‹ Traité de chirurgie [electronic resource]Chapitre 108 sur 444 · IV. Ruptures anciennes du périnée chez la femme · texte numérisé non relu

IV. Ruptures anciennes du périnée chez la femme

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Uupuylren , Leçons orales , T. Il: , page 175.

685. La déchirure du périnée peut être le résultat d'un accouchement laborieux , surtout lorsque le volume de la tête de l'enfant n’est pas en rapport avec la dilatabilité des parties génitales externes. Ellepeut encore être le résultat de l’application du forceps. La déchirure ne s’élerpl souvent qu’à la cloison du périnée; souvent celte partie est déchirée dans presque toute son étendue, et dans une direction qui se rapproche plus ou moins de la ligne médiane, et s’étend jusqu’à la marge de l’anus. Dans d’autres cas la déchirure pénètre jusque dans le rectum. Les petites déchirures du périnée sont de peu d’importance, et guérissent ordinairement par le décubitus sur le coté, les cuisses étant rapprochées. Mais cela suffît rarement lorsque la déchirure est considérable; car, dans ces cas, la plaie est longtemps en contact avec les lochies, et, dans l'émission des matières fécales, la cicatrice commençante est à chaque instant déchirée, et les lèvres delà plaie écartées. Lorsque la déchirure est coinplèle, et qu’elle a divisé la cloison recto-vaginale, le sphincter de l’anus est, en majeure partie, déchiré, et le malade est dans l’impossibilité de retenir ses matières.

Quelquefois il y a une perforation étendue , une déchirure centrale par laquelle on a vu passer l’enfant tout entier (Du- 1>< ylren (1) , Fourcher (2) , Fraïuon (3) ). Souvent alors la nature livrée i eUe-mème suffit pour réunir les parties divisées ; mais, lorsque la déchirure s'étend à la cloison rettovaginaie , on n’a jamais vu la réunion se faire par les seules ressources de ia nature.

( Noie du traducteur. )

(1) Gaz. méd., T. 111 ( 1" série), page 684.

(2j Gaz. méd., T. ni (l,e sériel, page 860.

1,3) Roux , ouvrage cité plus haut, page 72.

Lorsque ces déchirures sont récentes, et que la> cicatrice ne s’en fait pas, leurs bords se recouvrent d’une membrane solide, la guérison n’est plus possible que par leur avivement et leur réunion à l aide d’une suture.

D’après ce que nous venons de dire , on voit que , lorsque les déchirures du périnée sont considérables, il faut en solliciter la réunion à l’aide de la suture. Il faut cependant faire remarquer que ces parties se réunissent rarement par première intension, et qu’il y a contre-indicalionformelle de les rapprocher lorsque l’inllammalion ou la tuméfaction inflammatoire est considérable. — Lorsque la femme en couches se refuse à cette opération, ou que les circonstances que nous venons d’indiquer s’opposent à ce qu’on la fasse, on fait coucber la femme sur le côté, les cuisses rapprochées et demi-fléchies sur le ventre. On veille à ce que les parties soient constamment propres, à ce que les selles soient liquides, et, de temps à autre, on sonde la malade.

686. On rafraîchit de la manière suivante les bords des solutions de continuité anciennes du périnée : après avoir prescrit un purgatif à la malade , on la fait coucher sur l’un ou l’autre côté, les cuisses fortement fléchies sur l’abdomen , et de manière à ce que les ischions se trouvent sur le bord du lit; si le périnée ost couvert de poils, onle rase. Un aide écarte suffisamment les fesses l’une de l’autre, et fait légèrement saillir le périnée. L’opérateur, après s’ètre de nouveau assuré de l’étendue de la solution de continuité, saisit le bord inférieur de la division avec une pince, comme cela se pratique pour l’entropion, et enlève, avec le bistouri, ou mieux encore avec les ciseaux, toute la partie saisie. Il procède de la même minière pour la lèvre supérieure , et il enlève, de chacune d’elles, toute la partie anciennement cicatrisée. Lorsque l’écoulement du sang est arrêté, et que tous les caillots sont enlevés , on rapproche les bords de la plaie, et on les réunit à l’aide de la suture entrecoupée. Pour faire les points de suture on so sert d’une forte aiguille courbe, munie de plusieurs fils cirés. Le premierpointde suture est enfoncé dans toute l’épaisseur des parties, à une ligne et demie de l’angle postérieur de la plaie , en comprenant les bords de la solulioq. On applique de la même manière un second, un troisième et même un quatrième point de suture, selon l’étendue de la plaie, à quatre ligues de distance les uns des autres. Lorsque tous les fils sont passés, et la plaie bien nettoyée, on serre d’abord et on réunit à l’aide de deux nœuds les fils les plus rapprochés du rectum, puis successivement les autres, en allant d’arrière en avant. Ces fils doivent é.tre assez serrés pour que les lèvres de la plaie soient exactement en contact. On recouvre la suture d’un plumasseau et d’une compresse , que l’on maintient à l’aide d’un bandage en T. La malade doit ensuite rester toujours couchée sur le côté , les jambes rapprochées et fixées à l’aide de quelques tours de bande.

I.a première tenlative de suture du périnée fut faite par Guilleineau. Il avait mis en usage la suture à points entrecoupes dont nous venons de parler. Maunceau , Lair.otle .

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