné, l’influence nocive de l’encombrement dans les caves humides des hôpitaux bombardés.

Des observations de Bancel, nous retiendrons le cas d’une extraction d’un volumineux fragment d’obus qui, pénétrant l’abdomen d’avant en arrière, s’était logé dans la fosse iliaque externe. Le blessé guérit. Nous rappellerons un cas d’ablation totale de la rotule chez un autre blessé qui guérit également sans accidents.

Bancel fit à Toul des pansements à l’eau, continuant une pratique qui lui avait réussi depuis 25 ans. Chez ses opérés il recherchait d’abord, suivant son habitude, la réunion immédiate, il dut bientôt y renoncer, en raison des accidents observés. 12 grandes amputations primitives lui donnèrent néanmoins 10 succès. Un de ses morts, désarticule de la hanche , succomba aux suites d’une plaie pénétrante de l’abdomen.

1. Un encombrement passager, alors que le bombardement devint très vit, n'eut même aucun effet fâcheux sur les blessés. Et cependant ils étaient entassés dans une casemate humide, non aérée, serrés les uns contre les autres, exposés à la vue des interventions chirurgicales et forcés de rester en contact avec les cadavres de leurs camarades. « Lorsqu’un de ces malheureux mourait, nous étions obligé, dit Poignon, de laisser son cadavre près de ses compagnons d’infortune, car le feu de l’ennemi était tellement vif et meurtrier, et le chemin pour gagner les fossés tellement long que bien certainement l’inhumation des mores eût coûté la vie à plusieurs hommes. »

2. Bancel, Relation médico-chirurgicale du siège de Tout. Nancy, 1873.

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