DES GROS PROJECTILES
ceux de 80 millimètres, les obus de montagne. L’obus àmélinite est destiné à la destruction des abris.
Allemagne. — L’artillerie de campagne allemande tire actuellement quatre sortes de projectiles : l’oôus ordinaire, le schrapnel , Yobus torpille , la boite à mitraille.
L’obus ordinaire à simple ou à double paroi (120 éclats meurtriers) s’emploie pour régler le tir.
Le schrapnel est utilisé contre les troupes abritées ou à découvert. C’est dans ; l'artillerie allemande, comme partout, le type des projectiles de l’artillerie. Le schrapnel allemand renferme 262 balles de 13 millimètres de diamètre, pesant 13 grammes. Elles sont animées d’une vitesse de 110 mètres qu’elles conservent sur une portée de 300 mètres. Cette vitesse est largement suffisante pour leur permettre de mettre un homme hors de combat. Les éclats sont surtout nuisibles à 150 mètres du point d’éclatement.
L’obus torpille est destiné à la destruction des abris et à l’atteinte des troupes abritées. Chargé d’explosif, d’hellofite, mélange d’acide nitrique et de nitro-benzine qui se combinent au point de chute, cet obus armé d’une fusée percutante et fusante, fournit des éclats petits et acérés dont la vitesse est bien supérieure à celle du projectile même ou des autres obus.
La boite à mitraille, d’un emploi bien rare, ne produit d’effet que jusqu’à 500 mètres 1.
Les projectiles des places et de siège sont, au calibre près, identiques aux obus de campagne.
Angleterre. — L’artillerie de campagne anglaise ne possède pas encore son unité d’armement. Elle tire des obus ordinaires, des schrapnels et des boites à mitraille.
Autriche. — Obus ordinaire à anneaux dentés (t. I, p. 399), schrapnel avec chambre à poudre placé à l’arrière. Balles pesant 13 grammes, et d’une portée variant de 400 à 700 mètres ; obus incendiaire renfermant une composition fusante, bridant une minute; obus de rupture ou explosif; boité à i mitraille.
Italie. — Obus ordinaires à double paroi, de 7 ou 9 centimètres (t. I, p. 396), schrapnel à charge centrale ou à diaphragme (t. I, p. 499). Les premiers de ces projectiles faits de fonte, à charge centrale, sont analogues comme forme aux obus ordinaires. La charge d’éclatement est contenue dans un cylindre de laiton. Dans l’obus à diaphragme, à charge postérieure, la paroi de l’obus est creusée de onze rainures longitudinales, destinées à favoriser le placement et le maintien des balles. Le diaphragme est en fer battu ou en acier. Les balles des schrapnels ont de 13 à 16 millimètres de diamètre ; elles pèsent 13 grammes, 16 grammes, 23 grammes. Leur vitesse varie de 250 à 420 mètres.
La boite à mitraille est l’analogue de la boite à mitraille française.
Russie. — Obus ordinaires, schrapnels, obus explosif, boite à mitraille.
Nous retrouvons les projectiles précédents dans le matériel d’artillerie des autres puissances européennes : Y Espagne , la Belgique , le Danemark , la Hollande , t la Turquie , la Suède et la Suisse.
1. La boite à mitraille n’a d’ailleurs été jusqu’ici employée que d’une façon excep- | tionnelle. LeschilTres suivants montrent la proportion suivant laquelle on l’a utilisée t relativement aux autres projectiles : en 1864, 1,3 p. 100 contre 82,9 p. 100 d’obus et
* 15,8 p. 100 de schrapnel; en 1860, 0,28 p. 100 contre 90,95 p. 100 d’obus et 27,7 p. 100 jl de schrapnel (Prussiens); 3,1 p. 100 contre 82,7 p. 100 d’obus et 14,2 p. 100 de schrap- ^ nel (Autrichiens); en 1870-71, 0,12 p. 100 de boites à mitraille contre ,99,88 p. 1 00
* d’obus; pendant la guerre de 1877, 88,07 p. 100 contre 72,5 p. 100 d’obus cl 26,8 p. 100 6 de schrapnels ( Itevue militaire de l'étranger , 1892).
ADDENDAS.
Des mitrailleuses. — On tend à relever les mitrailleuses du discrédit dans lequel elles étaient tombées. On sait que ces armes lancent des projectiles pleins, dont le calibre est habituellement celui du fusil d’infanterie. La portée des balles est, par le fait, celle des balles du fusil, mais la vitesse de tir est plus considérable. Elle peut atteindre 1 500 coups ii la minute; tandis que les mitrailleuses de 1870-71 ne tiraient que 150 coups par minute. Les plus connues portent les noms de Gatling, Gartner, Nordenfelt, Maxim. L’Angleterre, l’Autriche, la France, la Suisse, le Danemark, etc., ont adopté ces armes. Pour que les projectiles n’atteignent pas tous le même but, les mitrailleuses sont munies d’un système de dispersion latérale qui permet d’étendre la surface battue. Avec la mitrailleuse Nordenfelt, la gerbe de balles, à 35 mètres, a 1 000 mètres d’étendue.
Canons à tir rapide. — Réservés d'abord à l’armement des navires, pour le tir contre les torpilleurs, puis pour la défense des places, ces canons sont expérimentés dans divers pays. Certains les considèrent comme une arme de l’avenir. Ils lancent les mêmes projectiles que les canons de campagne (obus ordinaire, schrapnell, boîte à mitraille, obus explosif), mais d’un calibre réduit (7 centimètres). Leurs obus renferment une charge intérieure assez faible ; ils possèdent une vitesse restante analogue à celle des obus actuels : 440, 500 mètres. Les schrapnels des canons à tir rapide expérimentés en Allemagne, renferment 450 balles du poids de 15 grammes. 5400 à 6700 de ces balles sont projetées à la minute. (Canon Hotchkiss, Nordenfelt, Gruson.)
Le canon revolver est intermédiaire entre la mitrailleuse et le canon à tir rapide. Il se rattache à la mitrailleuse parce qu’il possède plusieurs canons et au canon à tir rapide parce qu’il tire des projectiles explosifs.