PLAIES DES ARTÈRES PAR ARMES TRANCHANTES
Les blessures faites aux vaisseaux artériels par les armes tranchantes peuvent être parallèles ou perpendiculaires à l’axe de ces artères.
Les auteurs admettent que dans les sections longitudinales, lorsqu’elles ne sont pas trop considérables, le sang s’écoule en faible quantité, qu’un caillot bouche bientôt l’ouverture et que la cicatrisation du vaisseau s’opère ultérieurement.
Les sections transversales peuvent être incomplètes, c’est-à-dire n’occuper que le quart, le tiers, la moitié, les deux tiers ou les trois quarts de la circonférence de l’artère.
C’est un fait bien connu, quoique toujours digne de remarque, que le sang s’arrête en général plus difficilement après une division incomplète transversale qu’après une division complète.
1° Lorsque la plaie n’occupe que le quart de la circonférence de l’artère, elle s’agrandit par l’effet de l’élasticité du vaisseau; un caillot en forme de clou (J.-L. Petit), à tête extérieure, obture l’ouverture; mais celui-ci cède le plus souvent au bout d’un temps variable à l’ondée sanguine et un anévrysme faux consécutif se produit.
2° Lorsque la plaie occupe la moitié de la circonférence de l’artère, à part certaines conditions toutes exceptionnelles, le sang s’en échappe indéfiniment, l’hémorrhagie est alors presque toujours 'mortelle, à moins qu’il ne se forme un anévrysme faux primitif.
3° Enfin, lorsque l’artère a été divisée dans les trois quarts de sa circonférence, ses extrémités s’allongent en bec de plume. La persistance de l’hémorrhagie est alors presque certaine. Dans quelques cas exceptionnellement heureux, un caillot oblitérateur peut cependant se former encore. C’est surtout lorsque, par suite d’un mouvement du blessé, la languette qui réunissait les deux bouts de l’artère se rompt et que la section incomplète se transforme en une section complète. Le vaisseau se rétracte alors dans sa gaine, ses extrémités se contractent et un caillot solide peut obturer sa lumière. Les anciens avaient déjà saisi toutes les différences qui, au point de vue de l’hémostase spontanée, séparent les plaies incomplètes des plaies complètes des artères, et ils recommandaient de recourir d’abord à l’instrument tranchant pour compléter la section de ces vaisseaux quand on avait à combattre une hémorrhagie persistante.