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ARMES A FEU NON PORTATIVES

DES BOUCHES A FEU ET DES GROS PROJECTILES

On donne le nom de bouches à feu aux armes dont se sert l’artillerie de terre et de mer.

En France, il n’y a pas longtemps encore, on distinguait les bouches à feu en canons , destinés à lancer des boulets pleins, en obusiers qui projetaient des boulets creux (obus), en mortiers, grosses pièces qui lançaient des engins creux d’un poids considérable appelés bombes, ou des pierres et des grenades (pierriers).

Depuis l’adoption de l’artillerie rayée en 1858, les boulets pleins et les obus sphériques ont disparu et ont été remplacés par les obus cylindroogivaux qui sont les seuls projectiles en usage dans l'artillerie de campagne. Dans l’artillerie de siège, on conserve encore quelques pièces lisses, les anciens mortiers avec leurs projectiles, les bombes et les boîtes à mitraille, mais ils sont destinés à disparaître sous peu. Ces considérations s’appliquent aux projectiles des bouches à feu lisses étrangères.

Tout en présentant de nombreux points communs, les gros projectiles employés par l 'artillerie de campagne , Y artillerie de montagne , de siège, de

1. Le revolver espagnol, comme le revolver russe, porte la marque Smith-Wesson.

■place, de côte , présentent cependant des différences assez frappantes pour que nous croyions devoir les signaler.

MATÉRIEL DE UAMPAGjNE FRANÇAIS

L 'artillerie de campagne française a pour projectiles, à l’heure actuelle, des obus ordinales, des obus à double paroi , des obus â balles , des boîtes à mitraille. Les obus ordinaires et les obus à double paroi sont abandonnés en principe. Tous ces projectiles figurent également dans l’artillerie de campagne des armées étrangères, aussi la description du matériel français peut-elle dispenser de celle du matériel étranger.

1° Obus ordinaires. — Les obus ordinaires sont des projectiles en fonte - ordinaire, de forme cylindro-ogivale (fig. 18). Leur longueur est d’environ trois fois leur calibre. Ils portent actuellement, à l’arrière, une ceinture en cuivre rouge (obus à ceinture) qui fait une saillie de 11 millimètres sur la portion cylindrique de l'obus. Quand le projectile est mis en mouvement, cette ceinture est entamée par l’acier des cloisons de l’âme de la pièce et assure le forcement.

Le forcement d’autres obus s’opère au moyen d’ailettes, ou de tenons encastrés dans leurs parois ou encore par l'intermédiaire de cordons de plomb.

A la portion cylindrique de l’obus qui occupe la majeure partie de sa hauteur, fait suite un cône mousse terminé par un méplat percé d’un trou taraudé qu’on appelle Y œil de l’obus. Par cet œil on introduit la charge de poudre destinée à faire éclater le projectile. Il est fermé par la fusée qui est dite percutante lorsqu'elle n’agit que par le choc du projectile sur le sol, ou fusante quand elle fait éclater le projectile dans l’air.

Le vide intérieur est une cavité cylindro-ogivale sc terminant en goulot de bouteille de manière à ménager une plus grande épaisseur de fonte vers la tête du projectile. Dans les obus de 95, cette portion renflée n’existe pas.

Les parties les plus épaisses de l’obus ordinaire correspondent à la fusée et à la jonction du fond du culot * ’nmot'vT, re.hu!' au y.v" et de la portion cylindrique.

La surface extérieure des obus ordinaires est peinte en blanc ou en rouge pour permettre de les reconnaître.

2° Obus a double paroi. — Ce projectile a les mêmes dimensions extérieures que l’obus ordinaire de meme calibre.

La portion cylindrique et la base de la partie ogivale de la paroi, au lieu d’ètre formées d’une seule masse de fonte, sont composées de deux enveloppes emboîtées. L’enveloppe interne ou noyau est constituée par un inan-

Coupe £ Fig. 18.

description des armes.

chon cylindrique muni extérieurement de pyramides rectangulaires saillantes. Sur ce noyau, on a coulé la partie extérieure de l’obus qui est par le fait divisée comme le manchon intcrnc(fig. 19). La fragmentation du projectile est ainsi préparée systématiquement. Lorsque l’obus éclate, en effet, les parties les moins épaisses des deux enveloppes et surtout celles du noyau

Coufie O

Fig. 19. Fig. 21.

Fig. 22.

Fig. 19. — Obus à double paroi de 95 millimètres (1/5). — Fig. 20. Obus à balle du canon de 80 millimètres (1/5). — Fig. 21. Obus àpjalle du canon de 90 millimètres (1/5). — Fig. 22. Obus à balle du canon de 95 millimètres (1/5).

Couvre B

intérieur forment des lignes de rupture et l’obus se trouve divisé en fragments nombreux et plus réguliers.

Ces projectiles, dont il eût été plus facile pour nous de préciser les effets, sont abandonnés, en France, en principe, et ils le seront sans doute sous peu à l’étranger.

3° Obus a balles Scurapnels. — L’obus à balles appelé aussi Schrapnel ne diffère pas extérieurement de l’obus ordinaire. Intérieurement il contient un certain nombre de balles de fer, de fonte ou de zinc plus ou moins régulières, habituellement sphériques, et réunies par du soufre coulé.

DES BOUCHES A FEU ET DES GROS PROJECTILES. 3!)7

L’épaisseur de la paroi du Schrapnel est moindre que celle de l’obus ordinaire.

Dans l 'obus à balles du canon de 80mm, modèle 1880, qui doit remplacer l’obus ordinaire de môme calibre et l’obus à double paroi, on trouve onze couches de balles en fonte de 17ulm (i de diamètre, lixées en partie contre la paroi de l’obus, donnant 93 projectiles d’un poids total de lk,S30. Les balles de la première couche sont des cylindres coupés du côté de l’extérieur de l’obus par une surface conique. Les balles des autres couches sont des balles sphériques présentant des méplats horizontaux et verticaux (flg. 20).

Dans Yobus à balles du canon de 90mm, modèle 1879, on trouve 12 couronnes de balles en fonte de 19mm de diamètre (fîg. 21).

Les balles de ces couronnes, réunies entre elles par des jets de fonte, sont plus ou moins déformées suivant leur position dans l’obus. Chaque couronne contient 8 balles, à l’exception de la première qui n’en contient que 4, soit, en tout, 92 balles.

L'obus à balles du canon de 95mm présente une disposition qui mérite d'ôtre rappelée et qui favorise une fragmentation plus régulière de la paroi. Son intérieur est divisé par des nervures en 8 compartiments qui contiennent chacun 13 balles en fer cylindriques ou cylindro-prismatiques du diamètre de 20mm, qui reposent les unes sur les autres par des méplats. Cet obus renferme donc 10-4 balles (fig. 22).

A sa partie supérieure, il porte intérieurement 4 sillons destinés à faciliter l’éclatement de la pointe de l’ogive. L’excavation du culot présente également 4 sillons.

Une bague en laiton est vissée dans la lumière et se continue avec un tube de cuivre rouge embouti destihé à contenir la charge de poudre et la fusée. On retrouve la même disposition dans nombre de Schrapnels étrangers.

Une rondelle de feutre de 18 millimètres d’épaisseur, placée dans l’excavation du culot, est plus ou moins comprimée par le tube. Ces obus à balles sont munis de fusées percutantes ou de fusées fusantes ou à temps.

L’artillerie française a adopté récemment un nouvel obus à balles dans les dispositions duquel on a eu surtout en vue une subdivision aussi grande que possible de la masse vulnérante.

Ce gros projectile que représente la figure 23, se compose d’un cylindre métallique très mince A, adhérant par sa base à un culot épais E, et par son sommet à l’ogive F. Cette ogive forme une chambre à poudre antérieure G, cà parois épaisses.

Entre le culot et l’ogive se trouvent des colonnes de balles de plomb de 14 à 16 millimètres, superposées, reposant sur les facettes excavées de rondelles de fonte également superposées C.

Comme le montre la coupe de la fig. 23, les rondelles de fonte représentent, dans les points où elles ne correspondent pas aux balles, des projectiles assez régulièrement arrondis C réunis entre eux ou à des sections de sphère périphériques B par de petits promontoires D.

La cavité principale de l’obus est donc remplie d’une masse répartie en colonnes de balles de plomb et de fonte qui transmettent h l’ogive la pression exercée sur la partie postérieure de l’obus. Quand l’obus éclate, les ponts de fonte I) se brisent, les balles de fonte et les fragments péri-

398 DESCRIPTION DES ARMES

phériquos devenus libres, et se dispersent avec les balles de plomb. Le culot reste en un seul fragment, de môme que la carapace; quant à l’ogive, elle donne quelques volumineux éclats.

Les balles sont au nombre de 120 dans l’obus à balles de 80mm, de I (>o dans l’obus à balles de 90mm et de 170 dans l'obus ù. balles de 95“"". Les

fragments de fonte fournissent de 70 à 80 projectiles de faible poids et de petit volume.

L’intervalle compris entre les balles et rempli par du poussier de charbon qui donne une abondante fumée quand l'obus éclate.

Tels sont les modèles d’obus réglementaires en France ; on les retrouve à peine modifiés dans l’artillerie de campagne des puissances étrangères.

Il nous reste à dire quelques mots d’autres modèles d'obus de canons de campagne qui, après avoir été adoptés en France, ont été rejetés, et qui sont utilisés à l’étranger.

DES DOUCHES A FEU ET DES GROS PROJECTILES

Obus ù diaphragme. C’est un obus ordinaire dont l’intérieur est divisé on deux compartiments par une cloison horizontale percée d'un trou son centre. L’un des compartiments renferme la poudre, l’autre les balles (lië- 26). ^

Obus à segments. Ce sont des obus ordinaires parois très minces, à l’intérieur desquels sont disposés de petits segments de fonte ayant la forme et la position des moellons qui revêtent la paroi intérieure d’un puits. Ces

Fiu. 25.

Fio. 26.

Boite à mitraille.

Obus à diaphragme.

Fio. 27.

Obus ù couronnes dentées du canon 8,:,4 de l’artillerie suisse.

segments laissent au centre de l’obus un vide cylindrique dans lequel on verse la poudre destinée à faire éclater le projectile; ils sont réunis par un métal fusible (alliage de plomb, d’antimoine et d’étain) qu’on coule à l’intérieur, et qui empêche la poudre de pénétrer dans les joints. La fig. 24 représente un obus à segment anglais.

Obus à anneaux dentés Uchatius. C’est un obus à double paroi dont le noyau intérieur est constitué par la juxtaposition d’un certain nombre d’anneaux épais divisés en dents ou en segments par des rainures longitudinales.

L’obus Uchatius du «S, adopté en Autriche en 1875, que nous prenons pour exemple, présente 12 anneaux ayant chacun 10 dents, donnant i\ l’éclatement 2 gros éclats, 135 moyens ou petits éclat s et 16 petits fragments. L’Italie, la Suisse et la Crusse ont conservé ce modèle d’obus (Kg- 27).

DESCRIPTION DES ARMES

4° Des boîtes a mitraille. La boîte à mitraille française se compose d’un corps de boite cylindrique en zinc laminé, d’un culot qui en forme le fond ( c ), d’un couvercle en zinc coulé (b), enfin d’une rondelle de noyer adhérente au couvercle de zinc («), celui-ci assujettit une poignée en lilde fer. La disposition dos boîtes à mitraille étrangères est analogue. Dans la boîte à mitraille allemande, le couvercle et le culot sont en cuivre.

La boite à mitraille, modèle 1880, pour canons de 80, 90, 9o, renferme des balles sphériques en plomb durci (plomb D/l 0e, antimoine 1/ 10e). Ces balles ont 16 et 20 millimètres, de diamètre, pèsent 26 grammes environ, sont disposées par couches successives et reliées par du soufre et de la résine fondus. Dans les boîtes à mitraille de certaines puissances étrangères, l’interstice laissé entre les balles est comblé par un mélange de sable et d’argile (voy« fig. 25, p. 399).

D'autres boîtes sont en fer-blanc, et renferment des balles de fer ou de fonte dont le nombre varie de 154 à 226.

L’enveloppe a une épaisseur de 2 centimètres; le culot est épais de 5 centimètres et le couvercle de 12 centimètres.

La boite à mitraille n’est utilisée que pour le tir à courte distance.

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