CHAPITRE PREMIER AFFECTIONS DES BOURSES
Les enveloppes de la glande, appendues à la verge et aux branches ischiopubiennes, sont formées de plusieurs tuniques : d'abord la peau — le scrotum, pigmenté et parsemé de poils — ; elle est très fine, s'excorie facilement, et si, lorsque les bourses sont rétractées, elle paraît épaisse et rigide, cet aspect est dû à la deuxième tunique, le dartos, couche de fibres musculaires lisses qui la double directement; ses éléments s'adossent sous la ligne médiane en une cloison qui divise la cavité scrotale en deux loges indépendantes dont chacune, contient une glande spermatique.
Désormais, les tuniques du testicule seront doubles, et nous avons, en allant de la périphérie vers le centre, la tunique érythoïde, faisceaux étalés du muscle crémaster; la couche fibreuse, résistante, qui monte pour recouvrir et solidariser les divers éléments du cordon, tandis que la séreuse se réfléchit sur ces mômes éléments au moment où ils abordent l'épididyme et va épouser la surface de la glande avec laquelle elle fait corps. Mais entre l'érythoïde, la fibreuse et la vaginale, d'une part, entre le scrotum et le dartos, de l'autre, existe une cavité celluleuse à mailles larges, sorte de synoviale dans laquelle glisse et se meut le testicule. C'est le « Spaltraum » des Allemands, étudié par Disse (') et
(') Disse, Der scrotale Spaltraum, etc. Archiv. de His et Braune, vol. supplémentaire. Leipzig, 1889, p. 222.
LÉSIONS TRAUMATIQUES.
par Mathieu Baseil ('), véritable sac dont les parois sont formées de lames fibreuses descendues, afin d'entourer le testicule, du pourtour de l'anneau inguinal, de l'épine, de la symphyse et de la crête pubienne. Cet « espace scrotal » joue un rôle important dans la pathologie des enveloppes ; dans ses mailles s'accumulent la sérosité des œdèmes, le sang des hémorragies et les gaz de certains emphysèmes. Il forme la limite entre le double système de tuniques qui constituent les bourses : les superficielles, scrotum et dartos, qui appartiennent en propre à la peau; les profondes, érythoïde et vaginale, qui dépendent du testicule.
LÉSIONS TRAUMATIQUES
Elles sont de plusieurs ordres : les piqûres, les coupures, les plaies contuses, parmi lesquelles les plaies par armes à feu, enfin les contusions qui provoquent parfois la production d'infiltrations ou de collections sanguines, les hématomes décrits sous le nom d ' hématocèles pariétales. Nous citerons parmi les travaux les plus importants publiés sur ce sujet :
Gaston (de Sainl-Ibars), Annales de la Soc. méd. de Montpellier, 1806. — Boyer, Traité des maladies chirurgicales, t. X, p. 106, 4' édit., 1X31. — Demarouette, Gazette des hop., 1841. — Foucart, Gaz. des hop., 1845. — Heyfelder, Deutsche Klin. Berlin, 1850. — Garny, Gaz. des hop., 1801. — Riciielot, art. Scrotum du Dict. encycl. des sciences méd.. 5e série, t. VIII, p. 500. — Jullien, art. Scrotum, Nouv. Dict. de méd. et de chir. prat., t. XXXII, p. 708. — Follin et Duplay, Traité élémentaire de pathol. externe, t. VII, p. 200. — Sciiwartz, Encycl. intem. de chir.. t. VII, p. 450. — Monod, Noie sur l'hématocèle vaginale traumaliquc expérimentale. Bull, de la Soc. anat., 4° série, t. V, p. 210. — Kociier, Deutsche Chir., 1887, liv. 50, p. 44. — Tillaux, Traité de chirurgie clinique, 1889, t. II, p. 582. — Baseil, De l'hématome du scrotum. Thèse de Nancy, 1800. — Tillmanns, Lehrbuch der Chirurgie, 1891, p. 171.