‹ Traité de chirurgie [electronic resource] (volume 2)Chapitre 48 sur 223 · A. — TRAITEMENT PALLIATIF. — BANDAGES · texte numérisé non relu

A. — TRAITEMENT PALLIATIF. — BANDAGES

On donne le nom de bandages aux appareils mécaniques destinés à contenir la hernie, c'est-à-dire à l'empêcher de sortir.

Depuis l'époque de Galien, on se servait, dans ce but, de pelotes maintenues en place par une ceinture en toile ou en cuir; mais les bandages étaient certainement en usage dès la plus haute antiquité et d'intéressantes observations faites par F. Poncet (') sur la statuette du dieu Bès, sembleraient indiquer que du xvi'" au xiu° siècle avant l'ère chrétienne, les Phéniciens en connaissaient l'emploi et leur donnaient à peu près la forme qu'ils avaient encore au temps de Galien. Gordon le premier, en 1306, substitua la ceinture en fer, rigide, aux ceintures molles : Marc Gatenaria, cent ans après, puis Fabrice de Hilden reprirent cette idée; ce dernier fabriquait lui-même des bandages en fer très doux et flexible qu'il adaptait sur les contours du bassin; il réglait la pression de la pelote que portait ce bandage, au moyen d'une vis. Le bandage de Fabrice de Hilden a été représenté en 1650 dans l'ouvrage de Malachias Geiger.

Ce fut Nicolas Lequin, celui même qui a nommé par son nom l'étranglement herniaire, qui en 166") proposa de substituer l'action élastique du ressort en acier à la pression rigide du fer; trente-sept ans de pratique lui permirent de démontrer la supériorité des bandages à ressort. Cette découverte, l'une des 'seules que nous ayons à noter dans l'histoire des bandages, et dont le chevalier de Blégny tenta de s'approprier le mérite, fut appliquée par Tiphaine, en 1761, à la construction des bandages doubles pour lesquels, à partir de celle époque, chaque pelote fut fixée sur un ressort distinct.

Jusqu'alors, dans toutes les variétés de bandages connus, la pelote avait toujours été fixe sur le ressort, celui-ci prenant son point d'appui sur la demi-circonférence du corps correspondant à la hernie. Salmon, mécanicien anglais, imagina : 1° de rendre la pelote mobile sur le ressort, en les rattachant l'un à l'autre par une articulation mobile, à genou ; 2° de placer le ressort de telle sorte qu'il embrassât la demi-circonférence du bassin opposé à la hernie ; 3° de le laisser indépendant du corps sur lequel il ne vint prendre un point d'appui que par ses deux extrémités.

Le bandage anglais de Salmon, importé en France par Wickham, fut adopté et chaleureusement défendu par Malgaigne. Entre le vieux bandage, dit ban- \ liage français, et lui, sont venus depuis lors se placer un certain nombre de bandages mixtes qui prétendent réunir les avantages de l'un et de l'autre. Disons, dès à présent, qu'il n'est pas d'art appliqué à la chirurgie qui ait moins

(') F. Poncet, Origine des bandages herniaires. Médecine mod., 1" février 1896, p. 73.

fP. BERGER ]

TRAITEMENT

fait de progrès que celui de la construction des bandages, et qu'on pourrait, sans trop d'injustice, appliquer à toutes les innovations qui s'y sont produites le mot cruel de Malgaigne : « En pareille matière, rien de ce qui est nouveau n'est bon, rien de ce qui est bon n'est nouveau. »

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