CHAPITRE IX
DES LÉSIONS DES OS PAR LES ARMES DE GUERRE
L’étude des traumatismes des os par les armes de guerre est peut-être la plus intéressante de toutes celles que comporte la chirurgie d’armée. La fréquence avec laquelle on observe ces blessures, leurs caractères souvent si différents de ceux des lésions osseuses que l’on constate communément, leur gravité, la multiplicité et l’importance des interventions qu’elles réclament, la durée et les difficultés de leur cure, enfin la part considérable dévolue au chirurgien dans les succès obtenus, forcent ce dernier à porter sur elles une attention toute particulière. Malgré le nombre considérable des travaux auxquels elles ont donné lieu, leur histoire est encore loin d’être complète. Grâce à l’expérimentation nous avons mieux fixé qu’on ne l’avait fait avant nous les caractères anatomo-pathologiques des principales d’entre elles, nous en avons déterminé les types principaux, nous avons développé le chapitre si intéressant de leur diagnostic laissé dans l’ombre, mais que de données de la plus grande importance restent encore à éclaircir! Si les transformations récentes de l’armement ont peu modifié leur anatomie pathologique, la méthode antiseptique, en changeant complètement leurs processus, a bouleversé ce qu’une longue observation nous avait appris sur leur pronostic, sur les accidents auxquels elles peuvent donner lieu et sur le traitement qui leur est applicable. L’expérience des guerres récentes n’a point encore, avec toute l’autorité désirable, résolu ces points remis en question et tout en reconnaissant l’importance de faits fournis par la pratique journalière, force nous est de penser qu’ils ne sont que trop souvent insuffisants pour permettre de poser des bases d’appréciation irréprochables,
On décrit d’ordinaire séparément les lésions des diaphyses des os. Celles des extrémités épiphysaires sont étudiées avec les blessures des articulations. Les différences que présentent les blessures du corps et des extrémités des diaphyses tant au point de vue de leurs caractères que de leurs
DELORME