HISTORIQUE
moyen d'une opération; on arrivera peut-être un jour à ce résultat. » Mêlier était un précurseur; son mémoire passa inaperçu et, sous l'influence des travaux de Ménière (') et d'Albers, de Bonn (2), tous les médecins et chirurgiens ne virent plus que la typhlite et la pérityphlite. On trouve bien signalées çà et là quelques observations de perforation de l'appendice, mais on regardait cette lésion comme une complication des formes graves de la typhlite.
C'est seulement il y a une vingtaine d'années, qu'une réaction a commencé. Biermer (r>), en 1879, annonçait que la pérityphlite était toujours la conséquence d'une perforation appendiculaire causée par une concrétion stercorale. With (l), la même année, communiquait au congrès de Copenhague un travail basé sur 50 observations de péritonite appendiculaire. Il émettait cette opinion qui parut alors singulièrement hasardée, savoir que les typhlites terminées par résolution ne sont que des péritonites appendiculaires adhésives. Matterstock (5), en 1880, établissait que sur 146 cas de suppuration péri-caîcale, on trouvait 152 perforations de l'appendice; il faisait remarquer la fréquence des concrétions stercorales dans l'étiologie de ces perforations. Talamon (6), en 1882, insistait sur le rôle pathogénique des scybales et formulait clairement la célèbre théorie du « vase clos » qui depuis a suscité tant de controverses.
A partir de 1885, les chirurgiens américains se mirent à opérer la « pérityphlite » : Au mois d'octobre 1886, Reginald Fitz de Boston (7) publia le premier travail d'ensemble sur l'inflammation perforante de l'appendice et conclut en faveur de l'intervention chirurgicale précoce, mais sans insister particulièrement sur la résection de l'appendice. Un second mémoire du même auteur, paru en mai 1888, compléta, en les accentuant, les conclusions du premier (8). Mac Burney (New York med. Journal, 21 décembre 1889, p. 670) rapporta 8 observations de laparotomie précoce et d'excision de l'appendice, pendant la crise, avant l'apparition des symptômes de perforation. C'est l'excision précoce à chaud. Mac Burney proposa le nom d'appendicite.
En Europe, la notion de l'appendicite faisait peu à peu son chemin et l'on commençait à intervenir chirurgicalement. Krafft, en 1888, soutenait à l'Université de Zurich une thèse intitulée : Essai sur la nécessité de traiter chirurgie a lement la pérityphlite appendiculaire stercorale perforatrice, et, au mois de septembre de la même année, deux opérations étaient pratiquées à la clinique de Volkmann (9). Déjà Trêves (10), le 16 février 1887, avait enlevé à froid l'appendice d'un homme de 54 ans, après deux crises, set, deux ans plus tard (The Lancet, 9 février 1889, p. 267), établi les indications de Y opération à froid dans
(') Ménière, Mémoire sur les tumeurs phlegmoneuses occupant la fosse iliaque droite. Archives gén. de méd., 1828, 1- série, t. XVII, p. 188 et 513.
(-) Albers, Beobacht. auf dern Gebiete der Path. undpathol. Anat. Berne, 1838. (Traduit par le journal l'Expérience, 1839, p. 129.)
(3) Biermer, Breslauer aerztl. Zeitschc, 1879 (cité par Krafft).
(4) With, De la péritonite appendiculaire. 50 observations. Copenhague, 1879.
(3) Matterstock, Art. Pérityphlites. In Handb. der Kinderkrankheiten d. Gerhardt., t. IV. Tubingen, 1880.
(°) Talamon, Société anatomique, 10 mars 1882, p. 157.
(7) R. Fitz, Perforating inflam. of the Verrniform appendix. Amer. Journal of med. sciences, oct. 1886, p. 321.
(s) R. Fitz, Boston med. and surg. Journal, mai 1888.
('■') Voy. la traduction allemande de la thèse de Krafft. Volkmann' s Vortrâge, 15 janv. 1889, p. 3122.
(10) Trêves, Belapsing lyphlilis treated by Opération. Med. Chir. Transact., vol. LXXI, 1888, p. 160.