RECUEIL D’OBSERVATIONS DE MÉDECINE DES HOPITAUX MILITAIRES
Notre premier Recueil de médecine de chirurgie et de pharmacie militaires parut en 1767 sous le nom de Recueil d'observations de médecine des hôpitaux militaires , grâce à l’initiative de l’Inspecteur des hôpitaux, Richard de Hautesierck. A la suite d’un projet présenté au duc de Choiseul alors Ministre de la guerre, Richard de Hautesierck avait obtenu l’autorisation de publier aux frais du gouvernement les observations rares ou intéressantes recueillies dans les hôpitaux militaires ainsi que les mémoires qui ,lui paraîtraient susceptibles de contribuer à l’amélioration du service de •-santé des troupes, aux progrès de la médecine ou de la chirurgie d’armée.
Dans ce Recueil inspiré et dirigé par un médecin, la chirurgie est sacriiéc à la médecine. A côté de nombreuses topographies médicales, de 'dations de maints faits de médecine pratique, nous ne trouvons que quelques observations de chirurgie d’armée.
C’est ainsi que, dans le tome Ier, nous ne lisons que le cas d’une blessure :le 1 épigastre par coup de baïonnette terminée par guérison, d’un coup il l’épée qui traversa les muscles du cou, de plusieurs autres qui perforèrent l a poitrine et celui un peu plus intéressant d’un coup d’épée qui perça de I »art en part l’abdomen d’un grenadier. L’arme pénétra dans le ventre au i liveau de la région ombilicale droite, et ressortit par la région lombaire ^ auche. En dehors de ces faits dus ù Fournier de Montpellier, nous n’avons l 'lus rien à extraire. Très maigre est la moisson !
1. Ces brigades auraient dû, d'après lui, se composer « d'un chirurgien aide-major, de Linq élèves, d’un aumônier, d’un apothicaire, de cinq infirmiers, d’un commis de la direction, et d un caisson sur lequel on chargerait une caisse d’instruments de chirurgie, I n ballot, d appareils et des draps, une boîte de plumaceaux, des médicaments, un petit K mneau de vin, du pain frais, six brancards, etc. etc. » O. c., p. 605.
2. P’ait et rédigé par Richard de Hautesierck, écuyer, chevalier de l’ordre de Saint- I lichel, premier médecin des camps et armées du Roi, inspecteur général des hôpitaux I .Hilaires, et ayant la correspondance des mêmes hôpitaux et des autres du royaume, où l’on I aite îles soldats malades, etc., Paris, Imprimerie royale, 1767, 1 vol. in*4. 1772, 1 vol. in-4.
Le tome II n’est. guère plus riche. Les chirurgiens-majors Petit, Fonpérinne et Biudault donnent plusieurs observations de fracture du crâne; Moissier fait une suture intestinale dans une plaie du bas-ventre, Brouillard pratique l’extraction tardive d’un fragment d’épée de 2 pouces 1/2 de long, logé entre le cubitus et le radius, et Simon, chirurgien-major de l’hôpital de Montélimart, correspondant de l’Académie royale des sciences et de l’Académie de chirurgie, emploie pour une fracture de jambe compliquée une boîte dont se rapprochera celle de Bandons1.
Userait difficile, parmi de si minces matériaux, de trouver le fond de doctrine ou les règles de pratique qui guidaient nos collègues de cette époque et que Richard de Hautesierck devait nous fournir, mais nous en avons trouvé ailleurs de plus importants. Soit qu’il n’ait pas su ou voulu tirer parti des documents dont il pouvait disposer, soit que nos collègues aient recherché la sanction plus élevée de l’Académie de chirurgie et les titres dont celleci honoraitles auteursquiluiadressaientdestravaux, toujours est-ilqueceux d’entre nous qui se contenteraient de consulter ce Recueil seraient exposés à se faire une idée très erronée de l’activité chirurgicale de notre savant, état-major de chirurgiens-majors et de consultants des armées. Neuf années vont maintenant s’écouler avant que le maréchal de Ségur, ministre [ de la guerre, n’ordonnât, en 1781, la publication d’un nouveau Journal de médecine militaire.
DEH O UNE 2 (1782-1 78 î))