RUE HAUTEFEUILLE
University of North Carolina at Chapel Hill
https://archive.org/details/traitdechirurgieOOtome
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« L’odontologie est donc une science . C’est aussi un
arl, art précieux et utile puisqu’il s’adresse à des souffrances humaines si communes et si cruelles. D’où vient donc le discrédit qui s’attache, du moins chez nous, à l’exercice de cette spécialité chirurgicale ? Nous n’hésitons pas à le dire, c’est parce que, soit négligence, soit répugnance inexpliquées, cet ordre d’études n’est représenté ni dans nos facultés ni dans nos hôpitaux; et n’est-il pas affligeant de penser qu’il nous faudra quelque jour aller encore copier nos voisins ? En Angleterre, en effet, l’odontologie est représentée dans chaque hôpital général par une clinique et un enseignement spéciaux. Les praticiens qui professent dans ces établissements sont des chirurgiens éminents, distingués par des travaux scientifiques de premierordre. Trois de^ces chirurgiens spécialistes siègent à la Société royale de Londres, l’équivalent de notre Académie des sciences. En outre, des enseignements cliniques dans les hôpitaux généraux, des établissements spéciaux sont consacrés à l’odontologie pratique. L’un d’eux, le Dental
Hospital^ donne chaque année des soins à vingt mille malades environ et rinstruction à une pléiade de jeunes gens. Si nous jetons un coup d’œil chez nos ennemis d’hier, les Allemands, nous reconnaîtrons que leurs universités renferment, à côté de l’enseignement général, des chaires spéciales et en particulier des chaires d'odontologie,
a Quand sortirons-nous de l’ornière où est plongé notre enseignement médical et chirurgical ? Quand ouvrirons- , nous la porte de nos facultés et de nos hôpitaux aux spécialités honorables et scientifiques ? Quand cessera enfin cette sorte de proscription radicale aussi déplorable dans la pratique que néfaste pour le progrès scientifique? »
Extrait de l’article scientifique de la République Française du 21 janvier 1873.
Nous n’ajouterons rien aux lignes qui précèdent.
Le mal qu’elles révèlent n’est que trop réel ; il ne pro- \ientpasdu corps généralement si honorable des dentistes qui, au point de vue de l’art, ne le cèdent à aucun
•étranger. Le coupable, c’est le préjugé qui éloigne de cette
branche chirurgicale un grand nombre de médecins ; c’est la loi qui, en exigeant pour l’exercice de la médecine un
diplôme, plusieurs diplômes, et en étant plus facile poulies dentistes, semble dire à ceux-ci qu’il leur suffit d’être des mécaniciens ; c est enfin un état de choses qui ne per-
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met pas aux jeunes gens de bonne volonté de se procurer, avec la pratique de l’atelier, l’enseignement de la science dentaire.
Nous avons conscience de leur rendre service en publiant aujourd’hui la traduction de l’ouvrage de M. Tomes, . tout indigne qu’elle est de l’œuvre originale.
En terminant, qu’il me soit permis de remercier mon frère, le D”" E. Darin, de Chaville, du concours qu’il 'm’a donné dans la lecture du manuscrit de cet ouvrage.
Docteur DARIN.
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