RÉUNION DES PARTIES DIVISÉES
doivent être traitées comme les plaies par incision, et guérissent tout aussi facilement. Le but d'une ponction est l’évacuation d’une collection morbide, ou , dans quelques cas, d'une collection naturelle. Les instrumens dont on se sert pour cette opération sont le trocart et la lancette. — Le trocart consiste dans un stylet d’acier supporté par un manche en bois ou en corne ; la pointe de l’instrument se termine par une pointe à trois tranchans ; depuis le manche jusqu’à l'origine des trois tranchans le stylet est renfermé dans une canule d’argent, qui s’adapte à lui de manière à ce que son extrémité ne fasse aucune sailliè apparente sur l’extrémité du stylet. — On doit abandonner l'emploi du trocart à deux tranchans (1). Les lancettes consistent dans une lame peu épaisse, étroite, tranchante sur les deux côtés, et se terminant en pointe. Celte lame est supportée par un manche composé de deux feuillets mobiles, qui permettent de l'ouvrir, soit en avant, soit en arrière.
tes frocarts sont déformé et de longueur variables, suivant le but que l'on veut atteindre en s’en servant. Ceux qui sont le plus généralement employés sont : 1° le trocart droit f ayant trois pouces de longueur et deux lignes de diamètre : on l’emploie dans la ponction de l’hydrocèle , et en général de toutes les tumeurs séreuses situées superficiellement; — 2° le trocart courbe , qui représente un segment de cercle d’environ sept pouces de rayon ; sa grosseur est de deux lignes el demie à trois lignes; sa longueur est ordinairement de quatre pouces et demi à cinq pouces : on s’en sert pour les ponctions de la vessie, pour l’ouverture , parle rectum ou le vagin , d’abcès développés dans le bassin , etc. ; — 3° le trocart explorateur , qui a sept pouces de long et à peine une ligne de diamètre : on s’en sert pour reconnailre la nature liquide ou solide de certaines tumeurs, et la nature des liquides qu’elles contiennent. C’est ce trocart qui a rendu et rend tous les jours de grands services à la science à cause île la précision qu’il apporte dans le diagnostic. C’est Du» puytren surtout qui en a fait ressortir tous les avantages.
( Note du traducteur.)
2342. La déchirure des parties ne se fait qu’après qu’on a exercé des tiraillemens et de la contusion. Aussi la plaie qui en est le résultat ne guérit-elle jamais comme celle produite par une incision ou Lien une ponction. Ce procédé a l’avantage de ne pas exposer à des hémorrhagies comme l’incision : aussi on l’emploie pour l’extraction des polypes [et de plus elle permet de mettre à nu des parties trèsimportantes sans courir le risque de les intéresser : aussi l’emploie-t-on pour détruire la tunique celluleuse des artères lorsqu’on veut en faire la ligature , ou pour déchirer certaines couches qui recouvrent les hernies, etc.].
2343. La division des parties molles par la ligature a pour but de faire tomber une partie par une
(1) I.e trocart à deux tranchans et aplati dans toute son étendue peut offrir de grands avantages dans quelques circonstances. C’est ainsi que Dupuytren en conseillait l’emploi pour la ponction de l'abdomen, dans les cas d’ascite, afin d’être moins exposé à la lésion des ramifications artérielles qui sillonnent en tous sens la paroi abdominale.
consfriclion lente et graduée , et de faire que la partie divisée guérisse au fur et à mesure que la ligature est serrée davantage. — Ce procédé est toujours long et douloureux ; il ne doit être employé que dans le voisinage d’organes importans, et où le bistouri pourrait exposer à de graves dangers, par exemple, dans certains trajets ûstuleux, dans certaines tumeurs, etc.
2344. Les solutions de continuité du système osseux réclament, à cause de la dureté de ces organes, quelques instrumens particuliers. Celte opération se fait par des moyens analogues 1° A l’incision, à l’aide
a. De la scie droite ;
b. De la scie circulaire (trépan) ;
r. Du ciseau et du marteau ;
d. D’un fort bistouri;
e. D’une tenaille incisive;
2° A la ponction, à l’aide
a. D'un trépan perforatif ;
3° A l’action de la lime, à l’aide
a. De la rugine ;
b. Du trépan exfolialif.