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A. DIVISION DES PARTIES ORGANISÉES

2329. La division des parties organisées est l'élément opératoire qui se rencontre le plus fréquemment dans la pratique, et celui qui constitue l’acte le plus important du plus grand nombre des opérations. — La division des parties organisées peut être obtenue par des moyens mécaniques et par des moyens chimiques. Cependant ces derniers sont employés pour atteindre un but particulier plutôt que pour opérer une solution de continuité : aussi ne parlerons-nous ici que des solutions de continuité opérées par des moyens mécaniques.

2330. Les différenles parties du corps peuvent être mécaniquement divisées :

1” Par section ;

2° Par piqûre ou perforation;

3° Par déchirure ;

4° Par ligature.

2331. Tous les instrumens dont on se sert pour diviser par section peuvent être rangés en deux classes. A la première appartiennent ceux qui sont composés d’une lame tranchante montée sur un manche (bistouris, scalpels); à la seconde, ceux qui sont constitués par deux lames qui se croisent, et montées sur deux tiges mobiles qui servent de manche (ciseaux).

2332. Les bistouris sont divisés en deux ordres, suivant le mode d’union de la lame au manche, et suivant la formede celte lame. — La lamepeut élre immobile sur le manche (scalpels) ou lui être uiiie

(1) Journal de physiologie de Magendie , 1829 , r. IX, pag. 60.

(2) Gazette médicale, 1838.

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d’une manière mobile, de sorte qu’elle puisse être ramenée vers lui et y être renfermée ( bistouris)- Dans les bistouris le mode d’union de la laine au manche est tel que , lorsqu’il est ouvert , la lame n’est pas maintenue fixe : seulement rien ue la force à se fermer, Ou bien la lame étant ouverte peut être fixée. Le mécanisme qui sert à la fixer consiste soit dans un anneau métallique que l’on fait glisser sur le point d'union des deux instrumens, soit dans un crochet qui , "glissant sur le manche, s’engage dans une échancrure de l’extrémité de la lame (bistouri dePERCY), soit dans un ressort placé sur le dos de l'instrument comme en ont certains couteaux de poche. Ces derniers doivent être préférés.

2333. La forme de la lame détermine la facilite avec laquelle un bistouri peut élre employé; sa longueur et sa largeur sont de peu d’importance : sous le rapport de la forme on distingue 1° le bistouri droit , dont le tranchant parcourt une ligne droite depuis sou talon jusqu’à sa pointe, qui est formée par le rapprochement gradué de son dos; — 2° le bistouri pyramidal , dont le tranchant et le dos se rapprochent de l’axe de la lame pour constituer la pointe ; — 3“ le bistouri convexe, dont le dos parcourt uue ligne droite, et dont le tranchant décrit une courbe convexe vers sa pointe ; — [4° le bistouri concave, dont le dos décrit une convexité, et le tranchant une concavité: ces deux courbures sont principalement situées daus la moitié antérieure de la lame]; — 5°] le bistouri à deux tranchans , qui est pyramidal , et tranchant vers sa pointe, sur ses deux bords; — [6° le bistouri boutonné , dont les deux côtés sont droits, et se terminent par un bouton mousse qui en forme l’extrémité] ; — 7° le bistouri concave boutonné, ressemblant au bistouri concave, ordinaire ; seulement il est terminé par un boulon ( bistouri de Pott). Ces différences que présentent les bistouris les rendent propres à certaines opérations spéciales.

2334. En général le bistouri droit est celui qui convienldans la majeure partie des cas, et c’est le seul avec lequel on puisse faire une incision régulière : pour qu’une incision soit régulière il faut que, depuis son origine jusqu'à sa fin, elle soit d’une égale profondeur; qu’elle ne présente aucune languette non divisée ; que ses angles soient aussi nettement et aussi profondément coupés que sa partie moyenne, et enfin que ses bords ne présentent aucune dentelure, aucune irrégularité. Pour la pratiquer on procède de la manière suivante : le bord cubital de la main gauche est appliqué sur la partie qui doit être incisée, où elle appuie en tendant la peau de haut en bas ou de bas en haut, suivant les cas. Le pouce et 1 indicateur de cette même main tendent la peau de chaque côté de la ligne que doit parcourir i'incision. Le bistouri est saisi de la maiu droite, entre la peau, le doigt médian et le doigtannulaire. L’indicateurest appliqué sur ledos de la lame; ou bien le bistouri est tenu comme une plume à écrire. On enfonce la pointe dans une position exactement verticale à la profondeur que l’on veut donner à l’incision. On abaisse alors

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